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CULTURES SUR MILIEUX COLORÉS

Les cultures sur milieux colorés ne donnent pas non plus de résultats très précis. Sur la gélose fuchsinée de Gasser (p. 67), les deux microbes décolorent le milieu; la culture du Bacille typhique serait seulement plus abondante que celle du Colibacille.

Sur gélose lactosée additionnée de tournesol bleu, comme l'indique Würtz (p. 68), le Bacille typhique se développe sans modifier la colo ration bleue; le Colibacille, au contraire, fait rapidement virer au rouge la nuance bleue, d'abord autour de la culture, puis dans tout le tube. Les mêmes différences s'observent sur la gélose au tournesol de Chantemesse, dont l'usage a été indiqué précédemment (p. 136).

Petruchsky (5) a recommandé l'émploi du pelit-lait tournesolé préparé ainsi qu'il suit : du lait frais, légèrement chauffé, est traité par de l'acide chlorhydrique en quantité suffisante pour précipiter la caséine. On filtre et l’on ajoute au liquide assez de soude pour qu'il ne présente plus qu'une réaction légèrement acide. On chauffe, pendant une heure ou deux, à 100° dans le stérilisateur à vapeur. On filtre à nouveau, on neutralise exactement et l’on colore à l’aide de teinture de tournesol sensible stérilisée d'avance ; pour 10 centimètres cubes environ de milieu, on met à peu près un demi-centimètre cube de teinture. Le Bacille typhique trouble à peine lemilieu et l'acidifie légèrement, probablement à cause de la petite quantité de glucose formée par l’action de l'acide

(1} GaurTié, Loc. cit., p. 145.

(2) Mayer, Zur Kenntniss der Piorkowski’schen Verfahren der Typhusdiagnose nebst einschlagigen Modifikationen (Centralbl. für Bakt., XX VIII, 1900, p. 125).

(3) Krause, Beitrag zur kulturellen Typhusdiagnose (Arch. für Hygiene, XLIV, 1902, p. 75).

(4) TnoinotT et G. BrouarDELz, Sur un caractère biologique différentiel entre le B. d'Eberth et le Colibacille (Soc. de méd. des hôp., 18 mars 1898).

(5) Perrucusky, Bakteriochemische Untersuchungen (Centralbl. für Bakt., VI, 1889, p. 625 et 637).

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chlorhydrique sur le lactose, à chaud; le Colibacille trouble abondamment et donne une forte réaction acide ; le Bacillus fœcalis alcaligenes trouble en vingt-quatre heures et donne en quarante-huit heures une réaction alcaline.

Pour remplacer ce petit-lait tournesolé, Grimbert et Legros (1) proposent un milieu lactosé plus simple et plus sensible. On fait bouillir dans une capsule de porcelaine :

MacLoSeDUP EE ee unie anne sondes ble 2 grammes. BEDION ERNEST Ta ERA Te ee AR Oer,50 BAS DIE ARE ee RPC -echeas eue 100 cent. cubes.

el l’on y ajoute une petite quantité de carbonate de chaux pur. On filtre au bout de cinq minutes et l’on s'assure, par la teinture de tournesol, que le liquideaune réaction neutre et non acide ou alcaline. On répartit dans des tubes à essai et l’on stérilise à 110° pendant un quart d'heure. Après refroidissement, on ajoute 0*,5 ou 1 centimètre cube de teinture de tournesol stérilisée. Dans ce milieu, le Bacille typhique se développe bien sans changer la nuance; le Colibacille la fait rapidement virer au rouge.

Toutefois, d'après Sanarelli, des Colibacilles provenant de l'intestin se développeraient sur ces milieux tournesolés sans les faire virer au rouge, et Silvestrint (2) aurait vu un Bacille typhique, vrai d'après lui, retiré de la rate d’un typhique, rougir la gélose bleue ; le lactose peut souvent renfermer des traces de glucose qui expliqueraient ces différences.

Méthode de Ramond.—Ramond (3) conseille l'emploi de rubine acide. À 5 ou 6 centimètres cubes de gélose lactosée à 4 p.100 fondue vers 70°-80°, on ajoute de la solution de rubine jusqu'à nuance rouge-cerise, puis 2 gouttes de solution aqueuse saturée de carbonate de soude qui décolore très vile le milieu. Il se fait, sous l'influence de l’alcali, une précipita- Fig. 36. — Colonies de Bacille typhique et tion de sels terreux qui oblige de Colibacille sur gélatine de Ramond lire Onstérilise 4105 pen (Apres iGAutIE) dant cinq minutes; le milieu doit être incolore. Le Bacille d’'Eberth, ensemencé sur ce milieu, s'y cultive sans produire de modification; le Colibacille, au contraire, fait apparaître une coloration rouge intense. En ensemençant en strie une très petite quantité d’un mélange des deux espèces, de manière à obtenir des colonies isolées, celles du Colibacille se teignent en rosé, celles du Bacille d'Eberth restent imcolores et transparentes. La gélatine colorée par le même procédé peut servir à faire des plaques où les colonies se différencient de la même manière (fig. 36). Il faut cependant se

(1) Grimgerr et Lecros, Sur un milieu lactosé destiné à remplacer le petit-lait tournesolé de Petruchsky (Soc. de Biol., 26 octobre 1901).

(2) SizvesrriNI, Rivisla gen. ilaliana di clinica medica, 1892.

(3) Ramon», Nouveau milieu pouvant servir à différencier le B. d'Eberth du Bacterium coli (Soc.de Biol., 1896, n° 28).

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souvenir que certains types de Colibacille ne donnent pas la nuance rosée spéciale. De plus, quand le Colibacille est tant soit peu abondant, tout rougit.

Méthode de Robin. — Robin (1) préconise comme très bonne méthodede différenciation l'emploi de milieux colorés au bleu de méthylène, surtout bouillon et gélose.

Il emploie un bouillon ainsi composé :

ÉCDÉONE COLA S RARE de Pre ED PC re 5 grammes. PhOSphateile SOULUE Mr reed een CLR Tee Osr,05 | CNIOEURE TE SOIN NA ee TR ER NRA Or,50

JETTA RD LEE ET PE RP ES ES RE RE 250 cent. cubes.

On porte le liquide à l'ébullition, puis on ajoute 1 centimètre cube d'une solution aqueuse à 1 p. 100 de bleu soluble pur et, goutte à goutte, d'une solution de potasse normale décime jusqu'à la décoloration complète. On cesse alors de chauffer et l’on ajoute 20 grammes de lactose. On filtre et distribue dans des tubes par 10 centimètres cubes.

La gélose est obtenue avec la formule suivante :

CÉlOSE PRE EEE Sie DS PT SE te se EN. 8 grammes.

Béplone COUAS EP STEP EEE rene Dec Gi — PhOSDHAIeMAe RS DO RE TE Er TE Osr,10

Bleu SOIRDIC MAP MIND EE MEL ER AE 1 cent. cube. Hausse HART à RE PRES PIC APR TOI 250 cent. cubes. Potasséenormale dÉCIMe Pre TUE 35 cent. cubes environ.

On chauffe à 115° pour dissoudre la gélose. On doit avoir une solution à peine teintée de gris; sinon il faut ajouter encore un peu de liqueur de potasse en maintenant à l'ébullition, jusqu'à obtention du résultat. On ajoute alors 10 grammes de lactose. On distribue dans des tubes qu'on stérilise à 105° et refroidit inclinés.

Le Bacille typhique se développe bien sur ces milieux, enles laissant incolores comme avant. Avec le Colibacille, le bouillon se recolore en bleu avant quinze heures : sur la gélose, après douze à quinze heures, la coloration bleue apparaît le long de la strie d’ensemencement, puis envahit progressivement la masse entière.

Méthode de Kashida. — Kashida (2) a cherché à utiliser, pour la différenciation, la propriété que possède le Colibacille de faire fermenter le lactose et de produire de l'ammoniaque aux dépens de l’urée, la première de ces modifications se produisant plus tôt que la seconde. Le Bacille lyphique, au contraire, ne détermine ni l’une ni l’autre de ces réactions.

Le milieu se prépare de la facon suivante : On ajoute 1,5 p. 100 de sélose à du bouillon bien neutre et l’on fait dissoudre à la chaleur. On examine à nouveau la réaction et l’on neutralise s'il est besoin. On clarifie au blanc d'œuf et l’on filtre. Après filtration, on ajoute 2 p. 100 de lactose, 1 p. 100 d’urée et 30 p. 100 de teinture de tournesol bleue. On répartit dans des tubes que l’on stérilise comme d'habitude.

(1) RoBiw, Sur un nouveau milieu coloré pour la différenciation du Colibacille et du B. d'Eberth (Soc. de Biol., 26 janvier 1897).

(2) Kasxiba, Differenzierung der Typhusbacillen vom Bacterium coli commune durch die Ammoniakreaction (Centralhbl. für Bakt., XXI, 1897, p. 802).

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En ensemençant du Colibacille, le milieu vire au rouge en seize à dix-huit heures, par suite de formation d'acide lactique ; puis, au bout de vingt-quatre heures, la formation d'ammoniaque aux dépens de l’urée le fait revenir au bleu.

Avec le Bacille Lyphique, on n'observe aucune modification du milieu.

Malheureusement, la fermentation ammoniacale de l'urée ne parait pas être un caractère très constant du Colibacille, ella productiond’acide laclique est aussi sujette à des variations, comme il vient d'être dit (p. 147).

Méthode de Guillemard. — Guillemard (1) dit qu'on peut séparer el différencier le Bacille lyphique et le Colibacille en uülisant la façon spéciale dont chacun de ces microbes se comporte en présence d'une proportion assez notable de sels alcalins ou alcalino-terreux. Dans les bouillons contenant 10 p. 100 de sulfate d'ammoniaque, par exemple. le Bacille typhique et le Bacille paratyphique B se développent en troublant uniformément le liquide ; tandis que le Colibacille, le Bacille paratyphique A et le Bacillus enteritidis se cultivent en flocons qui s’amassent au fond du tube.

Si, dans un tube en U, on introduit un tampon d'ouate hydrophile jusqu'à la naissance de la courbure et qu'on remplisse à moitié du bouillon ainsi minéralisé, l’ensemencement d’un côté avec du Bacille lyphique produit un trouble de l’autre côté de la bourre, après vingtquatre ou trente-six heures d'éluve, tandis que le Colibacille laisserail le Hiquide clair.

Ce procédé ne parait pas donner des résultats satisfaisants.

MILIEUX LACTOSÉS À LA PHÉNOLPHTALÉINE. — Une trace de phénolphlaléine en solution alcaline donne une belle coloration rose ; en trailant la solution par un acide, la coloration rose disparail ; on peut la faire reéparaitre en ajoutant un alcali.

Dans un milieu alcalin, en présénce de lactose, le Colibacille fera disparaître la coloration rose de la phénolphtaléine, qui persistera au contraire avec le Bacille lyphique.

Plusieurs expérimentateurs conseillent l'emploi de ce réactif.

Abba (2) donne la formule suivante :

LRU DRE ALERTER ANR AS Er SR RP AE LAN MMUOO er ammes.

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