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scopiques que l'on colore de la manière habituelle. Lorsque le microbe est abondant, on peut en trouver de suite ; d’autres fois, il faut faire de nombreuses préparations. Il reste coloré par la méthode de Gram, ce qui peut être encore une bonne indication. |
L'aspect, les dimensions des bâtonnets et surtout la forme spéciale, en épingle, des éléments sporifères donneront de fortes présomptions en faveur de ce microbe. Il faut cependant se souvenir que dans les mêmes milieux, dans la terre en particulier et certaines plaies souillées par elle, on trouve des formes semblables qui ne sont pas ou sont peu pathogènes.
L'inoculation au cobaye ou à la souris donne des résultats plus sûrs. Il faut la faire assez profonde et, mieux, exciser un petit fragment de la plaie et l'introduire sous la peau de l'animal. Dans le cas de tétanos, l'animal peut devenir tétanique déjà en vingt-quatre heures; les contractures débutent par les muscles voisins du point inoculé.
Les cultures anaérobies pourront permettre d'isoler le microbe.
On a signalé dans la terre (1), les excréments, l'intestin (2), des Bacilles morphologiquement semblables au Bacille du tétanos qui s'en distinguent par de petites particularités de coloration et de culture, mais surtout par l'absence de tout pouvoir pathogène. Le Bacillus putrificus coli de Bienstock en est aussi voisin.
Agglutination et sérodiagnostic. — Le sérum normal del'homme; de la souris, du cobaye, du lapin, de la grenouille, de la poule, n’a aucune propriété agglutinante sur les cultures du PBacille du tétanos. Celui du cheval ou de l’âne a sur elles un pouvoir agglutinant très marqué, mais seulement au-dessous de 1 p. 100.
Le sérum antitétanique du cheval est fortement agglutinant, de { p. 2000 au moins jusqu'à 1 p. 50000. L'immunisation peut aussi créer le pouvoir agglutinant chez le lapin. Il est donc possible d’utiliser ces sérums d'animaux immunisés pour l’élude et la détermination de cultures.
D'un autre côté, le tétanos humain, spontané ou expérimental, ne développe pas ou très peu le pouvoir agglutinatif. Il ne peut donc guère être question de sérodiagnostic précis du tétanos (3). L'injection de sérum antiltétamique à l'homme ne fait apparaitre le pouvoir agglutinant dans son sang que lorsqu'elle est faite à très hautes doses.
BACILLUS CHAUVZÆI ARLOING, CoRNEviIN et THoMas. (Bacille du charbon symptomatique.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XVIII
On rangeait autrefois dans les affections charbonneuses, à côté du charbon vrai produit par le Bacillus anthracis, une maladie contagieuse,
(1) Sax FeELIcE, Loc. cit., p.14.
(2) Tavez, Ueber den Pseudotetanusbacillus der Darmes (Centralbl. fur Bakt. XXIII, 1898, p. 538).
(3) J. Couruoxr et Jueziex, De l’agglutination du Bacille de Nicolaeir par le sérum d'animaux normaux, tétaniques ou immunisés (Arch. de méd. expéer., XI, 1899).
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sévissant surtout sur l'espèce bovine, que Chabert (1) a séparée sous le nom de charbon symptomatique. Arloing, Cornevin et Thomas (2) en ont fait une étude complète; 1ls sont parvenus à lui assigner comme cause le développement dans l'organisme d'une Bactérie dont ils ont obtenu des cultures pures, à l'aide desquelles a été reproduite, avec tous ses caractères, la maladie primitive. Ils ont donné à cette espèce le nom de Bacterium Chauvæi, qui doit devenir Bacillus Chauvæi, aucun caractère n’en faisant un Bacterium, même dans le cas où ce dernier genre devrait être conservé.
La maladie, le Rauschbrand des Allemands, sévit dans les deux mondes, surtout dans les régions où la population bovine, à laquelle elle s'attaque de préférence et qu’elle décime fréquemment, est dense. En France, on l’observe principalement dans la région des hauts pâturages, en Auvergne, dans le Dauphiné, le Limousin, les Basses-Pyrénées ; elle n'est pas rare dans les pays plus plats, les plaines de la Lorraine, par exemple. Elle a un maximum dans les mois les plus chauds de l’année. On peut observer aux mêmes endroits des épizooties de charbon symptomatique en même temps que du charbon vrai; ces deux affections ont même été rencontrées ensemble sur les mêmes individus.
Le charbon symptomatique est une affection qui est presque toujours mortelle. Lorsqu'il se déclare chez des bœufs, vaches ou moutons adultes, le pronostic doit être toujours défavorable. Par sa marche, il se rapproche beaucoup plus des septicémies que les maladies charbonneuses vraies. Le mal débute par dela fièvre, une raideur musculaire, des tremblements partiels ; l'animal devient triste, la rumination s'arrête, ilest pris de frissons et d’un refroidissement subit; alors la tumeur caractéristique apparaît sur un membre. Dans les cas très graves, la tumeur se développe brusquement, avant que l'attention soit éveillée par des symptômes généraux. Cette tumeur, qui se trouve d'habitude dans les grosses masses musculaires, peut être bien apparente ou cachée lorsqu'elle siège dans la profondeur; on la trouve surtout à l'épaule, à la cuisse, sur la croupe, sur la poitrine, dans la gorge (glossanthrax). C’est une tumeur irrégulière, mal circonscrite, qui progresse très rapidement: en huit ou dix heures, elle peut atteindre un développement énorme. Très douloureuse à la pression et de consistance homogène, pâteuse au début, elle devient peu à peu insensible et crépitante, même sonore à la percussion, ce qui indique la présence de gaz à son intérieur. A la coupe, son tissu noir, friable, d’où le nom de charbon, laisse écouler d'abord du sang rouge, plus tard du sang noir, et en dernier lieu de la sérosité roussâtre, spumeuse. Dans les régions très riches en tissu conjonctif, l'ædème prend des proportions énormes; 1l s’en écoule un liquide citrin où rosé. Lorsque la tumeur cesse de croître, les symptômes s'aggravent, l'animal devient indifférent et Lombe dans une adynamie profonde; la mort arrive de la trentesixième à la cinquante-sixième heure après les premiers symplômes. Sa
guérison est rare, exceptionnelle même dans nos pays. À l’aulopsie, à part la lésion locale, les organes paraissent peu
(1) Caserr, Traité du charbon ou anthrax dans les animaux, 7e édition. Paris, 1790. (2) AnzoixG, Conxevin et Tomas, Le charbon symptomatique du bœuf, 2° édit. Paris, 1887.
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changés ; l'intestin est rouge, le foie et la rate sont presque normaux: Le sang est peu modifié.
Les parties voisines de la lésion dégagent une odeur de beurre rance toute spéciale, signalée par Nocard et Moulé (1).
Les tissus de la tumeur, la sérosité qui en sort, les organes malades, renferment des Bactéries caractéristiques. Le sang n'en contient que peu ou même pas du tout avant la mort; leur nombre augmente après. La bile en contient des quantités considérables.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — Ce sont (fig. 14) des bâtonnets droits, mesurant en longueur de 5 w à 8 uw avec une largeur de 1 uw, isolés ou par-
fois réunis par deux, mais ne formant jamais de grands filaments. Ils présentent une grande vivacité de mouvements et se distinguent par là aisément du Pacillus anthracis; c'est de là que proviennent les dénominations de charbon bactérien pour l'affection due au Pacillus Chauvæi, opposée à celle de charbon bacteridien appli quée au charbon vrai du Bacillus anthracis. L'air arrêle ‘Ces MImOouvements. Les mouvements sont dus à des cils vibraliles que les méthodes de coloration spéciales montrent en petit nombre, quatre à huit, sur les côtés des bâtonnets. Les cils d'un même côté peuvent s’accoler pour former une grosse mèche ondulée. Beaucoup des bâätonnets renferment des spores. Ceux qui vont en produire se renflent irrégulièrement, tantôt sur toute leur longueur, tantôt en leur milieu seulement, en prenant une forme de fuseau, ou à l’une de leurs extrémités, ressemblant à un têlard ou à une baguette de tambour (fig. 15). La longueur de ces éléments sporifères peut atteindre 10 x, avec une largeur de 1,1 x à 1,3 u; la spore ovoïde emplit d'ordinaire le tiers de la longueur de l’article. Souvent deux bâtonnets réunis produisent en même temps
Fig.14.— Bacillus Chauvæi d'une culture sur gélose.1000/1.
(1) Nocan» et Mouté, Les viandes à odeur de beurre rance (Bull. de la Soc. centrale de med. veétér., 1889, p. 67).
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leurs spores, qui se trouvent alors aux deux extrémités opposées. Ces bâtonnets peuvent être entourés d'une mince auréole transparente, dans leur totalité ou seulement à leur extrémité renflée.
Kerry (1), Klein (2), Piana et Galli-Valerio (3) ont décrit des formes un peu différentes du même microbe, différant de la forme typique par des dimensions plus petites et la rareté des spores, le manque de virulence.
Coloration. — La coloration s'obtient assez facilement par les procédés ordinaires, surtout par les colorants phéniqués. Le microbe resle coloré par la méthode de Gram, mais à la condition de colorer très CAR fortement avant de faire agir l'alcool. 00 Île Les spores et les cils peuvent se colorer à l’aide des méthodes spéciales
employées à cet effet. No Ô a te.
Cultures. — Cette Bactérie est
QUE espèce anaérobie vraie; aussi Fig. 15. — Bacillus Chauvæi de la sé ne se cultive-t-elle qu’en l'absence rosité d'une tumeur du bœuf (d’après d'oxygène, dans le vide ou dans une Arloing, Cornevin et Thomas) (Obj. 10, atmosphère d'acide carbonique où €: 1 Vérick).
d'hydrogène. Cependant la présence
d'une très petite quantité d'air ne parait pas être un obstacle absolu ;
c'est un anaérobie moins exigeant que le Vribrion seplique. Le développement commence vers 18°, mais se fait surtout bien à partir de 250; l'optimum paraît être vers 37°.
Les cultures pures sont assez difficiles à obtenir, à cause de la pré sence simultanée, dans les produits pathologiques, d'autres espèces microbiennes qui peuvent vivre en anaérobiose ou dont les spores résistent aussi à un chauffage.
Les cultures se font bien dans du bouillon de poule ou de veau. L'addition de glycérine et de sulfate ferreux n'exerce aucune action favorisante. Kitasato (4) a employé le bouillon de cobaye. Le bouillon de panse de Martin convient particulièrement bien, d’après Leclainche et Vallée (5), mais à la condition d'être très fraichement préparé, un milieu d'une huitaine de jours ne donnant souvent aucun développement. Le liquide se trouble en un jour, puis 1l se forme des flocons qui nagent dans sa masse. Il se produit des bulles de gaz qui s’amassent à la périphérie; ces gaz sont inodores. Après quarante-huit heures, le liquide devient clair et montre un dépôt blanc, grumeleux ; sa réaction est franchement acide et persiste telle. L'odeur est celle de beurre rance. La culture se ferait mieux dans un milieu très légèrement acide; en tout cas, elle se fait aussi bien dans les milieux acides que dans les neutres ou alcalins. Si l’on ajoute au bouillon un peu de sang ou de
(1) Kerry, OEsterreichische Zeitschr. für wissensch. Thierheil:., 1894. (2) Kcex, Ueber nicht virulenten Rauschbrand (Centralbl. für - akt., XVI, 1898, - p. 950).
(3) Prana et Garur-VarEerio, Sur une variété du Bacterium Chauvæ (Ann. de l'Inst. Pasteur, IV, 1895, p. 258).
(4) Kirasaro, Ueber den Rauschbrand bacillus und seiu Culturverfahren (Zeitschr. für Hygiene, VI, 1889, p. 105).
(5) LecLaincne et Varrée, Recherches expérimentales sur le charbon symptomatique (Ann. de l’Inst. Pasteur, XIV, 1900, p. 202 et 513).
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sérum frais et stériles, le dégagement gazeux est très abondant, le liquide peut même mousser (Kitt).
Kitasato (1) et après lui San Felice (2) ont obtenu des cultures sur gélose et gélatine en ensemençant ces milieux, dans un courant d’hydrogène, avec de la sérosité d’un cobaye mort après inoculation. Il est à recommander d'ajouter 1 à 2 p.100 de glucose ou 4 à 5 p. 100 de glycérine; les cultures se font mieux.
Les colonies qui se développent. dans la gélatine sont d'abord de petites sphères irrégulières, à surface légèrement verruqueuse. Un peu plus tard, elles émettent des filaments radiaires et la gelée se liquéfie autour d' elles; elles montrent alors une partie centrale ‘obscure et une couronne rayonnante à la périphérie. Lorsque ces colonies sont nombreuses et serrées les unes contre les autres, elles liquéfient lentement la gélatine avec production de gaz. Avec certains types, la liquéfaction est plus rapide.
Dans la gélose, on observe une abondante production de gaz et une odeur acide pénétrante, rappelant l'odeur d'acide butyrique.
Dans les gelées additionnées de teinture de tournesol, la parlie inférieure se décolore et les couches superficielles virent au rouge: ce qui indique une action réductrice et une production d'acide.
Le lait est rapidement coagulé ; le liquide reste clair.
Le blanc d'œuf cuit est faiblement attaqué.
PRODUITS BIOLOGIQUES
Le Bacillus Chauvæi est un anaérobie vrai, mais moins exigeant encore que le Vibrion septique, pouvant se développer en présence d’un peu d'oxygène. Kilt dit qu'on peut même obtenir de belles cultures en bouillon en ensemençant très largement des ballons bien remplis et simplement fermés au coton ; Rosenthal l'aurait aérobisé par sa méthode (Voy. t. 1, p. 47)
Vitalité et virulence. — Les cultures ont, au début, une virulence égale à celle de la sérosité de la tumeur ou du sang qui contient des Bacilles : leur pouvoir infectieux se maintient jusqu'à à la troisième génération, s'atténue pendant les deux suivantes et finit par s'étendre complètement. Les cultures en bouillon Martin conservent beaucoup plus longtemps leur virulence que celles faites en bouillons ordinaires. Pour conserver du virus, il faut l'entretenir par passages de cobaye en cobaye; il est même difficile d'obtenir une longue série de passages; de plus,
arrivée de Vibrion septique vient souvent fausser les résultats.
La virulence résiste à un froid intense ; d’après les expériences de Pictet et Yung (3), elle subsiste malgré des froids de — 70° et — 130° maintenus pendant vingt-quatre heures, suivis d’un réchauffement lent. Des températures élevées ont une action plus funeste. La virulence se conserve longtemps à 65° dans l'air sec : elle s'éteint au bout de deux
(1) Kirasaro, Ueber das Wachsthum des Rauschbrandbacillus in festen Naehrsubstratum (Zeitschr. für Hygiene, VIIT, 1890, p. 55).
(2) Sax Feuce, Untersuch. über anaeroben Mikroorganismen (Zeitschr. für Hygiene, XIV, 1893, p. 339).
(3) Prcrer et Yuxa, De l’action du froid sur les microbes (C. R. de l’Acad. des se., XCVIII, 1881, p. 747).
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heures vingt minutes à 700, au bout de deux heures à 80° et en vingt minutes à 100° ; deux minutes d'immersion dans l’eau bouillante la font disparaître. Des spores bien mûres germent encore après un chauffage de deux heures à 80° ; elles résistent pendant une demi-heure à 95°, et quelques minutes seulement à 100°.
Si l’on prend la précaution de dessécher lentement vers 35° la matière virulente, elle garde beaucoup plus longtemps son activité ; le produit de la dessiccation garde sa virulence un ou deux ans, et, si on l’humecte au préalable, supporte destempératures plus élevées que les précédentes ; il ne commence à s'alténuer à 85° qu'après six heures. En élevant progressivement la température à 90°-95°, à 100°, 105°, on obtient des virus de plus en plus atténués ; à 110° la vitalité ne disparaît qu'au bout de six heures. Dans le même ordre d'idées, la putréfaction ne produit rien; les antiseptiques les plus énergiques sont seuls actifs.
L'inégalité dans les résultats obtenus provient de la présence de spores plus ou moins bien formées et, partant, plus ou moins résistantes.
La virulence d’un virus atténué peut revenir à son activité première et même augmenter, si l’on ajoute au virus un peu d’une solution d'acide lactique au cinquième. D'après Nocard et Roux (1), le fait serait dû à une altération légère que l'acide lactique détermine dans les tissus où le produit est injecté, altération qui favorise l'effet nuisible du parasite ; une simple meurtrissure produirait les mêmes résultats.
Roger (2) a observé qu'en associant le Micrococcus prodigiosus au Bacillus Chauvæi, ce dernier avait sa virulence exaltée et pouvait même faire périr les lapins, réfractaires aux inoculations ordinaires ; le même fait se remarque, à un moindre degré toutefois, en associant au virus du charbon symptomatique le S{replocoque pyogène, le Micrococcus pyogenes aureus et le Proteus vulgaris.
Produits toxiques. — Les cultures en bouillon Martin fraîchement préparé deviennent rapidement toxiques. D’après Leclainche et Vallée, leur toxicité, déjà manifeste après quarante-huit heures, atteint son maximum vers le cinquième jour, puis décroit assez rapidement. La filtration sur bougie diminue l’activité de la toxine, probablement en retenant du produit actif ; aussi, il est préférable de recourir à une simple décantation. Le liquide tue le cobaye en quelques heures, à la dose de 3 à 4 gouttes, en inoculation intracérébrale, et le lapin en quelques heures en inoculation intraveineuse, à la dose de 2 à 5 cenümètres cubes. Cette toxine s’altère à l’air en quarante-huit heures ; elle n’est pas détruite par une température de 115°.
Duenschmann (3) avait obtenu un liquide tuant le cobaye, en inoculation intrapéritonéale, à la dose de 2 centimètres cubes, en cultivant le microbe dans de la pulpe de viande et filtrant la sérosité au septième Jour, puis concentrant dans le vide à basse température.
.. (1) Nocanp et Roux, Sur la récupération et l'augmentation de la virulence de la Bactérie du charbon symptomatique (Ann. de l'Inst. Pasteur, 1887, p 257).
(2) RoGer, Sur l'inoculation du charbon symptomatique au lapin (Soc. de Biol., 2 février et 30 mars 1889). — Et : Étude expérimentale du charbon symptomatique (Revue de méd., 1891, p. 169).
(3) Duexscamaxx, Étude expérimentale sur le charbon symptomatique et ses relations avec l'œdème malin (Ann. de l’Inst. Pasteur, VIII, 1894, p. 401).
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Grassberger et Schattenfroh (1) ont eu une toxine plus faible encore, en cultivant sur bouillon lactosé additionné de carbonate de chaux.
D’après Eisenberg (2), le Bacille du charbon symptomalique sécréterait une leucocidine et une hémolysine.
En somme, la production . toxine paraît pe considérable chez ce microbe.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Pour réussir avec les cultures, il est nécessaire d’en inoculer une quantité notable.
Les spores privées de toxine par un chauffage à 80° pendant deux à trois heures sont inoffensives, même à très fortes doses. Ensemencées, ces spores donnent cependant des cultures très virulentes. Leur innocuité vient de ce qu’elles sont rapidement détruites par les phagocytes, que peuvent éloigner la loxine, d’autres substances chimiotactiques négatives comme Pacide lactique, ou des produits microbiens solubles, comme ceux des espèces qui viennent d'être citées.
Quelques animaux domestiques seuls sont réceptifs.
Les bœufs et les moutons comptent parmi les animaux les plus sensibles à la maladie ; ils meurent en général au bout de trente à soixante heures. Toutefois les veaux à la mamelle ou très jeunes possèdent une immunité relative. La chèvre résiste quelquefois. Le porc est assez sensible aux inoculations. La maladie n’est pasinoculable au lapin qui est tué par les cullures toxiques.
L'inoculation sous-cutanée détermine chezle bœuf et le moutonsurtout l'apparition des lésions caractéristiques, œdème chaud et crépitant. Avec un virus fort, on peut obtenir l'infection par les voies digestives.
Le cobaye périt d'ordinaire en deux ou trois jours ; mais à la longue, après plusieurs passages successifs dans son organisme, il ne peut plus se produire chez lui que des accidents locaux. L'inoculation faite dans les muscles de la cuisse produit, en quelques heures, une tumeur au point lésé; l'animal meurt en quarante-huit heures, parfois moins, en présentant des lésions musculaires très nettes, pouvant dégager l'odeur butyrique spéciale.
À lautopsie, on trouve, au point d’inoculation, un œdème plus ou moins étendu, à sérosité rougeâtre, et des bulles gazeuses dans le tissu conjonctif. Les gaz sont surtout de l'acide carbonique et de l'hydrogène, peut-être un peu de méthane. Les ganglions axillaires ou inguinaux sont tuméfiés. Le foie est légèrement hyperémié ; les autres organes paraissent normaux.
Si l'on examine l’animal aussitôt après la mort, on ne trouve de microbes que dans l’æœdème de la région d'inoculation ; quelque temps après, on peut en rencontrer quelques-uns dans le sang et les organes ; plusieurs heures après, les Bacilles peuvent être nombreux sur les
(1) GrassBerGER, Morphologie des Rauschbrandbacillus und des OEdembacillus. — SCHATTENFROH, Chemisches-biologisches Verhalten des Rauschbrandbacillus und des OŒEdembacillus (Arch. für Hygiene, XLVIIT, 1904, p. 1 et 77).
(2) EisexserG, Leucocidines et hémolysines des anaérobies (Soc. de Biol., 16 et 23 mars 1907).
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coupes d'organes. On n'y rencontre jamais les longs filaments que forme dans les mêmes conditions le Vibrion septique.
L'âne et le cheval n'offrent qu'un engorgement douloureux des muscles et du tissu cellulaire de la région où a été faite l’inoculation. Le chien, le chat, le ral d'égoul, la poule, le canard, le pigeon semblent réfractaires.
Des grenouilles inoculées, maintenues en étuve à 22°, meurent de quinze à trente heures ; le liquide des sacs lymphatiques renferme beaucoup de Bactéries et se montre très virulent.
IMMUNITÉ, VACCINATION, SÉROTHÉRAPIE
Une atteinte non mortelle de la maladie confère une immunité dont la durée est en rapport avec l'intensité de cette première affection. Cette maladie amoindrie peut être provoquée par des virus atténués, ou des produits plus actifs inoculés à des endroits doués d’une faible réceptivité, l'extrémité de la queue ou le pavillon de l'oreille, par exemple. On remarque une grande tolérance pour les injections de matières virulentes dans le système veineux; elles occasionnent une sorte de maladie larvée qui rend les animaux réfractaires.
Ce sont les virus atténués par l’action de la chaleur qui sont les plus faciles à préparer et les plus sûrs. La matière virulente, culture ou surtout sérosité de la tumeur, est desséchée à une température de 32° à 35°. On l'humecte et on la chauffe lentement et progressivement à partir de 80°. Entre 100° et 104, elle s'est beaucoup atténuée et donne un commencement d'immunité au mouton, au bœuf et au cobaye. On use ensuite d'un virus plus fort, qui n'a été chauffé qu'entre 850 et 90e, pour la renforcer. L'inoculation se fait en broyant la substance virulente dans un mortier avec de l’eau, de manière à la délayer parfaitement ; la région choisie pour l'opération est la partie inférieure de la queue ou l'oreille.
Leclainche et Vallée ont montré que l’immunisation due à ces vaccins était due à la fois à la présence de toxines modifiées par la chaleur, de microbes étrangers et à la protection des spores par l’albumine desséchée, toutes conditions qui empêchent la destruction des spores par la phagocytose. L'addition de produits chimiotactiques positifs rend toute la virulence aux vaccins.
Roux (1) a pu immuniser des cobayes en leur injectant dansle péritoine du bouillon de culture privé de Bactéries par un chauffage à 115° ou la filtration sur porcelaine. Le liquide stérilisé est injecté à la dose de 40 centimètres cubes, par trois fois, à deux jours d'intervalle. Les cobayes ainsi vaccinés contre le charbon symptomatique résistent souvent à l’inoculation du Vibrion septique, tandis que l'inverse ne s’est jamais présenté.
Duenschmann (2) n'est pas parvenu à immuniser le cobaye avec la Loxine qu'il a obtenue de cultures sur viande hachée. Il existerait, pour lui, dans la sérosité filtrée des lésions d'animaux morts du charbon
(1) Roux, Immunité contre le charbon symptomatique conférée par des substances solubles (Ann. de l'Inst. Pasteur, février 1888).
(2) DuexscHmaxx, Étude expérimentale sur le charbon symptomatique et ses relations avec l'œdème malin (Ann. de l'Inst. Pasteur, VII, 1894, p. 403).
44 BACTÉRIACÉES.
symptomatique, et aussi dans les tumeurs d'animaux immunisés, une substance à action vaccinante. En renforçant, par des inoculations virulentes graduées, l’immunité naturelle des lapins, il a obtenu un sérum neutralisant à l'égard de la toxine chez le cobaye.
Kitt(1)a obtenu le premier l’immunisation du mouton, qui semble être ici l'animal de choix, à l’aide de cultures pures âgées de plus de deux semaines ou chauffées préalablement à 80° pendant une demiheure.
Leclainche et Vallée ont réussi à immuniser le cheval et la chèvre, en injectant dans les veines des quantités croissantes, de 20 à 150 centimètres cubes, de cultures actives en bouillon Martin, âgées de quatre à huit jours. Au bout de peu de temps, le sérum est immunisant pour le cobaye. Il se montre doué de propriétés préventives très neltes, mais ne confère qu’une immunité passagère. Ce qui fait que la sérothérapie ne peut avoir ici que des indications restreintes; l'utilisation des méthodes vaccinales paraît devoir constituer le procédé de choix.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIGUE
Le virus doit se conserver dans le sol où il a pu être apporté par les cadavres d'animaux atteints el leurs déjections, et s'inoculer par le contact de la terre. La résistance très grande des spores assure une longue conservation.
Les bovidés sont surtout exposés à contracter le charbon symptomatique ; le mouton et la chèvre sont rarement atteints, le cheval très exceptionnellement.
Jusqu'ici cette maladie n'a pas été observée chez l'homme, à moins qu'elle ne fasse partie desgroupes encore mal délimités des {umeurscharbonneuses ou des phlegmons gazeux. I est toutefois prudent, vu la gravité des symptômes énoncés, de rejeter absolument de la consommation la viande des bœufs qui en sont atteints et de recommander de prendre de grandes précautions pour la manier.
L'inoculation par la peau paraît être le mode de contage le plus facile; cependant la muqueuse digestive se montre, expérimentalement, apte à la pénétration d'un virus fort.
Le Bradsot, qui sévit sur le mouton en Norvège, en Écosse et en slande, paraît bien voisin du charbon symptomatique. Le microbe qui l’occasionne ne diffère du Bacille du charbon symplomatique que par
de minimes caractères de cultures et une virulence très nette pour le pigeon, la poule, le rat, la souris.
RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
Les préparations microscopiques faites avec la sérosité de la tumeur montrent les formes bacillaires bien spéciales ; l’inoculation au cobaye pourra servir dans les cas douteux.
Agglutination. — Le sérum des animaux immunisés Prés GasE un pouvoir agglutinant manifeste. L’agglutination se fait très vite, à des
(1) Kirr, Ueber Rauchsbrandschutzimpfung mit Reinkulturen (Monasth. für Thierheilk., V,1893, p.19). — Serumimpfung gegen Rauchsbrand (1bid., 1899, XI, p. 49).
BACILLUS ENTERITIDIS SPOROGENES. 45
taux très bas, jusqu'à 1 p. 3000. Les espèces similaires ne sont pas agglutinées; les sérums correspondants n’ont pas d'action sur cette espèce.
San Felice a isolé de la terre et d’infusions de viandes putrides un microbe très voisin comme caractères morphologiques, mais ne présentant aucune virulence (Pseudo-Rauschbrandbacillus). C'est le même probablement que Klein (1) a rencontré dans des cultures faites avec la rate d’un mouton charbonneux. Après tout, le Bacille du charbon symplomatique pourrait exister en simple saprophyle, dénué de toute virulence.
BACILLUS ENTERITIDIS SPOROGENES KLe1n.
C'est un microbe anaérobie que Klein (2) a isolé des selles de malades atteints de diarrhée affectant la forme épidémique, ayantatteint plusieurs personnes qui avaient fait usage d’un lait où le même Bacille fut constaté. Les selles contenaient en abondance des amas de spores ovales, brillantes, libres ou renfermées dans des bâtonnets. Les cultures aérobies donnèrent du Colibacille en abondance; les cultures anaérobies en gélatine glucosée donnèrent rapidement de petites colonies sphériques, transparentes, liquéfiant le milieu et produisant des bulles gazeuses venant surnager le liquide. L'examen microscopique montra que ces dernières étaient formées de bâtonnets cylindriques pouvant contenir des spores ovales semblables à celles qui se voyaient dans les selles.
Les bâtonnets ont une longueur de 1,6 & à 4,8 u ; les sporeslibresont 1,6 y de long sur 0,8 y à 1 x de large. Les Bacilles sont faiblement mobiles ; beaucoup paraissent même immobiles.
Ils se colorent facilement aux couleurs d’aniline et restent colorés par la méthode de Gram. Les méthodes spéciales colorent à une extrémité de six à huit cils, longs, flexueux, souvent spiralés, et deux ou trois à l'autre. Le traitement par l'iode fait apparaître des granulations bleues dans les bâtonnets.
Ce microbe ne se cultive qu’en anaérobie. Il est possible dele séparer d'autres espèces en chauffant pendant dix à quinze minutes à 789-80°; le Colibacille, en particulier, qui l'accompagne fréquemment, est sûrement tué. Les spores du Bacillus enteritidis sporogenes résistent : elles supportent même 100° pendant deux ou trois minutes et ne périssent à cette température qu'après quatre minutes.
Dans la gélatine glucosée, à 20°, après répartition de semence dans la masse fondue, puis refroidie, on voit apparaitre, après vingt-quatre heures environ, de petites colonies sphériques, transparentes, qui liquéfient la gelée autour d'elles ; un grand nombre d’entre elles produisent de petites bulles de gaz. En quarante-huit heures, la gélatine est liquéfiée, les bulles gazeuses sont venues à la surface, et au fond se trouve
(1) Kzeix, Ueber nicht virulenten Rauchsbrand (Centralbl. für Bakt., XVI, 1894, p: 950).
(2) Kzei, Ucber einen pathogenen anaëroben Darmbacillus, Bacillus enteritidis sporogenes (Centralbl. für Bakt., XVII, 1895, p. 737). — In., Ueber die Verbreitung des anaëroben virulenten Bacillus enteritidis sporogenes (/Zbid., XXIII, 1898, p. 542).
46 BACTÉRIACÉES.
un dépôt floconneux. Ces cultures dégagent une forte odeur d’acide butyrique. ht
Sur gélose glucosée à 37°, les colonies sont arrondies, grisàtres et ont un centre granuleux. En inoculant dans la profondeur, il se produit des bulles de gaz qui brisent la gelée.
Sur sérum solidifié à 37°, il se forme une colonie grisâtre ; le milieu est liquéfié, présente une réaction alcaline et dégage une odeur forte.
La culture dans le lait est assez spéciale. En laissant le lait à 37°, on n'observe aucun changement dans les vingt-quatre heures; après trente-six à quarante-huit heures, le milieu devient un peu transparent et l’on remarque de nombreuses bulles de gaz dans la couche de crème | qui s'est formée. Après soixante- Fig. 16. — Bacillus sporogenes, va- douze heures, le lait est devenu net-
riété À; colonies dans la gélose glu- tement transparent, et vingt-quatre
cosée d'après -MetSchnikof): heures après la partie moyenne est
claire comme de l'eau, tandis que les
parties supérieure el inférieure contiennent des flocons de caséine
coagulée. Des spores ne se forment que tardivement, après dix à quatorze jours. Les cultures ont une forte odeur d'acide butyrique.
Avec un microbe qui a déjà subi plusieurs passages en cultures, ces modifications sont plus lentes à se produire.
D'après Wild (1), sur pomme de terre les colonies sont lentes à venir et restent petites, jaunâtres.
Les bulles gazeuses dégagées sont presque exclusivement du méthane.
Ce microbe est nettement pathogène pour le cobaye.
En inoculant sous la peau Oc,5 ou Î{ centimètre cube d'une culture dans le lait ou la gélatine, âgée de quel-
2 S 4 : Ra à ues jours, l’animal paraît Fig. 17. — Bacillus sporogenes, variété B ; colo- de J l Te P Eur nies dans la gélose glucosée (d'après Metschni- GEJa MAACEAPRES koff). heures ; 1l meurt vingt-qua-
tre heures environ après l'inoculation. A l’autopsie, on trouve la peau des flancs, du ventre, de [a poitrine, même du cou, soulevée par des collections gazeuses ; le tissu musculaire est infiltré, gangreneux; le péritoine est congestionné, parfois aussi l'intestin ; on trouve de la sérosité péritonéale sanguinolente dégageant une odeur forte, des gaz et du mucus sanglant dans l'in testin. La sérosité sous-cutanée montre de nombreux Bacilles courts, peu mobiles, jamais de filaments, ce qui les fait distinguer du Vrbrion septique. Son pouvoir pathogène le distingue nettement du Bacillus butyricus de Botkin, dont le rapprochent certains caractères. Les cultures âgées, affaiblies, ne tuent plus le cobaye, mais détermi-
(1) Win, Beitrag zur Kenntniss des Bacillus enterilidis sporogenes (Centralbl. für Bakt., XXIII, 1898, p. 913).
BACILLUS ENTERITIDIS SPOROGENES. 47
nent simplement une tuméfaction au point d'inoculation. Cette tuméfaction reste dure et disparaît peu à peu, ou devient fluctuante et donne issue à du liquide séreux.
Ce Bacille paraît très répandu. Klein l'a en outre trouvé abondant dans les eaux d’égout, les eaux de rivières souillées, dans le fumier de cheval, dans les poussières des rues, la terre cultivée; il l'a trouvé en plus dans une seconde épidémie de diarrhée, mais jamais dans le contenu intestinal de l'homme sain.
Metschnikoff (1) a constaté la présence constante de microbes similaires, qui doivent être identifiés avec celui de Klein, dans le contenu intestinal de l'homme sain ou atteint de troubles intestinaux légers, entérocolite avec diarrhée ou constipation. L'examen ÿ des matières diarrhéiques, ou du mucus entourant les selles dures, montre une | quantité très grande de bä- | tonnets sporulésetde spores libres (fig. 18). Les mêmes | éléments ont été rencontrés dans le contenu intlestinal d'animaux, à l’état normal. Metschnikoff leur a appliqué la dénomination Fig.18. — Bacillus de Bacillus sporogenes;ilen sporogenes. Dé-
distingue une variété À et jections diarrhéi- Fig. 19. — Bacillus sporoune variété B ques d’un cas de genes, variété B. Colonies ee 4 colite chronique dans le lait(d'après Metsch- La variété À, qu'il a ren- (d'après Metsch- nikof). contrée chez l'homme sain, nikoff).
a des éléments en bâtonnels
ou en filaments atteignant 8 y de long, assez minces, réunis souvent par plusieurs. Il s'y forme des spores au voisinage de l’un des pôles, sans produire de renflement tant soit peu accusé (fe. 20ket21):
La variété B a été isolée dans un cas de colite chronique ; les bâtonnets sont isolés ou en chaïînettes, plus gros que ceux de la variété A (fig. 18 et 19).
Ces deux types se développent bien dans tous les milieux de culture dans les milieux albumineux, ils attaquent l’albumine et la caséine el produisent des odeurs fétides.
Dans le bouillon glucosé, avec morceau de blanc d'œuf cuit, le développement se fait rapidement; on trouve des éléments à bouts arrondis, souvent ovoïdes, avec des spores situées exactement au milieu.
Dans la macéraltion de viande stérilisée, le développement se fait bien ; la variété B surtout y donne un dépôt de pigment noir.
Dans la gélose glucosée, il se forme des colonies avec prolongements ou filaments sinueux, qui grossissent vite, peuvent même atteindre la taille d’un petit pois, ont l'apparence de masses colonneuses, à centre plus foncé et à périphérie formée de longs prolongements onduleux
(4) Merscuxixorr, Études sur la flore intestinale (Ann. de l’Inst. Pasteur, XXII, 1908, p. 929).
48 BACTÉRIACÉES.
fig. 16 et 17). Il peut se produire très tôt des gaz qui disloquent la gélose; cette production de gaz est d’autres fois très réduite ou même nulle. Les Bacilles obtenus sur ce milieu présentent la particularité de se colorer en brun violet par la solution iodo-iodurée.
La gélatine est très vite liquéfiée.
Le lait est peptonisé en une huitaine de jours, sans qu'il s'y soit produit de coagulation.
Le pouvoir pathogène semble bien peu marqué.
4 PU MES Q 4 PE ë CARE:
fi. AN
l 4 | Ÿ = Fig. 21. — Bacillus sporogenes, va- Fig. 20. — Bacillus sporogenes, riété A. Culture en bouillon avec variété A. Culture dans le blänc d'œuf dur (d'après Metschlait (d'après Metschnikoff). nikoff).
Ces microbes paraissent très voisins du Vibrion septique et du Bacillus perfringens de Veillon dont l'étude suit.
BACILLUS PERFRINGENS VEeiLLon et ZUBER.
(Bacille du rhumatisme articulaire aigu, Bacille d'Achalme, Bacille du phlegmon gazeux, Bacillus Welschi.)
Voy. ATLAS DE MICROBIOLOGIE, 1912.
Veillon et Zuber (1) ont isolé cet anaérobie de pus d’appendicites et de suppurations gangreneuses et fétides. Rist (2) l'a retrouvé dans des infections d'origine otique; Guillemot (3) dans un cas de gangrène gazeuse lypique, puis dans la gangrène pulmonaire.
Il semble bien qu’on doive lui rapporter une série d’autres microbes antérieurement signalés, mais étudiés d'une façon moins complète.
D'abord le Bacille du phlegmon gazeux, obtenu par Fraenkel (4) en 1891 dans quatre cas de phlegmon gazeux.
Puis le microbe trouvé par Welch et Nuttall en 1892 dans les
(1) Veizox et Zuser, Recherches sur quelques microbes anaérobies et sur leur rôle en pathologie (Arch. de méd. expér., juillet 1898).
(2) Risr, Étude bactériologique sur les infections d'origine otique. Thèse de Paris,
(3) Guisremor, Recherches sur la gangrène pulmonaire. Thèse de Paris, 1898. — Sur un cas de gangrène gazeuse due à un Bacille anaérobie différant du Vibrion septique (Soc. de Biol., 5 novembre 1898).
(4) E. Fraewxkez, Ueber die Aetiologie der Gasphlegmonen (Phlegmone emphysematosa) (Centralbl. für Bakt., XIII, 1893, p. 13). — Ueber Gasphlegmone, Schaumorgane und deren Erreger (Zeilschr. für Hygiene, XL, 1902, p. 73).
BACILLUS PERFRINGENS, 49
vaisseaux sanguins, le tissu cellulaire sous-cutané et les viscères d’un ‘tuberculeux mort d'un anévrysme aortique, dénommé par eux Bacillus aerogenes capsulalus et bien postérieurement par d’autres Bacillus Welschi.
Également, le Bacillus cadaveris butyricus rencontré par Ernst dans le foie rempli de petites bulles gazeuses d’une femme morte, après avortement, d'une endométrite et pelvi- péritonite putrides avec ictère.
Mais surtout le Bacille trouvé par Achalme (1)en 1891 dans le rhumatisme articulaire aigu, que l’on a nommé Pacille d'Achalme ou Bacille du rhumatisme articulaire aiqu, que bien des auteurs, surtout Lucatello (2), Thiroloix (3), Carrière (4), Sawtschenko (5), Pic et Lesieur (6), G. Rosenthal (7), ont tHHToute après lui dans les mêmes conditions.
Peut-être même doit-on aussi en a borichel les divers types de Bacillus enteridis sporogenes dont il vient d’être question.
C'est, en tout cas, un microbe qui paraît très répandu dans la nature. On le trouve dans l'organisme, dans des manifestations pathologiques très diverses, dans le contenu intestinal, même à l’état normal; dans le milieu extérieur, provenant probablement des matières fécales de l'homme ou des animaux; Tissier et Martelly (8) le donnent comme commun dans les processus de putréfaction des viandes, surtout au début.
Il parait jouer un rôle important dont une partie a été attribuée au Vibrion septique, spécialement pour les accidents de septicémie et de décomposition putride, avec lequel il a été confondu en raison de grandes ressemblances de morphologie et de biologie: on l'en distingue aisément aujourd'hui.
Il a été au mieux étudié et décrit par Veillon, sous ce nom de Bacillus perfringens ; aussi paraît-il juste, pour cette raison, de lui conserver la dénomination appliquée par lui.
Ce microbe semble pouvoir présenter des variations assez grandes, pouvant constituer ainsi des types se différenciant plus ou moins. C'est ce qui explique encore qu'on ait pu en faire des espèces distinctes.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — C’est un gros Bacille, un peu plus gros que le Bacillus anthracis, mesurant de 5 à 64 de long sur 1,2 à 1,5 y de large, à bouts carrés, plus rarement un peu arrondis (fig. 22),
(1) Acxazue, Soc. de Biol., 25 juillet 1891. — In., Recherches bactériologiques sur le rhumatisme articulaire aigu (Ann. de l'Inst. Pasteur, XI, 1897, p. 845).
(2) Lucarezro, Ve Congrès de la Soc. ital. de méd. int., 1892.
(3) Tarroroix, Soc. de Biol., 19 mars, 9 octobre et 6 novembre 1897.
(4) Carrière, Rhumatisme articulaire subaigu (Soc. de Biol., 1898, p. 736).
(5) SawrscHenxo, Sur le rhumatisme aigu et la Bactérie d'Achalme (Arch. russes de path., V, 1898, p. 613).
(6) Pre et Lesteur, Contribution à la bactériologie du rhumatisme articulaire aigu (Journ. de physiol., I, 1899, p. 1007).
(7) G. Rosexrar, Bactériologie, sérothérapie et vaccination du rhumatisme articulaire aigu (Arch. gén. de méd., août 1909).
(8) Tissier et Marnrezrx, Recherches sur la putréfaction de la viande de boucherie (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 865).
Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. —
‘50 BACTÉRIACÉES.
Dans le pus, le sang, les sérosités, il est entouré d'une auréole nette, parfois développée en une sorte de capsule qui peut même se colorer dans certaines conditions.
Le plus souvent les éléments sont isolés; parfois ils forment des chainettes plus ou moins longues, surtout dans l’exsudat péritonéal, comme l'avait déjà remarqué Welsch. Ils sont d'ordinaire immobiles, mais pourraient avoir des mouvements très lents, bien différents dans ce cas des mouvements rapides, serpentants, du Vibrion septique.
Dans les cultures en milieux liquides ordinaires, les bâtonnets sont plus longs et plus minces; dans les milieux sucrés, ils sont plus courts ; ils peuvent être très courts dans les liquides très riches en albuminoïdes, après addition de sang par exemple, et presque ressembler au Colibacille.
Dans les vieilles cultures, on trouve des éléments irréguliers, déformés, renflés.
Ce microbe produit des spores. Toutefois il n'en forme pas toujours, en particulier pas dans les milieuxacides, pas dans les milieux sucrés que le microbe acidifie vite, mais seulement dans les milieux alcalins.
Elles se forment très bien dans les liquides organiques albumineux que l’on met à l’étuve à 37° pendant deux à trois jours, dans de petites pipettes fermées. La spore est unique, se trouvant à une des extrémités
Fig. 22. — Bacillus perfringens. Pus de du bâtonnet. D'après Musca-
phlegmon gazeux. 1000/1. tello (1), elle n’est jamais exactement terminale ; d’après Achalme, elle serait terminale, volumineuse, réfringente (fig. 23).
Coloration. — Les éléments se colorent d'ordinaire facilement aux méthodes ordinaires; dans les vieilles cuitures, la coloration est irrégulière. Ils restent colorés par la méthode de Gram; toutefois des Bacilles morts et dégénérés peuvent se décolorer plus ou moins.
Les spores se colorent assez difficilement par les méthodes spéciales.
Gultures. — Elles sont faciles à obtenir avec les méthodes diverses d'anaérobies. Le microbe se développe bien dans tous les ‘milieux, déjà facilement à la température ordinaire, au mieux vers 37°.
Pour l'isoler plus aisément d'un milieu où se trouvent d’autres espèces, on peut faire agir, pendant quelques minutes, une chaleur de 80°-90° qui suffit à tuer les espèces non sporulées. L'’ensemencement se fait après.
Metschnikoff (2) conseille, pour s’en procurer, d'ensemencer un peu
BACILLUS PERFRINGENS. 5{
de matières fécales dans du lait que l’on chauffe ensuite à l’ébullition ; la crème surnageante suffit à empêcher l'air de pénétrer.
Dans le bouillon, il se fait un trouble rapide ; après quelques jours, le liquide se clarifie complètement et montre un dépôt plus ou moins abondant.
Dans la gélatine, on a un développement en deux à trois jours, avec production de gaz. Les cultures diffèrent un peu suivant l’origine. D'après Achalme, à 220 on a une petite culture déterminant une liquéfaction lente, mais seulement après un ensemencement abondant. Pour Veillon, il faut aussi un ensemencement abondant; en quarante-huit heures, il s’est formé de petites colonies qui apparaissent granuleuses et brunâtres au microscope, et il se développe quelques bulles de gaz; la gelée se ramollit, puis se liquéfie lentement, à la condition qu'elle ne renferme pas de sucres. On peut ne pas obtenir de liquéfaction; pour Muscatello, il y a certains types qui liquéfientirès bien, d'autres peu et tardivement, peut-être même pas du tout.
Sur gélose glucosée, milieu de choix pour l'isolement, avec la méthode de Veillon, le développement est rapide; 1l peut être perceptible en quelques heures.
On y oblient des colonies rondes, lenticulaires, quelquefois en forme de cœur (Jungano et Distaso), à contours très nets, sans prolongements. Il S'y PTO- Fig. 23. — Bacillus perfringens. Bâtonnets duit beaucoup de gaz à odeur avec spores, d'une jeune culture en bouilbutyrique, qui en un jour dislo- lon. 800/1.
quent la gelée, la projettent même hors du tube; aussi Achalme conseille de se servir de gélose mannilée qui ne subit pas de fermentation, au lieu de gélose glucosée. Sur gélose inclinée, en série, on a une culture peu épaisse, transparente, ou de petites colonies rondes, hyalines.
Le lait est coagulé en vingt-quatre heures; le coagulum, plus ou moins rétracté, est creusé de trous, poreux comme une éponge; le liquide est incolore et clair. Il se développe une odeur de beurre rance et des gaz qui sont un mélange d'hydrogène, d'acide carbonique et d'azote. Le caillot n’est pas attaqué en milieu acide formé par la fermentation du lactose ; si l’on ajoute du carbonate de chaux qui neutralise l'acide à mesure de sa production, la caséine est partiellement solubilisée par la sécrétion de trypsine du microbe.
Le blanc d'œuf cuil, mis en morceaux dans de l'eau, du bouillon ou des solutions minérales, est lentement attaqué, puis finalement complètement digéré; c'est là une excellente méthode d'isolement. Il se forme un pigment noir, insoluble dans l’eau, l'alcool et les alcalis,
n2 BACTÉRIACÉES.
soluble dans l'acide sulfurique, ayant des ressemblances avec la
mélanine (Achalme). À Avec les milieux au sang, on obtient des cultures très abondantes.
RENE ne, |
PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
C'est un microbe anaérobie vrai. Rosenthal l'aérobiserait facilement par sa méthode (I, p.47); Thiroloix avaitdéjà vu qu’on pouvaitle cultiver en aérobie après plusieurs passages sur lait,
Il a des propriétés chimiques importantes, qui en font un agent de modification de premier ordre. Elles ont été très bien étudiées par Achalme, Tissier et Martelly.
Il attaque énergiquement beaucoup de sucres, glucose, lactose, galactose, maltose, saccharose, inosite, glycérine; il les fait fermenter avec production d'hydrogène et d'acide carbonique, d'acides acétique, butyrique, lactique et propionique. Il ne fait pas fermenter la mannite, la dulcite, l'inuline, l'érythrite, l'amygdaline. Il fait fermenter la dextrine et saccharifie l'amidon par production d'une amylase.
C'est une bactérie protéolytique, agissant sur les albuminoïdes au moyen d'une diastase voisine de la trypsine. Dans les produits de la décomposition des substances protéiques, on trouve de l'acide carboaique et de l'hydrogène, de l'hydrogène sulfuré, de la leucine, de la tyrosine, de l’urée, de l'’ammoniaque, des acides propionique, butyrique, valérianique, du phénol, de l'indol d’après Achalme et Tissier et Martelly, des gaz fétides avec certains types, pas avec d’autres.
I détruit l’urée (Tissier et Martelly), réduit les nitrates en nitrites {Achaime).
Il sécrète une lipase qui émulsionne et saponifie les matières grasses.
Cette espèce a donc une sécrétion analogue à celle du pancréas, renfermant trois diastases, trypsine, amylase et lipase. Elle peut alors jouer un très grand rôle dans la putréfaction, rôle plus important même que celui du Vibrion septique.
D’après Korentschevsky (1), il existe des produils toxiques dans les liquides de culture; par filtration sur bougie, il a obtenu une toxine qui, <n injection intraveineuse, tuait le lapin en quelques heures à la dose de 1,3 par kilogramme d'animal. D'autres expérimentateurs n’ontirien observé de net.
Par l’aérobisation, toutes ces propriétés biologiques disparaissent graduellement.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Ce microbe est très pathogène pour le cobaye, qui paraît être lanimal le plus sensible à son action. Quel que soit le mode d'inoculation, l'animal meurt de septicémie aiguë. En inoculalion sous-cutanée, on obtient un phlegmon gazeux avec de grands désordres, comme avec le Vibrion sepliqu2. La mort survient en quarante-huit heures.
Le lapin est assez rés:stant, même avec des doses fortes, et même en
(1) Korexrscnevsky, Coatribution à l'étude du B. perfringens et du B. putrificus Ann. de l'Inst. Pasteur, XXII, 1909, p. 91).
BACILLUS PERFRINGENS. D
injection intraveineuse. Il meurt en huit à dix jours avec des lésions de septicémie ou avec un phlegmon gazeux.
Il y a des types à virulence moindre, celui qu'on oblient du sang des rhumatisants particulièrement. Thiroloix aurait reproduit avec ce dernier les différentes lésions viscérales du rhumatisme articulaire
aigu.
IMMUNITÉ ET SÉROTHÉRAPIE
G. Rosenthal (1) dit avoir obtenu, dans le traitement des affections à Bacillus perfringens, particulièrement dans le rhumatisme articulaire aigu, de bons résultats par l'emploi d'injections d'un vaccin préparé d'après la méthode de Wright, émulsion de Bacilles morts dans la solution physiologique, ou d’un sérum fourni par des chevaux immunisés à l’aide de cultures aérobisées en ballons de lait, laissées trois mois à l’étuve et grossièrement filtrées pour pouvoir injecter les toxines diffusibles et des corps bactériens.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE
C'est un microbe qui paraît extrêmement répandu dans la nature.
Dans le milieu extérieur, il existe dans la terre, où il est probablement apporté parles matières fécales de l’homme et des animaux. Il est très commun dans les diverses putréfaclions.
Chez l’homme et les animaux, on le trouve à l'état normal dans l'intestin, à la surface de muqueuses, celles de l’urètre, du vagin. On le rencontre dans beaucoup de manifestations pathologiques, où il joue un rôle capital ou secondaire. Outre celles qui ont été signalées précédemment (p. 48), on peut citer beaucoup de processus gangreneux, des urétrites chroniques, des infections oculaires, des diarrhées d'enfants ou d'adultes (Tissier).
Il paraît jouer un rôle au moins très grand, sinon exclusif, dans le rhumatisme articulaire aigu, depuis longtemps considéré comme maladie infectieuse, présentant en effet la marche et les symptômes d'une véritable septicémie, déterminant tout particulièrement la production d’endocardite, de péricardite, de pleurésie, de néphrite, d'éruptions cutanées. Pour certains, cette septicémie spéciale serait sous la dépendance d'espèces microbiennes diverses, tout particulièrement d'espèces de la suppuration, surtout du Micrococcus pyogenes albus, que Bouchard et Charrin ont signalé depuis longtemps dans le sang nee rhumatisantis; pour d’autres, elle serait due à ce microbe réellement spécifique.
On le trouve dans le sang et lesépanchements des diverses complications du rhumatisme ; on peut facilement l'isoler par les cultures.
Pour Triboulet et Coyon (2), ce Bacille ne se rencontrerait pas dans tous les cas de rhumatisme articulaire aigu, mais seulement dans les cas graves, compliqués. Dans les formes ordinaires, on trouverait
(1) G. RosexrHar, Le sérum et le vaccin du rhumatisme articulaire aigu (Tribune
méd., 26 février 1910).
(2) Trisouzer et Coxow, Bactériologie du rhumatisme articulaire aigu (Soc. de
Biol., 29 janvier 1898).
94 BACTÉRIACÉES, LE]
presque toujours un diplocoque spécial, à éléments oblongs ou ovoides, mesurant de 0,5 uw à 1 u sur 0,5 u, se colorant facilement et restant coloré par la méthode de Gram, se cultivant à l'air et sans air. Sur gélatine, il donne de petites colonies blanches, ressemblant à du grésil; il ne pousse pas, ou très peu, sur gélose ordinaire ou glycérinée, bien sur gélose peptonisée lactosée, ou sur gélose additionnée de produits contenant de l’hémoglobine. Il se développe très peu dans le bouillon et un peu dans le lait qu’il coagule. Ces cultures paraissent sans effet sur les animaux d'expérience. Le même microbe aurait été rencontré dans le sang de malades atteints de chorée rhumatismale (1). Leyden (2), puis Wassermann (3) ont aussi isolé un diplocoque.
On voit par là qu'on peut lui reconnaître une grande importance comme agent pathogène.
D'un autre côté, les modifications avancées et les transformations qu'il fait subir aux matières organiques diverses en font un agent de décomposition de premier ordre.
Son action comme ferment des hydrates de carbone est considérable; elle peut le faire classer parmi les ferments butyriques.
Mais c'est comme agent des décompositions azotées, et principalement des putréfactions, qu'il apparaît particulièrement intéressant. C'est un véritable ferment protéolytique, contribuant pour une bonne part à la destruction des substances albuminoïdes de la manière qui a été dite plus haut.
C'est en outre un agent de décomposition des graisses, de réduction des nitrates, et probablement un actif ferment de l’urée. D'après Tissier et Metschnikoff, il jouerait un grand rôle dans les putréfactions intestinales.
Tout cela constitue un rôle saprophytique considérable qui, joint au rôle pathogène, donne un haut intérêt à cette espèce microbienne.
Ces deux rôles peuvent se dissocier, nous l'avons vu; c’est l’action pathogène qui paraît diminuer et disparaître le plus facilement. Lorsqu'elle a disparu, l’action saprophytique reste. Aussi, est-il rationnel de penser que le Bacillus perfringens peut figurer parmi les anaérobies saprophytes des milieux extérieurs.
À l’appui de cette opinion qui en fait un simple saprophyte possible, vient la série d'expériences d'aérobisation de Rosenthal, qui obtient le Bacillogène perfringens dépourvu de toutes les propriétés primitives, impossible à distinguer parune action biologique quelconque d'une espèce saprophyte banale.
Rosenthal va plus loin. Il dit avoir obtenu, avec un tel Bacillogène aérobisé au maximum, par repiquage d'une culture sur bouillon gélaüné, une transformation du Bacille en diplocoque, ce dernier donnant des séries de cultures où tout, comme caractères de cultures et caractères morphologiques, rappelait d’une façon absolue l'Entérocoque. On ne peut que signaler le fait sans rien conclure d’une expérience unique ; cependant on peut en rapprocher les diplocoques trouvés dans le sang des rhumatisants cités plus haut,
(1) Arerr, Bactériologie de la chorée rhumatismale (Soc. de Biol., 29 janvier 1898). (2) Lexnew, Soc. de méd. interne de Berlin, 2 juillet 1899. (3) WaAssERMANN, Berlin. klin. Wochenschr., 1899, p. 639.
BACILLUS RAMOSUS. 9.
RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
L'examen microscopique, avec ou sans coloration, fait reconnaître la présence des bâtonnets possédant les caractères indiqués plus haut. La mise en cultures et l’inoculation au cobaye, dans les condilions fixées ci-dessus, peuvent fournir les indications nécessaires.
La forme, la motilité réduite, les cultures, les colonies en gélatine particulièrement, l’action sur les sucres, permettent de le différencier du Vibrion septique.
BACILLUS RAMOSUS VEizLoN et ZUBER.
1] se rencontre assez souvent dans les pus gangreneux; on le trouve aussi dans l’appendicite, dans les pus fétides d'origine otique (1), dans la gangrène pulmonaire où il est pour ainsi dire constant.
Ce sont de fins bâtonnets (fig. 24), très peu plus gros que ceux du Bacille de la septicémie de la souris et assez courts ; dans les milieux de cultures, ils deviennent plus épais et beaucoup plus longs ( d quelquefois filamenteux. Dis ‘« posés souvent deux par deux, A 1 À
ils peuvent former de courtes GS JS A UL + = f f e SD FE D —
chaînettes. Les éléments courts }, ns Se
. nn 2 sont souvent unis en forme de V ÿz ? SE NAN ou en amas, comme le Bacille \ a À f de la diphtérie.‘Un assez grand 4,71 T dd L£ nombre sont ramifiés, en forme (ES ae TEA
dE ils peuvent être de lar Fig. 24. — Bacillus ramosus, de culture sur geur irrégulière ou renflés. Ils ‘gélose.
sont immobiles, se colorent par ie toutesnl Hod x A, formes filamenteuses des cultures âgées. outes les méthodes et restent B, formes courtes des cultures jeunes (d’a-
colorés par la méthode de Gram. près Rist). Zeiss 1/12, oc. 8.
Le microbe est strictement anaérobie et ne pousse qu'à 37°; les cultures sont assez vivaces. Il ne semble pas former de spores.
Dans la gélose glucosée, les colonies sont visibles en quarante-huit heures ; ce sont de petits points granuleux, grisâtres, ronds ou ovalaires, à bords nets. En strie, on a une couche grisâtre transparente. Il se développe peu degaz, mais une forte odeur fétide.
Le bouillon se trouble ; il s’y forme un dépôt blanchâtre.
Le Bacillus ramosus est pathogène pour le lapin, le cobaye, la souris qu'il tue en huit à dix jours. En association avec le Bacillus serpens, dont il va être parlé, la virulence est très exaltée ; en injection intraveineuse, les animaux sont tués en trente-six à quarante-huit heures, avec production de phlegmon putride et de foyers de gangrène pulmonaire.
(4) Risr, Études bactériologiques sur les infections d'origine otique. Thèse de Paris, 1898
56 BACTÉRIACÉES,
BACILLUS SERPENS Vrircon et ZUBER.
Il a été trouvé dans les pus gangreneux par Veillon et Zuber, retrouvé. par Rist dans le pus d’une mastoïdite et par Guillemot dans la gangrène pulmonaire.
Ce sont de petits bâtonnets (fig. 25) mobiles, ondulants, assez épais, qui sont décolorés par la méthode de Gram.
Ce microbe est un anaérobie strict. Il se développe bien de 200 à 37°. En gélatine glucosée,
HE
EK 7 a / ilse forme, en quatre à cinq jours, de petites z Vpn “Z = colonies grisâätres, qui liquéfient lentement le
D Z \ JE > Fu milieu qui reste clair.
\ = or Dans la gélose glucosée à 37°, le développe- PRE ee 7 ment est déjà apparent après vingt-quatre HS + heures; dans la profondeur, les colonies sont NV = grisätres, granuleuses, avec des hachures; à AR QU la surface, elles sont presque transparentes. Il
pi se produit peu de gaz et une odeur putride.
Fig. 25. — Bacillus ser- Le bouillon se trouble, puis s'éclaircit len-
SEPT R) FEES A pens (B. radüformis, {ement avec dépôt blanchâtre. d'une culture sur gélose L He t il à E (d'après Rist). es cultures pures sont peu pathogènes. En association avec le Bacillus ramosus, la virulence est très exaltée, comme il vient d'être dit. Le Bacillus radiiformis, de Guillemot et Rist, est à identifier avec lui.
BACILLUS FRAGILIS Vei.Lon et ZUBER.
C'est un anaérobie quise trouve constamment dans le pus gangreneux, très fréquemment dans le pus des appendicites, dans les foyers de gangrène pulmonaire.
Ce sont de petits bâtonnets immobiles, un peu plus petits que le Bacille de Loeffler, isolés ou réunis par deux ; ils ne donnent pas de spores. Ils se colorent assez faiblement aux méthodes ordinaires et se décolorent par la méthode de Gram.
En gélose glucosée, les colonies n'apparaissent qu’en trois ou quatre Jours à 37°; ce sont de petits points jaunes, brunâtres, ronds ou ovoïdes. En surface, elles sont fines et transparentes.
Dans la gélatine, elles restent aussi très petites et ne liquéfient pas. Dans le bouillon, le développement est abondant, liquide trouble et dépôt blanchâtre.
Il ne se produit que peu de gaz et une odeur fétide. Les cultures meurent vite.
Elles sont pathogènes pour le cobaye et le lapin, qui présentent des abcès au point d'inoculation, ou un véritable phlegmon gangreneux. L'animal qui résiste meurt de cachexie après un mois environ; on obtient le même état avec des cultures mortes, ce qui semble dû à la présence d’une toxine.
BACILLUS FUNDULIFORMIS. 97:
À BACILLUS FUSIFORMIS VEILLON el ZUBER.
C'est un anaérobie strict fréquent dans le pus d’appendicite; il ne s’y rencontre qu'en petite quantité.
Les éléments sont de gros bätonnets fusiformes, à extrémités effilées, plus longs et presque aussi épais que le Bacillus perfringens, souvent réunis par deux, immobiles, ne donnant pas de spores, se colorant mal par les couleurs d’aniline et se décolorant par la méthode de Gram.
Il pousse en cinq ou six jours à la température ordinaire et à l’étuve.
Dans la gélose glucosée, le développement est rapide à 37°; après vingt-quatre heures, il donne de petites colonies blanchâtres qui brunissent par la suite en atteignant de notables dimensions. Il se produit un peu de gaz. En surface, la culture est opaque, humide, assez épaisse.
La gélatine n'est pas liquéfiée ; ils'y forme de petites colonies grisâtres, à bords lisses.
Le bouillon est trouble avec dépôt abondant.
Toutes les cultures dégagent une odeur fétide.
L'inoculation sous-cutanée au lapin et au cobaye ne produit que de petits abcès.
BACILLUS FURCOSUS VEILLon et ZUBER.
C’est un anaérobie rare dans le pus d'appendicite, où il est associé aux précédents.
Les éléments sont de très fins bâtonnets, gros comme des Bacilles luberculeux moyens, présentant presque toujours, dans le pus, la forme d’un +. Dans les cultures, on trouve surtout des bâtonnets droits et quelques éléments allongés, ramifiés et portant un renflement terminal. Ils sont immobiles, se colorent bien aux couleurs d’aniline et se décolorent par la méthode de Gram.
Le développement ne se fait qu'à l'étuve et est très lent. Les cultures restent vivantes de quinze à vingt jours.
Dans la gélose glucosée, il se forme, en trois ou quatre jours, de très petites colonies à peine visibles, qui ne grossissent pas. Il se dégage une odeur aigre et pas de gaz.
Dans le bouillon, la culture forme un fin précipité, pas de gaz, mais une odeur aigrelette légèrement fétide.
Les effets pathogènes sonttrès minimes. Les cobayes ont de petits abcès;, quelques-uns meurent cachectiques après plusieurs semaines.
BACILLUS FUNDULIFORMIS Harré.
(Bacillus theloïdes, Risr et GuiLLemor.)
Il a été trouvé par Hallé (1) dans le vagin, à l’état normal; par Cottet(2)
dans les suppurations péri-urétrales ; par Guillemot dans la gangrène
(1) Hazré, Recherches sur la bactériologie du canal génital de la femme. Thèse de Paris, 1898.
(2) Correr, Recherches bactériologiques sur les suppurations péri-urétrales. Thèse de Paris, 1899,
D8 BACTÉRIACÉES.
pulmonaire; par Rist dans des pus d'otites ; Heyde (1) l'a signalé dans un cas dephlegmon gazeux du cou.
C'est un Bacille immobile, large, ressemblant à un ovoïde allongé, en forme de la lettre grecque 0; souvent avec une sorte d’étranglement médian. À côté de ces formes, on trouve des formes allongées, parfois même ramifiées; quelquefois de gros éléments ronds, vésiculeux. Il se colore assez bien aux procédés ordinaires et se décolore par la méthode de Gram.
Les cultures s'obtiennent facilement ; elles sont plus ou moins vivaces,
En gélose glucosée à 37°, les colonies apparaissenten deux à troisjours comme de petites colonies d'un blanc jaunâtre, translucides; elles atteignent rapidement une bonne taille, 2 à 3 millimètres, et forment alors des ménisques biconvexes, à bords circulaires, nets et tranchants. Il se produit rarement de petites bulles de gaz.
En gélatine, à 23° il n’y a pas de développement.
L'inoculation sous-cutanée au cobaye donne un abcès ou une escarre assez grande avec sérosité fétide contenant le Bacille,
BACILLUS SEPTICUS AEROBIUS Lecros.
(Bacille septique aérobie.)
C'est un microbe qui a été isolé par Legros (2) de plusieurs cas de gangrène gazeuse chez l'homme. Il est toutefois à séparer nettement par divers caractères, l'aérobiose surtout, du Vibrion septique et des espèces similaires qui viennent d'être décrites, et à rapprocher plutôt des espèces suivantes du groupe du Colibacille.
Les éléments sont des bâtonnets droits ou légèrement courbes, non encapsulés, mesurant 3 y sur 1 u, à extrémités arrondies, isolés ou en chaïnettes courtes. Très mobiles, leurs mouvements rappellent souvent ceux du Bacille typhique type. Dans les cultures, ils produisent facilement des spores ovales réfringentes, un peu plus grosses que les bâtonnets, qui se renflent alors légèrement en fuseau (fig. 26).
Ils prennent bien les couleurs d'’aniline et restent colorés par la méthode de Gram. Les spores se colorent aux procédés habituels. Les méthodes spéciales colorent, sur les éléments jeunes, de longs cils situés sur toute la surface.
Ce microbe se cultive très bien en aérobie, mais peut vivre aussi en anaérobie, quoique son développement soit alors moins abondant. Son développement se fait bien entre 18° et 41°, encore à 42°,5, plus du tout à 44°.
Dans le bouillon peptonisé, on a un trouble rapide, en quelques heures à 37°; il se forme un voile épais fragile qui peut se reproduire quatre ou cinq fois. L'odeur est d’abord fétide, puis nettement butyrique. En deux jours, on trouve déjà des spores.
Sur plaques de gélatine, il donne de petites colonies blanchâtres,
(4) Heype, Ueber Infektionen mit anaëroben Bakterium (Beitr. für klin. Chir., LXVIII,1940).
(2) LeGros, Recherches bactériologiques sur les gangrènes gazeuses aiguës. Thèse de Paris, 1902.
BACILLUS SEPTICUS AEROBIUS. 59
poncliformes, s'entourant vite d’un cercle de liquéfaction. En quelques jours, la plaque est complètement !liquéfiée et développe une odeur fétide, rappelant celle du Colibacille.
Sur gélatine, en piqûre, il se produit une liquéfaction rapide à la surface, lente au fond.
Sur gélose, en strie,on a une culture blanche brillante, d'aspect sec, envahissant toute la surface en vingt-quatre heures.
Sur pomme de terre,une culture blanc jaunâtre, assez abondante, ne donnant pas-de bulles gazeuses.
L'albumine cuite est attaquée, mais seulement quand il n’y a pas de peptones, dans l’eau distillée par exemple. Elle est dissoute rapidement avec dégagement d’hydrogène sulfuré. Le milieu prend une réaction alcaline et dégage une odeur de fromage, légèrement ammoniacale. Le liquide renferme de l’ammoniaque, des peptones, des acides acétique, lactique et surtout butyrique, de la créatine, de la leucine, pas de tyrosine, pas d'indol.
Le sérum coagulé est lentement liquéfié.
Dans le Zart, il se forme de fins grumeaux, puis une peptonisation partielle, sans coagulation, sans modification de la réaction neutre ou faiblement alcaline, Fig.26.— Bacille septique aérobie de Legros.
; Culture en bouillon. 1500/1.
sans dégagement gazeux.
Ce microbe fait fermenter activement le glucose et le galactose, le maltose et le saccharose ; pas du tout le lactose.
IL attaque la dextrine et l'amidon, pas l'inuline.
Les cultures en bouillon peptonisé ne donnent pas la réaction de l'indol.
En présence de peptone pure, il réduit les nitrates en nitrites.
Les cultures sont très résistantes à cause des nombreuses spores qu'elles renferment.
La virulence est fragile et difficile à maintenir. Elle s’exalte par addition d’acide lactique au 1/5°.
Le cobaye est l'animal de choix. L’inoculation sous-cutanée, à la cuisse, d'un quart de centimètre cube de culture en bouillon de quarante-huit heures, additionné de 5 gouttes de solution au 1/5° d'acide lactique, détermine en quinze à vingt heures la tuméfaction du membre; de vingt à trente heures, on constate de la crépitation gazeuse et de l’hypothermie ; la mort arrive de quarante à cinquante heures. On trouve les symptômes complets de gangrène gazeuse due au Bacillus perfringens ou au Vibrion septique, avec tous ses désordres (p- 9); les lésions sont celles d’une myosite suraiguë avec dégénéres-
60 BACTÉRIACÉES.
cence vitreuse ou cireuse (1). D'autres fois, on produit une infection mortelle avec moins de modifications au point d'inoculation. La toxicité des liquides de culture filtrés paraît assez faible.
BACILLUS TYPHOSUS Eger1H.
(Bacille lyphique, Bacille de la fièvre typhoïde, Bacille d'Eberth.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. X ET XI
Coze et Feltz (2) ont décrit, dans le sang d'individus atteints de fièvre typhoïde, des bâtonnets mobiles, de 2 y à 5 y de long sur 0,4 y de large, réunis souvent en courtes chaînes de trois ou quatre éléments. Mais les premières données certaines sur le microbe dont nous allons nous occuper sont celles d'Eberth (3) qui, dès 1880, signalait la présence, constatée par l'examen microscopique, dàns bien des organes de typhiques, surtout la rate, les ganglions lymphatiques, les plaques de Peyer, d'une espèce bactérienne qui, par sa consistance et la fixité de ses caractères, lui semblait en rapport direct avec l'affection. Il n’apportait, du reste, aucune preuve à à l'appui de son opinion. Cette découverte d'Eberth fut confirmée peu après par plusieurs observateurs, entre autres par R. Koch (4) qui donna, en 1881, d'excellentes photographies de préparations de foie et de rate de typhiques, montrant les amas microbiens signalés par le premier auteur.
L'honneur d’avoir précisé les caractères morphologiques et les conditions de développement du Bacille typhique, et d’avoir nettement établi les règles à suivre pour en constater la présence et l’isoler en cultures pures, revient certainement à Gaffky (5). D'autres observateurs sont venus confirmer les résullats annoncés par ce dernier et y ajouter d'intéressants détails: les recherches de Chantemesse et Widal (6) surtout ont mis en lumière bien des points de la plus grande ae tant pour l'histoire naturelle du microbe que pour l’étiologie et la prophylaxie de l’affection qu'il occasionne. Le sujet a spécialement attiré un très grand nombre d’observateurs dont les travaux, pour les plus importantsau moins, seront cités dans le cours de cet article. Lôüsener (7) donne, dans un bon travail, une bibliographie très complète des travaux parus sur ce sujet jusqu'en 1895.
Certains observateurs, Rodet et Gabriel Roux (de Lyon) surtout, se
(1) Lecros, Recherches histologiques sur les gangrènes gazeuses aiguës (Arch. de méd. erpér., janvier 1903).
(2) Coze et Ferrz, Rech. clin. et expér. sur les maladies infectieuses, 1872.
(3) Esrrra, Die Organismen in den Organen bei Typhus abdominalis (Virchow’s Archiv., LXXXI, 1880).
(4) Kocn, Zur Unters. von pathogenen Organismen, pl. IX, fig. 52 et 53 (Mitth. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, I, 1881, p. 43).
(5) Garrxy, Zur Aetiologie der Abdominaltyphus (Milth. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, II, 1884, p. 372).
(6) Cnanxreuesse et Wipar, Recherches sur le Bacille typhique et l’étiologie de la fièvre typhoïde (Arch. de physiol., 1887, p. 17).
(7) Lüsexer, Ueber das Vorkommen von Bakterien mit den Eigenschaften der Typhusbacillen in unserer Umgebung ohne nachweïisbare Beziehungen zu Typhuserkrankung nebst Beiträgen zur bakteriologischen Diagnose des Typhusbacillus (Arb. aus dem. kaïserl. Gesundheitsamte, XI, 1895, 2€ p..).
BACILLUS TYPHOSUS. 6]
basant sur les ressemblances indéniables qui existent entre le Bacille Æd'Eberth-Gaffky et une espèce voisine, le Bacillus coli communis d'Escherisch (Colibacille), qui se trouve en abondance dans le contenu intestinal de l’homme, même à l’état normal, ont voulu identifier ces deux espèces en mettant sur le compte des conditions de milieu ou de vitalité la production de l’une ou de l’autre de ces formes (1).
Il ne semble pas qu'on puisse se rattacher à cetle opinion, parce qu'il existe entre ces deux types, d’un côté, et entre eux et une série d’espèces similaires, certaines différences importantes dans leurs propriétés et leur manière d'agir dans l'organisme. On doit cependant reconnaître que ce sont deux espèces très voisines, issues peut-être d’une même souche originelle, saprophytique certainement,-mais adaptées différemment de façon à constituer deux types distincts, pathologiquement surtout, sans qu’on puisse penser à leur transformation possible de l’une dans l’autre actueliement, comme le veulent les savants lyonnais pour qui le Bacille d'Eberth n’est qu'un Colibacille acquérant, sous certaines influenées.'des qualités particulières.
Quoi qu'il en soit, un observateur impartial est forcé de convenir qu'il existe entre ces deux types des ressemblances considérables, ressemblances telles que parfois leur distinction peut devenir un problème délicat à résoudre. Ces ressemblances justifient l'étude simultanée de ces deux microbes, qu'il est difficile de séparer. :
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — Les éléments du Pacille lyphique (fig. 27) sont des courtsbâtonnets cylindriques, le plus souvent isolés ou réunis par deux, à extrémitésarrondies,mesuranten moyenne de 2uà 3u de long sur 0,74 à0,9 4 de large. Le contenu est homogène, hyalin; parfois, dansles culturesägées surtout, onaperçoit, versle milieu du bâtonnet principalement ou à l’une des extrémités, un espace clair, une vacuole ovoïde, qui a d’abord été signalée par Artaud (2) et prise par beaucoup pour une spore. La plupart du temps, les bätonnets qui présentent cet aspect sont légèrement renflés au milieu, ont une forme en navelle, ce qui ajoute encore à l'illusion. Cette forme est due à la rétraction du protoplasme qui se condense aux deux pôles (corpuscules polaires) ; elle se rencontre du reste chez beaucoup d’autres espèces et n’a rien de caractéristique, C’est plutôt un processus de dégénérescence qu'on peut provoquer en faisant vivre le microbe dans un milieu moins favorable, milieu légèrement phéniqué, par exemple. Büchner (3) et Pfuhl (4) ont démontré que ces formes résistaient moins à la chaleur que les simples éléments normaux ; elles sont toujours tuées par une exposition de vingt minutes à la température humide de 60°.
(1) Roner et G. Roux, Sur les relations du Bacillus coli communis avec le Bacille d'Eberth et avec la fièvre typhoïde (Soc. de Biol., 21 février 1890). — Ropzr, De la variabilité dans les microbes. Paris, J.-B. Baillière, 1894. — G. Roux, Les microbes pathogènes (Traité de pathologie générale de Boucnanp, IT, 1896, p. 542).
(2) Arraun, Étude sur l’étiologie de la fièvre typhoïde. Paris, 1887.
(3) Bucaxer, Ueber die vermeintlichen Sporen der Typhusbacillus (Centralbl. für Bakt., 1V, 1888, p. 353). ,
(4) Pruuz, Die Sporenbildung der Typhusbacillen (Zbid., p. 769).
62 BACTÉRIACÉES.
Les dimensions, dont nous avons donné la moyenne, varient suivant le milieu de culture. Dans les bouillons, les bâtonnets deviennent plus grêles; sur les milieux solides, ils sont plus épais; dans les cultures sur pommes de terre ou les vieilles cultures sur gélatine, on peut les voir former des filaments souvent assez longs, onduleux même (fig. 28).
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