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CLADOTHRIX ACTINOMYCES.
ACTINOBACILLOSE
C'est aussi une pseudo-actinomycose que Lignières et Spitz (1) décrivent sous le nom d'actinobacillose. Is l'ont observée dans la République Argentine, où elle sévit épizootiquement sur les bœufs et rarement sur les moutons.
Les symptômes de l'affection sont très semblables à ceux de l’actinomycose vraie. Les localisations sont les mêmes; la peau, les ganglions lymphatiques, la langue, le pharvnx sontles parties surtout atteintes. Les lésions que l’on observe sont aussi bien voisines ; ce sont des foyers, de suppuration avec néoformalion fibreuse abondante.
On rencontre un pus homogène, renfermant de petits grumeaux blanc grisâtre, quelquefois faiblement jaunâtres, d'aspect muqueux, que l’on distingue mieux en élalant le pus sur une lame de verre. Ces grains sont simples ou composés, suivant qu'ils sont formés d'une seule touffe ou de plusieurs.
Chaque touffe est composée de massues semblables à celles de lactinomycose vraie, mais, au centre, on ne trouve jamais de filaments et tout se décolore complètement par la méthode de Gram.
L'agent spécifique parait n'avoir aucune parenté avec l'Ac/inomyces; c'est un petit Bacille qui, lorsqu'il se développe dans l'organisme, présente des renflements en massue disposés d'une facon rayonnée, d’où le nom proposé d’Aclinobacille.
On peut lui attribuer le nom de Bacillus Ligniert.
En ensemençant directement le pus dans les divers milieux, on n'oblient pas de cultures; il faut préalablement le broyer dans un mortier. À 37°, les cultures sont alors déjà visibles en vingt-quatre heures; à 22°, on n'observe rien.
Dans les premières cultures, les éléments sont de petits bâtonnets de 1,15 x à 1,25 p de long sur 0,4 y de large ; plus tard, on rencontre des formes cocco-bacillaires, strepto- bacillaires ou des diplocoques ; les vieilles cultures montrent des formes d’involution très variées.
Les éléments sont nettement immobiles et ne renferment pas de spores.
Ils se colorent facilement par les procédés ordinaires et montrent assez souvent la coloration bipolaire. Ils se décolorent toujours nettement par la méthode de Gram.
Les cultures sur gélatine se font très mal, à cause de la basse température employée. Après un long temps à 20°, il se forme une très légère traînée blanchâtre. Le milieu n’est pas liquéfié.
Sur gélose, on obtient une mince pellicule sèche, adhérente, en premières cultures; plus tard, une colonie plus abondante, visqueuse, assez épaisse.
Sur ponme de terre ordinaire, légèrement acide, il ne se fait pas de culture apparente ; sur pomme de lerre alcaline, le microbe donne une couche assez faible, luisante, gris jaunâtre.
Sur sérum coaqulé, la culture est minime, pelliculaire.
(1) Lienières et Srrrz, Contribution à l'étude des affections connues sous le nom
d'aclinomycose. Actinobacillose (Rivista de la Sociedad medica argentina. Buenos- Ayres, 1902).
744 BACTÉRIACÉES.
Dans le bouillon peptonisé, il se produit un trouble uniforme et, après un assez long temps, un voile léger et un dépôt abondant. La réaction du milieu ne change pas; il n’y a pas de dégagement d'odeur.
Le lait est un bon milieu de culture; il n'est jamais coagulé et présente cependant une réaction nettement acide.
Les cultures dans le bouillon donnent légèrement la réaction de l'indol.
Les cultures faites dans le vide sont presque aussi abondantes que , celles faites en présence d'air.
L’Actinobacille est un microbe peu résistant. Il est tué en une heure et demie à 52°, en dix minutes à 62°, en une minute à 100°. La vitalité des cultures se perd vite, surtout par la dessiccation. Il résiste peu aux antiseptiques.
Les cultures en milieu liquide renferment des produits toxiques.
Le cobaye est assez sensible à l’inoculation des cultures; il maigrit beaucoup et meurt vers le cinquième ou septième jour. Les cobayes mâles présentent une vaginalite plus ou moins intense, analogue à celle déterminée par le Bacille de la morve. Les lésions sont des foyers purulents, plus ou moins gros, dans lesquels on trouve des louffes de massues lypiques.
La souris grise, le chien jeune, le mouton, le bœuf, sont assez récepüfs; le lapin, le rat blanc le sont beaucoup moins; les oiseaux sont réfractaires. y
Les expériences d'infection par ingestion ont toujours donné des résultats négatifs.
L’actinobacillose est une maladie récidivante ; on ne peut donc guère espérer pouvoir faire de la vaccination préventive. Il semble possible d'obtenir un sérum immunisant avec le cheval.
tavaut et Pinoy (1) auraient observé un cas d’actinobacillose humaine chez un malade venant de l'Argentine. \
Cozzolino (2) a décrit un cas de pseudo-actinomycose de l'oreille, déterminée par un Bacille mobile, à spores, paraissant se rapprocher du Bacillus subtilis et du Bacillus anthracis.
D'après Peklo (3), certaines tumeurs de plantes, de l'aulne et du Myrica gale, seraient produites par des organismes voisins de l’Actinomuyces; on y trouverait des amas rayonnés, avec filaments au centre et massues à la périphérie, très analogues à ce qui existe dans l’actinomycose animale.
(1) Ravaur et Pixoyx, Sur un cas d’actinobacillose humaine observé à Paris chez une malade venant de l'Argentine (Bull. de la Soc. de pathol. exotique, LIFE, 1910, p. 598).
(2) Cozzozixo, Ein neues Fadenbacterium, eine pseudoactinomykotische Erkrankung erzeugend (Zeitschr. für Hygiene, XXXIII, 1900, p. 36).
(3) Pex1o, Die pflanzlichen Aktinomykosen (Centralbl. für Bakl., 2e Abth., XXVIT, 1910, p. 151).
CLADOTHRIX MADURE. 749
CLADOTHRIX MADURZÆ ViNcENr.
(Streptothrir Maduræ.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XXIX
L'affection connue sous le nom de pied de Madura a été surtout observée dans l'Inde; Gémy et Vincent (1), Legrain (2) l'ont signalée en Algérie. |
Elle débute généralement par un gonflement indolore des téguments du pied; puis, à la surface, se développent de petites nodosités arrondies, tumeurs spéciales (mycélomes) (3), qui se ramollissent et peuvent s'ouvrir spontanément en donnant issue à du pus sanieux, contenant de petits grumeaux grisâtres, jaunâtres ou noirâtres. À celte phase, la lésion est douloureuse. |
L'aspect des grains a fait rapprocher cette affection de l’actinomycose. Vincent (4), le premier, a fait une étude complète du parasite, l’a isolé et obtenu en cultures pures; il a démontré que, bien que se rapprochant beaucoup de l'Actinomyces, il devait être tenu pour une espèce bien distincte.
A la couleur des grains, on a voulu distinguer cliniquement une variété mélanique à grains noirâtres, et une variété pâle, à grains blanchâtres, jaunes ou rougeâtres.
Caractères microscopiques. — Les grains, pris dans le pus, ressemblent beaucoup aux grains d’actinomycose; ils ont le volume d'un grain de semoule ou d’une grosse tête d’épingle. De consistance caséeuse, ils s'écrasent facilement par la pression.
Par écrasement et dissociation, ils apparaissent constitués en entier par de nombreux filaments ténus, intriqués. Ces filaments présentent des ramifications véritables, en tout analogues à ce que l’on rencontre chez les autres Cladothrix. Leur largeur est de 1 w à 1,5 w. A la périphérie des bouquets mycéliens et dans les points qui n'ont pas été dissociés par le mode de préparation, ils montrent une disposition manifestement rayonnée comme dans l’actinomycose; mais on ne rencontre jamais de formes en massue, simplement, quelquefois, de pelits renflements en bouton à l’une des extrémités ou sur leur parcours.
Dans les cultures, les filaments sont un peu plus grêles; ils présentent le même aspect, parfois la même disposition rayonnée que ceux des grains précédents. Ils donnent des spores blanches à la surface de certains milieux.
(1) Geux et Vincenr, Affection parasitaire du pied analogue, sinon identique, à la maladie dite de Madura (Ann. de derm., 1892).
(2) Lecrax, Sur un nouveau cas de pied de Madura observé en Algérie (Acad. de méd., 1% décembre 1896). — In., Sur quelques affections parasitaires observées en Algérie (Arch. de parasitol., 1, 189$, p. 118),
(3) Bruupr, Les mycétomes (Arch. de parasitol., X, 1906).
(4) Vincexr, Étude sur le parasite du pied de Madura (Ann. de l'Insl. Pasteur, VIII, 1894). :
746 BACTÉRIACÉES.
Dans les vieilles cultures sur gélose, les filaments se dissocient plus ou moins facilement en bâtonnets plus ou moins longs.
Coloration. — Le microbe se colore très bien aux couleurs basiques d’aniline; moins bien à la safranine et l’éosine. Il reste coloré par la méthode de Gram. L'iode le teint en jaune brun, l'hématoxyline en violet.
Cultures. — On obtient facilement des cultures en ensemencant des grains convenablement recueillis dans les milieux appropriés. Dans les nodules en suppuration, on rencontre souvent des microbes pyogènes en association, comme dans l'actinomycose.
Le développement se fait bien à la température ordinaire, mais l'optimum semble être vers 37°: la multiplication s'arrête à 400. La végétation est plus luxuriante lorsque l'air est abondant ; elle ne se fait pas à l'abri de l’air.
CULTURES DANS LES INFUSIONS VÉGÉTALES. — Les infusions végétales non neutralisées, légèrement acides, sont les milieux les plus favorables pour la culture. On se sert avantageusement d'infusions de pomme de terre, de foin ou de paille, à 15 grammes pour 1 litre d'eau, non neutralisées, auxquelles on ajoute, pour une trentaine de centimètres cubes, une goutte de solution d'acide tartrique à 1 p. 500. La cullure se fait dans un tube large ou dans un flacon d'Erlenmevyer pour permettre l'accès de l'air; 1l est très bon d’agiter le vase tous les jours pour le même motif.
Après ensemencement d'un tel milieu, en quelques jours il apparaît de petits flocons sphériques ou aplatis, grisâtres, qui se fixent sur les parois ou tombent au fond du vase. Ils grossissent peu à peu, surtout lorsqu'ils sont peu nombreux, et peuvent acquérir, en vingt ou trente jours, le volume d'un pois. Ceux qui restent adhérents au verre très près de la surface, et surtout ceux qui s'élèvent au-dessus du liquide en grimpant aux parois du verre, peuvent se colorer en rose ou en rouge à la longue. Le liquide ne se-trouble jamais; il peut brunir un peu. Il devient légèrement alcalin. Parfois on le voit se couvrir d'une minime efflorescence blanche délicate, due à la formation de spores.
CULTURES SUR GÉLATINE. — Il se forme dans le canal et à la surface une culture blanchâtre, peu abondante. La gelée n’est pas liquéfiée. CULTURES SUR GÉLOSE. — La gélose glycérinée est préférable. IT se
développe. à la surface, des colonies arrondies, assez saillantes, luisantes, blanchâtres d'abord, puis se colorant peu à peu en rose ou en carmin plus ou moins vif. La surface des colonies se plisse avec l’âge. Ces colonies sont très consistantes et très adhérentes au substratum.
CULTURES SUR SÉRUM CoAGuLÉ. — Vincent dit ne pas avoir obtenu de cultures sur sérum. Avec du produit de lésions, envoyé par Legrain, nous avons obtenu de très belles cultures sur sérum de cheval coagulé, semblables à celles qui se développent sur gélose, mais se colorant en rose clair où même restant tout à fait blanches. Koch et Stutzer (1) ont observé la peptonisation du sérum.
(1) Kocnx et Srurzer, Zur Biologie und Morphologie der Streptothrix Madurae (Zeitschr. für Hygiene, LXIX, 1911, p.17).
CLADOTHRIX MADURÆ. 747
CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Il se forme, en trois ou quatre jours à 37°, de petites colonies sphériques, devenant irrégulières, mamelonnées, même crustacées à la longue. La coloration apparaît lentement et devient plus ou moins intense, probablement selon l'acidité de la pomme de terre. Certaines colonies présentent une efflorescence blanche due à la formation de spores. La pomme de terre ne change pas de couleur.
CULTURES DANS LE BOUILLON. — Le milieu est moins favorable que les infusions végétales, Le microbe s’y développe sous forme de sphérules floconneuses qui restent toujours petites et se Pois peu à peu au fond du vase. Le liquide reste clair.
CuLrures pans LE Lair. — Le développement s'y fait bien : le lait n'est pas coagulé, mais se peptonise lentement.
PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
Bien peu de chose est connu. Les cultures ne dégagent pas DR comme le font beaucoup d'autres Cladothrix.
Une chaleur de 60° tue en quelques minutes les cultures qui ne con- Liennent pas de spores. Les spores résistent à 72° pendant cinq minutes et périssent en trois minutes à 85°
Les inoculations variées, faites à divers animaux, soit avec les cul- Lures, soit avec des grains provenant des lésions humaines, n'ont jamais donné de résultats.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE
Les lésions, d'apparence assez spéciale, dont le type est le pied de Madura, peuvent être produites par des microbes autres que le Cladothrix Maduræ. Des mycélomes à grains blancs seraient dus à des Cladothrix voisins, mais différents (1). Pelletier a observé au Sénégal un mycétome à grains rouges, que Laveran (2) croit être produit par des zooglées d’un Micrococcus rose, Micrococcus Pellelierr. Des mycélomes à grains noirs seraient souvent dus à des Aspergillus (3j ou à d’autres champignons filamenteux (4).
Il y a peut-être lieu de rapprocher de l'affection humaine des lésions similaires observées chez le cheval et le mulet, plus rarement chez les bovidés. Ce sont de petites tumeurs cutanées, situées à divers endroits du corps, qui s’ulcèrent et suppurent à un moment donné. On y rencontre de nombreux filaments mycéliens qui présentent bien les caractères des Streptothrix ou Cladothrix. Dans l'Inde, l'affection est désignée sous le
(1) MusGrave et Crecc, The etiology of mycetoma (Philippine Journ. of se., II, 41908, p. 477).
(2) Lavera, Tumeur provoquée par un microcoque rose en zooglées (C. R. de la Soc. de Biol., LXI, 1906, p. 340).
(3) Bourrarn, Du mycétome à grains noirs en Afrique (Ann. d'hyg. et de med. colon., VIII, 1905, p. 579). — Nicozre, Sur un cas de mycétome d'origine aspergillaire observé en Tunisie (Arch. de parasitol., X, 1906, p. 437). — Brumpr, Loc. cil., p. 745.
(4) BaBës et Miroxescu, Ueber eine bisher nicht beschriebene Mykose des Menschen mit Bildung von schwarzen Kôrnern (Centralbl. für Bakl., 1€ Abth., Orig., LV, 1910, p. 108).
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nom de bursattee; aux États-Unis, sous celui de leeches (1). Drouin et ténon (2) l'ont probablement observée en France.
Les tentatives de cultures n'ont donné aucun résultat.
L'affection ne peut pas se communiquer à l'homme,
On peut cependant en rapprocher ce que Legrain a décrit, chez l’homme en Algérie, sous le nom de mycose innominée, sorte de pseudoactinomycose du pied, où se rencontrent des filaments ramifiés, enchevêtrés, formant des grains friables, souvent terminés par des renflements en massue; filaments simples et massues restent parfaitement colorés par la méthode d'Ehrlich.
CLADOTHRIX FARCINICA Nocarp.
(Bacille du farcin du bœuf de Nocard, Streptothrix farcinica.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, J'L. XXIX
Le farcin du bœuf est une maladie chronique, rare actuellement en France, après avoir été commune autrefois. Elle a été bien étudiée par Nocard (3), en 1888, sur des pièces venant de la Guadeloupe, où elle sévissait d’une facon intense.
L'affection est caractérisée par une inflammation suppurative des vaisseaux el des ganglions lymphatiques superficiels. I se produit, surtout aux membres, des cordes indolores, insensibles, peu dures, qui suivent le trajet des veines supertficielles. Quelquefois, sur leur trajet, il se forme de petits abcès qui ne s'ouvrent que rarement; par incision, on en fait sortir une matière blanchâtre, caséeuse, inodore.
La marche dela maladie est très lente; à la longue, l'animal maigrit et peut même mourir cachectique. A l’autopsie, outre les lésions constatées par l'extérieur, le poumon, le foie, la rate peuvent renfermer de nombreux noyaux à centre caséeux ou purulent.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques et coloration. — Le pus renferme des éléments microbiens assez spéciaux, bien apparents surtout après coloration. Ils se colorentdu reste bien aux couleurs d’aniline, restent colorés par la méthode de Gram lorsqu'on ne fait pas agir longtemps l'alcool, et restent toujours colorés par celle de Weigert.
Ce sont des filaments rameux, enchevêtrés, formant de petits amas d'apparence buissonnante. À un moment donné, ces filaments se segmentent en articles cylindriques, d'environ 2 de longueur. L'épaisseur est d'environ 0,25 y. Les ramifications des filaments en font de vrais Cladothrix. Les faux tubercules que l'on rencontre dans les viscères
(1} Fisx, Leeches (/2th and 13h annual Reports of the Bureau of animal Industry, Washington, 1899).
(2) DrouIx et Réxon, Note sur une nouvelle mycose sous-cutanée innominée du cheval (Soc. de Biol., 1896, p. 425). — Droux, Sur une nouvelle mycose du cheval (Recueil de méd. vél., 1896, p. 337).
(3) Nocarnp, Note sur la maladie des bœufs de la Guadeloupe connue sous le nom de farcin (Ann. de l’Inst. Pasteur, 11, 1888, p. 293).
bé aimes D cs" à
CLADOTHRIX FARCINICA. 749
présentent à leur centre une quantité de ces mêmes amas en forme de broussailles.
Toutes les cultures montrent la forme typique du microbe, l'aspect en broussailles des filaments. Par compression, les filaments se dissocient aussitôt en bâtonnets. Les vieilles cultures, surtoutcelles qui présentent l'efflorescence blanche, contiennent beaucoup d’arthrospores ovoïdes, se colorant difficilement.
Cultures. — Le microbe se cultive, en présence de l’air, sur tous les milieux liquides ou solides, entre 30° et 40°. Il est exclusivement aérobie.
On obtient facilement des cultures en ensemençant le pus d’abcès ganglionnaires. Ces cultures se font au mieux dans les milieux neutres ou alcalins, mais réussissent également, quoique moins bien, dans les milieux légèrement acides ; la réaction du milieu ne se modifie pas par la culture.
CULTURES SUR GÉLATINE. — La culture est très peu abondante. En piqûre, il se forme à la surface une petite colonie blanchâtre et presque rien dans le canal; la liquéfaction est très lente à se produire, Sur gélatine acide, la culture est un peu plus abondante, la liquéfaction plus rapide; le milieu prend une teinte brune.
CULTURES SUR GÉLOSE. — L'espèce y donne de petites colonies circulaires, saillantes, d’un blanc Jaunâtre, opaques, ternes, qui peuvent confluer en une pellicule et se recouvrir d'une efflorescence blanche due aux spores.
CULTURES SUR SÉRUM. — Sur sérum coagulé, la cullure a même aspect que sur gélose; elle reste plus humide. |
CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Il se forme des colonies circulaires, d'un gris jaunâtre, confluant en une pellicule verruqueuse ou plissée, se recouvrant vite d'une efflorescence blanche de spores.
CULTURES DANS LE BOUILLON. — Le microbe y donne des amas blanchâtres, irréguliers, tombant au fond du vase, ou flottant à la surface et y formant des taches lenticulaires d’un blanc sale, ne se laissant pas mouiller par le liquide. C’est surtout dans les bouillons glycérinés que cet aspect est bien net: la culture ressemble souvent à du bouillon gras dont les yeux se sont figés par refroidissement.
CULTURES DANS LE LAIT. — Le développement s’y fait sans produire de coagulation.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
On obtient facilement l'infection chez le cobaye, le bœuf et le mouton à l’aide des produits pathologiques ou des cultures ; le lapin, le chat, le cheval et l’âne sont réfractaires.
En injectant une petite quantité de produit virulent sous la peau d’un cobaye, on détermine la formation d’un abcès à cet endroit; les ganglions voisins se prennent; ilpeutse former dans la région un phlegmon énorme; l'animal guérit cependant, Par inoculation intrapéritonéale ou intraveineuse, on obtient des lésions qui rappellent tout à fait celles de la tuberculose miliaire; dans le second cas surtout, tous les viscères sont farcis de faux tubercules qui contiennent le microbe avec son
790 BACTÉRIACÉES.
aspect en broussailles tout spécial. Les grands animaux résistent très longtemps; on ne sait pas si les lésions produites chez eux occasionneralent la mort.
Les cultures conservent très longtemps leur vitalité et leur virulence.
CLADOTHRIX PULMONALIS Rocer.
(0ospora pulmonalis.)
Roger (1) l’a rencontré dans une mycose pulmonaire de l'homme, sorte de pseudo-tuberculose, où le Bacille tuberculeux n'existait pas.
Dans les cavernes existantes, le tissu pulmonaire altéré, se voyaient des filaments spéciaux. De nombreuses formes microbiennes les accompagnaient. Par inoculation au cobaye et au lapin se développèrent des accidents locaux et métastatiques, du pus desquels le microbe fut isolé.
Ilne se développe bien que dans le bouillon maltosé, y formant des flocons blancs au fond des tubes. Sur gélose maltosée, on peut obtenir quelques petites colonies rondes, blanches. Le développement ne se fait qu'à partir de 24°; l'optimum semble être de 34° à 35°.
La vitalité des cultures est faible ; les premières ne vivent que pendant trois ou quatre jours ; après un mois d'entrainement, elles péuvent durer une semaine. Elles n’ont jamais d'odeur.
On y trouve des filaments ramifiés, avec chaînes d’ arthrospores, se colorant facilement, restant colorés par la méthode de Gram et n'étant pas acido-résistants.
Le microbe est pathogène pour le cobaye et le lapin. Chez le cobaye, l'inoculation sous la peau donne un abcès local, et peut produire, comme métastase, une péritonite purulente ; l'injection intrapulmonaire produit une pleurésie purulente.
CLADOTHRIX LINGUALIS Rocer.
(Oospora linqualis.)
Il a été isolé d'une stomatite crémeuse, avec abcès amygdalien. I] existait à l’état pur dans le pus de labcès et dans les plaques blanches de la stomatite.
Les cultures sont plus faciles à obtenir que celles de l'espèce précédente. |
Ilse développe en bouillon ordinaire, mieux en bouillon maltosé à 4 p. 100, sous forme de flocons blancs
Sur gélose et gélatine ordinaires, il ne donne rien; sur gélose maltosée, de petites colonies blanches.
Sur carotte, il forme de petits points blancs, donnant plus tard des colonies rondes, protubérantes.
Sur pomme de lerre, pas de développement.
On trouve dans fe cultures les formes filamenteuses habituelles,
oGer, Bovy et Sanrory, Les oosporoses (Arch. de méd, expér., XXI, 1909,
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