MARCHE GÉNÉRALE A SUIVRE
En résumé, l'emploi d’une seule méthode ne permet guère de se prononcer sur la valeur d'une eau au point de vue bactériologique ; il est nécessaire de mettre concurremment en œuvre plusieurs méthodes de recherche. Les cultures sur plaques de gélatine, faites dans de bonnes conditions, permettront d'arriver à une numération suffisamment exacte des germes vivants que l’eau peut contenir. Les cultures ultérieures permettront d’en déterminer un certain nombre: L'emploi des bouillons phéniqués fera aisément reconnaitre les espèces peu nombreuses qui y végètent; celui des solutions salées de peptones donnera vite des Vibrions. L'importance de ces deux méthodes est grande au point de vue des espèces du groupe du Colibacille pour la première, et des Vibrions cholérigènes pour la seconde. L’inoculation à l'animal des cultures de l'eau pourra être d'un excellent appoint. En s'appuyant sur les résultats ainsi obtenus, il sera alors possible de formuler des conclusions sérieuses et bien établies.
On peut conseiller de procéder dela façon suivante pour opérer l'analyse bactériologique d'une eau, dans la pratique courante:
(1) Lorrer et Despgiexes, Recherches sur les microbes pathogènes des eaux potables distribuées à la ville de Lyon (Revue d'hygq., XIL, 1890, p. 398):
1° Faire des cultures en bouillon phéniqué, en ensemençant, dans des tubes de 10 centimètres cubes de bouillon, 1 goutte, 5 gouttes, 10 gouttes, { centimètre cube d'eau; dans des ballons, 40 centimètres cubes et 100 centimètres cubes d’eau:
2° Faire des cultures sur plaques de gélatine avec 1 goutte, 5 gouttes, 10 gouttes, 1 centimètre cube de l’eau, pour les eaux ordinaires. Pour les eaux très souillées, il faut recourir à des dilutions comme 1l a été dit page 792. *
Ce sont là les deux opérations fondamentales.
On peut recourir, comme compléments de renseignements, aux trois suivantes :
3° Recherche des Vibrions par ensemencement de 1 centimètre cube d'eau dans 10 centimètres cubes de peptogélosel ;
4° Ensemencement de 1 centimètre cube d’eau dans 10 centimètres cubes de bouillon ordinaire, mis quelques jours à l'étuve à 37°; puis inoculation au cobaye ;
5° Recherche des anaérobies (p. 799).
Les cultures en bouillon phéniqué, à 42°-43°, pourront, après plusieurs passages, faire isoler le Colibacille ; elles TOME OS aussi le Bacille pyocyanique, d'autres espèces importantes qui seront isolées et étudiées. Elles pourront servir, après cinq ou six jours, à la recherche directe de lindol.
Les cultures sur plaques de gélatine serviront d'abord à la numéra- Lion des colonies qui se développent dans ces conditions ; à la spécification d'espèces diverses qui peuvent se reconnaître à l'aspect des colonies; à lisolement en cultures pures, pour étude complète, des espèces que l’on juge avoir de l'intérêt.
Les données des cultures d’anaérobies et de l’expérimentation physiologique seront interprétées comme il a été dit à propos de ces deux questions.