DIFFÉRENCIATION DU BACILLE TYPHIQUE ET D’AUTRES ESPÈCES SIMILAIRES
Dans les différents procédés que l'on met en œuvre pour rechercher le Bacille lyphique dans des PA divers, on est exposé à rencontrer des microbes qui présentent avec lui certaines ressemblances. Il est d'ordinaire beaucoup plus facile d'établir la distinction qu'avec le Colibacille. L'étude de la morphologie et les cultures conduisent vite au résultat. Nous avons vu précédemment (p. 134) quelles étaient les espèces qui pouvaient se développer dans les bouillons phéniqués ; à part le Colibacille et les espèces du même groupe, il n'en est guère qui puissent en imposer pour le Bacille lyphique. L'aspect de la culture, l'examen microscopique lèveront rapidement les doutes. Un Streptocoque de l’eau donne sur pomme de terre une culture rappelant celle du Bacille tlyphique : la présence de chaïnettes suffit pour le reconnaître.
Dans les cultures sur plaques, on peut rencontrer des colonies semblables d'aspect aux colonies du Bacille typhique, que les particularités de la morphologie et du développement en cultures montrent vite appar- Lenir à des espèces différentes. Il peut être intéressant de connaître au moins les principales :
Nous avons déjà parlé du Golbacille et des espèces voisines, qui peuvent donner des colonies peu différentes ou même identiques à € ‘elies du Bacille typhique.
Une Bactérie violette, que j'ai cru devoir rapporter au Bacillus Janthinus de Zopf, ne liquéfiant que très tardivement la gélatine, donne des colonies absolument identiques en cultures sur plaques à celles du Bacille typhique (1). On les reconnaît, mais seulement parfois après un temps assez long, à la teinte violette des cultures sur gélatine. Sur pomme de terre, elle forme une mince culture humide et brillante, qui brunit plus tard.
Les colonies du Bacillus fluorescens putridus au début ont aussi un
(1) Voy. Aflas de microbiologie, pl. XE, fig. 5.
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aspect semblable el ne liquéfient pas la gélatine. Mais elles s'étendent d'ordinaire beaucoup plus en peu de jours, peuvent même atteindre 1 centimètre de diamètre, et de plus présentent une auréole verdâtre diffusant dans la gelée ambiante. Les cultures sur gélatine, en tubes, sont plus épaisses et dégagent une odeur d'urine putréfiée. La culture sur pomme de terre est mince, brillante, visqueuse; elle prend une coloration rosée, et il se forme dans sa masse des bulles de gaz.
Il existe dans l’eau, Lrès communément, une espèce de Micrococcus qui peut prêler à confusion à cause de la très grande similitude de ses colonies. La forme des cellules est un caractère bien suffisamment disunelf à l'examen microscopique. La culture sur pomme de terre est aussi plus apparente et colorée en gris jaune.
D'autres espèces liquéfiant rapidement la gélatine ne gardent que très peu de temps l'aspect particulier, éberthiforme, des colonies en cultures sur plaques. Après deux ou trois jours, le centre se déprime et les bords se fondent pour ainsi dire dans la gelée environnante qui se liquéfie en peu de temps.
Le Bacillus laclis aerogenes donne des colonies assez semblables à celles du Colibacille, un peu plus opaques cependant d'ordinaire. Les cultures ne liquéfient pas la gélatine, mais y produisent des gaz qui déterminent des cassures de la gelée, comme dans la gélose également. De plus, il coagule rapidement le lait, donne des bulles de gaz abondantes dans le bouillon lactosé additionné de craie et forme une culture épaisse sur pomme de terre.
Weichselbaum (1) a décrit, sous le nom de Bacillus aquatilis sulcatus 1,2, 3,4 et 5, des Bactéries qu'il a isolées d'eaux de Vienne et qui donnent, en cultures sur plaques, des colonies semblables à celles du Bacille d'Eberth.
Le Bacille n° 1 a les éléments en bâtonnets des mêmes dimensions que le Bacille typhique, très mobiles; il donne sur pomme de terre un développement abondant, qui présente une nuance verdâtre à un moment donné.
Son Bacille n° 2, à éléments mobiles, à peu près de la dimension de courts Bacilles typhiques, donne sur pomme de terre une culture d'un cris bleuté, cireuse.
Son Bacille n° 3 a des éléments très courts, ressemblant presque à des coceus; 1] donne sur pomme de terre une culture jaune, se nuançant plus tard de bleu verdâtre, et exhalant une odeur de propylamine.
Son Bacille n° 4 a des éléments souvent longs et peu mobiles ; il ne se développe que très difficilement, même à l'étuve, et pas du tout sur pomme de terre.
Son Bacille n° 5 donne sur pomme de lerre une cullure jaune pâle avec liséré grisâtre.
Les Bacilles pseudo-lyphiques de Cassedebat (2) n'ont aucune relation réelle avec le Bacille lyphique; les simples cultures sur milieux usuels suffisent à les distinguer.
Lés caractères énoncés suffisent aussi à faire distinguer les espèces
(1) Waeicusezsaum, Bakteriologische Untersuchungen des Wassers der Wiener Hochquelleitung (Das OEsterrbhisehe : Sanitätswesen, 1889, nos 14-23).
(2) Cassenesar, Le B. d'Eberth-Gaffy et les B. pseudo-typhiques dans les eaux de rivière (Ann. de l’Inst. Pasteur, IV, 1890, p. 625).
BACILLUS TYPHOSUS. 15
similaires signalées aussi dans l'eau par Germano et Maurea (1), Houston (2).
Toutes ces espèces se rapprochent en général plus du Colibacille que du Bacille lyphique.