BACTÉRIES DES VOIES GÉNITO-URINAIRES
Les voies génito-urinaires, qui sont en communication directe avec l'extérieur, renferment aussi des Bactéries à l’état normal. Beaucoup de ces espèces commensales paraissent tout à fait inoffensives ; il se pourrait, cependant, qu’à la suite de modifications pathologiques des organes et de changements consécutifs de la quantité des sécrétions, une espèce pullulät au point de devenir nuisible. C’est ainsi que, dans la vessie, le Micrococcus ureæ n'occasionnerait la fermentation ammoniacale de l'urine que lorsqu'il se trouve dans ce liquide de fortes proportions de mucus, sécrélées par la muqueuse enflammée; à l’état normal, cette Bactérie n'arriverait pas à s'y développer. Il est de ces espèces qui se retrouvent, souvent en abondance, dans les “diverses manifestations pathologiques de ces organes, accompagnant les microbes pathogènes qui les déterminent; il en sera parlé plus loin.
Organes génitaux de l'homme. — Chez l'homme, le canal de l’urètre est la seule partie où l’on trouve des microbes à l’état normal. C'est surtout la partie antérieure qui en est pourvue; la partie postérieure en contient aussi, mais ils y sont plus rares. Chez la femme, lurètre, très court, montre souvent beaucoup de microbes dans toute son étendue. Lustgarten et Mannaberg (6) ont étudié les Bactéries de l’urètre normal, obtenues soit du canal urétral lui-même, soit de l’urine dès son émission; outre le Saphylocoque doré et le Micrococcus subflavus, ils décrivent, malheureusement d’une facon insuffisante, dix autres espèces de Bactéries, quatre Bacilles et six Microcoques.
(1) Barruez, Bakteriengehalt der Luftwege (Centralbl. für Bakt., XXIV, 1898, p. 401).
(2) Muzrer, Der Keimgehalt der Luftwege bei gesunden Thieren (Münch. med. Wochenschr., 1897, n°0 49).
(3) Gorser, Thèse de Marbourg, 1897,
(4) Beco, Recherches sur la flore bactérienne du poumon de l'homme et des animaux (Arch. de med. expér., 1899).
(5) Boni, Untersuchungen über den Keimgehalt der normalen Lungen (Deutsche Arch. für klin. Med., LXIX, 1901, p. 542).
(6) Lusréarrex et MaxNaBerG, Vierteljahrsschrift für Derm. und Syphil., 1887,
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Legrain (1) a donné de plus amples détails sur plusieurs de ces espèces
C’est surtout la partie antérieure du canal qui est riche en microbes, principalement la région du méat et de la fosse naviculaire ; les parties postérieures sont très pauvres ou même aseptiques. ©
On peut rencontrer un assez grand nombre d'espèces aérobies. C’est surtout le petit Bacille que Janet a dénommé Bacille fourmi, presque constant, de 1 x sur 0,5 v., restant coloré à la méthode de Gram, poussant peu sur gélatine sans liquéfier, ne troublant pas le bouillon, ne formant pas de culture apparente sur pomme de terre. On peut rencontrer un assez grand nombre d'espèces connues, variant un peu selon les individus. Jungano (2) signale plusieurs anaérobies, surtout le Micrococcus fœtidus, le Bacillus perfringens, le Bacillus ramosus, le Vibrion septique.
Organes génitaux de la femme (3). —Lesparties génitales externes,
surtout les plis de la vulve, fournissent un grand nombre de Bactéries -
qui y vivent en saprophytes: on doit y rencontrer probablement les mêmes espèces que sur la peau environnante {4), ou que celles qui se rencontrent plus haut, dans le vagin.
Vagin. — A l’état normal, le vagin paraît peu riche en ace c'est ce que démontrent bien les recherches de Krünig (5) et de Düderlein (6) surtout. D'après le premier, même, le vagin d'une femme saine, même enceinte, sur laquelle on n’a pas pratiqué le toucher, est régulièrement stérile. Le résultat serait dû à la sécrétion acide, possédant une action bactéricide bien marquée. Düderlein admet même que cette acidité est due à un Bacille spécial qu'il a cultivé sur les milieux sucrés. Mengeet Krünig, Cahanesco(7) admettent qu'ilseproduitsurla muqueuse vaginale une véritable auto- purification due probablement à diverses causes, acidité, action bactéricide, affluxleucocytaire. Bumm (8), Winter (9), Stroganoff (10), Kottmann (11) ont cependant rencontré sur la muqueuse vaginale saine un assez grandnombre d’espèces microbiennes. Ce sont surtout les WMicrococcus lacteus faviformis, Micrococcus albicans amplus, Micrococcus pyogenes aureus, Micrococcus pyogenes albus, Micrococcus pyogenes citreus, Micrococcus pyogenes, Bacillus coli com-
(1) LeGrain, Les microbes des écoulements de l'urètre. Thèse de Nancy, 1888.
(2) Juxcaxo, La flore de l'appareil urinaire normal et pathologique (Ann. des mal. génilo-urinaires, novembre 1908).
(3) CHarimmière, Contribution à l'étude des microorganismes du canal génital de la femme. Thèse de Paris, 1895. =
(4) Hazré, Bactériologie du canal génital de la femme. Paris, 1898.
(5) KrüniG, Scheidensekretuntersuchungen bei 100 Schwanzeren (Centralbl. für Gynæk.. 1894, p. 3). Bakteriologie der weiblichen Genitalkanals. Leipzig, Georgi, 1897,
(6) Dünerzeix, Ueber das Verhalten pathogener Keime zur Scheide (Deutsche med. Wochenschr., 7 mars 1895).
(7) Camanesco, Contribution à l'étude de l’auto-purification microbienne du vagin (Ann. de l’Inst. Pasteur, XV, 1901, p. 842).
(8) Buu, Beitrag zur Kenntniss der Gonorrhoe des weiblichen Genitalien (Arch. für Gynæk., XXIII, 1884, p. 327).
(9) Winter, Die Mikroorganismen in Genitalkanal des Gesunden Frau (Zertschr. für Gebursth., XIV, 1888, p. 443).
(10) Srrocaxorr, Zur Bakteriologie des weiblichen Genitalkanals (Centralbl. für Gynæk., 21 septembre 1895).
11) Korruanx, Bakteriologie der Vagina (Arch. für Gynæk., LV). — Laxc, Allgem.
med. Centralzeil., 1896, p. 68.