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CLADOTHRIX CUNICULI Scnmort (1).
(Streplothrix cuniculi.)
Il a été isolé par Schmorl de lésions ulcéreuses de la face de lapins. Bang (2) en fait, sous le nom de Bacille de la nécrose, une espèce microbienne très répandue que l’on retrouverait, chez les animaux, dans des lésions très diverses (3).
C'est un microbe très polymorphe, se présentant tantôt en longs filaments feutrés, tantôt en bâtonnets parfois très courts.
Il se colore par la méthode de Gram.
C'est un anaérobie vrai, se développant au mieux vers sy
Dans le bouillon, il se développe assez péniblement en donnant un trouble uniforme.
Sur sérum coagulé, il forme de petites colonies blanc grisâtre, finement radiées.
Sur pomme de terre, on n'observe pas de développement.
Le microbe est pathogène pour le lapin et la souris. Le cobaye, le chien, le chat, le pigeon et la poule sont réfractaires.
Cette espèce serait très répandue dans le milieu extérieur, le sol principalement, les excréments, l'eau.
Schmorl l'aurait observé chez l’homme, associé à des microbes pyogènes, dans des plaies rebelles à la cicatrisation. C’est peut-être le microbe rencontré par Seifert (4), Blumer et Mac Farlane (5) dans plusieurs cas de noma.
CLADOTHRIX VIOLACEA.
(Streptothrix violacea de Rossi-Doria.)
Rossi-Doria (6) le donne comme assez fréquent dans l’eau et l'air. Les filaments ont les caractères habituels et restent colorés par la méthode de Gram.
Les cultures sur plaques de gélatine n'ont pas de caractères particuliers ; la gelée se teint en rouge vineux autour de la colonie.
En piqûre dans la gélatine, ‘à culture ressemble à celles des précédents ; la liquéfaction est un peu plus rapide, même à la température ordinaire.
Sur gélose, la culture forme une pellicule à bords circulaires, produite par la confluence de colonies rondes, comme chez beaucoup de ces organismes.
(1) Scamorr, Ueber ein pathogenes Fadenbacterium (Zeitschr. für Thiermedicin, 1891, p. 375).
(2) Baxc, Om Aarsayen til local Necrose (Maanedsskrift for Dyrlaeger, II, 1891, p. 235).
(3) Jensen, Die vom Nekrosebacillus hervorgerufene Krankheïten (Ærgebn. der allg. Pathol. von Lubarsch und Ostertag, IL, 1895).
(4) Seirerr, Münch. med. Wochenschr., 3 décembre 1901,
(5) Biumer et Mac FaRLANE, An Epidemic of Noma (The Americ. Journal of med. science, novembre 1901).
(6) Rossr-Doria, Loc, cit., p. 722.
Macé. — Bactériologie, 6e édit. IL — 48
754 BACTÉRIACÉES.
La surface devient assez vite crayeuse et montre des taches d'un violet intense, d’autres d’un violet clair, d'autres grisâtres et, enfin, d'autres tout à fait blanches, surtout à la périphérie. Le milieu prend une nuance brune ou rousse, jamais violette.
Sur pomme de terre, la culture pousse lentement; elle forme une pellicule gris-ardoise, un peu violacée, un peu plissée. Le substratum se colore en brun un peu plus roux qu'avec le Cladothrix chromogenes.
Dans le Jar, il se produit, dans la couche superficielle, où l’on trouve de nombreux filaments, une coloration rosée, avec, parfois, de petits points violets. Le milieu est lentement peptonisé; le liquide transparent, après un temps assez long, présente une teinte d'un rouge vineux; la réaction est alcaline.
L'espèce ne végète pas en anaérobie.
Elle ne semble pas être nettement pathogène; Rossi-Doria, sur un lot d'animaux inoculés dans le péritoine, dit avoir obtenu la mort d'un seul cobaye après vingt-deux jours.
CLADOTHRIX CARNEA.
(Streptothrix carnea de Rossi-Doria.)
Xossi-Doria l’a isolé de l'air, où il le donne comme rare. Les colonies des cultures sur plaques de gélatine présentent la même disposition radiée que les précédentes; celles de la superficie donnent des filaments sporifères d'un blanc légèrement rosé.
Sur gélatine en piqûre, il se développe une série de colonies rondes, très petites. La gelée ne se liquéfie pas tout à fait. Les couches superficielles prennent une coloration rosé clair.
Sur gélose, en strie, il se développe des colonies circulaires, qui restent le plus souvent isolées; elles prennent une belle coloration chair ou rouge orangé.
Sur pomme de terre, la culture est verruqueuse et prend la même nuance que sur gélose.
CLADOTHRIX AURANTIACA.
(Streptothrix aurantiaca de Rossi-Doria.)
Il n’a été rencontré qu'une fois dans l'air.
Sur plaques de gélatine, les colonies sont aplaties, comme une goutte
de cire, régulièrement circulaires. La nuance varie du jaunâtre à l’'orangé vif. Elles se recouvrent à la fin d'une efflorescence blanche.
Sur gélatine, en piqûre, il se forme à la surface une petite pellicule ronde, d’un orangé vif, et, dans le canal, de petites colonies de nuance un peu plus éteinte. La gélatine n’est jamais liquéfiée.
Sur gélose, il se développe de nombreuses colonies circulaires, à centre se plissant à la longue, d'un orangé jaunâtre; elles peuvent confluer en une pellicule verruqueuse, devenant d'une belle couleur orange. La surface ne se recouvre pas de l’efflorescence crayeuse que produisent les filaments sporifères d'autres espèces.
CLADOTHRIX ALBIDO-FLAVA. 755
Sur pomme de terre, on observe d’abord de petites colonies plates qui confluent en une pellicule mince d'abord jaunâtre, puis orangée ; il ne se forme jamais de filaments sporifères.
L'espèce ne croît pas à l’abri de l'air et ne montre aucune propriété pathogène.
Y a-t-1l lieu d'en distinguer le S{replothrix aurea de Dubois Saint- Sévrin (1)?
CLADOTHRIX RUBRA Ruiz CazaBo.
Ruiz Cazabo (2) l'a isolé de ses crachats.
Sur gélatine, les cultures se développent vite et liquéfient rapidement; en cinq jours, la moitié de la gelée est déjà liquéfiée. Au bout d'un mois, le liquide est recouvert d’une petite pellicule blanchâtre.
Sur gélose, il se forme rapidement une belle culture d'un rougecinabre qui couvre toute la surface libre.
Sur pomme de terre, le développement est aussi très rapide ; la colonie prend une coloration rouge et couvre Loute la surface.
Dans le bouillon, il se forme de petites colonies rondes, rouges, qui se développent à la surface, puis se déposent au fond du vase.
Dans le Zart, les colonies se développent comme dans le bouillon, mais sont plus fortement colorées.
Cette espèce paraît être facultativement anaérobie. Elie ne montre aucune propriété pathogène.
CLADOTHRIX ALBIDO-FLAVA Rossr-Doria.
(Streplothrix albido-flava de Rossi-Doria.)
Rossi-Doria l’a isolé de l'air, où il paraît assez rare.
Sur plaques de gélatine, les jeunes colônies sont formées de filaments très fins et très ramifiés, irradiant autour d'un centre opaque. Les colonies deviennent plus opaques et prennent une teinte jaune. La gélatine se liquéfie, mais tardivement.
Sur gélaline, en piqûre, il se développe, le long du canal, de petites colonies rondes, transparentes, jaunâtres, et à la surface une petite
‘colonie plate de même aspect. Laliquéfaction de la gélatine ne commence
qu'après une vingtaine de jours.
Sur gélose, la culture est abondante, verruqueuse, surtout à la périphérie. La partie centrale se colore en jaune ; à la partie périphérique, on trouve l’efflorescence crayeuse donnée par la formation de spores.
Sur pomme de terre, la culture est assez lente; il se forme d’abord de petites colonies isolées semblables à celles qui se produisent sur gélose : elles confluent ensuite pour former une pellicule jaune.
Dans le lait, il se forme de grosses colonies discoïdes, flottant dans le liquide qui devient tout à fait transparent et prend une couleur jaune-paille; sa réaction est légèrement alcaline.
(1) Dusors Sainr-Sévrix, Sur une conjonctivite streptothricique curable par les applications de jus de citron (Sem. méd., 1895, p. 202).
(2) Ruiz Cazxpo, Descripcion de un Cladothrix chromogeno (Chronica medico-quirurgica de la Habana, 1894, n° 13).
756 BACTÉRIACÉES.
Les cultures dégagent toutes une faible odeur de moisi. Elles ne viennent pas à l'abri de l'air.
L'espèce ne parait avoir aucune propriété te
CLADOTHRIX INVULNERABILIS Acosra et GRANDE Rossi.
Acosta et Grande Rossi (1) l'ont isolé, à la Havane, de l’air de leur laboratoire et comme impureté développée sur des milieux de culture.
Sur gélose, en piqûre, il se développe, dans le canal, de petites colonies rondes, d’un blanc sale, et, à la surface, une petite pellicule plus blanche, très adhérente au milieu, un peu plissée; la partie inférieure, adhérente à la gelée, a une coloration jaune.
Sur gélatine, ilse développe : à la surface une colonie blanche, veloutée, qui devient semblable à celle de la gélose, puis la gélatine commence à se liquéfier progressivement.
Sur pomme de Lerre, on obtient assez vite une large bande formée de petites colonies blanches, crayeuses. Le milieu prend une teinte noirâtre, La culture développe l'odeur de terreau.
Dans le ait, il se forme à la surface une couche solide, jaune, adhérant au verre comme une sorte de bouchon. Au-dessous se trouve un liquide transparent et au fond un coagulum de caséine.
Dans le bouillon et même l'eau slérilisée, l'espèce forme de petites colonies nuageuses.
Le développement a lieu à l’air et sans air. La résistance du microbe à la chaleur est très grande; il résiste facilement à des températures de 1000, même 110°. Il paraît n'avoir aucune propriété pathogène.
CLADOTHRIX MORDORE Tir.
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XXXVII
Thiry (2) a isolé cette espèce, dans mon laboratoire, d’un exsudat d'angine accompagnée de beaucoup d’œdème.
Les filaments ramifiés sont très semblables à ceux des espèces du même groupe: ils forment, dans les mêmes conditions, des arthrospores, qui donnent l'apparence crayeuse habituelle aux colonies.
Les cultures s'obtiennent facilement à l'air, sur les milieux ordinaires.
Sur gélose, les cultures sont la plupart du temps tout à fait spéciales.
Les colonies circulaires saillantes, bien isolées, sont d’abord grises ou un peu violacées, puis se recouvrent d’une efflorescence blanche due à la formation de spores et s’entourent d’une large auréole mordorée, brillante. Cet aspect mordoré, à reflets métalliques, est dû à la présence de cristaux lamellaires, d’un violet-améthyste clair, à centre rouge-rubis. Ces cristaux peuvent recouvrir toute la surface du tube qui apparaît
(1) Acosra et Granpe Rossi, Descripcion de un nuevo Cladothrix, Cladothrix invulnerabilis (Chronica medico-quirurgica de la Habana, 1893, n° 3).
(2) Tuiry, Bacilles et Cladothrix polychromes (Arch. de physiol., avril 1897). Bacille polychrome et Actinomÿ ces mordoré. Thèse de Nancy, 1900. Librairie d. Be. Baillière.
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CLADOTHRIX POLYCHROMOGÈNE. 197
comme métallisée. La gélose peut brunir ou rester incolore. Sur une même gélose, on peut obtenir de ces cultures types, d'autres jaune ocracé ou brunâtres, d’autres violettes, d’autres blanches.
La gélatine est assez vite liquéfiée; il se forme à la surface une pellicule gris jaunâtre, qui se recouvre par places d’une efflorescence blanche. Le bord des cultures présente quelquefois des petits cristaux toujours moins beaux que sur gélose.
Le sérum est rapidement liquéfié; l'aspect de la culture est le même que pour la précédente. È
Sur pomme de lerre, la culture envahit rapidement toute la surface libre; c’est une efflorescence verruqueuse d’un gris rosé. La pomme de terre se colore entièrement en brun noir et présente, aux surfaces libres, des reflets mordorés dus aux cristaux signalés sur gélose. A la longue, elle est rongée, comme vermoulue.
Le lait est rapidement peptonisé à 37°.
Dans le bouillon, l'infusion de paille, on a des flocons semblables à ceux que donnent les autres espèces.
Les filaments des cultures et les spores peuvent présenter la même nuance que les cristaux.
Toutes les cultures dégagent une odeur de moisi assez intense.
Si l’on traite une culture mordorée par du chloroforme, le réactif se colore en rouge-rubis. Si, à cette solution, on ajoute un peu d’eau et quelques gouttes de lessive de soude, l’eau se colore en bleu de cielet le chloroforme se décolore complètement; par addition d’acide, le chloroforme redevient rouge. La solution chloroformique, évaporée lentement, abandonne de grands cristaux allongés.
L'espèce ne paraît avoir aucune aclion pathogène pour le cobaye.
Terni (1) a décrit, sous le nom d’'Actinomyces Gruberi, une espèce qui peut aussi produire plusieurs pigments, du rose, du jaune, du brun, et est pathogène pour le cobaye; ses caractères sont encore insuffisamment connus.
CLADOTHRIX POLYCHROMOGÈNE Varie.
(Streplothrix polychromogène.)
Vallée (2) l’a isolé du sang d’un cheval mort d'une pasteurellose aiguë; 1l s'y trouvait certainement comme associé banal.
Dans les cultures, on rencontre des filaments ramifiés, se colorant uniformément, restant colorés par la méthode de Gram, ou des condensations chromatiques simulant de longs streptocoques, mais autour desquelles on peut souvent distinguer la gaine plus pâle, reste du filament. Il se produit du reste, au contact de l'air, des arthrospores semblables à celles que donnent les autres espèces.
Le microbe est aérobie strict et se développe facilement sur les milieux ordinaires entre 18° et 38°, même jusqu'à 47°, mais de plus en plus péniblement.
(1) Ter, Congrès de méd. de Rome, 1894.
(2) Vazzée, Sur un nouveau Streptothrix (Sf. polychromogène) (Ann. de l'Inst. Pasteur, XVII, 1903, p. 288).
758 BACTÉRIACÉES.
Sur gélose, il se ait une culture blanchâtre au début, devenant rougesaumon en quelques jours, puis vieux rose très riche.
Sur gélatine, le développement est identique. Le milieu n’est pas liquéfié.
Sur pomme de terre, la culture, d'abord gris rosé, passe au rouge jaunâtre, même au rouge-vermillon; ou elle est plissée, verruqueuse, sèche. k
Dans le bouillon, il se fait un voile fragile, rose-saumon pâle; le liquide reste clair et dissout un peu du pigment.
Le lait n’est pas modifié; il se fait à la surface un voile rosâtre.
On retire des cultures un pigment rouge légèrement soluble dans l’eau, peu soluble dans l'alcool, très soluble dans l’éther en jaune, et dans le chloroforme en rose; et un pigment jaune, peu soluble dans l’eau et dans l'alcool, très soluble dans l’éther et le chloroforme. |
L'inoculation, intraveineuse ou intrapérilonéale, aux animaux d'expériences, n'occasionne presque rien, de l’amaigrissement plus ou moins rapide, dù probablement à des produits solubles.
CLADOTHRIX CŒLICOLOR Murrer.
(Streptothrix cœlicolor.)
Müller (1) l’a rencontré dans un tube de pomme de terre non utilisé, formant une colonie à auréole bleue intense. Il provenait probablement de l'air.
Les filaments sont longs, peu ramifiés el ne se dissocient pas facilement en articles. Ils peuvent former, à l'air et à la sécheresse, des arthrospores comme beaucoup d’autres espèces voisines.
On obtient facilement des cultures, surtout à la température de la chambre, mais en méthodes anaérobies, ou seulement dans les parties profondes des milieux. La croissance se fait encore à 36°, mais moins bien et sans production de coloration. Les vieilles cultures développent une odeur de vase.
Sur gélatine, le développement se fait bien, sans liquéfier le milieu et sans production de matière colorante.
Sur gélose ordinaire, le microbe croît bien sans former de revêtement ‘crayeux; si l’on ajoute du sérum, du glycogène ou de la dextrine, les colonies prennent facilement l’aspect crayeux. La gélose dextrinée se colore entièrement en brun.
Sur pomme de terre, autour des inoculations, il apparaît en quelques jours une teinte bleue, qui s'étend à tout le milieu et devient très foncée, nuancée parfois de vert ou de violet. Il est des pommes de terre qui se colorent peu ou mal. Les colonies qui se développent sont blanches, plissées, à surface crayeuse, présentant à leurs bords ondulés des annulalions blanches concentriques.
Dans le bouillon, il se forme surtout des amas floconneux dans la partie inférieure, parfois des zones concentriques crayeuses sur le verre, à la partie supérieure.
(1} Mürrer, Eine Diphteridee und eine Streptothrix mit gleichen blauen Farbstoff (Centralbl. für Bakt., 1t® Abth., Orig., XLVI, 1908, p. 195).
ann
x . CLADOTHRIX THERMOPHILA. 759
Dans le lait, il ne se fait pas de coagulation à la température de la chambre: mais on la constate à 36° après quelques jours. Il ne s'y produit pas de matière colorante.
L'inoculation sous-cutanée et intrapéritonéale au cobaye s'est montrée sans effels.
La matière colorante parait se produire surtout en présence des matières amylacées. Elle est soluble dans l’eau, insoluble dans l'alcool absolu, l’éther, le chloroforme, le xylol. Elle vire au rouge par les acides et passe au verdâtre par les alcalis.
CLADOTHRIX THERMOPHILA (:iLBERT.
(Actinomyces thermophilus.)
L'existence d'espèces de ce groupe fhermophiles, c’est-à-dire végétant bien et souvent au mieux à des températures relativement hautes, 90° à 60° par exemple, semblables en cela aux Bacilles thermophiles, a élé signalée depuis longtemps.
Globig (1) en a rencontré dans la terre de jardin, à développement limité entre 52° et 65°. Il n’en fait qu’une description incomplète, disant qu'elles donnent des colonies à surface crayeuse, sur pommes de terre à 58°.
Kedzior (2) a isolé un type d'une eau d’égout, incomplètement décrit aussi, donnant entre 45° et 65° des cultures crayeuses sur gélose el élant facullativement anaérobie, comme beaucoup d'espèces du groupe d’ailleurs.
Sames (3) en trouve un autre dans du lait cru, aussi anaérobie facultatif, croissant entre 22° et 62°.
MI Tsilinsky (4) a isolé de selles de nourrissons une espèce thermophile facultative poussant très bien de 20° à 37°, très bien encore à 57°; donnant sur pommes de terre de très larges colonies blanches crayeuses hquéfiant la gélatine et peptonisant le lait, inoffensive pour les animaux. De selles d'adultes, une autre espèce, thermophile absolue, ne croissant pas au-dessous de 45°, ayant son optimum vers 57°-58°, végétant encore très faiblement à 66°, plus du tout à 67°; donnant une culture blanche crayeuse sur pomme de terre, ne liquéfiant pas la gélaüne n’altérant pas le lait, aérobie strict, inoffensive pour les animaux.
Ces espèces paraissent bien semblables aux Cladothrix blancs dont il a été parlé (p. 729). Comme il a été dit à propos des Bacilles thermophiles (p. 534), la propriété d’être thermophiles, relativement ou absolument, ne peut guère être considérée comme suffisante pour baser sur elle des coupes et distinctions naturelles; elle n’est plutôt que secondaire, peut-être même seulement acquise, ne pouvant caractériser que de simples races ou variétés.
(1) Grosr6, Ueber Bakterienwachsthum bei 50 bis 700 (Zeitschr. für Hygiene, IN, 1888, p. 294).
(2) Kenzior, Ueber eine thermophile Cladothrix (Arch. für Hygiene, XXVII, 1897).
(3) Sames, Zur Kenntniss der bei hôüherer Temperatur wachsenden Bakterien und Streptothrixarten (Zeilschr. für Hygiene, XXXIII, 1900, p. 313).
(4) M'% Tsrrinskyx, Sur la flore microbienne thermophile du canal intestinal de l’homme (Ann. de l'Inst. Pasteur, XVII, 1903, p'22174;
760 BACTÉRIACGÉES.
Gilbert (1) a éludié une espèce, qu'il nomme Aclinomyus thermophilus, semblant plus distincte.
Il l’a obtenue en ensemençant sur pomme de terre de très petites quantités de terre de jardin et mettant à létuve à 55°. Après vingtquatre heures, on trouve à la surface des taches jaune pâle, tranchant sur le fond du tubercule. Au deuxième jour, il s’y est formé de petits renflements blancs, gros comme des têtes d’épingles, qui grandissent ultérieurement et donnent de petites colonies arrondies, plissées, d’un blanc grisätre.
Ces colonies sont formées de longs filaments ramifiés de 0,8u à 1 we de large ; dès que la culture eu gris blanchâtre, ils donnent des chapelets d’arthrospores. Les filaments restent colorés par la méthode de Gram; ils se montrent nettement acido-résistants, ainsi que les arthrospores.
is dessus de 55°, le développement devient plus lent; 1l s'arrête à
. Sur pomme de terre, il se fait encore à 45°, très lentement à 37°, du tout à 35°. Après de nombreuses générations, le développement parvient à se faire encore à 22° sur d° autres milieux, gélose et gélatine par exemple.
Sur gélatine, il se fait de petites colonies arrondies, d’un jaune pâle, qui liquéfient à partir du sixième Jour, mais très lentement.
Sur gélose, surtout glucosée ou lactosée, 11 se fait une culture membraneuse, grisàtre, qui prend, par places au moins, l'aspect crayeux.
Sur pomme de terre, à 31°, il se forme en deux jours une légère couche duveteuse, qui ne s'accroît guère.
Sur sérum coagulé, il se développe une culture membraneuse, plissée, de la nuance du substrat, s’enfonçant, après une ou deux semaines, en liquéfiant le milieu.
Dans le bouillon, le microbe donne, surtout dans la partie inférieure, de petites colonies floconneuses, radiées, d’un jaune pâle; le liquide reste clair. Il ne s'y voit d’arthrospores que si les colonies viennent en contact avec l'air. :
Le lait, à 37°, n’est pas modifié au début; après deux jours, il se forme à la surface une pellicule jaune-orange. La coagulation se fait vers le cinquième jour. Le liquide prend à la longue une réaction faiblement acide.
Toutes les cultures dégagent une odeur éthérée agréable, qui est remplacée par l'odeur de terreau lorsque les arthrospores se forment.
Elles n’ont aucune action nocive sur les cobayes et les lapins, en injection sous-culanée, intrapéritonéale ou intraveineuse.
(1) Ginserr, Ueber Actinomyces thermophilus und andere Actinomyceten (Zeitschr. für Hygiene, XLVIN, 1904, p. 383).