BACTÉRIACÉES
On rencontre souvent dans l’eau, le sol, des Cladothrix blanes dont les caractères culturaux sont très semblables à ceux qui viennent d'être décrits. Ils doivent former probablement plusieurs types spécifiques, très voisins toutefois, en raison de certaines différences que l'on peut constater dans leur développement.
CLADOTHRIX ASTEROIDES EPPrINGER.
Eppinger (1) l'a isolé d'un abcès du cerveau, chez un homme mort de méningite cérébro-spinale; le pus ne renfermait que ce seul microbe.
Les filaments ont 0,2 y de largeur et ne produisent pas de spores; ils se segmentent facilement en segments assez courts.
La gélatine n'est pas liquéfiée; la culture, un peu jaunâtre, ne se fait qu'à la surface.
Sur gélose, il se forme des colonies blanchâtres, verruqueuses, devenant ocracées avec l’âge et confluant en une pellicule plissée.
Sur sérum, la culture ressemble à la précédente; le milieu n'est pas liquéfié.
Le lait n'est pas du tout modifié.
Le bouillon n’est pas trouble; il se forme à la surface de petites écailles blanchâtres qui se déposent lentement.
Sur pomme de terre, il se forme de pelites colonies verruqueuses blanches, puis rouge-brique.
D'après Eppinger, ce microbe est pathogène pour le lapin et le cobaye. À la suite d’inoculations intravemeuses, intrapéritonéales ou même sous-cutanées de cultures pures, il se développe, de cinq jours à un mois, une sorte de pseudo-luberculose de tous les organes. Les petits nodules observés se caséifient par la partie centrale, où se trouvent des filaments de Cladothrix. Les souris lui ont paru réfractaires. La virulence des cultures doit se perdre facilement; Rossi-Doria les a trouvées inoffensives pour le lapin et le cobaye, quel que soit le mode d’inoculation.
Nakayama (2) a montré qu'on pouvait obtenir l'infection chez le cobaye par linoculation intrapéritonéale de cullures sur gélose; il faut alors recourir à deux inoculations successives, faites à huit jours d'intervalle. La mort peut survenir rapidement, en moins d’un jour, avec des doses fortes, ou plus lentement, après quelques jours, une ou plusieurs semaines. Dans ces derniers cas surtout on trouve dans la cavité péritonéale, dans le foie, la rate, le cœur, les poumons, des nodules miliaires, ou des granulations plus ou moins grosses, où l'on distingue de nombreux filaments ramifiés dont certains montrent des terminaisons en massue très nettes, ou même des formations radiaires d'éléments en massues tout à fait analogues à ce que l’on observe habituellement dans l'actinomycose du bœuf (p. 733, fig. 167, 1).
(1) ErriGer, Ueber eine neue pathogene Cladothrix (Ziegler's Beitr. zur path. Anal., IX, 1890, p. 287).
(2) Nakawama, Impversuche mit Actinomyces asteroides an Meerschweinchen (Arch. für Hygiene, LV, 1908, p. 207).
CLADOTHRIX ACTINOMYCES. 731
Mac Callum (1) aurait retrouvé ce même microbe chez un nègre mort de péritonite diffuse.
CLADOTHRIX HOFFMANNI GRUBER.
(Micromyces Hoffmanni de Gruber.)
Cette espèce est très mal connue; elle a été isolée de Pair à Vienne (2).
Les filaments présentent fréquemment des renflements à leurs extrémités.
Les cultures se font au mieux à l'air, mais aussi en anaérobie en présence de glucose. Le développement ne se fait pas au-dessous de 22°.
Les meilleurs milieux sont ceux additionnés de 1 à 3 p. 100 de glucose.
On n’observe rien sur pomme de terre et gélatine.
Aux dépens du sucre, il se forme de l'acide acétique el un peu d'alcool.
Chez le lapin, en injection sous-cutanée, les cultures déterminent la formation d'abcès dans le pus desquels se rencontrent des formations rappelant les nodules de l'actinomycose.
CLADOTHRIX ACTINOMYCES.
(Actinomyces bovis.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL, XXXVIII ET XL
Ce parasite a été signalé en 1875, par Rivolta (3) et Perroncito (4), dans les tumeurs assez singulières de la mâchoire du bœuf que les vétérinaires désignent sous le nom d’ostléo-sarcome du maæillaire. Büllinger (5) et Harz (6), peu après, précisèrent la description du microbe en question, que ce dernier dénomma Actinomyces bouts (4xrto rayon; wuxns, champignon) à cause de la disposilion rayonnée que prennent les éléments dans les productions pathologiques où on les rencontre. Ces formes étaient connues auparavant: il faut certainement leur rapporter les concrélions cristlalloïdes du pus, figurées par Lebert (7) dans son Atlas et par Charles Robin (8) dans son Traité du microscope.
(1) Mac Carzuw, On the life history of Actinomyces asteroides (Centralbl, für Bakt., XXXI, Orig. 1902, p. 529).
(2) Gruser, Eine neue pathogene Microbienart, Micromyces Hoffmanni (Congrès d'hyg. et de dermogr. de Londres, 1891),
(3) Rivozra, Sarcoma fibroso al'bordo inferiore della branca inferiore sinistra del bove (Medico veterinario, 186$. — Giornale di anal. e di fisiol. degli animali, 1875).
(4) Perronciro, Osteosarcoma della mascella nei bovini (Encycl. agraria italiana, VIII, p. 569, 1875).
(5) Büzuixcer, Ueber eine Pilzkrankheit vom Rinde (Centralbl. für med. Wochenschr., 1877, p, 481).
(6) Harz. Actinomyces bovis (Jahresh. der kônigl. Central. Thierarzneischule zu München, 1858). ?
(7) Leserr, Traité d'anatomie pathologique générale, 1857, in-folio avec planches.
(8) Charles Romin, Traité du microscope, 1871.
Aussitôt après, la présence du même parasite fut signalée chez l'homme par Israël (1)et Langenbeck. C'était, du reste, chez l'homme que l'avaient rencontré Lebert et Robin.
Le parasite attaque un assez grand nombre d'animaux, exclusivement des herbivores ou des omnivores. L'affection qu'il occasionne, l'actinomycose, S observe surtout chez les bovidés; fréquente dans certaines régions, elle est rare ou inconnue dans d’autres. On l’observe communément à Nancy et dans les campagnes environnantes. Son siège est variable et dépend très probablement du mode d'infection. Le parasite paraît surtout pénétrer par l'appareil digestif, par la peau, par les voies respiratoires. Le porc est rarement atteint ; le cheval et le mouton plus rarement encore. Chez le bœuf, c’est le maxillaire inférieur qui est le plus souvent envahi. Il s'y forme des tumeurs souvent énormes qui renferment les éléments du parasite au milieu d'une masse de tissu embryonnaire. Sur la coupe de la tumeur, on a l'aspect tantôt d’un fibrome, tantôt d'un sarcome fibreux, plus rarement d'un sarcome mou embryonnaire. L’os est souvent envahi et désagrégé, d'où ce nom d'ostéo-sarcome. L'apparence de la tumeur varie toutefois suivant qu'elle se développe aux dépens de la moelle de l'os ou aux dépens du périoste. I se forme, dans sa masse, de petits foyers purulents, qui peuvent déverser leur contenu au dehors au moyen d’un ou de plusieurs trajets fistuleux. L'aspect du pus est variable. Il est tantôt crémeux, de bonne nature; le plus souvent il contient une forte proportion de grumeaux consistants d'un Jaune-soufre ou un peu brunâtres ; ou bien il est visqueux, opalescent, de consistance gélatineuse.
Le microbe envahit aussi assez souvent la langue, y déterminant de nombreuses nodosités qui s’ulcèrent et suppurent. Il se forme alors des cicatrices fibreuses, qui rendent la langue dure et déformée, d’où le nom de langue de bois (Holzzunge) donné à cette variété.
On peut enfin trouver de ces tumeurs, mais moins fréquemment, dans le pharynx, le larynx, l'estomac, l'intestin, le foie, les mamelles, le poumon, la peau et même les muscles. L'aspect des lésions peut laire croire à la tuberculose, mais l’examen microscopique lève les doutes.
De nombreuses observations d’actinomycose chez l'homme ont été rapportées depuis les premières. Cette maladie paraît surtout commune en Allemagne et en Autriche, plus rare en France, où elle doit être cependant bien souvent encore méconnue et où on la rencontre plus souvent à mesure que l'attention est attirée sur le parasite. Elle se présente sous forme d’abcès affectant des régions très diverses. Ces abcès, variant considérablement de volume, Contiennent un pus souvent séreux, parfois caséeux, où se rencontrent de nombreux grains jaunâtres, assez durs, identiques à ceux que l’on rencontre chez les animaux.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — L'aspect varie considérablement suivant que l'on a à examiner du produit de lésions d'actinomycose
(1) Israzz, Virchow's Archiv, 1879.
CLADOTHRIX ACTINOMYCES, fin)
développées chez l'homme ou chez l’animal, ou des produits de culture du microbe. Dans les lésions, surtout le pus des lésions actinomycosiques de la mâchoire du bœuf, le parasite se rencontre sous forme de
petits grains du volume d’un grain de pavot à celui d'un grain de mille,
ayant une structure tout à fait caractéristique; dans ses cultures, on n’observe que des formes filamenteuses ramifiées, en tout semblables à ce que nous avons vu chez les autres Cladothrix, et, à certains moments, la production d’arthrospores, identiques aussi à ce qui a été décrit pour ces dernières espèces.
Pour observer la première forme du parasite, 1l suffit d'isoler un des grumeaux gris jaunâtre qui sont souvent abondants dans le pus, et de l'écraser modérément sous la lamelle couvre-objet. Lorsque le pus est très épais et les foyers de petites dimensions, on peut, pour arriver à
-isolerles grains,
étendre le pus en couche mince sur une lame de verre ; les grains se reconnais sent alors facilement. D’autres fois, les grains sont rares et petits et deviennent alors difficiles à constater.
Pour les pus très visqueux, 1l faut même parfois Fig. 167, — Aclinomyces d'une tumeur du maxillaire inférieur faire agir une d'un bœuf.
solution de po- 4, une granulation entière, 500/1: 2, 3, 4, 5, 6, 7, formes ditasse à 40 P- 100, on des ‘éléments en massue: 8, 9, 10, éléments arrondis,
qui éclaircit la masse el respecte l’Actinomyces. Les coupes des Lissus atteints donnent les mêmes résultats.
On reconnaît alors à ces grains la forme très typique représentée ci-dessus (fig. 167; 1).
Chacune des granulations est formée par la réunion en disposition rayonnée des éléments du parasite. La forme de ces éléments varie d'après leur situation. La zone périphérique de la granulation actinomycosique est constituée par des éléments en forme de massue allongée, dont la grosse extrémité arrondie est tournée vers le dehors, tandis que la parte
effilée regarde le centre. La longueur ordinaire de ces massues est de
15 y à 20 y, certaines atteignent jusqu'à 80 y, leur plus grande largeur est de 8 y à 10 w. L'extrémité effilée mesure à peine 1 y à sa pointe. Ces éléments sont souvent simples (fig. 167; 2, 3): d'autres fois ils sont rameux et présentent deux, trois, quatre branches, tantôt presque Ssemblables, tantôt fort inégales (fig. 167; 4, 5, 6). Les massues peuvent même présenter des étranglements, qui les rendent moniliformes (fi .167; 7, 9). La partie centrale est constituée par un feutrage de
734 BACTÉRIACÉES.
filaments qui sont la continuation de la partie effilée des massues, auxquels se mêlent des éléments ronds de 7 y à 10 x de diamètre moyen, dont l'aspect rappelle celui des massues (fig. 167; 8, 9, 70). Lesfilaments de la partie centrale émettent des ramifications latérales, Lout comme les filaments typiques des Cladothrix.
La nature de ces massues a été très discutée. Certains ont voulu, à tort certainement, en faire des corps reproducteurs. Il paraît préférable de se rallier à l'opinion de Bostrüm (1), qui considère ces renflements comme des produits de dégénérescence des parties terminales des filaments. On trouverait, en effet, toujours, dans l'axe de la massue, l’extrémité d'un filament. La membrane externe de cette partie de filament pourrait produire, dans des circonstances"spéciales, en particulier à la suite d'un développement dans des tissus résistants, une série de couches concentriques d'une matière amorphe, vitreuse, se colorant mal aux réactifs, qui, par leur superposition, donneraient les formes observées.
Dans des conditions de développement libre, dans les cultures surtout, on n’observe pas la production de tels renflements. Mertens (2) a pu les reproduire et en suivre la formation à l’aide d'inoculations dans la chambre antérieure de l'œil du lapin.
On peut rapprocher de cette
Fig. 168. — Nodules actinomycosiques. formalion de massues le phé-
Langue de bois d'un bœuf. 1000/1. nomène similaire qui s’observe
chez d'autres espèces, le Ba-
cille de la tuberculose (T, p. 688) et le Bacillé de la diphtérie (X, p. 825)
surtout; c'est la raison qui a déterminé certains auteurs à rapprocher
tous ces types dans la classification (3). Toutefois, jusqu'ici, on ne connaît pas la cause de la production de massues.
Dans l’actinomycose humaine, les massues sont souvent pelites, très fragiles, les roseltes difficiles à constater. Il faut faire de nombreux examens successifs. Les grains s'écrasent et se dissocient très facilement ; la seule pression légère du couvre-objet suffit pour les étaler; 1l faut éviter de les écraser. La pression fait facilement résoudre les filaments en bâtonnets droits ou courbés, parfois en formes arrondies.
Ces grains rayonnés d’aclinomycose se calcifient souvent. Pour.en reconnaître la nature, il faut alors les traiter au préalable par de l’eau
(1) Bosrrôüm, Untersuchungen über die Actinomycose des Menschen (Ziegler's Beitr. sur path. Anat., VX, 1890).
(2) Mertens, Beiträge zur Aktinomykoseforschung (Zeitschr. für Hygiene, XLIT, 1903, p. 45).
(: 3) Coprex Joxes, Ueber die Morphologie und systematische Stellung des Tuberkelpilzes und über die. Kolbenbildung bei Actinomykose und NE. (Centralbl. für Bakt.; XVII, 1895, p. Let 70).
tn,
Ru ’
CLADOTHRIX ACTINOMYCES. 735
légèrement acidulée à l'acide chlorhydrique ou à Facide acétique.
Les filaments des cultures ressemblent en tout à ceux décrits précédemment pour les autres espèces (p. 723). Leur largeur varie de 0,3 & à 0,5 y. Les ramifications s'y développent de la façon habituelle. On n'y constate jamais de massues véritables; on a seulement décrit, aux parties terminales des rameaux, dans certains cas, de pelils renflements allongés qui pourraient rappeler, de loin, laspect des massues des grains actinomycosiques.
Des arthrospores se produisent dans certaines cultures, toujours au contact de l’air seulement, celles sur pomme de terre surtout, sous forme d'une efflorescence blanchâtre ou jaunâtre; portées dans un milieu outritif, elles germent en donnant de petits filaments qui se ramifient après peu de temps (1).
Coloration. — Les massues se colorent mal aux couleurs d'aniline. L'acide picrique, l'iode les teignent en jaune. L'éosine ou la safranine les colorent en rose. Avec le picro-carmin, elles deviennent jaunes, tandis que les éléments des tissus voisins ou du pus se colorent en rose. Les filaments du centre se colorent, par contre, fortement au violet de gentiane et restent colorés après traitement par la méthode de Gram. En traitant alors par le picro-carmin et un colorant diffus rouge, on peul obtenir de belles triples colorations; les filaments du centre de la granulation sont teints en violet foncé, les massues en rouge el les autres éléments en rose de picro-carmin. Les filaments des cultures se colorent facilement aux couleurs d’aniline et restent colorés par la méthode de Gram, qui donne ici de très belles préparations.
Cultures. — Le microbe végète bien surles milieux habituels, soit en aérobie, soit en anaérobie. On ne réussit souvent pas facilement à l'obtenir en cultures pures, parce qu'il est d'ordinaire accompagné de microbes pyogènes qui poussent plus rapidement que lui et arrêtent son développement. Sur quatre cas que j'ai étudiés, j'ai rencontré deux fois le Micrococcus pyogenes aureus, une fois le Sétreplocoque pyogène el une fois une espèce très voisine du Bacillus pyogenes fœlidus, sinon identique à lui. Le rôle que joue l'Aclinomyces dans la production du pus n’est pas encore nettement démontré ; il ne fait peut-être que provoquer la formation d'un néoplasme, tandis que la suppuration serai sous la dépendance d'un des microbes pyogènes ordinaires. Dans les lésions pulmonaires, il paraît souvent être associé avec le Bacille de la tuberculose.
L'Actinomyces étant un anaérobie facultatif, Budjwid (2) conseille, pour l’isoler, de cultiver le pus, à l'abri de l'air, par une des méthodes
(1) Gasrerini, Ricerche morphologiche e biologiche sul genere Actinomyces Harz (Ann. d'Igiene sper., Il, 1892, p. 167). — BeuLa, Ueber die systematische Stellung des Erreger der Actinomykose (Centralbl. für Bakt., XXII, p. 817). — Lusarscn, Zur Kenntniss der Strahlenpilze (Zeitschr. für Hygiene, XXXI, 1899, p. 187). — Lacaner- SanrovaL, Ueber Strahlenpilze. Thèse de Strasbourg, 1898. — Lévr, Ueber die Aclinomycesgruppe und die ihr verwandte Bakterien (Centralbl. für Bakt., XXVI, 1899, p. 1). — Haxo Bruxs, Zur Morphologie des Actinomÿces (Centralbl. für Bakt., XXVI, 1897, p. 11). — Douec, Morphologie de l’Actinomyces (Arch. de med. expér., IV, 189?, p. 104).
(2) Bupswin, Ueber die Reinkultur der Actinomyces (Centralbl, für Bakt., VI, 1899).
736 BACTÉRIACÉES.
usitées dans ce cas. On entrave la végélalion des microbes pyogènes. Les colonies quise développent peuvent être facilement isolées et donner, par ensemencement, des cultures pures.
On peut aussi, avec avantage, laver plusieurs fois les grains dans de l'eau stérilisée avant de les ensemencer.
Les cultures semblent croître sur tous les milieux habituels, sur lesquels elles rappellent beaucoup, comme aspect, celles des autres Cladothrix. Elles conservent lLrès longtemps leur vitalité.
Les cultures présentent souvent des variations très notables de forme et d'aspect. On à voulu les attribuer à l'origine de la semence et se baser sur elles pour établir des distinctions spécifiques. En faisant une grande quantité de cultures avec une même semence, on peut se convaincre, en voyant les différences dans les résultats obtenus, qu'il n’en est rien et qu'on se lrouve alors en présence de différences toutes secondaires dues à des conditions encore inconnues. ;
CULTURES SUR GELATINE. — Ce microbe liquéfie la gélatine, mais très lentement. Lorsque l’on ensemence par piqûre un tube de gélatine, on voit apparaître, en quelques jours vers 18°, dans la partie supérieure du canal, de petites colonies arrondies, floconneuses, d’un blanc jaunâtre. Ces colonies grandissent avec le temps et atteignent de 1 à 2 millimètres de diamètre. Le centre, plus opaque, est brunâtre, la partie périphérique plus blanche. Elles s’enfoncent peu à peu dans la gelée, qui se fluidifie très lentement; le liquide reste toujours clair.
CULTURES SUR GÉLOSE. — Sur gélose à 25°, la culture se développe vite. Il apparaît, en deux ou trois jours, le long de la strie, de petites taches opaques, blanchâtres ou d’un blanc jaunâtre. Ces colonies peuvent recouvrir en partie la surface libre et confluer même entre elles : elles restent alors petites, atteignent en moyenne 1 millimètre de diamètre. Ce sont de petites taches grises ou gris jaunâtre, fortement adhérentes à la gelée qui s’enlève d'ordinaire avec elles. Une partie de la colonie s'incruste toujours dans le substratum. Lorsqu'elles sont moins nombreuses, elles grandissent plus et alteignent 3 ou 4 millimètres de large. Leur surface se plisse et prend à la longue une teinte grise. Les colonies, en confluant, peuvent même former une pellicule feutrée, consislante. Celles qui se développent dans l'intérieur de la gelée sont bien moins denses et ont une apparence floconneuse. Dans les vieilles cultures, les colonies se recouvrent d'une efflorescence blanche, crayeuse. Lés colonies el même l'efflorescence sont parfois colorées en Jaunecitron.
CULTURES SUR SÉRUM COAGULÉ. — Il s’y développe de petites colonies rondes, assez bombées, isolées, qui prennent au bout d’un certain temps les caractères des petites colonies isolées sur gélose.
CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Sur pomme de terre, les colonies rappellent encore plusles coloniesdes autres Cladothrix. D'abord isolées, membraneuses, circulaires, elles confluent en une pellicule gris jaunâtre, qui se ride el se plisse fortement et se recouvre d’une efflorescence blanche ou un peu jaunâtre, parfois jaune-citron, parfois jaune rosé, d’autres fois noirâtre. La substance de la pomme de terre se colore en brun souvent très foncé.
CULTURES DANS LE BOUILLON. — Il s'y développe des flocons blanchâtres, sphériques, en forme de houppes, souvent assez gros, qui tombent au
CLADOTHRIX ACTINOMYCES. 737
fond du vase. Le liquide reste clair et ne change pas de nuance ou devient un peu roux. |
CULTURES DANS LE LAIT. — Le lait n'est pas coagulé, mais se peptonise lentement et devient transparent au bout d’un certain temps.
PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
La biologie de l'Actinomyces est très peu. connue. La vitalité des cultures est assez grande et se conserve longtemps. Les spores restent vivantes pendant des années. Elles résistent à une chaleur de 75°, mais périssent à une température de 80° maintenue pendant un quart d'heure (1).
Dans les milieux albuminoïdes, il ne forme ni indol, ni hydrogène sulfuré. Dans les milieux sucrés, il ne développe pas de gaz et ne donne pas d'acide.
Le microbe ne paraît pas former de toxines, ou, du moins, s’il en forme, c'est en quantité très minime et d’une façon extrêmement lente.
Le pigment formé dans les cultures paraît pouvoir être de nuance variable. On observe la production de pigment jaune, rougeâtre ou noir. C'est un caractère qui ne semble pas avoir assez d'importance pour servir à établir des distinctions spécifiques, comme Pont fait Gasperini, qui décrit les trois espèces Aclinomyces bovis sulphureus, albus et luteo-roseus, ou Schürmayer (2) avec son Oospora (Streptothrix) proleus.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
L'inoculation expérimentale de produits d'actinomycose a donné, le plus souvent, des insuccès. Certains expérimentateurs ont cependant obtenu des résultats positifs. D’après Hlava et Honl (3), le cobaye serait l'animal de choix; l’inoculalion par la peau ou intrapéritonéale de pus actinomycosique détermine, dans les muscles ou le péritoine, des lésions absolument typiques montrant la structure caractéristique des grains d’actinomycose.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE
L'espèce n'a jamais été rencontrée dans les milieux naturels, autres que l’homme ou les animaux atteints d’affections actinomycosiques. Dans la transmission de ces affections, on a beaucoup incriminé les substances végétales, parce que plusieurs observations ont démontré la formation de lésions d'actinomycose, chez l'homme ou les animaux, autour de tels produits, fragments de bois, glumes piquantes de graminées, etc. La porte d’entrée du parasite paraît être surtout la voie intestinale. La maladie s’observerail surtout alors que les animaux vont au pâturage, et, chez l’homme, au moment de la moisson et du
(1) Béraro et Nicocas, Note sur la résistance des spores de l'Ac{inomyces (Soc. de Biol., 13 octobre 1901).
(2) Scuürmayer, Ueber Aktinomykose des Menschen und der Tiere (Centralbl. für Bakt., XX VII, 1900, p. 49).
(3) (REA et FLN O Actinomykose dil Pruni (Acad. imp. François- Joseph, 1893).
Macé. — Bactériologie, 6° édit. 11 240
73 BACTÉRIACÉES.
battage des céréales. De nombreux renseignements cliniques viennent appuyer celte opinion de la transmission du contage par les végétaux.
Chez l’homme, l'actinomycose peut déterminer des symptômes très variés (1). Le lieu d’inoculation influe du reste beaucoup sur ces différences. La marche peut en être rapide, ou plus souvent subaiguë même avec tendance à la chronicité. L'inoculation par la peau est rare. La maladie est fréquente à la face, surtout à la bouche, où le point d’introduction est une dent cariée ou une lésion traumatique ; bien des abcès dentaires paraissent être sous la dépendance de l'Ac{inomyces. Tous les points du tube digestif peuvent être atteints. L’actinomycose pulmonaire n'est pas rare et peut simuler la tuberculose ou une pneumonie chronique ; l'examen microscopique des crachats, tels quels ou traités par la pancréatine (I, p. 755), peut faire reconnaître les massues caractéristiques. Les os sont plus rarement atteints chez l’homme que chez les animaux. Enfin, les muscles, le cerveau, les reins, la rate, la vessie ont été parfois reconnus envahis. On a vu précédemment la grande fréquence de l’association d'autres microbes (p. 735).
Chez les animaux (2), l’actinomycose provoque des manifestations pathologiques tout aussi multiples et aussi variées. La plus connue est certainement l’actinomycose de la mâchoire inférieure du bœuf. L’'actinomycose musculaire, rencontrée quelquefois, peut rendre la viande de boucherie dangereuse pour l'homme.
Le parasite ne produisant pas de toxine a une action exclusivement locale ; les désordres produits sont dus à sa seule végétation; leur impor- : tance provient de l'intensité de la réaction du tissu envahi el des troubles provenant des modifications de l'organe attaqué.
La tumeur actinomycosique est le produit de la réaction de l’organisme contre le parasite. Les lésions ont été bien étudiées surtout par Bostrôm, Pawlowsky et Maksutoff (3), Hoche (4).
Une spore ou un filament,introduit à un endroit donné, propice pour son développement, donne une colonie filamenteuse à structure radiaire, comme les colonies des cultures, mais plus ou moins régulière selon les obstacles opposés à son extension. C'est souvent une sphère (Drüse de Bostrôm). A la périphérie, au moment voulu se forment les massues. C'est là la colonie primaire.
Tout autour s'observe une zone inflammatoire très nette, riche en cellules leucocytaires : le parasite détermine en effet une phagocylose intense. Ces cellules phagocytaires englobent aisément des fragments de parasites; dans beaucoup, en effet, on retrouve, par les coloralions, desfragments de formes très diverses, des filaments simples ou ramifiés, des portions articulées, des formes en coccus (Bostrôm), des massues. Dans certains des phagocytes, ces éléments sont en voie de dégénérescence certaine, comme le montrent les colorations à l’aide du violel de méthyle. Dans d’autres, au contraire, le parasite reste bien vivant; c'est
(1) Jirou, Contribulion à l'étude de l’actinomycose en France: Thèse de Lyon, 1891. — Carériex, De l’actinomycose humaine (Sem. méd., 12 janvier 1895),
(2) Nocarp et LrcraIxcHe, Les maladies microbiennes des animaux, 3° édit., 1903, HPAP 930)
(3) Pawzowsky et Maxsurorr, Sur la phagocytose dans l'actinomycose (Ann.-de l’Inst. Pasteur, XIT, 1898).
(4) Hocue, Histogenèse du nodule actinomycosique et propagation des lésions (Arch. de méd. expér., septembre 1899).
CLADOTHRIX ACTINOMYCES. 736
le teucocyte qui succombe et le parasite se développe dans son intérieur d’abord, puis au dehors. C’est là l’origine d’une colonie secondaire. On conçoit qu'il peut se former de la sorte, soit dans la région même, soit plus loin, une nombreuse série de colonies d'origine sec ondaire, par suite du transport de ces leucocytes parasités.
Ces leucocytes peuvent se fusionner plusieurs ensemble, donnant alors de véritables cellules géantes, mais en moins grand nombre que dans la tuberculose; les cellules géantes n’ont pas un aussi grand nombre de noyaux. :
Dans chacune de ces colonies formées, à un moment donné les filaments cessent de végéter, ils se renflent un peu à l’extrémité; leur couche externe s’épaissit, forme une série de couches concentriques rappelant assez bien les couches concentriques des grains d'amidon; les massues sont formées.
Il se forme ainsi un processus infectieux nodulaire rappelant ce qui se passe dans la tuberculose ou la morve.
La zone inflammatoire périnodulaire peut donner du tissu dur, fibreux, isolant et enkystant la tumeur ; c'est un processus favorable. Ou elle peut évoluer vers la suppuration, donner un abcès d'ordinaire assez spécial, s'infectant le plus souvent secondairement.
Pour l’homme et les animaux, l'iodure de potassium semble être un vérilable médicament spécifique.
RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
L'examen microscopique, pratiqué comme il a été dit (p. 733), donne d'ordinaire de très bons renseignements.
Pour porter le diagnostic d° Actinomyces, d'actinomycose vraie, il est nécessaire de constater la présence de massues ; Îles filaments seuls ne suffisent pas, pouvant tout aussi bien se trouver, avec des caractères identiques, dans les pseudo-actinomycoses.
Il paraît indiqué, chez l'homme au moins, de toujours faire la recherche microscopique du Bacille de la tuberculose, pour faire sérieusement un diagnostie complet et surtout établir le pronostic et le traitement.
On ne peut pas toujours faire l'examen microscopique qui lèverait les doutes ; c'est par exemple quand on a affaire à des lésions profondes, inaccessibles, de l'intestin, du foie, du rein. Pour le pratiquer, il serait nécessaire d'attendre, longtemps peut-être, l'apparition de manifestations accessibles. Pour éviter des accidents, pour instituer surtout le plus tôt possible le traitement indiqué, il est des plus utile d’être renseigné. On a cherché pour cela à établir un sérodiagnoslic de la maladie.
Widal (1) n’a pu observer aucune agglutination en faisant agir du sérum de plusieurs sujets atteints d’° actinomy cose bien établie, sur des émulsions de filaments d'Actinomyces fragmentés dans de la solution physiologique. Il faut toutefois remarquer qu'il signale, pour le microbe employé, une grande facilité de la fragmentation des filaments dans l'eau
(1) Wipaz, Le sérodiagnostie de l’actinomycose (Bull. de l’Acad. de méd., 1910, p. 392).
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salée, caractère qui appartient plutôt à des espèces de plusieurs formes de pseudo-actinomycoses qu'au parasite de l'actinomycose vraie. La diversité du microbe employé, sa non-concordance avec le microbe occasionnant la maladie chez la personne qui a fourni le sérum, pourraient certainement expliquer l'insuccès.
Schoukewitch (1), en opérant sur d’autres Acinomyces, celui du farcin du bœuf (p. 748) et celui d’'Eppinger (p. 730) entre autres, a réussi à produire une immunisation du cobaye ou du lapin et obtenir chez eux un sérum à pouvoir agglutinant assez net.
En se servant des arthrospores, que donnent facilement certaines cultures de l'Actinomyces bovis, celles sur pomme de terre surtout, et en obtenant par trituration une bonne émulsion de ces arthrospores, il serait peut-être possible d'obtenir une réaction agglutinante avec le sérum d'animaux traités par injection intraveineuse de cultures ou les sérums d'individus atteints d’actinomycose vraie.
D'après les recherches de Widal, Abrami, Joltrain, Brissaud et Weill (2), on arriverait aisément à faire un sérodiagnostic par agglutination, en usant de la propriété que possède le sérum des actinomycosiques d’agglutiner, à un taux déjà élevé, de 1 p. 50 à 1 p. 150, les spores du Sporothricum Beurmanni, agent de la sporothricose,
Le sérum des sporothricosiques agglutine ces spores à des taux élevés,
1 p. 400, 1 p. 500 et plus ; celui des animaux infectés expérimentalement
les agglutine également, mais à des taux moindres, de { p. 100 à 1 p. 300 au plus ; mais en outre, dans certaines infections de nature mycosique, l’actinomycose et le muguet, le sérum est agglutinant d'une facon constante pour ces mêmes spores, quoique à des taux moindres, de 1 p. 50 à 1 p. 150 au maximum. Cette propriété est utilisée par les auteurs cités pour établir un sérodiagnoslic mycosique pouvant s’applique à la sporothricose, l'actinomycose et le muguet.
On n'obtient que des résultats négatifs avec beaucoup d’autres affections mycosiques, trichophyties, teignes, favus, érythrasma, pytiriasis versicolor, aspergilloses.
La facon de procéder est la suivante : On se sert de cultures de Sporothricum Beurmanni sur gélose glucosée ou maltosée à 4 p. 100, faites à la température du laboratoire, âgées de deux à quatre mois. Le produit, formé de mycélium et de spores, est raclé et trituré dans un mortier avec de la solution physiologique.
On filtre sur papier lâche pour ne laisser passer que des spores, les éléments du mycélium n'étant pas influencés par les sérums. On obtient ainsi une émulsion homogène, ne renfermant que des spores, que l’on peut conserver longtemps en ajoutant un peu de formol.
La mensuration du taux d’agglutination se fait comme pour la fièvre typhoïde (p. 160).
Ce fait curieux serait dû à la présence des coagglutinines dans les sérums d'actinomycose et de muguet, correspondant à celles de la sporothricose. C'est, du moins, une explication. Il n'y a cependant pas de liens
(1) Semouxewirex, Recherches sur l'agglutination des Actinomyces et sur l'immunisation des animaux contre l'infection actinomycosique (Arch. des sc. biol. de Saint- Pétershourg, XIV, 1909, p. 1).
(2) Wipaz, Agrami, Jocrraix, Brissaub et Weizz, Sérodiagnostic mycosique (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXIV, 1910, p. 1).
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de parenté ni de voisinage entre ces trois types microbiens, si nettement dissemblables et même éloignés ; ce qui prouve bien qu'il est difficile et chanceux de tirer de l’agglutination des caractères de sûreté suffisante pour la spécification et la classification. | Quoi qu'il en soit au fond, on peut user et profiter de la particularité pour le diagnostic de ces affections. Le diagnostic différentiel devient alors facile, les lésions propres à chacune d'elles étant bien distinctes. Lasporothricose se reconnaît d'emblée au taux élevé de l'agglutination; le traitement ioduré d’ailleurs, et le traitement est ce qui importe le plus ici, réussit pour la sporothricose et l'actinomycose. Restent l’actinomycose el le muguet, qui se différencient facilement d'après les symplômes et les lésions observés.
PSEUDO-ACTINOMYCOSES
Des symptômes et des lésions analogues à ceux que détermine l’Actinomyces peuvent être occasionnés par des espèces microbiennes voisines ou par d'autres morphologiquement bien différentes. Les ressemblances sont souvent grandes, à tel point même que la différencia Lion peut être délicate ou difficile. Dans bien des cas, le lraitement par l’iodure de potassium réussit aussi bien que dans l’actinomycose vraie. Les lésions observées sont souvent des lésions suppuratives, siégeant fréquemment à la face, rappelant de très près celles de l actinomy cose typique. Le pus peut renfermer des grains semblables à ceux observés dans l’actinomycose vraie, souvent plus gros et plus friables, s’écrasant facilement sous la lamelle ; leur coloration peut être jaunâtre (1) comme celle des grains de l’Ac linomyces, où plus blanchâtre, parfois verdâtre (2). Ces grains peuvent être constitués par des filaments enchevêtrés, présentant des ramifications assez rares et quelquefois des arthrospores rondes, se colorant facilement aux couleurs d’aniline ; d’autres fois ils constituent des rosettes formées, à la périphérie, d’éléments en massue, rappelant tout à fait celles de l'actinomycose vraie. Ce sont là de véritables pseudo-«clinomycoses, le terme étant compris dans le même sens que les termes usités de pseudo-tuberculoses, pseudodiphtéries.
Un certain nombre d'espèces, causes de pseudo-actinomycoses, appartiennent au genre Cladothrix tel qu’il est compris ici.
Ilen est qui occasionnent des symptômes et des lésions assez dissemblables de ceux de l’actinomycose vraie, comme le Cladothrix Foerslert (p. 727), le Cladothrix asteroides (p. 730), le Cladothrix Maduræ (p.74), des Cladothrix blancs (p.729); d'autres offrent des ressemblances très grandes, voire même une similitude complète.
Wolif et Israël (3 (3)ont obtenu delésions humaines, qu’ils considéraient comme de l’actinomycose vraie, un organisme filamenteux qui a été décrit sous le nom de Streplothrix 1sraëli, qui est certainement une
(1) Dor, Nouvelle actinomycose à grains jaunes (Gaz. hehd., 1 juin 1896).
(2) Jacques, Un cas d’actinomycose à grains verts (Revue méd. de l'Est, XXXII, 1902, p. 726).
(3) Worrr et Isragz, Ueber Reinkulturen des Actinomyces und seine Uebertragbarkeit auf Tien (Virchow's Archiv, 1890).
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des espèces de Cladothrix donnant des pseudo-actinomycoses, Cladothrix [sraëlr.
Les grains, observés dans le pus, sont formés de filaments ramifiés, enchevêtrés, dont certains se renflent en massue à l'extrémité.
Filaments et massues se colorent facilement aux couleurs d’aniline el restent colorés par la méthode de Gram.
Des cultures s'obtiennent facilement à l'air, mais alors dans la profondeur du milieu, pas en surface, et surtout en anaérobie, vers 37, très peu au-dessous de 30°.
Dans les cultures, on ne trouve presque toujours que des formes en bâtonnets plusou moins longs (fig. 169); pas de filaments ramifiés, sauf dans les cultures sur pomme de terre. Les filaments se dissocient de suite en articles constituant des bâtonnets de taille variable.
Les cultures n'ont pas de caractères bien particuliers. Dans le bouillon, il se forme de petits flocons très fins. Sur gélose, on a au début de petites colonies transparentes, qui grandissent, deviennent saillantes, circulaires, prennent une surface sèche, plissée, cratériforme, rappelant l'aspect de certaines cultures du Bacille de la tuberculose ou de l'Aclinomyces.
Sur sérum coaqulé, il se fait une culture blanchâtre, ne liquéfiant pas. Sur pomme de lerre, souvent rien, ou quelques petites colonies grisätres qui Fig. 169. — Cladothrir Israëli, d'une culture sont formées de filaments en-
sur gélose (d'après Wolf et Israël). chevêtrés. Les cultures faites dans les œufs, cuits ou crus, montreraient des masses muqueuses formées de longs filaments ramifiés.
L'inoculation sous-cutanée aux animaux des produits de ces cultures peut donner de petits abcès dont le pus montre des grains fins, formés d’un enchevêtrement de filaments ramifiés dont certains se terminent en massue ; l'inoculation intrapéritonéale cause la formation de tumeurs où se trouvent des granulations actinomycosiques typiques.
Les formes décrites par Lignières et Spitz (1), dans une pseudo-actinomycose du bœuf, sous le nom de Sfreplothrix Spilzi, paraissent identiques ou bien voisines. De même le microbe décrit par Wright (2) comme l'agent de l'actinomycose chez l'homme. Ces mycoses à Clado- {hrix, pour employer un terme général, seront certainement plus fréquemment constatées, parce que l'attention est plus attirée sur elles ; des anciennes mycoses à Leptothrix doivent aussi leur être rapportées.
(1) LiGnières et Srirz, Contribution à l'étude, à la classification et à la nomenclature des affections connues sous le nom d'actinomycose (Centralbl. für Bakt., 1 Abth., Orig., XXXV, 1904, p. 294).
2) Wricur, The biology of the Mikroorganism of Actinomycosis (Public. of the Massachusetts general hospital, 1, Boston, 1905).