ANALYSE QUANTITATIVE
On eu utiliser soit Pexamen microscopique, soit la mise en cultures en milieux variés.
Examen microscopique.
I n’y a pas à songer à l'examen direct qui donne de très bons résultats pour la recherche et l'étude de beaucoup d'organismes inférieurs, la majeure partie de ceux qui constituent le plankion (p. 772). Les Bac-
téries sont de trop petite taille, ne mesurant parfois que des fractions
de millième de millimètre, leur réfrmgence se distingue trop peu de celle du milieu ambiant, pour que leur recherche soit praticable sous le microscope, armé des forts grossissements nécessaires. L'addition d'acide osmique ne facilite pas l'opération, loin de là ; bien des particules organiques, qui ne se distinguent que bien difficilement des Bactéries rondes, surtout des Micrococcus, se colorent aussi en noir par ce procédé el apportent une importante cause d'erreur dans la numération. Il est impossible à un observateur, même des plus exercés, de se faire une idée, avec une très large approximation, du nombre des Bactéries contenues dans une goutte d’eau, par examen immédiat. De plus, par ce moyen, il n'y a guëre à songer à différencier les espèces et à arriver ainsi au résultat le plus important de l'analyse bactériologique des eaux ; les caractères propres aux éléments de bien des espèces sont par trop voisins pour en permeltre la plupart du temps la distinction.
Il en est de mème de Pexamen après coloration, qu'il se pratique par la méthode ordinaire ou par celle qu’a proposée Certes. Dans la première, une goutte d’eau est évaporée à une douce chaleur sur une lamelle couvre-objet bien propre et la mince couche résiduale colorée en très peu de temps à l’aide d’une solution alcoolique concentrée de fuchsine ou de violet de méthyle, puis lavée rapidement à l'eau. Outre
(1) Voy. Gabriel Roux, Analyse bactériologique de l'eau. Paris, 1892, J.-B. Baïllière. — P. et G. FrankLawp, Mikro-organism in Water. Londres, Longmans, Green and Ce, 1894.
que l'examen tant soit peu consciencieux de telles préparations est très
pénible, les résultats que l’on en retire ne sont pas préférables à ceux du
premier procédé. Les cristaux ou le sédiment amorphe qui résulte de l’évaporalion gênent d’ailleurs considérablement l’observation.
La modification proposée par Certes (1) n’est applicable que dans des cas tout spéciaux et ne peut pas conduire à la solution cherchée. Il conseille de laisser tomber dans l’eau à examiner des lamelles couvreobjet, soigneusement lavées à l'acide et à l'alcool et stérilisées par le flambage. D'après lui, les Bactéries, en suspension dans le liquide sous la forme de petites colonies visqueuses, adhèrent à la lamelle de verre qui vient les toucher. Les lamelles recueillies sont traitées par les réactifs colorants et montées en préparations microscopiques. Cette méthode, excellente pour certaines grandes espèces et qui peut donner des détails intéressants sur l'aspect des petites zooglées que les Bactéries forment dans l’eau, ne fournit aucune base sûre soit pour la numération, soit, à plus forte raison, pour la diagnose.
Il en est de même de l'emploi des “appareils, cellule avec lamelle quadrillée, employés pour la numération des globules du sang, compteglobules de Malassez ou de Thomas; également de l'emploi du champ noir de l’ultramicroscope proposé par Aumann (2).
Cultures.
Il est absolument nécessaire d'y recourir.
Il faut toutefois employer des procédés qui permettent de pouvoir isoler les diverses Bactéries qui se trouvent dans une eau et ne pas se contenter de ceux qui donnent de He apparences d’un développement.
Ainsi, la rapidité plus ou moins grande avec laquelle de faibles proportions d’eaux à examiner liquéfient une quantité donnée de gélatine n'a pas de signification utilisable. Beaucoup d'espèces ne liquéfient Jamais ce milieu, et parmi elles de très nuisibles, le Bacille typhique, le Colibacille, le Pneumocoque, le Streplocoque pyogène, entre autres, que l’on a rencontrés ou que l’on peut être exposé à rencontrer dans l’eau. D’un autre côté, certaines espèces, tout à fait inoffensives, jouissent d’un pouvoir liquéfiant vraiment remarquable. Il en est de même de l'apparition plus ou moins hâtive, dans les bouillons nutritifs, du trouble indiquant le développement de Bactéries dans leur masse.
L'emploi de méthodes plus complètes peut seul conduire à des résultats satisfaisants. Il est nécessaire de s’adresser aux méthodes de cultures qui permettent d’abord d’arriver à une numération des germes existant dans l’eau pouvant croître sur les milieux employés, d'isoler ceux qu’on peutavoir intérêt à étudier et constater alors les réactions qu'ils peuvent déterminer, particulièrement leur action sur l’organisme animal. On a généralement recours aux méthodes habituelles qui conviennent à up nombre assez considérable d'espèces.
Les méthodes que l’on peut employer nesont certainement pas propices
(1) Cerres, Analyse micrographique des eaux. Paris, 1883. ” (2) Aumanx, Ueber den Wert der direkten Zählung der Wasserbakterien mittelst “3 Ultramikroskops (Centralbl. für Bakt., 2te Ath. XXXIII, 1912 p. 624).
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788 ÉTUDE SPÉCIALE DES PRINCIPAUX MILIEUX. Les
au développement de toutes les espèces qui peuvent se rencontrer dans
les eaux. Il en est qui ont des besoins particuliers et ne se développent
que dans des milieux ou dans des conditions spéciales. On est conduit
forcément à utiliser des procédés qui conviennent à la majeure partie des espèces présentes, quitte à négliger les autres, beaucoup moins
nombreuses, ou alors à chercher à obtenir ces dernières par la mise en
œuvre de procédés spéciaux qui conduisent à leur isolement, ce qui
rentre alors dans l'analyse qualitative et sera exposé ci-après.
Procédé de Miquel.
Miquel (1) a appliqué à l'analyse de l’eau le procédé de fractionnement des cultures, qui lui avait servi aux examens bactériologiques de l'air, la culture dans du bouillon de parties de substances tellement diluées qu'on puisse être sûr de n'avoir dans chaque ballon qu'une seule espèce, provenant d'un germe.unique. Un faible volume déterminé d’eau, 1 cenlimètre cube ou une goutte même si c'est nécessaire, est mélangé par agitation avec 100 centimètres cubes d’eau ou de bouillon stérilisés. Cette première dilution, qui pourra être faite plus faible au besoin, est répartie, lout ou portion seulement, dans une série nombreuse de ballons de petit volume, remplis à moitié de bouillon nutrilif, que l’on a privés sûrement de tout germe par une exposition d’une à deux heures dans un autoclave à 115°-1200, Pour que les chances de réussite soient grandes, qu'on puisse avoir une grande probabilité d'être arrivé à une dilution de l’eau à observer suffisante pour qu'une seule Bactérie ou une seule spore se trouve dans le volume mis en ensemencement, il est nécessaire qu'une certaine partie, un bon tiers, des ballons employés. reste stérile. Il est souvent commode de faire rapidement une première estimation approchée, pour arriver plus sûrement à un bon résultat. C'est du reste tout simplement une affaire de nombre de ballons ; il faut, pour la plupart du temps, en prendre une assez grande quantité, de 50: à 100 et même plus. C’est un des inconvénients du procédé, qui exige une grande installation, une manière de faire compliquée, et n’est alors plus” à la portée de la pratique courante. De plus, les milieux liquides, bien que convenant mieux au développement de la plupart des espèces de Bactéries, se prêtent difficilement à leur isolement, lorsque plusieurs espèces croissent ensemble. Il peut fort bien arriver que deux, trois, quatre espèces et plus vivent côte à côte dans un même ballon de culture, sans qu'un œil, même exercé, s'en aperçoive. Enfin, dans les con- ‘ ditions les plus favorables, où l’on n’a affaire qu'à des espèces bien et dûment isolées, il est en général beaucoup plus difficile de reconnaître une espèce aux caractères de ses cullures dans les milieux liquides qu'à l’aide de ceux qu'elle offre lorsqu'elle croît sur les milieux solides habituels.