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BACTÉRIES DES VOIES RESPIRATOIRES

Les expériences de Strauset Dubreuil (5) ont nettement démontré que l'air expiré est complètement privé de germes; ceux qu'il tenait en suspens avant l'inspiration sont donc restés dans les voies aériennes. L'air, en parcourant dans les poumons tout ce système de canaux étroits, à parois humides, revêtues d’une couche de mucus visqueux, se dépouille de tous ses corpuscules en suspension, en particulier des Bactéries ; la proportion qui en sort est très minime par rapport à celle qui y entre, 1 pour 609 d’après Straus (6). Ces germes restent fixés aux parois des conduits bronchiques pendant un certain temps, puis disparaissent, détruits par l’activité même des cellules de revêtement ou entraînés par l’expectoration (7). C’est de cette façon que des espèces pathogènes, le Pneumocoque entre autres, peuvent arriver dans le poumon, et y déterminer leur processus morbide, et ceci d'autant plus facilement que nous savons qu'elles existent normalement dans la bouche. Toutefois, pour que l’action pathogène soit produite, il faut, sans doute, des conditions particulières dans la disposition de l'organisme, un amoindrissement de ses moyens de résistance et même ur état spécial de la matière virulente ; des expériences de Cadéac et Malet (8) montrent en effet que linhalation de poussières sèches renfermantdes Bacilles tuberculeux ne donne que rarement la tuberculose, tandis que lintroduction dans l'appareil respiratoire de ces mêmes Bactéries mélangées à des liquides cause constamment une tuberculose pulmonaire. :

(1) Scnorr, Berechtigen experimentelle oder klinische Erfahrungen zu der Annahme, dars pathogenen oder nicht pathogene Bakterien die Wand des gesunden Magendarmkanals durchwandern konnen? (Centralbl. für Bakt., XXIX, 1901, p. 239).

(2) Horneman, Beitrag zur Frage über die Bakteriendurchliessigkeit der Schleimhaut der Magendarmkanals (Zeitschr. für Hygiene, LXIX, 1911, p. 39).

(3) Ricner et SAnT-Girons, C. R. de la Soc. de Biol., 23 décembre 1911.

(4) Acxarp et PaurriN, Envahissement des organes pendant l'agonie et après la mort (Arch. de méd. expér., janvier 1895).

(5) Srraus et Dusreuiz, Sur l'absence de microbes dans l'air expiré (C. R. de l’Acad. des sc., 5 décembre 1887).

(6) Srraus, Sur l'absence de microbes dans l’air expiré (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1888, n° 4, p. 181).

(7) Pau, Ueber die Bedingungen des Eindringens der Bakterien der Inspirationsluft in die Lungen (Zeitschr. für Hygiene, XL, 1902, p. 468).

(8) Canéac et Marer, C. R. de l’Acad. des sc., 12 décembre 1887.

Des recherches nombreuses, en particulier celles de Barthel (1), de Muller (2), de Goebel (3), de Beco (4), concluent à l'absence de microbes dans le tissu pulmonaire de l’animal sain; les germes ne commencent à se rencontrer que dans des bronches d’un certain diamètre. Boni (5) dit cependant avoir rencontré assez fréquemment chez les grands animaux et l’homme, très rarement chez les petits animaux, comme le lapin et le cobaye, le Pneumocoque, le Staphylocoque doré, le Streplocoque pyogène, le Pneumobacille; il n’obtenait souvent de résultats que par l’inoculation à la souris du suc recueilli aseptiquement.

Les espèces que l'on peut rencontrer dans les voies respiratoires sont presque tout aussi nombreuses et variées que celles qui se trouvent dans la bouche. C’est du reste la conséquence de leur apport, qui se fait par l'introduction de l'air chargé de poussières les plus diverses. Les mêmes espèces pathogènes peuvent s’y rencontrer; le Pneumocoque est surtout à signaler.

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