CULTURES SUR BLANC D OEUF
— Les blanc d'œuf,"ceuit ou cru, est rapidement digéré.
CULTURES DANS LE LAIT. — Le microbe se développe abondamment dans le lait; il détermine la précipitation Fig.7.— Culture de Vi- Fig. 8. — Culture de Vi- d’une partie seulement de la
brion septique dans brion seplique dans caséine. Cette caséine est pré-
la gélose, après 24 la gélatine glucosée +6 : De heures, à370 (d'après (d'après Fraenkel et cipitée par les acides formés ;
Fraenkel et Pfeiffer). Pfeiffer). le coagulum n’est jamais (1)
dissous qu'en partie; cette dissolution de la caséine varie avec les races et peut être complète avec certaines.
C'est un anaérobie strict, mais relativement peu exigeant à ce point de vue.
Rosenthal (2) est parvenu à adapter le Vibrion seplique à la vie aérobie, à l’aérobiser (L Ï, p. 46), par cultures en gamme ascendante de pression ou en gamme descendante de hauteur ( p. 47). L'aérobisation ne modifie
(1) GRassBERGER et Scaarrenrrou, Münch.med. Wochenschr., 23 septembre 1902. (2) Rosexruaz, Loc. cit., p. 5.
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guère au début les propriétés biologiques du microbe; cependant, par la suite, ces dernières s’amoindrissent et finissent même par disparaitre, ne pouvant plus se manifester à nouveau, même après retour graduel à la vie anaérobie normale. D'où constitution d’une sorte de type neutre, le Vibriogène septique, privé de toute fonction fermentative et du pouvoir pathogène qui nous apparaissent comme le propre du Vrbrion seplique.
Vitalité et virulence. — La vitalité et la virulence se consérvent longtemps intactes grâce à la présence de spores. C’est aussi aux spores qu'est due la très grande résistance aux antisepliques, particulièrement à la chaleur ; les spores résistent facilement à une température de 80e, plus d'une Are heure à 90° et peuvent même, dans certaines conditions, supporter sans périr des températures supérieures à 1000. Desséchées, elles gardent très longtemps leur vitalité et supporteraient pendant au moins cinq minutes une température de 120° (Arloing) ; elles ne sont pastuées après cinquante heures d’insolation. Les bàätonnets non sporulés périssent vite à une température de 60e.
Grâce à la présence de spores, les cultures conservent très longtemps leur virulence; maisil devient alors nécessaire, avant de s'en servir pour une inoculation, de faire une nouvelle culture, l'inoculation de spores seules pouvant fort bien ne donner aucun résultat.
La virulence s’exalte facilement par des passages successifs chez le cobaye. Davaine a signalé depuis longtemps, qu'après une série de passages, une fraction de millionième de goutte de sérosité de l’œdème pouvait encore tuer un cobaye.
Produits formés dans les cultures. — Dans l’action du microbe sur les principes contenus dans les différents milieux, il se forme une série de produits importants à connaïîlre pour pouvoir expliquer les actions observées. C’est d'abord des produits toxiques ; ensuite des produits de dédoublement, de fermentation, qui varient suivant la nature du corps qui est attaqué.
Produils toxiques. — Roux et Chamberland (1) ont démontré l’existence d’un Poison seplique produit par le Vibrion septique dans les bouillons où on le cultive et dans l'organisme animal qu'il a envahi. En injectant dans le péritoine, à un cobaye, une forte dose, 40 cenlimètres cubes par exemple, de la sérosité s’écoulant des muscles et du tissu cellulaire de cobayes morts de la septicémie de Pasteur, sérosité filtrée sur bougie Chamberland pour éliminer les microbes, on voit se dérouler rapidement les symptômes particuliers de la septicémie à marche aiguë; l'animal a le poil hérissé, chancelle sur ses pattes, est agité de secousses convulsives, tombe sur le flanc et meurt en quelques heures.
Avec les produits de cultures, l'effet est en tout semblable si l'on met en œuvre certains procédés. Les cultures en bouillon ordinaire, après filtration, sont peu actives ; il en faut de très fortes doses pour tuer un cobaye. Besson (2) conseille, pour obtenir un produit actif, de prendre du bouillon peptonisé à 8 ou 10 p. 100 ou, mieux, de faire des cultures
(1) Roux et CnamBErLann, Immunité contre la septicémie conférée par des substances solubles (Ann. de l'Inst. Pasteur, I, 1887, p. 561).
(2) Bessox, Contrib. à l'étude du Vibrion septique (Ann. de l’Inst. Pasleur,IX,1895, p. 179).
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sur viande hachée, d’après un procédé de Roux. Voici la méthode d’après Besson : Dans un flacon de 1 200 à 1500 centimètres cubes de capacité, on met 500 grammes de viande de bœuf hachée et quelques centimètres cubes d'une solution de soude à 1 p. 100 ; le flacon, bouché à la ouate, est porté à l'autoclave à 115° pendant vingt minutes. Après refroidissement, on ensemence avec un peu de sérosité prise.sur un cobaye mort de septicémie. Au bouchon d'ouate on substitue un bouchon de caoutchouc stérilisé portant deux tubes coudés, disposés comme ceux d’une pissette, le tube plongeant fermé à son extrémité libre. On fait le vide en reliant le tube ouvert à la trompe et on le ferme à la lampe. On porte l'appareil à l’étuve à 37°. Au bout d’une vingtaine d'heures, de nombreuses bulles de gaz viennent crever à la surface, la viande prend une teinte rose vif caractéristique et il tend à se former deux couches : dans un liquide trouble et rougeûtre baigne une masse semi-solide, crevassée, irrégulière. Vers la fin du deuxième jour, il est utile de casser avec une pince l'extrémité du tube que l'on a fermée au chalumeau : les gaz dégagés par la culture s’échappent en sifflant ; la culture se poursuit, le flacon étant rempli, à la pression atmosphérique, par l'acide carbonique et l'hydrogène dégagés par la fermentation. Le maximum de toxicité des cultures $e rencontre vers le sixième jour, puis l’activité baisse. On recueille le liquide et on le filtre sur bougie Chamberland. Trois ou quatre centimètres cubes de la Loxine ainsi obtenue déterminent, en injection intrapéritonéale chez le cobaye de 450 à 600 grammes, une affection passagère dont tous les symplômes rappellent les phénomènes terminaux de la septicémie, mais qui guérit rapidement; une dose inférieure à 2 centimètres cubes ne donne rien. L’injection de doses comprises entre 5 et 10 centimètres cubes tue rapidement les cobayes de 300 à 400 grammes. Des doses analogues ou plus considérables, par la voie sous-culanée, ne produisent guère qu'une réaction locale, œdème ou escarre. Des petites doses, plusieurs fois répétées, déterminent une intoxication chronique, de la cachexie.
Cette toxine possède des propriétés chimiotactiques négatives. Le chauffage à 85° pendant deux à trois heures diminue notablement son aclivilé; ses propriétés chimiotactiques deviennent positives.
Leclainche et Morel (1) obtiennent une toxine plus active en faisant des cultures en bouillon Martin frais, où le développement est très rapide. Vers le troisième ou le quatrième jour, le liquide s’éclaireit et le dégagement gazeux cesse. Il ne faut pas filtrer, mais décanter la partie claire. Le cobaye est tué en quinze à dix-huit heures avec une goutte de ce liquide.
On ne peut encore émettre aucune opinion sur la nature de la substance toxique.
Produits de fermentation. — Le Vibrion septique attaque énergiquement les matières hydrocarbonées et les matières azotées.
Parmi les hydrocarbonés, l’amidon et la dextrine seraient rapidement attaqués, d'après Arloing: les sucres ne viendraient qu'après. Pour Achalme (2), le glucose, le maltoseet le galactose seraient attaqués:
(4) Lecraincue et More, La sérothérapie de la septicémie gangreneuse (Ann. de l’Inst. Pasteur, XV, 1901, p. 1).
(2) Acuarme, Recherches sur quelques Bacilles anaérobies et leur différenciation (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 633).
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Jungano et Distaso (1) ont constaté une légère fermentation du glucose et du lactose, rien avec la dextrine et le saccharose. L'activité fermentative paraît être ici un caractère variable, ne pouvant guère servir à une détermination précise. Il se produit d'habitude une forte quantité de gaz, composés surtout d'hydrogène et d'acide carbonique. Dans de vieilles fermentations de glucose, Linossier a rencontré des alcools éthylique et butylique normal, des acides formique, acétique, butyrique. paralactique et des traces d'acide succinique ; Grassberger et Schattenfroh (2) de l'acide lactique. Le Vibrion septique paraît être un ferment butyrique faible.
C’est un microbe à action protéolytique bien nette; il liquéfie la gélatine, liquéfie rapidement le sérum coagulé et le blanc d'œuf cuit. L'action est due à la sécrétion d'une trypsine. Il décompose les peptones et pourrait donner des traces d'indol. D'après Kerry (3), il décompose l'albumine en donnant les produits ordinaires des putréfactions, acides gras, leucine, acide hydro-paracoumarique; pas d'indol ni de scatol, mais une huile excessivement puante qui forme surtout par oxydation de l'acide valérianique. La production de produits odorants est très variable; certains types dégagent une forte puanteur, d’autres ne produisent qu'une odeur faible.
Ces fonctions chimiques s’atténuent et disparaissent même entièrement lorsque le microbe est soumis à une aérobisation assez prolongée, comme l’a montré Rosenthal (p. 6).
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Les animaux les plus sensibles à l’inoculation du Vibrion septique sont, à peu près par ordre de réceptivité décroissante, le cobaye, la souris, le lapin, le rat blanc, le chat, le mouton, la chèvre et le cheval. L’âne, la poule, le pigeon sont moins sensibles; le chien moins encore; ils ne présentent le plus souvent qu'une lésion locale. Le bœuf est réfractaire aux inoculations expérimentales, d'après Chauveau et Arloing, bien que, d’après Nocard, il puisse naturellement contracter la septicémie spéciale ; le rat d'égout est au moins très résistant ; il ne meurt qu'avec une forte dose d’un virus actif.
Pour réussir une inoculation sous-cutanée, il est nécessaire de la faire assez profonde; une simple scarification ou excision de la peau ne suffit pas. C’est un fait probablement en rapport avec le caractère anaérobie strict du microbe.
Le cobaye est l'animal de choix. Une très petite quantité, une fraction de goutte, inoculée sous la peau, le tue sûrement ; avec certains virus très actifs, exaltés par plusieurs passages successifs, Davaine avait déjà remarqué qu'il suffisait d'un millionième de goutte et même moins pour occasionner la mort. Les symptômes qu'il présente sont assez caractéristiques. Peu d'heures après l’inoculation, l'animal se
nn
(1) Juncano et Disraso, Les anaérobies. Paris, Masson, 1910, p. 72.
(2) GrassBerGEr, Morphologie des Rauschbrandbacillus und des OEdemsbacillus. — SCHATTENFROH, Chemisches biologisches Verhalten des Rauschbrandbacillus und des Œdemsbacillus (Arch. für Hygiene, XLVIII, 1904, p. 1 et 77).
(3) Kerry, Ueber die Zersetzung der Eiweise durch die Bacillen des malignen- Œdem (Wiener Monatsh. für Chemie, X, 1889, n° 10).
10 BACTÉRIACÉES,
blotüt en boule dans un coin, reste immobile. Son poil se hérisse ; dès qu'on le touche, il pousse des cris aigus ; le corps est agité de temps en temps de secousses convulsives. La mort survient vite, souvent douze heures après l’inoculation. On trouve à l’autopsie des désordres considérables, très bien décrits par Pasteur. Au lieu d'inoculation, s’est développé un œdème qui a pu prendre de grandes proportions ; les muscles voisins, ceux de l’abdomen et des membres, sont d’un rouge noirâtre ; le tissu conjonctif est emphysémateux, il existe des poches de gaz aux aisselles et aux aines ; le foie et les poumons sont décolorés, la rate un peu plus foncée que d'ordinaire, diffluente ; le péritoine renferme une sérosilé abondante ; le cadavre dégage une odeur putride assez particulière. La lésion caractéristique serait l'œdème crépitant, le phlegmon gazeux.
Aussitôt après la mort, la sérosité de l'œdème, le suc musculaire, la sérosité péritonéale, renferment en grande abondance le Vibrion seplique sous forme de bâtonnets isolés ou de filaments souvent longs et flexueux. Le sang n'en contient encore que peu ; ce n’est guère que vingt-quatre heures après qu’ils y abondent ; la septicémie serait un phénomène plutôt agonique.
L'examen de ces liquides à l’état naturel est d’un haut intérêt : il permet de constater la grande mobilité du microbe, surtout des filaments que l’on distingue « rampants, flexueux, écartant les globules du sang comme un serpent écarte l'herbe dans les buissons » (Pasteur)..Le mouvement est doux, ondoyant, laissant une impression bien particulière. La sérosité de l’œdème ne renferme pas de leucocytes. On n’y trouve jamais de spores pendant la vie, le Vibrion seplique n'en forme pas dans l'organisme vivant. Elles n'apparaissent que quelques heures après la mort ; on en trouve surtout dans les organes profonds laissés quelque temps à 350.
Une particularité très intéressante à connaître, déjà notée pour le Bacille du télanos, mise en lumière par Besson, est que les spores du Vibrion septique, pures, privées de toxine par lavage ou chauffage à 80o, ne se développent pas dans les tissus vivants et sains; elles peuvent être injectées en quantité considérable à des cobayes et des lapins sans occasionner d'accidents. Il se produit, au point d'inoculation, un afflux considérable de leucocytes et une phagocytose énergique; la plupart de ces leucocytes renferment des spores colorables par la solution de Ziehl. Ces spores ingérées doivent être détruiles, puisqu'on n’observe pas les accidents dus à l'infection par le Vibrion.
Cependant, si l’on dépasse la limite de l’activité phagocytaire eninjeclant une dose de spores telle que les leucocytes ne puissent pas les absorber toutes, il en est qui restent aptes à se développer, la septicémie se déclare. Cette dose, variable suivant les individus, dépend du nombre des phagocytes que l'animal peut envoyer au lieu de l’inoculation. Lorsqu'on protège les spores contre l’action phagocytaire, d'autre part, elles peuvent germer et provoquer l'infection. On y parvient, par exemple, en introduisant avec elles des substances douées de chimiotaxie négative, empêchant l'émigration leucocytaire. L’acide lactique a des propriétés chimiotactiques négatives énergiques ; un cobaye qui supporte sans accidents l'injection de deux à trois millions de spores pures succombe sûrement à l'inoculation d’une centaine de spores
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délayées dans un peu d'eau additionnée d’une goutte d'acide lactique. On arrive à des résultats semblables en ajoutant aux spores une faible quantité de toxine septique, douée aussi, comme nous l'avons vu, de chimiotaxie négative. Différents microbes saprophytes, ou leurs produits solubles, agissent dans le même sens. Parmi ces microbes, le Micrococcus prodigiosus et le Staphylocoque doré, extrait récemment de l'organisme, sont des plus actifs ; c'est probablement à cause de la présence de tels microbes favorisants, à côté de spores du Vibrion seplique, que la terre peut déterminer si facilement l'infection septique.
La virulence de tous les échantillons de Vibrion septique est loin de toujours être aussi marquée ; il en est de peu virulents, ou même de complètement avirulents pour le cobaye. Chez le Vibriogène obtenu par Rosenthal à la suile d’aérobisation (p. 7), le pouvoir pathogène s'atténue et disparaît rapidement, pour ne plus reparaître même, en cultures anaérobies, si l’aérobisalion est suffisamment prolongée. C'est ce qui peut donner l'explication de la constatation de formes tout à fait dépourvues de virulence et des propriétés biologiques considérées comme propres à l'espèce.
IMMUNITÉ ET SÉROTHÉRAPIE
Roux et Chamberland (1) ont réussi à conférer à des cobayes une immunité absolue pour les virus les plus énergiques, en leur injectant dans la cavilé abdominale, à plusieurs reprises, de fortes doses de cultures achevées, sûrement privées de tout élément vivant par un chauffage de 105°-110° pendant dix minutes. Les animaux éprouvent de légers malaises, leur poil se hérisse, mais ils reviennent vite à l’état normal. Pour les vacciner sûrement, ilest nécessaire d’injecter au moins 120 centimètres cubes de bouillon de culture, de six à huit jours, en trois reprises en trois jours successifs. Ainsi préparés, ils résistent à des doses de virus actif qui tuent rapidement des animaux témoins.
On peut arriver aux mêmes résultats en se servant de sérosité septique filtrée sur porcelaine : en injectant 1 centimètre cube de cette sérosité, et en faisant sept ou huit injections successives, on arrive à conférer rapidement l'immunité complète. Chez tousces cobayes, même ceux qui sont morts à la suite d'injection de trop fortes doses de sérosité, ni l'examen microscopique, ni les cultures ne parviennent à déceler la présence du Vibrion septique.
Leclainche (2) a obtenu l'immunisation de l’âne au moyen d'injections intraveineuses répétées de faibles doses de sérosités virulentes. Le sérum de l'animal acquiert très vite des propriétés immunisantes. Il est bien préférable, d'après Leclainche et Morel (3), de recourir aux injeclions intraveineuses de cultures en bouillon Martin, âgées de cinq à six Jours, faites avec des doses croissantes. Le sérum antigangreneux obtenu possède des propriétés préventives à l'égard du virus actif et, sous
(1) Roux et CHAMBERLAND, Immunité contre la septicémie conférée par des substances solubles (Ann. de l'Inst. Pasteur, 1887, no 12, p. 5614).
(2) Lecranncne, La sérothérapie de la gangrène gazeuse (Arch. de méd. de Toulouse, 1898, p. 397).
(3) Leccaincne et Morez, La sérothérapie de la septicémie gangreneuse (Ann. de l’Inst. Pasteur, XV, 1901, p. 1).
12 BACTÉRIACÉES,
certaines conditions, un pouvoir curatif. Il exerce une action à la fois antimicrobienne et antitoxique. La protection est liée à l’action favorisante exercée sur la phagocytose.
Les cultures jeunes sont rapidement agglutinées par le sérum antigangreneux, très rapidement à 1 p. 30 et encore à 1 p. 3 000, souvent beaucoup plus haut, 1 p. 15 000, et encore, mais plus lentement, à 1 p. 30000. Un sérum indifférent n'agglutine qu'à 1 p. 10 et souvent seulement après quelques heures.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE
L’aire d'extension de l’espèce est très grande. On la rencontre pour ainsi dire danstoutes les substances pourries ; mais en grande abondance surtout dans les putréfactions qui se font à l'abri de l'air. Elle est commune dans la terre végétale, principalement terre de jardins, de rues, champs fumés, absente dans la terre de bois, de friches non fumées ; c'est surtout à la présence de ces spores dans de la terre que sont dues souvent les complications. gangreneuses, presque toujours fatales, observées fréquemment dans les plaies où ont pénétré de la terre ou des substances pourries. Sur dix cobayes, inoculés comme il a été dit précédemment avec la terre de jardin ou la boue de rue, huit meurent de septicémie de Pasteur, deux périssent du tétanos. Les résultats peuvent être moins complets ; une partie des animaux inoculés peut survivre. La terre des couches profondes est moins active à mesure qu’on s'éloigne de la surface. Lortet, Arloing, G. Roux l'ont mis en évidence dans les limons et vases de différentes eaux, même d’eaux potables. C’est peut-être sa présence en grande abondance dans les conserves végétales ou animales qui occasionnait les accidents rapidement mortels, observés par Poincaré (1) à la suite d’injections sous-cutanées de petites quantités de ces substances. L’ingestion par voie intestinale n’amène pas d’accidents à cause de la barrière opposée par les épithéliums quisontintacts, et peut-être à cause de l'absence de spores, les cellules végétatives étant tuées par les sucs gastriques. C'est la cause qui préserve l'organisme de cet hôte dangereux qui doit certainement exister dans le contenu intestinal à l'état normal, bien qu'il n’en ait pas encore été isolé ; on le retrouve en effet si souvent dans tout le corps peu de temps après la mort qu’on est conduit à admettre sa présence dans l'intesiin et sa pénétration dans l'organisme dès que la mort des cellules permet son envahissement. Les inoculations expérimentales et les cultures démontrent du reste sa présence dans les selles humaines et animales.
La septicémie due à cette espèce s’observe assez fréquemment chez l’homme. Il est prouvé que les terribles affections connues sous les noms de septicémiegangreneuse, gangrène gazeuse, gangrène foudroyante, érysipèle bronzé, sont dues en bonne partie au Vibrion seplique ; une autre partie relève d'espèces plus ou moins voisines dont :l sera parlé ci-après (p. 48 et suiv.).
S'il n’occasionne pas plus souvent de complications des plaies, c’esl qu'étant anaérobie exclusif 1l ne peut pas vivre à la surface des tissus,
(1) Poincaré, Rech. expér. sur l'action toxique des conserves (Revue d'hygiène, février 1888).
BACILLUS SEPTICUS. 13
mais seulement dans leur profondeur, et que seules les plaies anfractueuses et profondes sont infectieuses de son chef.
Une partie des cas de l'affection complexe connue sous le nom de maladie des chiffonniers Hadernkrankheil) etde cessepticémies spéciales qu'on pourrait grouper sous le nom de seplicémies professionnelles, sont dus à cette Bactérie pathogène ; Krannhals (1) l’a rencontrée exclusivement dans plusieurs cas de la première de ces manifestations morbides.
C'est, en outre, un agent assez énergique des décompositions organiques, azotées ou autres, des putréfactions des matières albuminoïdes particulièrement.
RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
Dans la terre, les dépôts, les substances putréfiées où se trouvent un grand nombre de Bactéries, l’inoculation au cobaye, au besoin à l’aide de la méthode de chauffage de Pasteur, donne les meilleurs résultats.
Pour le sang, les sérosités diverses, l'examen microscopique et les cultures peuvent très bien renseigner. Les longs filaments mobiles, à mouvements ondoyants, sont un indice précieux, lorsqu'on peut les observer mobiles, car leur motilité disparaît vite au contact de l'air. La forme arrondie des extrémités des bâtonnets, leur décoloration par la méthode de Gram, leurs mouvements lorsqu'on peut les constater, les font distinguer aisément des Bactéridies charbonneuses ; les cultures à l'air donnent du reste des résultats pour ces derniers microbes. La décoloration par la méthode de Gram, irrégulière toutefois, la présence de filaments dans les sérosités, la forme en bâtonnets cylindriques, permettent de les distinguer du Bacille du charbon symptomatique, qui reste franchement coloré, a des formes renflées assez spéciales, et, en outre, n'est pas pathogène, dans les conditions ordinaires, pour le lapin et la souris, que tue rapidement le Vibrion septique ; le sérum antigangreneux n'agglutine pas la première espèce, d’après Leclainche et Vallée (2).
Liborius (3) a isolé de la terre de jardin, par inoculation à des souris, une Bactérie semblable au Vibrion septique, à laquelle il a attribué le nom de Pseudo-ædembacillus, dont on peut faire le terme plus régulier de Bacillus pseudo-seplticus.
C'est une Bactérie anaérobie vraie comme le Vibrion seplique. Liborius l’a obtenue en inoculant à des souris de la terre de jardin. Ces animaux meurent de septicémie, avec œdème gélatineux au point inoculé ; l'affection est déterminée par le Vibrion septique ou par une autre Bactérie, produisant des symptômes semblables que l’on retrouve aussi dans la sérosité de l'œdème et dans le sang du cœur.
Les bâtonnets sont un peu plus épais que les éléments du Vibrion septique ; ils présentent une auréole hyaline très nette; certains renferment üne ou deux spores ovales.
(1) KrannHazs, Zur Casuistik und Aetiologie der Hadernkrankheiït (Zeitschr. für Hygiene, II, 2e p., p. 297, 1887).
(2) Lecranncar et VaiLér, Étude comparée du Vibrion septique et de la Bactérie du charbon symptomatique (Ann. de l’Inst. Pasteur, XIV, 1900, p. 590).
(3) Lisorius, Loc. ci£,, p. 4.
14 BACTÉRIACÉES.
On cultive facilement ce microbe en usant des procédés indiqués pour le Vibrion seplique.
Dans la gélatine glucosée, on observe une liquéfaction rapide ; si l’on a ajouté du sucre au milieu, il se produit une fermentation énergique avec développement de gaz. Ces gaz ont une odeur de vieux fromage et renferment une forte proportion d'acide butyrique. Les colonies sont dé petites sphères de 1 à 5 millimètres de diamètre, à contenu liquide, transparent, montrant dans la partie déclive un petit amas grumeleux blanchâtre et souvent à leur centre une bulle de gaz.
Sur gélose glucosée en strie, il se forme des colonies rondes, ovales ou allongées, à contours irréguliers. En piqûre, il se produit d'abord un trouble autour du canal, puis de nombreuses bulles de gaz qui déchirent la gelée.
Les souris et les lapins meurent rapidement, parfois au bout de quelques heures, ou même plus tôt, après l'inoculation sous-cutanée ou intraveineuse de petites quantités de culture. Les Bacilles peuvent être rares dans la rate et le sang du cœur.
C'est peut-être la même Bactérie que Bordoni-Uffreduzzi (1) a observée chez l’homme, dans un cas de septicémie ayant certaines allures du charbon, et à laquelle il a attribué le nom, très impropre d’ailleurs, de Proteus hominis capsulatus.
Ou bien serait-ce une forme analogue au Vibriogène seplique, que Rosenthal obtient par aérobisation (p. 7) ?
San Felice (2) dénomme Bacillus pseudo-ædematis maligni un Bacille aérobie qu'il a rencontré souvent dans la terre, les excréments, les substances putréfiées, avec le Vibrion seplique, et qui donne, lorsqu'on l'inocule aux animaux d'expérience et particulièrement au cobaye, des symplômes très voisins de ceux de la septicémie de Pasteur.
Les éléments sont des bâtonnets mobiles à extrémités arrondies, de 0,7» de large et de longueur très variable ; ceux des cultures ont de 1,5 y à 2,5u de long ; les filaments qui se trouvent dans la sérosité du cobaye atteignent jusqu’à 24 w. Il ne paraît pas se former de spores; la simple dessiccation un peu prolongée ou une chaleur de 70° détruisent toute vitalité. Le microbe reste mal coloré par la méthode de Gram. On ne lui reconnaît pas de capsule.
On obtient facilement des cultures sur les milieux habituels, en présence de l'air. En culture sur plaques de gélatine, les colonies de la surface sonttransparentes, irisées, parcourues de nombreuxsillons; elles rappellent un peu celles du Bacille typhique. La gelée n'est pas liquéfiée. Sur gélatine et sur gélose, en piqûre, on observe un abondant développement de gaz et la production d'une odeur félide. Sur pomme de terre, la culture est humide, grisâtre.
En inoculant sous la peau d’un cobaye 1 centimètre cube de bouillon de culture, l'animal meurt en vingt-quatre à trente-six heures.
On observe, au point d'inoculation, un œdème séro-sanguinolent et une rougeur des muscles, comme avec le Vibrion seplique; on rencontre
(1) Borvoni-UrrreDuzzi, Ueber einen pathogenen Mikrophyten am Menschen und an den Thieren (Centralbl. für Bakt., II, 1887).
(2) Sax Feurce, Untersuchungen über anaërobe Mikroorganismen (Zeitschr. für Hygiene, XIV, 1893, p. 339).
BACILLUS TETANIS 15
aussi des poches gazeuses sous la peau et de petites bulles de gaz dans les tissus ; les parties lésées dégagent une odeur désagréable, qui permet, avec un peu d'habitude, de distinguer les animaux morts de cette septicémie de ceux qui ont succombé au Vibrion seplique.
Le microbe paraît bien commun dans la terre de jardin, dans la poussière de rue ou de maison. Sur vingt animaux, cobayes el lapins, inoculés avec ces poussières, San Felice en a vu mourir treize de la septicémie occasionnée par lui.
C'est encore une espèce qui doit bien probablement se rencontrer chez l'homme, où l’on ne connaît que très imparfaitement la nature des processus septicémiques, très fréquents cependant, surtout avant l'emploi des méthodes d’antisepsie des plaies.
Chavigny {1) l’a observé dans un cas de gangrène gazeuse subaiguë, venant compliquer une fracture sans plaie cutanée ; il suppose qu'il y a pu avoir auto-infection.
San Felice le donne aussi comme commun dans les excréments des carnivores et des herbivores ; tous les cobayes, inoculés avec des excréments de chien en particulier, ont succombé à celte septicémie.
BACILLUS TETANI NicoLaiEr.
{Bacille du tétanos, Bacille de Nicolaier.) ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XVII.
L'opinion de la contagiosité du tétanos est ancienne ; elle s'appuyait surtout sur l'observation de véritables épidémies de cette affection. Elle a été reprise plus près de nous et brillamment soutenue par Verneuil (2), qui n’a pas hésité à affirmer que le tétanos n'est jamais spontané, mais provient loujours de la pénétration de matière infectieuse par une solution de continuité traumatique, extérieure ou intérieure.
Carle et Rattone (3) ont fourni les premiers la preuve expérimentale de la contagiosité du tétanos, en inoculant à des lapins du suc d'un œdème pris sur un individu atteint de tétanos : ils oblinrent des cas de tétanos typique chez presque tous ces animaux.
Des recherches très intéressantes de Nicolaier (4) ont montré que l'inoculation sous-cutanée de terre prise dans les champs, les jardins, les rues, déterminait, chez les souris, les lapins, les cochons d'Inde, tantôt la septicémie du Vibrion septique, tantôt un tétanos véritable. Dans ce dernier cas, au bout d’un jour ou deux après l'opération, il se produit des contractures des membres, de l’opisthotonos souvent très prononcé, du trismus des mâchoires. La dyspnée survient, puis peu après la mort, au troisième jour chez les souris, du cinquième
(1) CHavicwx, Gangrène gazeuse subaiguë produite par un Bacille spécial (Ann. de l’Inst. Pasteur, XI, 1877, p. 860).
(2) VerxeuIz, De la non-existence du T. spontané (C. R. de l’Acad. des sc., 3 octobre 1887), et Études sur la nature, l’origine et la pathogénie du T. (Revue de chir, 1887 et 1888)
(3) Carze et RarTroxr, Studio sperimentale sull’etiologie del T. (Acc. di medicina di Torino, mars 1884).
.(4) NicoLarer, Beiträge zur Aetiologie des Wundstarrkrampf. Dissert. inaug. Güttingue, 4885; et Ueber infectiüsen T. (Deutsche med. Wochenschr., 25 décembre 1884).
16 BACTÉRIACÉES,
au septième chez les cobayées et les lapins. A l’autopsie, on ne rencontre rien de spécial, sauf une minime collection purulente au point d'inoculation.
Dans ce pus, Nicolaier a trouvé de fins Bacilles, un peu plus longs el à peu près aussi gros, dit-il, que ceux de la septicémie de la souris, se colorant très bien aux couleurs d’aniline, dont beaucoup se términent par une spore ovale, brillante, plus grosse que le bâtonnet où elle s'est formée. Il n’a pas été possible à cet observateur d'obtenir de cultures pures ; il y avait toujours, mélangées à la première espèce, d’autres Bactéries de putréfaction. Le développement ne s’est fait ni sur gélaline, ni sur gélose. En strie sur du sérum solidifié, il ne s'est rien formé à la surface de la gelée à 37, mais seulement de petits flocons blanchâtres dans l’excès de liquide rassemblé à la partie déclive du tube. Ces cultures étaient cependant virulentes et déterminaient, chez les souris et les lapins, un tétanos rapidement mortel.
Rosenbach (1) a retrouvé ce même Bacille sur la plaie d’un homme mort de tétanos et a insisté le premier sur la forme bien spéciale, en épingle à grosse tête, que présentent les éléments sporifères ; il a pu déterminer cette affection chez des souris et des lapins en leur inoculant sous la peau des fragments de tissus pris à l'endroit malade. Il a signalé le premier ces Bacilles dans la moelle épinière. Des cultures ont également été obtenues, mais elles contenaient, comme celles de Nicolaier, plusieurs espèces. Leur inoculation a toujours causé un télanos mortel aux animaux.
Hochsinger (2) a annoncé des résultats en tout semblables aux précédents.
Bonome (3) a observé, sur cinq cas de tétanos traumatique, trois chez l’homme, un chez le cheval et un chez le mouton, la présence constante du Bacille décrit comme pathogène par Nicolaier, facile à distinguer par son mode de formation de spores. Il lui donne une longueur double ou triple de celle du Bacille de la tuberculose ; c’est très probablement des bâtonnets réunis en chaînes qu'il a aperçus. Ce Bacille n'a pu être obtenu en cultures pures ; d’autres espèces de putréfaction l'accompagnaient toujours. Les cultures transmettaient facilement l'affection. Bonome a également déterminé le développement du tétanos et l'apparition de cette même Bactérie en inoculant à des animaux des plâtras d’une église où furent ensevelis des individus morts du tétanos.
Lampiasi (4), Belfanti et Pescarolo (5) disent avoir obtenu en cultures pures, de sang ou de pus d'hommes ou d'animaux tétaniques, des Bactériès différentes du microbe signalé par Nicolaier, qui, inoculées aux animaux d'expériences, leur communiqueraient une sorte de tétanos. Ces données n'ont pas reçu de confirmation ultérieure.
Kitasato (6) fit faire un grand pas à la question en réussissant à
(1) RosexBacu, Zur Aeliologie des Wundstarrkrampfes beim Menschen (Arch. für klin. Chir., XXXIV, 1886, p. 306).
(2) HocasinGer, Zur Aetiologie des menschlichen Wundstarrkrampfes (Centralbl. für Bakt., 11,882, n°6 et 7).
(3) Bono, Sur l’'étiologie du T. (Congrès de l'Assoc. méd. ital., 1887).
(4) Lamprasi, Ricerche sull'etiologia del Tetano (Congresso della Soc. ital. di chir., 26 marzo 1888).
(5) Bezranri et PescaroLo, Giorn. dell'Accad. di med. di Torino, juin 1888.
(6) Kirasaro, Ueber den Tetanusbacillus (Zeitschr. für Hygiene, VII, 1889, p. 225).
BACILLUS TETANI. 17
obtenir des cultures pures du Bacille de Nicolaier et en déterminant un tétanos typique chez les rats, les souris et les cobayes par inoculation de ces cultures.
Depuis, d'importants travaux sont venus confirmer et étendre les résultats signalés par ce dernier savant et mettre en lumière bien des points intéressants de l'histoire du tétanos. On doit surtout citer ceux de Verhoogen et Baert (1), de Sanchez-Toledo et Veillon (2), de Vaillard et Vincent (3), Vaillard et Rouget (4), Courmont et Doyon (5).
L'étude des propriétés biologiques du microbe, des produits qu'il forme dans les cultures, a donné lieu à des travaux de la plus haute importance qui ont conduit aux résultats que Behring, Kitasato, Roux et Vaillard ont oblenus sur la question de l’immunité et de la sérothérapie du tétanos.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — En examinant du pusou de la sérosilé d’une plaie tétanique, on y trouve des Bacilles assez longs et grêles, de 0,3 à à 0,5 y de large sur3uà5u de long, légèrement mobiles (fig. 9); ils forment souvent des filaments plus ou moins longs, parfois un peu ondulés. La motilité des Bacilles ou des filaments ne s’observe qu'en l'absence d’air ; elle cesse quand l'air a pu diffuser dans la préparation. Les cultures jeunes montrent surtout des Bacilles courts, de 2 à 4 u ; ke à L Te É D ere ne dite da
formes plus longues ou filamenteuses, de 10 à 15 y et plus. Dans le pus et les cultures âgées d'au moins une hui-
(1) VernooGen et BAERT, Premières rech. sur la nature et l'étiologie du T. (Soc. roy. des sc. nal. el med. de Bruxelles, 1888-1889).
(2) Saxouez-Torepo et Veirrox, Rech. microbiol. et expér. sur le T. (Arch. de méd. expér., II, 1890, p. 709).
(3) Varzzanp et Vincent, Contribution à l'étude du T. (Ann. de l’Inst. Pasteur, V 1891, fasc. 1).
(4) Varzzano et Roucer, Note au sujet de l’étiologie du T.(Ann. de l'Insl. Pasteur, VII, 1893, p. 755).
(5) Courmoxr et Doyonw, Le T. Paris, J.-B. Baillière, 1899.
Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. — 2
18 BACTÉRIACÉES.
taine de jours, lorsqu'elles sont maintenues vers 20° ou après quelques jours à 37°, on rencontre souvent des éléments sporifères. Ils sont assez caractéristiques, bien qu'on puisse rencontrer des formes analogues chez d’autres espèces microbiennes, en particulier plusieurs espèces du sol, des excréments, etc. La spore, sphérique ou à peu près, se forme presque toujours à une extrémilé d’un bâtonnet, rarement dansle corps de l'élément. Elle est notablement plus grosse que le bâtonnet et peut attendre 1,54 de largeur ; elle lui donne une forme spéciale, en baguette de tambour ou en épingle à grosse tête (fig. 10). Les spores se forment en vingt-quatre à trente heures dans les cultures maintenues vers 37°, seulement après une huitaine de jours dans celles qui sont à la température ordinaire. Après la formation de la spore, le corps du bâtonnet peut se désagréger en partie ; à un certain moment même, dans les cultures très âgées, on ne rencontre que des spores libres.
On peut trouver des formes en hallères, des éléments renflés sans apparence de spores, qui sont de véritables formes d’involution.
Coloration. — Le Bacille du télanos se colore bien aux différentes couleurs d’aniline ; les éléments qui Fig. 10. — Bacille du tétanos, d'une culture dans le sporulent prennent
bouillon âgée ; éléments sporulés. 1000/1. souventmalla couleur.
Il reste coloré par la
méthode de Gram; les éléments âgés, en dégénérescence peuvent se
décolorer. Les spores se colorent par les procédés ordinaires de double
coloration des spores, par la méthode d'Ehrlich et par la solution de
Ziehl: leur coloration porte surtout sur la partie périphérique, le centre restant incolore (fig. 10).
Les bätonnets des cultures jeunes présentent sur toute leur périphérie de longs cils sinueux, au nombre de vingt à trente et même plus (1), faciles à colorer par les méthodes spéciales (fig. 11). Dès que les spores se forment, ces cils disparaissent et la mobilité cesse. De Grandi (2) les trouve très longs et très fins dans les cultures en bouillon de quarante-huit heures ; dans les cultures plus âgées, les cils se raréfient el deviennent plus longs et plus raides. |
Cultures. — Pour isoler le microbe du tétanos, Kitasato mit à profit
1) KaNrnack et Coxxezz, The flagella of the tetanusbacillus and other contributions to the morphology of the tetanusbacillus (Journ. of Pathology, IV, 1897, p. 452).
(2) De Graxnr, Beobachtungen über die Geisselu des Tetanus bacillus (Centralbl. für Bakt., 1 Abth., Orig., XXXIV, 1903, p. 97). |
BACILLUS TETANI. 19
successivement la grande résistance de ses spores à la chaleur et sa qualité d'anaérobie. En ensemençant du pus de tétanique, il obtient d'abord des cultures impures, contenant, avec le Bacille de Nicolaier, plusieurs autres espèces, aérobies et anaérobies. En chauffant ces cultures à 80° pendant trois quarts d'heure, la plupart des espèces étrangères périssent ; le Bacille du tétanos subsiste, en gardant toute sa virulence, comme le démontrent les inoculations. En faisant alors, avec ces produits, des cultures sur plaques en présence d'hydrogène, il se développe des colonies que l'examen microscopique et l'inoculation démontrent être l'espèce en question. Ces colonies servent à ensemencer d’autres milieux et à inoculer des animaux qui offrent un tétanos typique.
On peut isoler le microbe à l'état de pureté au moyen de cultures sur plaques par les différents procédés indiqués pour les anaérobies(t. I,p. 307).
La méthode très simple de Vignal est particulièrement à recommander.
Avec ces colonies, il est facile d'obtenir des cultures pures sur différents milieux en tenant compte des exigences particu- Jières de l'espèce. Le Bacille du tétanos est anaérobie; il végète au mieux en l'absence totale d'oxygène, dans le vide ou dans un gaz inerte comme l'hydrogène. Comme le font remarquer Vaillard et Vincent, ce n'est cependant pas un anaérobie tout à fait absolu; 1l peut croître en présence de faibles proportions d'air, ce qui explique comment il se développe dans les cultures impures où l'oxygène esten majeure partie absorbé par les espèces étrangères qui y poussent avec lui. On pourrait même graduellement l'habituer à croitre dans un air à peine raréfié, sans lui voir perdre ses propriétés. Il se développe aisément dans la gélose ou la gélatine, dans les couches profondes, où la diffusion de l'oxygène est arrêtée par les couches supérieures. On prend les tubes de gélatine ou de gélose, contenant de la gelée sur une hauteur de 10 à 12 centimètres, on les soumet à l'ébullition pendant une demi-heure pour purger d’airle milieu, puis on lesrefroidit brusquement. On les inocule en piqûre profonde et l’on recouvre la surface du milieu d'une couche de 1 centimètre d'huile stérilisée. Ou bien, on fait les cultures dans les tubes de Roux, en présence d'hydrogène. Kitasato conseille d'ajouter au milieu une petite quantité d'une substance réductrice, 2 p. 100 de glucose, 0,10 p. 100 de sulfo-indigotate de soude, 5 centimètres cubes pour 100 de teinture bleue de tournesol, pour absorber les dernières traces d'oxygène. La méthode de Würtz et Foureur (&. 1, p. 302) permet d'obtenir aisément de grandes quantités de cultures en bouillon.
Le microbe se développe aussi bien dans les milieux acides que dans
Fig.11.— Bacilles du félanos, avec cils. 1000/1.
20 BACTÉRIACÉES.
les neutres; le tournesol bleu, ajouté aux cultures, ne rougit pas, ce qui indique qu'il n'y a pas de formation d'acide ; le tournesol rouge ne bleuit pas dans les mêmes conditions, il ne se forme donc pas d’alcali.
Au-dessous de 14°, la végétation ne se fait pas ; à 18°, le développement est lent ; vers 38°, il esttrès rapide. Le Bacille du tétanos croît même encore rapidement à 43°.
CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — En partant de la sérosité ou du pus tétaniques, on obtient des cultures sur les plaques de gélatine maintenues dans l'hydrogène, ou dans de petits tubes remplis de gélatine selon la méthode de Vignal; les colonies ont toujours le même aspect. En maintenant les cultures aux environs de 200, les colonies tétaniques deviennent visibles à l'œil nu comme de petits points blanchâtres, vers le troisième ou quatrième jour. En usant d’un grossissement moyen, on leur reconnaît un aspect assez particulier. Elles sont formées d’une masse centrale arrondie, d’une teinte jaunâtre, d'où partent de nombreux frayons très fins ; l'aspect rappelle assez celui de la colonie de Bacillus mesentericus vulgatus. La gélatine se liquéfie, mais lentement, beaucoup moins vite que chez la dernière espèce citée.
CULTURES DANS LA GÉLATINE. — En inoculant par piqûre profonde un tube de gélatine privée d’air par ébullition puis refroidie, ou, mieux, un tube de gélatine additionnée de substances réductrices, glucose à 2 p. 100, sulfo-indigotate de soude à 0,1 p. 100, teinture bleue de tournesol à 5 centimètres cubes pour 100, on obtient une culture très caractéristique, représentée figure 12.
Au bout de quatre à cinq jours à 18°, on voit apparaître, à la partie inférieure du tube, de petits points nuageux, d’où partent bientôt de très fins tractus radiaires, perpendiculaires à la piqûre. La culture a un aspect floconneux. La gélatine se liquéfie lentement, à mesure que des bulles gazeuses se dégagent. La gélatine entièrement liquéfiée s'éclaireit vite ; au fond du liquide, la culture forme des flocons blancs.
Si l’on répartit par agitation la matière d’ensemencement dans la gelée fondue, on obtient un autre aspect de culture représenté figure 13.
Les colonies apparaissent au bout de six jours, d’abord dans le bas du tube, comme de petites Laches floconneuses, entourées d’une fine auréole. Plus tard, ces taches grandissent et s’entourent d’une zone de filaments rayonnants qui leur donnent l’aspect représenté ci-après. La gélatine se liquéfie peu à peu ; les colonies floconneuses se déposent au fond du tube et le liquide devient tout à fait limpide.
CULTURES SUR GÉLOSE. — Les caractères des cultures sur gélose sont
très voisins, mais moins spéciaux. Les colonies sont moins floconneuses ; les tractus sont moins fins et plus sinueux. Sur gélose glucosée en couches profondes, les colonies, arrondies, sont entourées de très fins prolongements radiaires. Il se dégage des gaz qui fendillent la gelée.
CuLTURES SUR SÉRUM, — Sur sérum coagulé, en piqûre, la culture se failtrès bien, sans liquéfier le milieu ou peu ; elle a les mêmes aspects que celle sur gélose. Le blanc d'œuf cuit est aussi généralement un peu attaqué. Le pouvoir protéolytique est très variable suivant les types.
CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Les cultures sur pomme de terre
BACILLUS TETANI. 21
seraient difficiles. D'après Vaillard et Vincent, le Bacille du lélanos peut donner sur ce milieu une couche humide, luisante, peu visible, assez semblable à celle qu'y forme le Bacille typhique. On y trouve de longs éléments, sans spores.
CULTURES DANS LE BOUILLON. -— Dans le bouillon, le développement esttrèsrapide à 38°. Le liquide se trouble en un jour et dégage de fines bulles de gaz.
Vers le quinzième jour, la culture se ralentit, 1l se forme un dépôt au fond du vase. La réaction du milieu devient nettement alcaline. Kitasato dit que l’on obtient de meilleurs résultats en employant du bouillon fraîchement préparé.
CULTURES DANS LE LAIT. — Il ne se produit pas de coagulation ; le lait aune réaction amphotère. D’autres fois, il y a précipitation de la caséine, puis dissolution lente.
Toutes les cultures dégagent une odeur spéciale rappelant celle de corne brûlée.
CULTURES EN PRÉSENCE D’AIR — Sanchez-Toledo et Veillon avaient remarqué que, dans les vieilles cultures, le Bacille du tétanos pouvait se développer à la surface du milieu, en contact avec l'air. Vala-
ps
sUussa (1) a pu le faire déve- Fig. 12. — Culture du Fix. 13. — Culture du lopper en aérobie vrai en le Bacille du tlétanos Bacille du telanos cultivant dans des bouillons sur gélatineglucosée sur gélatine gluco-
inoculée en piqûre sée,aprèsrépartition
L 7 = de culture d'autres microbes, profonde, âgée desix dans le milieu de
filtrés sur bougie Chamber- jours (d’après Kita- la matière d’enseland, surtout de Bacillus sub- sato). mencement (d’après tilis, Bacillus fluorescens li- Fraenkel et Pfeifter).
quefaciens, Proteus vulgaris.
Les caractères des cultures sont peu différents de ceux des cultures en l'absence d'air. On y trouve des bâtonnets de 3 uw à 5u, tout à fait immobiles. Ce Bacille aérobie est plus sensible aux actions destructrices et, de plus, a perdu le pouvoir de produire des substances toxiques. Il ne peut que difficilement recouvrer sa puissance toxigène, ‘en redevenant anaérobie, en vivant longtemps, à l'abri d'air, au contact de toxine tétanique virulente ou de produits de culture de saprophytes, et encore sa toxicité est passagère.
(1) Varacussa, Ricerche sulla aerobiosi del bacillo del T. (Ann. d’Igiene sperim., VIII, 1898, p. 396).
D) 3ACTÉRIACÉES.
Ferran (1) dit aussi pouvoir obtenir un Bacille du lélanos aérobie en agitant fortement au contact de l'air une cullure anaérobie en bouillon.
On peut facilement obtenir des cultures en présence d’air en faisant vivre le Bacille du lélanos en symbiose avec des espèces avides d'oxygène. En ensemençant simultanément celte espèce et de vrais aérobies, Bacillus sublilis, l'un des Bacillus mesentericus, Bacillus anthraecis, Micrococcus prodigiosus, par exemple, on obtient une culture mixte qui montre de nombreux éléments du Bacille tétanique, présente l'odeur spéciale à ses cultures et renferme les produils toxiques spéciaux qu'il sécrète. Il semble queles espèces formant de beaux voiles, comme les deux premières, donnent particulièrement de bons résultats.
Debrand (2) recommande surtout l'emploi du Bacillus subtilis comme méthode très facile d'avoir des cultures en bouillon destinées à fournir
une toxine tétanique active. Il emploie le bouillon peptonisé ordinaire ou le milieu suivant :
Extrait de Liebig
RL PME AS Er DES SEE AU PRE ASTE ) grammes, Béplone Chapoteaut er Pere re UN RC Re 10 — Chlorure des 0 dim ANR PER Een PR are ne 5 — RARE EE SV Re RO ANUS LME PRE dE RAR RE eue A 1000 —
Le milieu est largement ensemencé avec le mélange des deux microbes et placé à l’étuve à 340. Le Bacillus sublilis se développe le premier et forme un voile épais ; le Bacille du létanos se développe vingt-quatre heures après. Le liquide trouble devient jaunâtre et épais. Après une huitaine de jours, il s'éclaircit et montre un dépôt abondant. L'odeur est la même que celle d’une culture anaérobie pure du Bacille du tétanos. Après un long séjour à l’étuve, on perçoit au contraire une odeur agréable due au Bacillus subtilis. La toxicité du liquide atteint son maximum vers le cinquième ou le sixième jour ; puis l’activité va en s’affaiblissant, surtout si on laisse la culture à l’étuve.
Pour conserver de la semence, Debrand recommande de procéder de la façon suivante. On fait bouillir pendant deux minutes une culture mixte du sixième jour, pour tuer les bâtonnets ; on agite fortement ; on remplit alors des pipettes que l'on scelle à la lampe. Les deux microbes se conservent ainsi longtemps à l’état de spores, en prenant soin de mettre les pipettes à l'obscurité et de les remplir assez complètement, le contact de l’air pouvant tuer à la longue les deux sortes de spores. Tarozzi, Pfuhl ont obtenu des cultures en présence d'air dans des milieux additionnés de substances réductrices (Voy. t. I, p. 306).
Le Bacille du tétanos est un anaérobie strict. Il peut cependant se développer en présence de traces d'oxygène, et on vient de voir quil peut vivre en présence d’air dans certaines conditions.
(1) Fxrnax, Ueber das aerobische Verhalten des Tetanusbacillus (Centralbl. für Bakt., XXIV, 1898, p. 28).
(2) Deëranv. Sur un nouveau procédé de culture du Bacille du . (Ann. de l’Inst. Pasteur, XIV,1900, p. 757, et XVI, 1902, p. 427).
BACILLUS TETANT. Ja
Rosenthal (1) dit l'avoir adapté à la vie aérobie, à l’aide de sa méthode spéciale d’aérobisation (Lt. 1, p. 47). Le Bacille perd graduellement ses propriétés, ses fonctions chimiques, son pouvoir pathogène ; il devient un type neutre, le Bacillogène lélanique, qui ne se rattache plus au vrai Bacille que par un caractère, l’agglutinabilité par le sérum antitétanique, notablement moindre cependant qu'avec ce dernier.
Vitalité. — Le microbe est très résistant à l'égard des agents de destruction. La résistance paraïl surtout due aux spores.
Les Bacilles non sporulés sont tués en une demi-heure par une température de 700. Les spores résistent beaucoup plus à la chaleur. Elles supportent sans périr une lempérature de 80° pendant six heures et 90° pendant une heure ou deux; dans la vapeur d’eau à 100°, elles sont tuées en un quart d'heure; en cinq minutes à 115°, dans l’autoclave. La chaleur sèche est moins active ; Morax et Marie (2) ont obtenu le développement de spores portées à 1200 à sec pendant trois heures. D’après Vaillard et Vincent, lessporesseraienttrès sensibles à l’action dela lumière en présence de l’air ; elles germent moins facilement, donnant des Bacilles atténués ou privés de virulence, et périssent même après un mois environ. A l'abri de l'air, elles résistent beaucoup mieux. Elles résistent pendant plus de dix heures dans l'acide phénique à 5 p. 100 et pendant plus de trois heures dans la liqueur de Van Swieten.
Virulence. — Les produits tétaniques conservent très longtemps leur virulence. Des morceaux de tissus où existait une plaie tétanique restent très longtemps actifs ; les cadavres d'hommes ou d'animaux tétaniques restent donc dangereux longtemps. C'est aussi dû à la présence de spores. Il en est de même de la terre desséchée.
Les cultures sont aussi virulentes que les produits tétaniques et conservent aussi longtemps leur activité.
Produits formés dans les cultures.— Dans les milieux habituels, le microbe produit des modifications intéressantes. Les gaz dégagés sont de l'hydrogène, de l’azote et des carbures d'hydrogène.
Produits toxiques. — L'expérience a amplement démontré que l’infection tétanique est une infection locale ; le Bacille du lélanos pullule seulement dans la lésion locale et occasionne les accidents généraux à l'aide de produits solubles qu'il sécrète, produits qui se répandent par diffusion dans l'organisme et vont exercer loin du lieu de production leurs effets toxiques spéciaux. Ce sont ces produits toxiques qu'il importe donc surtout de connaître.
Brieger (3) a pu isoler des cultures impures de Rosenbach, faites sur de la viande ou de la cervelle hachées, trois ptomaïnes différentés par leurs propriétés chimiques et leur action physiologique. La /élanine cristallise en aiguilles et détermine, à la suite d'injection sous-cutanée de quantité excessivement faible, les symptômes classiques du tétanos. La {élanotoxine produit des convulsions toniques et cloniques. La spasmoloæine amène une salivation très énergique et des convulsions. Les résultats obtenus par la suite n'ont pas confirmé cette opinion sur l’activité et le rôle des ptomaïnes.
(1) RosenrTaaz, Loc. cit., Ï, p. 47.
(2) Morax et Mare, Action de la chaleur sèche sur les spores et la toxine tétaniques (Ann. dé l'Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 418).
(3) BrisGer, Untersuch. über Ptomaïne, 3€ p., 1886.
24 BACTÉRIACÉES.
Knud Faber (1) a annoncé le premier qu’on pouvait déterminer un télanos expérimental typique en inoculant aux animaux des bouillons de cultures très virulentes, privés de tout microbe par filtralion sur porcelaine. Les effets toxiques ne se manifestent qu'après une certaine incubation dont la durée est en rapport avec la virulence de la culture et la dose inoculée. Après linoculation, il apparaît des convulsions qui débutent dans le voisinage du point inoculé, puis se généralisent ensuite.
Le liquide obtenu par filtration d'une culture âgée d’une vingtaine de Jours possède une toxicité très grande. C'est celiquidecomplexe que l’on désigne d'ordinaire sous le nom de loæine lélanique. Un cent-millième de D buimetre cube donne le télanos à la souris; un millième de centimètre cube peuttuer un cobaye en trois jours. Des doses massives de ce liquide introduites dans l'estomac, ne donnent aucun symptôme tétanique.
La puissance toxique de tels liquides varie suivant la puissance nutriüve du milieu et l’activité de la matière d'ensemencement. On peut ensemencer plusieurs fois de suite le même milieu en le filtrant chaque fois ; le microbe y pullule à chaque reprise et accumule la substance toxique. C’est le moyen d'obtenir une toxine très active.
Knud Faber avait émis l'opinion que cette substance toxique se rapprochait des diastases, se basant surtout sur sa destruction par une chauffe de cinq minutes à 650. Les travaux de Tizzoni, Cattani et Baquis (2) et surtout ceux de Vaillard et Vincent l'ont confirmé ; Brieger et Fraenkel (3) ont pu isoler le principe actif, la véritable {oæine tétanique, qu'ils considèrent comme une toxalbumine. En tout cas, elle agit à dose absolument infinitésimale. Par ses caractères, elle se place à côté de la toxine diphtérique.
Évaporé dans le vide, le liquide filtré laisse un résidu brun, dégageant l'odeur propre aux cultures, extrêmement toxique. L’ alcool n'en Ra qu'une faible partie ; lasolution n'a pas de propriétés toxiques. La portion non dissoute par l'alcool est très soluble dans l’eau ; inoculée au cobaye, elle lui donne un tétanos typique; l'alcool précipite la substance active de sa solution sous forme de flocons grisâtres ; en produisant dans le liquide un précipité de phosphate de chaux ou d’alumine, elle est en grande partie entraînée.
En usant de la méthode d'extraction spéciale, qui a été décrite à propos de la diphtérie (t. I, p.848), Brieger et Boer (4) ont obtenu une toxine tétanique pure amorphe, qu'ils considèrent comme une toxalbumine, à effets toxiques excessivement puissants, déterminant les symptômes typiques du tétanos.
Kitasalo et Weyl (5) auraient isolé une toxalbumine produisant à un haut degré des accidents tétaniques.
1) Kxun Farer, Die Pathogenese des T. (Berlin. klin. Wochenschr., 1890, n° 31),
(2) Tizzonr, Carran: et Baquis. Bacteriolo:ische Untersuchungen über den Tetanus (Ziegler s Beitr. zur pathol. Anat., 1890). — Tizzoxr et Carranr, Ueber das Tetanusgift (Centralbl. für Bakt., VIII, 1890, p. 69).
(3) BrieGer et FRAENKEL, Untersuch. über Bacteriengifte (Berlin. klin. Wochenschr., 1890, nos 11 et 12).
(4) BrieGer et Borr, Ueber die Toxine des Diphterie und der T. (Deutsche med. Wochenschr., n° 49, 3 décembre 1896).
(5) Kirasaro et Weyxr, Zur Kenntniss des Anaeroben (Zeitschr. für Hygiene, VIT, 1890, p. 41).
BACILLUS TETANI. 35
Pour Madsen (1), les cultures contiendraient deux substances toxiques différentes, la {élanospasmine et la télanolysine. La première produit les symptômes caractéristiques et peut être considérée comme la vraie toxine tétanique ; la seconde est une hémolysine à action très active sur les globules rouges. Les corps microbiens renfermeraient en outre une endotoxine à action nécrosante locale. M" Cernovodeanu et V. Henri (2) attribuent plutôt à la toxine une nature colloïdale.
La substance toxique contenue dans les cultures de tétanos est très sensible à l’action de la chaleur. Un liquide de filtration qui tue rapidement le cobaye à la dose de un deux-centième de centimètre cube s’atténue considérablement lorsqu'on le chauffe, en vase clos, pendant quarante minutes à 60° ou vingt minules à 62°; une température de 65°, maintenue pendant trente minutes, le rend tout à fait inactif. Le produit de l'évaporation desséché peut supporter des températures très élevées sans perdre son activité. Morax et Marie (3) ont vu qu'un chauffage de vingt minutes à 120° et 135° n'influençait nullement son degré d'activité; à 150°, 152°, 154°, ce produit conserve encore une activité relativement forte qui ne disparaît qu'à 159°. La toxine tétanique supporte donc bien mieux que les spores tétaniques l'action de la chaleur sèche.
Exposée à l'air, en couche mince, cette toxine brute s’atténue rapidement, surtout si l'action de la lumière intervient aussi. A l'abri de l’air, l'effet de la lumière, même des rayons solaires directs, est bien moins appréciable. Elle est détruite par l’action des ferments digestifs de l'estomac et de l'intestin, tout particulièrement par la bile (4).
En vase clos, à l'abri de l'air et de la lumière, la toxine garde pendant des mois toute son activité. |
Les différentes cultures en bouillon ne présentent pas une toxicité identique ; la composition du milieu influe beaucoup sur cette propriélé. Ainsi Vaillard et Vincent ont remarqué que les milieux très nutritifs, qui déterminent une pullulation abondante du microbe, donnent un produit moins toxique que les bouillons moins nutriüfs où le microbe se développe moins luxurieusement. Le simple bouillon de bœuf, préparé avec une partie de viande pour deux parties d’eau, sans addition de peptones, le sang naturel, le sérum frais donnent un produit très actif.
On peut augmenter facilement, comme l'ont montré ces derniers savants, la toxicité des cultures en bouillon, en utilisant la particularité que présente le Bacille du tétanos de se développer à nouveau dans un milieu où une première génération de la même espèce a déjà vécu. La proportion de substance toxique augmente alors dans le milieu. Ainsi, une culture en bouillon, fillrée après vingt jours, donne une Loxine qui tue le cobaye à la dose minima de un cent-cinquantième de centimètre cube. En ensemençant dans ce liquide des Bacilles jeunes, et en filtrant au dix-huilième jour, on obtient une toxine qui tue le
(1) Maosew, Ueber Tetanolysin (Zeitschr. für Hygiene, XXXII, 1899, p. 214).
(2) Cernovovranu et HENR1, Étude des propriétés colloïdales de la toxine tétanique (Soc. de Biol., 1907, LXII, p. 669).
(3) Moraxet Marie, Loc. cil., p. 23.
(4) VincenT, Étude expérimentale sur le sort de la toxine tétanique dans le tube digestif (Ann. de l’Inst. Pasteur, XXII, 1908, p. 341).
26 BACTÉRIACÉES.
cobaye au cinq-centième de centimètre cube. Ce dernier liquide n'es! plus nutritif, l’'ensemencement nouveau du microbe reste infécond ; mais, en ajoutant une petite proportion de bouillon neuf(20 pour 350 c.c.), la troisième végétation estencore assez abondante. La culture filtrée au seizième jour donne un liquide qui tue le cobaye au millième de centimètre cube et la souris au cent-millième de centimètre cube.
Le procédé indiqué par Debrand (p. 22) permet d'obtenir facilement de grandes quantités de toxine très active. La culture mixte est filtrée, au sixième jour, sur bougie Chamberland.
Propriétés fermentatives.—C'estune Bactérie à action protéolytique certaine, mais assez faible et de plus variable. Dans l'action sur les albumionoïdes, il ne se formerait pas d'indol.
Elle ne produit pas d'acide aux dépens du glucose, du lactose et du saccharose; d’après Tissier, le glucose serait facilemeni détruit sans formation d'acide.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Les cultures pures, inoculées aux animaux réceptifs, déterminent les symptômes caractéristiques du tétanos. Les souris, les rats blancs et les cobayes sont des plus sensibles; une dose excessivement minime, en inoculation sous-cutanée, un cinq-centième de centimètre cube, suffit pour leur donner un télanos typique qui les fait mourir dans un délai de trente-six à quarante heures. Le lapin exige des doses de dix à trente gouttes ; les premiers symptômes n'apparaissent que du deuxième au troisième Jour, oumême plus tard; la mort ne survient que vers le quatrième ou même le dixième jour après l'apparition des accidents. Le chien, la poule et le pigeon supportent souvent sans périr d'assez fortes doses. L'absorption par les voies digestives ne produit rien.
Les symplômes que présentent les animaux inoculés sont tout à fait semblables à ceux du tétanos humain. L'inoculation est suivie d’une période d'incubation qui varie avec l’animal et la dose de produit inoculée; on voit ensuite éclater les symptômes spéciaux de contraction musculaire. Le tétanos commence toujours par les muscles voisins du point d’inoculation, puis se généralise. Les cultures peu actives déterminent une sorte d'affection chronique, pouvant même guérir.
À l’autopsie des animaux qui ont succombé, on ne trouve rien ou presque rien au point d’inoculation; les tissus sont légèrement œdémaliés, il s'en écoule à la coupe un peu de sérosité rougeâtre ; l'endroit où l’on a fait l'opération peut même être difficile à reconnaître. Les viscères ne présentent pas de lésions bien appréciables, mais seulement un état de congestion plus ou moins marqué. On ne retrouve que très rarement au microscope des Bacilles dans la région de l’inoculation; mais on obtient presque toujours des cultures en ensemençant des lambeaux de tissu conjonctif pris à cet endroit et l’on communique le tétanos aux animaux en leur inoculant de la même substance. Le sang de la circulation générale ne paraît pas contenir le microbe au moins avant la mort; dans les derniers moments, cependant, il pourrait y pénétrer; © ‘est alors qu'on peut en rencontrer dans la moelle des os, le foie, la rate, le cerveau.
Le Bacille du télanos n’envahit donc pas l'organisme; il ne semble
BACILLUS TETANI. 27 même pas pulluler d’une façon notable dans la région infestée, Les produits prélevés chez un animal rendu tétanique par injection de cultures filtrées sont inactifs.
Il ressort nettement de toutes les expériences que c'est la toxine sécrétée qui produit le tétanos. Dans le tétanos expérimental même, -c'est la toxine des cultures employées qui cause les accidents. Vaillard et Vincent onten effet démontré que si l’on inoculait des cultures jeunes, ne contenant pas encore de toxine, le tétanos ne se produisait pas, ou l'on n'observait que des symptômes très légers ; et cependant la quantité de microbes introduite était très grande. Les mèmes observateurs ont pu inoculer de grandes quantités de spores chauffées à 65° pour détruire la toxine, ou lavées pendant plusieurs jours sur un culot de filtre Chamberland pour l'enlever, sans occasionner d'accidents, Ces spores ne sont pas atténuées, car, ensemencées dans du bouillon, elles donnent des cultures très toxiques. Elles ne se développent pas chez l'animal. [ls ont obtenu les mêmes résultats en lavant les spores à l’eau stérilisée quine peut en rien les altérer.
Le fait doit être dû, comme Besson l’a montré pour le Vibrion septique (Voy. p. 10), à l’englobement et la destruction des spores par les cellules lymphatiques phagocytaires s’accumulant au point d’inoculation; la toxine, douée de chimiotaxie négative, empêche l’afflux leucocytaire et permet aux spores de germer.
Il semble donc bien démontré aujourd'hui que le Bacille du télanos ne pullule pas dans les tissus où on l’introduit, mais y disparaît au contraire assez vite, et que ce Bacille ou ses spores sans toxine sont inoffensifs.
Si, cependant, on affaiblit l'organisme en produisant un traumatisme ou en faisant agir un agent chimique, en injectant au préalable des substances à propriétés chimiotactiquesnégatives, de l'acide lactique ou de la triméthylamine, par exemple, ces spores privées de toxine, qui étaient inoffensives tout à l'heure, peuvent infecter l'organisme et causer un tétanos mortel. IlLen est de même si on les mélange, avant d’inoculer, avec des cultures pures de Micrococcus prodigiosus. Ce sont là des produits qui déterminent la destruction des phagocytes ou empêchent l'afflux des leucocytes au point lésé et la phagocytose qui en est la conséquence. Les spores absorbées par les phagocytes normaux sont lentement digérées et finalement détruites; si, au contraire, la vitalité des phagocytes est atteinte par l’action d'agents physiques ou chimiques, qui ont prise sur eux, la chaleur par exemple (1 ), ou la quinine (2), les spores incluses peuvent germer et déterminer un tétanos mortel. D où indication dans le coup de chaleur, dans l'administration de la quinine en vue de la malaria, de recourir simultanément à l'action préventive du sérum antitétanique. L'association avec les microbes ordinaires du pus ne donne pas de résultats.
Ces dernières expériences, établies par Vaillard et Vincent, ont une haute importance pour la compréhension de l’étiologie du tétanos spontané. Elles démontrent, en effet, qu'il ne suffit pas, pour prendre le télanos, du contact de l’agent pathogène seul; il faut qu'il ait des auxi-
; A) Vincenr, Contribution à l'étude du tétanos dit médical ou spontané. Influence de la chaleur (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVIIX, 1904, p. 450).
(2) Sewrce, The relation of tetanus to the hypodermie or intramuscular-injection quinine (Scientif. Mem. of. the Government of India, n° 43, 1911).
28 BACTÉRIACÉES.
liaires, soit inhérents à l'individu, affaiblissement ou traumatisme notable, soit extérieurs à lui, présence d’un microbe favorisant l’infection. C’est bien probablement cette dernière condition qui donne à la terre sa puissance tétanigène reconnue; c'est elle aussi qui rend si virulents les liquides recueillis dans les plaies de tétaniques, qui contiennent toujours, à côté du Bacille du lélanos, d'autres espèces microbiennes.
INOGULATION DE TOxXINE. — Injectée aux animaux, la toxine tétanique produit exactement les symptômes du tétanos typique.
La souris blanche est des plus sensible; il suffit de doses excessivement minimes pour la tuer, certaines toxines y arrivent même au millionième de centimètre cube. On peut évaluer de cette manière l'activité d’une toxine: si, par exemple, une souris de 15 grammes est tuée par une dose de 0‘,00001, 1 centimètre cube pourrait tuer 100000 souris de 15 grammes, c’est-à-dire 1500000 grammes de souris; l’activité de la toxine, son pouvoir toxique, serait dit, à ce point de vue, de 1 500 000.
Le cobaye est également très sensible. Des doses de un deux-centième, même un cinq-centième de centimètre cube, amènent la mort en deux à trois Jours. Les symptômes tétaniques apparaissent au voisinage du point d'inoculation, après une période d'incubation constante, variant de dix-huit à quarante heures. Des doses massives agissent plus rapidement, mais toujours seulement après une période d’incubation d’une dizaine d'heures au moins. Le lapin, le cheval, le chien, la poule, la grenouille ne sont tués qu'avec des doses plus fortes.
L'homme est extrêmement sensible, comme le montrent les accidents survenus à Nicolas (1) à la suite d’une piqûre de la main avec laiguille d'une seringue venant de servir à une injection.
L'injection sous-cutanée est suivie d’une période d’incubation variable de quelques heures à plusieurs jours, suivant la dose employée et l'animal. Le tétanos se déclare d'abord dans la région inoculée, puis se généralise.
L’injection intraveineuse ou intrapéritonéale produit d'emblée un tétanos généralisé.
L'injection dans la substance cérébrale (Roux et Borrel) (2) produit un véritable tétanos cérébral, avec crises convulsives, troubles moteurs, excitation, après une incubation de huit à douze heures pour le lapin.
La toxine tétanique semble être un poison s'adressant exclusivement au système nerveux etsurtout au système nerveux sensitif; la contracture télanique n’est qu’un phénomène secondaire, d'ordre réflexe. Les lésions nerveuses centrales signalées surtout par Marinesco (3) ne paraissent pas être sous la dépendance directe de l’intoxication tétanique. D'après Joukowsky (4), les modifications des cellules nerveuses de la moelle et de l’encéphale sont très variables et Lrès inconstantes; elles ne peuvent pas être regardées comme caractéristiques. Ce qui s’observe le plus (1) Nicoras, Sur un cas de T. chez l’homme par inoculation accidentelle des produits solubles du Bacille de Nico aier Soc. de Biol., 21 octobre 1893).
(2 Roux et Borrez, T. cérébral et immunité contre le T. (Ann. de l'Inst. Pasteur, XII, 1898, p. 225).
(3) Maniesco, Les lésions médullaires provoquées par la toxine tétanique (Soc. de Biol., 1896, p. 526 ; 1897, p. 795).
(4) Jouxowsky, De l'influence de la toxine tétanique sur le système nerveux central (Ann. de l'Inst. Pasteur, XIV, 1900, p. 464).
BACILLUS TETANI. 29
souvent, c'est l'accumulation de cellules phagocytaires autour des cellules nerveuses qui sont affaiblies ou détruites.
Des expériences de Wassermann et Takaki (1) montrent que la substance cérébrale de cobaye neutralise in vitro une certaine quantité de toxine tétanique. En broyant un cerveau avec 10 centimètres cubes d'eau salée, on obtient une émulsion dont 1 centimètre cube neutralise jusqu'à dix doses mortelles pour la souris et atténue jusqu'à soixante doses. On réussit surtout en inoculant le mélange à la souris ou dans le péritoine du cobaye. Cette émulsion, toutefois, n’est ni immunisante ni curative. Marie (2) a démontré qu'en injectant, même en même temps, en deux points différents du corps du même animal, l’émulsionet latoxine, l'animal mourait du tétanos comme un témoin. Pour Metschnikoff (3), dans l'expérience in vitro il y aurait simplement fixation de la toxine par certaines particules des éléments nerveux que les phagocytes pourraient alors absorber et détruire.
La substance de la moelle ne donnerait aucun résultat, non plus que d’autres organes du cobaye.
Le cerveau du lapin a la même action que celui du cobaye; celui de la poule a une action faible, celui de la grenouille nulle.
Ce sont les cellules nerveuses centrales qui fixeraient la toxine, peutêtre même certains groupes de ces éléments ; la toxine leur arriverait en suivant les filets nerveux depuis son lieu de production. La marche de l'intoxication est progressive, comme le montre l'expérience de Kitasalo, qui, après avoir inoculé une dose mortelle au bout de la queue d’un rat, sauve encore celui-ci de mort en arnputant la queue après quinze minutes, alors qu’un peu après il est trop tard.
D’après Roger et Josué (4), la névrine et le chlorhydrate de bétaïne neutraliseraient la toxine tétanique.
À la suite d'injection de toxine, les urines du lapin et du chien tétaniques gagnent des propriétés convulsivantes, même pendant la période d'incubation.
IMMUNITÉ ET SÉROTHÉRAPIE
Les animaux qui ont guéri du tétanos occasionné par l'inoculation de cultures pures très virulentes ne présentent aucune immunité à l'égard d’autres virus tétaniques; ils succombent à de nouvelles inoculations aussi facilement que des animaux neufs. :
Behring et Kitasato (5) sont parvenus les premiers à conférer à des lapins l'immunité à l'égard du tétanos en leur inoculant de la toxine tétanique et du trichlorure d'iode, en mélange ou successivement.
(4) WassERMANx et Takaxr, Ueber tetanusantitoxische Eigenschaften des normalen Centralnervensystem (Berlin. klin. Wochenschr., 1898, no 1, p. 5).
(2) Mari, Recherches sur la toxine tétanique (Ann. de l'Inst. Pasteur, XI, 1897, p. 591).
(3) MerscuxiKorr, Influence de l'organisme sur les toxines (Ann. de l’Ins{. Pasteur, XII, 1898, p. 31 et 263).
(4) Rocer et Josué, Action neutralisante de la névrine et du chlorhydrate de bétaïne sur la toxine tétanique (Soc. de Biol., 1898, n° 11, p. 312, et n° 37, p. 1081).
(5) BenriNG et Kirasaro, Ueber das Zustandekommen der Diphterie-Immunilät und der Tetanus-[mmunität bei Thicren (Deutsche med. Wochenschr., 1890).
30 BACTÉRIACÉES,
Brieger, Wassermann et Kitasato (1) arrivent plus sûrement au même résultat, en injectant des doses graduellement croissantes d’un mélange
de cultures tétaniques sans spores (1 partie) et de bouillon de thymus
(2 parties).
Le procédé de Roux el Vaillard (2) est beaucoup plus pratique. il consiste à inoculer l'animal avec des doses minimes d'abord, puis graduellement croissantes de bouillon de culture filtré sur por celaine, c'est-à-dire de toxine tétanique, d’abord additionnée d'iode, ce qui diminue son activité, comme nous l'avons déjà vu pour la diphtérie, puis pure.
Ces savants se servent d'une toxine excessivement active, préparée comme il a été dit précédemment, tuant la souris au quatre-millième de centimètre cube. Le procédé réussit très bien pour le cobaye, le lapin, le cheval, la brebis et la vache. Prenons l'exemple du lapin et du cheval.
Immunisation du lapin. — Lepremier jour, le lapin reçoit en inoculation sous-cutanée un mélange de 3 centimètres cubes de toxine et de 1 centimètre cube de solution de Gram.
Le cinquième jour, on lui injecte un mélange de 5 centimètres cubes de toxine et de 2 centimètres cubes de solution de Gram.
Le neuvième jour, un mélange de 12 centimètres cubes de loxine et de 3 centimètres cubes de solution de Gram. |
Huit jours après cette dernière injection, le sérum du lapin neutralise déjà la toxine à volume égal. On peut alors injecter de la toxine pure à doses graduellement croissantes : 5, 10, 15, 20, 30, 40, 60 centimètres cubes, en ayant soin de laisser un intervalle de huit jours entre chaque injection. On pourra ensuiterapprocherlesinjeelions, les faire plus abondantes, sous la peau, dans le péritoine ou dans le sang ; l'animal est immunisé et ne réagit plus ou ne présente qu'une minime hyperthermie, lorsqu'on lui injecte 100, 120 centimètres cubes d'une toxine si active.
Immunisation du cheval (Nocard, in Roux et Vaillard, Loc. cit.).
1er jour. Injection de 1/2 centimètre cube de toxine tuant la souris au 1/2000e de centimètre cube, mélangée à quantité égale de solution de Gram.
he — Injection de 2®,1/2 du même mélange ge — — ce ee DIPRES 2 bs pee se 17 — — 10e d’un mélange de 2 p. de toxine pour 1 p. de solution iodée. 20° — — 10cc — 2 — 1 — et 2 ts 7ec EE 3 = 1 — er EAU 15e LE 1 3 1 Pr
24e — Injection dans la jugulaire de 15€ d’un mélange de 15 parties de toxine et 1 de solution iodée.
32e — — — 25ce d’un mélange contenant 1/30° de solution 1odée
35e — Injection dans la veine de 10€ de toxine pure.
Pendant ces injections intraveineuses, la température reste normale ;
(1) Briscer, Wassermaxx et Kirasaro, Ueber Immunität und Giftfestigung (Zeitschr. für Hygiene, XII, 1892, p. 254).
(2) Roux et Vaisrarn, Contribution à l'étude du T, (Ann. de l'Inst. Pasteur, VII, 1893, p. 64).
sh,
BACILLUS TETANI. al
il survient un peu de phlébite, on suspend les inoculations intraveineuses.
45e jour. Injection sous-cutanée de 10°° de toxine pure,
48e — == 40ce ie gge — AR) 40cc 2 50 — 2 20cc == 518 — = 15c0 — DUREE 20ce 2 60° — == 20cc 64° LES Cr 2000 —=
Ces injections ne provoquent aucun accident ni local ni général,
70° jour. Injection dans la jugulaire de 35€ de toxine pure.
Sudation rapideet abondante, diarrhée; élévation de température (390) ; les phénomènes se sont dissipés le lendemain.
72e jour. Injection dans la jugulaire de 150€ de toxine pure. Mêmes phénomènes, mais disparaissant le jour même.
76e jour. Injection dans la jugulaire de 150 de toxine pure.
Mêmes phénomènes, mais encore moins durables,
Le degré d'immunité obtenu est déjà considérable; du sang recueilli lesoixante-dix-seplième jour donne un sérum dont le pouvoir immunisant est de un million.
On peut encore, par des injections massives, de 200 à 300 centimètres cubes, répétées de dix en dix jours, accentuer l’immunité et exaller la puissance antitoxique du sérum. L'état d'immunité est si marqué que l'injection sous-cutanée de 150 centimètres cubes de culture vivante, très active, ne détermine que des symptômes passagers, un œdème plus ou moins fort au point d'inoculation, de la fièvre, un abattement plus ou moins prononcé. Ce que l’on doit recommander, pour mener à bonne fin l'immunisation, est de ne recourir à la toxine pure qu'après avoir constaté que le sang est nettement antitoxique.
L'immunité persiste assez longtemps après la cessation des injeclions; cependant la puissance antitoxique du sang diminue à partir d'un certain moment après la dernière injection; elle est déjà manifeste après quinze à vingt jours et s'accuse de plus en plus. Comme pour la diphtérie, si l'on veut avoir un sérum très actif, il faut donc renouveler périodiquement les injections de toxine. Ici, chaque nouvelle introduction de toxine augmente l’activité du sérum; il semble que l’expérimentateur puisse ainsi l’exalter à volonté.
L'antiloxine tétanique n’est pas connue à l’état pur; elle précipiteavec
les albuminoïdes du sérum auxquelles elle adhère fortement, surtout aux globulines.
Action de l'antitoxine sur la toxine. — L'anlitoxine neutralise in vitro des proportions de toxine déterminées, toujours assez grandes. Les premiers observateurs avaient conclu à une action .en tout comparable à celle des acides sur les bases. De nombreuses expériences
32 BACTÉRIACÉES,
démontrent qu'il n’en est rien; la neutralisation de la toxine n'a pas lieu. Cette dernière, en effet, peut encore manifester son action. Ainsi, Buchner a démontré qu'un mélange titré de toxine et d'’antitoxine, tout à fait inoffensif pour le cobaye, ne l’est pas pour la souris qu'il fait périr de tétanos ; Roux et Vaillard, qu'un mélange inoffensif pour un cobaye normal est actif sur un cobaye affaibli. Il semble bien que l’antitoxine agit plutôt sur l'organisme qu'elle rend résistant, que sur la toxine elle-même.
ESsar DU SÉRUM ANTITÉPATIQUE.
L'obtention facile de toxines tétaniques extrêmement actives permet d'arriver à produire un sérum antitétanique de très grand pouvoir antitoxique.
Pour évaluer l’activité d'un sérum, on peut recourir à plusieurs manières de faire.
On peut déterminer la dose capable de protéger un cobaye contre une dose mortelle de toxine. On injecte à des cobayes un millième, un dix-millième, de leur poids de sérum, puis, vingt-quatre heures après, 100 doses sûrement mortelles de toxine.
Ou bien on mélange un cinquante-millième de centimètre cube de sérum avec 100 doses de toxine ; le cobaye auquel sera injecté le mélange ne devra manifester aucun symptôme tétanique.
On peut encore mesurer l’activité d’après la quantité de sérum nécessaire pour immuniser Î gramme de souris. Le sérum de l’Institut Pasteur a, sous ce rapport, une activité de 1000 000 000, c'est-à-dire qu'en injectant à une souris un milliardième de son poids de sérum on l’immunise contre une dose mortelle de toxine.
Méthode d'Ehrlich (1). —Ehrlich se sert d’un sérum étalon dont une dose, dissoute dans 26 centimètres cubes d’eau, renferme exactement un centième d'unité antitoxique, par centimètre cube.
En se servant d’une dilution d’une toxine normale, toxinesèche obtenue par précipitation d’un bouillon de culture par le sulfate d'’ammoniaque, se conservant très longtemps sans altération, et de dilutions du sérum étalon et du sérum à essayer, on fait des séries de mélanges où entrent 1 centimètre cube de dilution de sérum et des doses décroissantes de toxine, pour arriver à déterminer les valeurs L, et L} comme pour le sérum antidiphtérique (t. 1, p.864). On inocule les mélanges à des souris blanches ; celles qui survivent donnent, en tenant compte du taux des dilutions, le taux de valeur antitoxique du sérum.
Méthode américaine. — Rosenau (2) part d'une toxine sèche, trèsstable, dont L} est de 0,0006, c’est-à-dire 1 centimètre cube d’une solution de 10 centigrammes de celte toxine dans 166,66 de solution physiologique. L'unité immunisante est représentée par dix fois la quantité de sérum nécessaire à neutraliser un peu moins de 100 doses mortelles en quatre-vingt-seize heures pour un cobaye de 350 grammes.
Sérothérapie. — Behring et Kitasato, dans leur travail précité, ont fait connaître que le sérum du: sang des animaux immunisés à l'égard
(4) Voy. Orro, Die staatliche Prüfung der Heïlsera. Iéna, 1906.
(2) RoseNau et AnpEerson, The standardization of tetanus antitoxin (Hygienic claboralory, Bull. n° 43, 1908, New-York).
BACILLUS TETANI. 33
du tétanos jouissait de la propriété de détruire la toxine tétanique, de préserver les animaux contre son action et même de les guérir lorsqu'ils présentaient déjà des symptômesaccusés d’intoxicationtélanique. Divers médecins italiens publiaient peu après des cas de guérison de tétanos déclaré chez l'homme, par usage de sérum de chiens immunisés par Tizzoni et Cattani.
Les recherches de Roux et Vaillard, usant de sérum extrêmement actif, répétées du reste depuis par de nombreux expérimentateurs, démontrent très clairement que, chez l'homme ou chez l'animal, on ne peut pas compter sur le sérum pour guérir un tétanos déclaré, aigu ou grave. Au moment oùise produisent les premiers symptômes du létanos, en effet, la toxine a déjà exercé son action sur divers éléments, en particulier les éléments nerveux; les modifications produites sont trop souvent définitivement acquises, le mal est d'ordinaire irréparable. Dans les seuls cas où l’intoxication est lente, où la marche est chronique, où le poison semble s'élaborer successivement, par petites doses, le sérum a la chance de pouvoir agir, non pas alors sur la toxine quiaimpressionné les éléments, mais sur celle à venir ; c’est donc dans le traitement du tétanos chronique que le sérum rendra surtout des services ; il faudra souvent l'y employer à hautes doses, et à doses répétées. Les injections sous-cutanées constituent la méthode de choix ; les injections intraveineuses sont à choisir quand il estnécessaire d'agir vite; les injections intracérébrales, qui ont été conseillées, paraissent exposer à des dangers réels.
Les expériences démontrent que le sérum antitétanique jouit d’un pouvoir préventif certain à l'égard de la toxine et de l'infection bacillaire elle-même. C’est en mettant cette propriété à profit qu'on arrivera à ürer les plus grands avantages de son emploi. L'enseignement donné à ce point de vue par la médecine vétérinaire est des plus probant. A l'aide des inoculalions préventives, pratiquées sur les conseils de Nocard (1), qui a fait en leur faveur une campagne si dévouée, bien des vétérinaires ont vu disparaître les cas de tétanos qu’ils observaient si fréquemment, souvent même on peut dire épidémiquement, à la suite de certaines opérations, la castration principalement, ou de certains traumatismes, les blessures du pied, les clous de rue chez le cheval, par exemple. C'est une indication très précieuse pour la médecine humaine, dont on ne saurait trop conseiller d’user lorsqu'on se trouve en face d'un de ces traumatismes .qui se compliquent trop fréquemment de tétanos, plaies souillées par la terre ou produits suspects, plaies par armes à feu, dans lesquelles la balle a entrainé des lambeaux de vêtements chargés de poussières, blessures de flèches empoisonnées avec des boues tétanifères, comme le sont celles des naturels des Nouvelles-Hébrides d’après les observations de Le Dantec, ou même d’une action de conditions de milieu reconnues depuis longtemps comme influentes, tel dans le milieu nosocomial. Il semble cependant que chez l'homme l’action préventive soit moins assurée que chez le cheval par exemple, ce qui explique les défaillances de la méthode qui ont été observées depuis quelque temps. Elles ne suffisent pas pour infirmer son importance qui impose au
(1) Nocarnp, Sur la sérothérapie du T.; essais de traitement préventif (Bull. de l’'Acad. de méd., 22 octobre 1895).
Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. — 3
34 BACTÉRIACÉES.
médecin une très large utilisation de sérum antitétanique dans le but prévenlif.
Le sérum antitétanique s'est du reste toujours montré inoffensif, malgré les hautes doses auxquelles on l’a employé chez l'homme (deux, trois, quatre injections de 100 centimètres cubes en quelques jours, dans un but curatif). Comme agent préventif, des doses bien moindres, de 5 à 10 centimètres cubes, répétées deux ou trois fois à quelques jours d'intervalle, paraissent largement suffire.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE
Le Bacille du télanos, comme le montre l'expérimentation, est extrêmement répandu dans le milieu extérieur.
La terre, et surtout la terre de jardin, la terre fumée, les boues de rues, en est le réceptacle par excellence. Il est beaucoup plus abondant dans les couches superficielles et devient rare dans les couches profondes. Si l’inoculation de ces terres aux cobayes donne plus souvent la seplicémie du Vibrion septique que le tétanos, ce n’est pas que le Bacille du télanos est plus rare que ce dernier microbe: c’est que l'infection septicémique, plus envahissante, prend souvent le dessus et masque complètement la présence des germes tétaniques.
Les poussières des habitations sont communément tétaniques, tout ce qu'elles souillent aussi, particulièrement les toiles d'araignées que l’on emploie si communément encore dans nos campagnes pour combattre les hémorragies.
Les excréments des animaux sains, du cheval, de la vache, du chien, donnent très fréquemment le tétanos aux animaux inoculés; ceux de l'homme également, mais moins souvent (1), à cause de la présence en orande abondance du Vibrion seplique; 11 faut prendre ici le lapin, moins réceptif à son égard que la souris ou le cobaye. Choukévitch (2) a cependant observé que, dansle gros intestin du cheval, le Bacille du télanos ne se rencontrait qu'en très petite quantité et ne pouvait parfois pas même être mis en évidence.
Les herbivores domestiques paraissent ainsi être les animaux qui entretiennent et disséminent les spores tétaniques dans le milieu extérieur. On se rappelle le rôle que Verneuil {3) voulait faire jouer au cheval dans la contagion du tétanos ; l'expérience a démontré, en partie, la véracité de son opinion sur l’origine équine du tétanos.
G. Roux (4) a démontré la présence du Bacille du lélanos dans les dépôts vaseux des réservoirs d’eau du Rhône alimentant Lyon ; Lortet(5) dans la vase de la mer Morte; Vaillard (6) dans l’enduit de bougies Chamberland ayant filtré de l’eau de Seine.
Le télanos est provoqué par la contamination d’une plaie par des pro-
(1) Przzi, IT Bacillo tetano nelle feci dell’uomo (Rivisla d Iqiene, IV, 1898).
(2) Cuoukéviren, Étude de la flore bactérienne du gros intestin du cheval (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXV, 1911, p. 247 et 345).
(3) Verneuix, Loc. cil., p. 15.
(4) G. Roux et ArLoixG, Sur le projet d'amélioration et d'extension du service des eaux de la ville de Lyon (Revue d'hygiène, 1891, p. 67).
(5) Lornrer, C. R. de l’Acad. des sc., 1891.
(6) Vaizzanp, art. Téraxos du Trailé de méd. de Brouarpez, Il, p. 678.
BACILLUS TETANI. 39
duits contenant des germes tétaniques, surtout par la terre, les poussières;, c'est une maladie fellurique. Le télanos spontané véritable n'existe pas; les cas cités comme tels sont de ceux où la porte d'entrée du virus n’est pas connue; et l’on sait qu'elle peut être profonde, échapper à toutes les investigations, si elle réside par exemple dans l'intestin dont le contenu est riche en spores tétaniques. Nous avons vu précédemment que le contact des spores avec une plaie ne suffit pas pour que le tétanos se produise; qu'il faut la présence de certaines conditions favorisant leur développement sur place et la production de leur toxine, en particulier la présence d'autres microbes inoffensifs par eux-mêmes, mais empêchant, par diffusion de produits qu'ils forment, l’afflux des leucocytes qui phagocyteraient ces spores et les empècheraient ainsi de germer. Ce rôle des associalions microbiennes, de ces microbes favorisants, est une précieuse indicalion pour le traitement des plaies; il est certain qu'une antisepsie soignée réduira les chances d'infection tétanique en s'’opposant à leur développement.
Pour le tétanos médical, dit spontané, des conditions diverses paraissent influer sur l'organisme et pouvoir rendre les spores infectantes, Vincent (1) a démontré l'influence de la chaleur, agissant surtout lors de l'insolation, celle de la présence de caillots sanguins, d'hématomes, celle de lésions diverses du foie: ces conditions pourraient déterminer l'apparition du télanos chez les sujets porteurs, à l’état latent, de spores tétaniques.
Le même Bacille a été obtenu par Beumer (2) dans le /élanos des nouveau-nés ; il n'a cependant pas eu de cultures pures. Son observation permet toutefois de réunir ce /rismus des nouveau-nés au tétanos traumatique. La contagion se fait cerlainement par la plaie ombilicale ; l'affection devient rare depuis l'emploi de l'antisepsie.
Le {élanos puerpéral a pour origine la contamination de la plaie utérine ou des lésions produites pendant l'accouchement.
On a signalé, dans ces dernières années, un certain nombre de cas de télanos consécutifs à des injections sous-cutanées de gélatine, employées comme hémostatiques. Lévy et Brun (3), Anderson (4) ont montré que la gélatine commerciale pouvait en effet contenir des spores tétaniques. Il est donc important de soumettre le produit à employer à une stérilisation suffisante, soit à 115°, soit à 100° répétés deux ou trois fois à intervalles d’une journée.
RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
Le Bacille se trouve toujours dans la plaie qui a été l'origine de l'infection; c'est là qu'il faut le chercher. On fait, à l’aide de la sérosité ou du pus qu'on peut recueillir à cet endroit, des préparations micro-
(4) VixcexT, Contribution à l'étude du tétanos dit médical ou spontané (Ann. de l'Inst. Pasteur, XVIII, 1904, p. 450). — Rôle de l'hématome infecté (Acad. de méd., 15 octobre 1907). — Influence prédisposante des lésions hépatiques (Zbid., 26 novembre 1907).
(2) Beumer, Zur Aetiologie der Trismus sive T. neonatorum (Zeitschr. für Hygiene, III, 2 p., p. 242).
(3) Lévy et Brux, Deutsche med. Wochenschr., 20 février 1902.
(4) ANDERsON, Presence of telanus in commercial gelatine (Hygienic laboratory, Washington, Bulletin no 9, 4902).