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RECHERCHE DU COLIBACILLE ET DES ESPÈCES SIMILAIRES

C’est surtout la recherche du Colibacille, tête de groupe, qui entre en jeu. On a intérêt à en rechercher la présence pour des raisons de deux catégories. À un point de vue plus général, il est une véritable indication de souillure, signifiant une contamination prochaine ou éloignée par des matières d’origine fécale (p. 187). En outre, 1l masque facilement le Bacille typhique, qui peut exister avec lui sans être décelé (p. 128); à juste titre une eau qui en renferme est donc à tenir . pour suspecte au point de vue de la fièvre typhoïde.

Ce n'est pas au titre de microbe à action pathogène possible que le Colibacille intéresse surtout ici; il est bien souvent inoffensif. C'est comme indication d’une souillure qui peut avoir d'autres conséquences plus graves.

Le Colibacille, et en partie au moins les espèces du même groupe, présentent certaines particularités biologiques intéressantes qui font défaut à un grand nombre d’autres microbes pouvant se rencontrer ensemble. La constatation de ces particularités réduit donc considérablement le nombre des espèces qui doivent être distinguées. Trois surtout sont à retenir et peuvent être utilisées pour le but visé ici. C’est :

1° La résistance relative à l'acide phénique;

2 La propriété de végéter à une température assez haute;

3 L'action sur certaines matières colorantes.

Chantemesse et Widal, comme il a été dit page 129, ont mis à profit la résistance que présentent les espèces du groupe du Colibacille à Vacide phénique, pour chercher à isoler le Bacille lyphique.

Rodet (p. 129) ayant observé que le Colibacille et le Bacille lyphique continuaient à végéter jusqu'à 45°, alors que la plupart des autres Bactéries de l’eau ne croissent pas à ces températures, a proposé d’user de cette particularité pour rechercher ces deux espèces dans l’eau.

Vincent a très heureusement associé ces deux méthodes, et, en faisant intervenir la chaleur et l’acide phénique, a institué un procédé de recherche d’une grande commodité d'application et d’une valeur pratique très réelle.

Parmi les colorants, l'emploi du rouge neutre (p. 175) donne des résultats particulièrement favorables. ;

Pratiquement, la recherche du Colibacille dans les eaux peut donc se faire par l'emploi des bouillons phéniqués et celui des bouillons au rouge neutre.

Recherche du Colibacille à l'aide des bouillons phéniqués. — Deux manières de faire sont à recommander, celle de Vincent et celle de Miquel.

Procédé de Vincent. — La technique générale a été indiquée page 130.

En pratique, on ensemence des tubes avec 1, 5, 10, 20 gouttes d’eau et des ballons avec 10, 20, 50, 100 et même 200 centimètres cubes et plus. Pour les analyses courantes, on peut se contenter d'ensemencer deux tubes avec 1 et 20 gouttes d'eau et deux ballons avec 50 et 100 centimètres cubes.

Vincent (1) attribue une importance toute spéciale à la détermination du nombre des Colibacilles qu'une eau peut contenir, qui est selon lui en rapport avec la nature de la souillure. Lorsqu'il ÿ a souillure fécaloïde de l’eau, en effet, le Colibacille y est apporté en grande quantité. Lorsque la souillure est minime, qu elle se fait par mélange de parcelles de sol vierge ou de poussières de F air, le Colibacille n’est apporté qu'en proportion faible ou insignifiante.

Les faits constatés par Vent sont certainement exacts ; mais il semble difficile de restreindre, comme il le veut, la signification du Colibacille en rapport aussi exact avec le nombre des individus trouvés dans l’eau et d'admettre régulièrement que l’on peut regarder comme eau de bonne qualité, une eau qui n’en contient qu'une petite quantité. En effet, une proportion minime de Colibacille que l'on rencontre dans une eau soumise à l’analyse n'indique que le degré de souillure actuelle de cette eau, souillure qui a pu être très forte quelques Jours auparavant, comme le montrent bien nettement d’autres recherches de Vincent citées plus haut (p. 782). A ce point de vue, la valeur d’une eau serait donc exposée à être appréciée d'une façon tout à fait différente à quelques jours d'intervalle, toutes les autres conditions restant absolument identiques.

La quantité de Colibacille doit moins entrer comme élément dans l'appréciation de la qualité de l’eau que la seule présence bien constatée de ce microbe qui, sil se trouve en grand nombre, peut bien indiquer une souillure imporlante, mais s’ilse trouve en petite quantité peut aussi bien n’indiquer qu'une souillure minime ou qu'une souillure massive à origine plus éloignée. Le fait qui domine toujours est que la présence du Colibacille doit indiquer une souillure d'origine bien déterminée, souillure qui peut s'être faite à un haut degré, même si le microbe ne se rencontre qu’en faible quantité dans l'eau, et par conséquent non seulement danger actuel possible, mais danger pouvant se répéter quand se reproduisent les conditions de contamination.

La détermination quantitative du Colibacrlle, d'après Vincent, se fait en pratiquant des ensemencements à doses variées, d’abord très minimes, puis graduellement croissantes, comme il a été indiqué ci-dessus. Le tube, ensemencé avec la plus pelite quantité d’eau, qui donnera des résultats positifs, servira à déterminer le nombre de Colibacilles existants.

Si, par exemple, le tube ensemencé avec 1 centimètre cube s’est troublé et que ceux ensemencés avec une quantité moindre soient restés clairs, on pourra admettre que le microbe existe à l'état d'unité dans 1 centimètre cube d’eau, sa proportion bien probable au moins sera de 1000 par litre. De même pour d’autres termes de la série.

En pratique, on observe souvent des résultats en apparence anormaux. On voit se troubler certains tubes alors que d'autres, ensemencés avec des quantités plus fortes, restent clairs ; le fait est assez fréquent. On l’observe en général avec des eaux où le Colibacille est assez rare pour que les prises d’ensemencement puissent passer à côté des individus disséminés.

(1) Vixcenr, Sur la signification du Bacillus coli dans les eaux potables (Ann. de l'Inst. Pasteur, XIX, 1905, p. 233).

Quoi qu'il en soit, Vincent a cru pouvoir formuler dans le tableau suivant l'estimation de la qualité d'une eau basée sur le nombre des

éléments de Colibacille que l'analyse y fait rencontrer

NOMBRE DE du B.

Par

centimètre cube.

COLONIES coli.

er —

Par litre d'eau.

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