RÉACTION D'AGGLUTINATION SÉRODIAGNOSTIC DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE
En étudiant, in vitro, l'action du sérum sanguin d'individus atteints de fièvre typhoïde sur les Bacilles de cultures pures, Widal (3) a constaté l'action immobilisante et agglutinante de ce sérum sur les bâtonnets isolés et immobiles. De plus, l'expérience lui démontrait que le sérum d'individus sains ou atteints d'affections autres n'avait aucun effet similaire. Enfin, ce sérum de typhiques ne produisait pas ou très peu de modifications dans les cultures de Colibacille. Cette réaction, dite réaction d'agglutination où réaction agglutinante, peut rendre de réels services au point du vue du diagnostic; réaction d'infection, elle permet de faire le diagnostic pendant l'infection.
Elle peut, d'un autre côté, servir à caractériser un microbe donné ; mais il est nécessaire ici de faire toutes les réserves qui ont été indiquées précédemment (I, p. 139). On ne peut pas reconnaître à la réaction une spécificité absolue; il semble qu'il existe des agglutinines indifférentes ou agissant sur tout un groupe d'espèces (1, p. 141). D'après Joos (4), le sérum Lyphique renfermerail au moins deux agglutinines qu'il serait possible de différencier.
On ne doit donc attribuer à la réaction qu'une spécificité relative. Malgré cela, elle reste très importante comme caractère de diagnostic : mais il est nécessaire de ne l'employer que dans des conditions bien fixées et de soumettre à une critique sévère les résultats observés pour éviter les affirmations erronées.
Pour rechercher cette réaction d'agglutination, il est possible d'employer plusieurs procédés qui sont basés sur les mêmes principes, l'agglutination des Bacilles d'une culture par la substance agoglutinable produite dans l'organisme en état d'infection. Ces procédés sont dits lents ou rapides suivant le temps nécessaire pour constater la réaction.
Sérodiagnostic lent, macroscopique. — Ce procédé consiste à faire agir sur une culture jeune de Bacille lyphique une quantité suffisante de sérum sanguin de typhique et de voir les modifications qui peuvent se produire. Le sérum doit alors naturellement être recueilli aseptiquement pour n'introduire dans la culture aucun élément étranger. On puise asepliquement, dans la veine du pli du coude, une petite quantité de sang ayec une seringue stérilisée. Après formation du caillot, on décante le sérum et l'on en ajoute à un tube de bouillon dans la proportion de
(1) Germaxo et Maurea, Vergleichende Untersuchungen über den Typhusbacillus und ähnliche Bakterien (Ziegler's Beitrage, XIT, 1893, p. 494).
(2) Housrox, Note on four microorganisms isolated from the mud of the river Thames which ressemble by Bacillus typhosus (Centralbl. für Bakt., XXIV, 1898, p. 518).
(3, Wipaz, Sérodiagnostic de la fièvre typhoïde (Soc. méd. des hôp., 26 juillet 1896). — Wipaz et Sicaro, Étude sur le sérodiagnostic et sur la réaction agglutinante chez les typhiques (Ann. de l’Inst. Pasteur, XI, 1897, p. 353).
(4) Joos, Untersuchungen über die verschiedenen Agglutinine des Typhusserum (Centralbl, für Baktl., XXXTIII, 1903, p. 762).
156 BACTÉRIACÉES.
10 gouttes de sérum pour 10 centimètres cubes de bouillon. On ensemence avec une üse de culture de Bacille lyphiquè et l'on porte à l'étuve à 37°. On prépare en même temps un tube témoin en ensemençant dans les mêmes conditions du bouillon seul.
Pendant les premières heures, la culture paraît mal se faire, le sérum ajouté exerce une aclion relardatrice manifeste. Le tube témoin montre nettement la différence. Au bout d'un temps variant entre quatre et sept heures, on distingue la formation de quelques grumeaux dans le tube additionné de sérum; après douze à vingt-quatre heures, ce tube a pris un aspect caractéristique.
Le bouillon est resté presque tout à fait clair; les microbes se sont amassés au fond du tube sous forme de petits flocons blanchâtres; par agitation, on n'arrive pas à dissocier complètement ces flocons, mais à former seulement une fine poussière quise sédimente par le repos. Les flocons et le fin précipité sont dus à de petits
Fig. 37. — Agglutination d'une culture de Bacille typhique LATE Le par le sang d'un homme atteint de fièvre typhoïde. RIEE Ne HART ESS 1000 /1. agolutinés entre eux.
Le tube témoin, au contraire, s'est rapidement troublé dans toute son étendue; son trouble est nettement persistant: par agitation, on voit le liquide prendre l'aspect moiré assez particulier à ces cultures.
L'aspect n'est cependant pas toujours aussi caractéristique. Le bouillon peut se troubler dans touce son étendue, mais alors le trouble n'est pas homogène, il ne présente pas ces ondulations moirées; il est dû à un précipité en fine poussière dont chaque grain est un amas de bâtonnets agglutinés comme le montre le microscope. Cet aspect peut du reste varier : c'est pour cela qu'il est bon d'examiner le liquide d'heure en heure pour suivre ses modifications. Les plus beaux grumeaux se forment surtout au début ; plus tard, le liquide peut même se troubler normalement au-dessus du précipité, comme si les premiers microbes avaient absorbé toute la substance agglutinante.
On peut aussi ajouter le sérum typhique dans une culture déjà développée, âgée de un ou deux jours. Si le sérum est fortement agglutinant, la culture devient déjà grumeleuse après quelques heures et finit par se clarifier complètement, après dépôt des flocons. Sile sérum est moins actif, la culture n'arrive pas à se clarifier, mais est granuleuse dans toute sa hauteur; l'examen microscopique montre que les grains sont
BACILLUS TYPHOSUS. 157
dus à l'agglomération de bâtonnets. Lorsqu'on dispose de très peu de sérum, on peut en faire des dilutions dans l'eau physiologique et agir sur un très petit volume de bouillon, comme il a été indiqué I, p. 409.
Sérodiagnostic rapide au microscope. — I] est possible de rechercher plus facilement et surtout plus rapidement la réaction agglutinante de la manière suivante. On mélange dans un verre de montre ou un petit verre conique, à une petite quantité d'une culture de vingt-quatre heures de Bacille typhique, une faible proportion déterminée de sérum provenant d’un typhique; on fait de suite une préparation microscopique d'un mélange, et on l'examine telle quelle. Le mélange peut même se faire directement sur la lame porte-objel.
Les proportions que l'on peut employer sont une goutte de sérum pour des quantités de 10, 20, 50, 100 gouttes de culture ou plus.
Quand le sérum est ag gelutinant, on voit les Bacilles perdre plus ou moins vite leur mobilité et s'agglutiner en petits amas bien reconnaissables. Ces amas sont Dre et confluents, très évidents, ou plus discrets, quoique bien nets (fig. 37). En abandonnant la préparation et l'examinant à nouveau, après une demi-heure ou une heure, le phénomène est beaucoup plus apparent. L'agglutination est aidée par une légère dessiccation à la périphérie de la préparation. IL est à recommander tout spécialement d'examiner chaque fois au microscope une goutte de la culture dont on se sert, avant d'opérer, pour se rendre bien compte de la mobilité des Bacilles et de l'absence de grumeaux. Ilest des cultures où des amas se forment facilement; en général, toutes les culturesen montrent aprèstrente-six à quarante-huit heures, certaines après vingt-quatre heures, quelques-unes même dès vingt heures. C'est pourquoi il est nécessaire d'employer des cultures de vingt-quatre heures au plus. On peut prendre des cultures moins âgées; souvent même on yaavantage : dans les cultures très jeunes, les bâtonnets sont plus isolés ; la culture peut être employée dès que le trouble est bien évident, indice d'une production assez abondante d'éléments.
Le sang peut être facilement retiré par piqüre de la pulpe du doigt ou à l'aide d'une ventouse scarifiée. On le prélève comme il a été indiqué 1, p. 406. Un demi-centimètre cube suffit à donner en une heure ou deux quelques gouttes de sérum; on peut même se contenter d'une quantité moindre , quatre à cinq gouttes. La réaction peut du reste s'obtenir aussi nettement avec le sang total; pour faire la préparation microscopique, il est préférable d’° attendre un peu que la plus grande partie des globules soit déposée.
Pour supprimer l'ennui que peuvent causer les globules, Guillemin (1) conseille de laisser l'agglutination se faire sur la lame pendant deux heures, dessécher, fixer par l’alcool-éther, traiter par l'acide acétique au 1/10° pendant une ou deux secondes pour dissoudre les globules, puis laver et colorer à la fuchsine phéniquée.
La technique à employer pour les recherches courantes a été indiquée I, p. 408 (2).
Le sang ou le sérum conservent longtemps après dessiccation ce
(1) Guizzemix, Contribution au procédé de Widal pour le diagnostic de la fièvre typhoïde par la séroréaction (Soc. de Biol., 1€r juillet 1899).
(2) Wipaz et Sicarp, Etude sur le sérodiagnostic et sur la réaction agglutinante chez les typhiques (Ann. de l’Inst. Pasteur, XI, 1897, p. 353).
158 BACTERIACÉES.
pouvoir agglutinant : Widal l'a retrouvé très net sur du sang desséché depuis six mois. Le sang peut être desséché sur des substrats div ers, éponge, linge, papier, par exemple, et envoyé au loin. Au moment du besoin, on en laisse macérer un morceau dans quelques gouttes de bouillon ou d’eau stérilisée jusqu'à dissolution de la tache ; une goutte du mélange est versée dans 10 gouttes de culture. Les amas se produisent rapidement avec le sérum desséché, plus lentement avec le sang.
Réaction avec les Bacilles morts. — Les Bacilles tués par la chaleur ou une substance antiseptique peuvent rester agglutinables.
Une température de 70° à 100° fait perdre aux Bacilles, en grande partie au moins, la propriété de se laisser agglutiner; un sérum très actif peut encore agir sur eux, mais la réaction est beaucoup moins belle. En tuant les cultures par une exposition d'une demi-heure à trois quarts d'heure à une température de 57° à 60°, les microbes conservent toute leur sensibilité à l'action du sérum: les amas formés sont aussi nets qu'avec les Bacilles vivants.
Certains antiseptiques donnent aussi, à ce point de vue, de très bons résultats. Widal et Sicard (1) recommandent surtout le formol employé de la facon suivante : À une culture en bouillon âgée de vingt-quatre heures, ne montrant à l'examen microscopique que des microbes bien disséminés et pas d'amas, on ajoute du formol à 40 p. 100 en proportion de 2 gouttes pour 15 centimètres cubes de culture. La culture ainsi traitée garde presque intégralement, pendant plusieurssemaines, sa sensibilité à l agglutination. Pour l usage, on l’agite fortement et on procède comme avec une culture vivante. Elle peut servir pour le sérodiagnostic rapide microscopique ou pour le sérodiagnostic lent macroscopique.
Van de Velde (2) dit aussi avoir obtenu de bons résultats avec la chaleur ou divers antiseptiques.
On trouve dans le commerce de tels liquides provenant de cultures en bouillon ou d'émulsions microbiennes dans la solution physiologique, tuées par l'action de la chaleur ou d'un antiseptique. C'est le cas du Typhus diagnostikum de Ficker (3) ou de émulsion de Stassano (4). Ces produits peuvent pendant quelque temps donner de bons résultats. Ils sont surtout employé és pour le sérodiagnostic lent macroscopique, mais peuvent aussi servir pour le sérodiagnostie microscopique. De tels liquides se modifient souvent à la longue et dès lors ne donnent pas une sécurité comparable à l'emploi des cultures vivantes.
Cependant la méthode peut rendre de très bons services en dispensant de l'obligation d'avoir toujours sous la main ure culture jeune pour faire un sérodiagnostic.
Réaction avec différentes humeurs de l'économie.— Le sang est l'humeur qui paraît posséder au maximum le pouvoir d'agglutiner.
(1) Winaz et Sicarp, La réaction agglutinante sur les Bacilles morts (Soc. de Biol., 30 janvier 1897).
(2) Van DE Veuve, Influence de la chaleur, des sels, des métaux lourds et d'autres antiseptiques sur les cultures de B. typhique employées dans le sérodiagnostic de la £èvre typhoïde (Acad. de méd. de Belgique, 27 mars 1897, et Sem. méd., 1897, n° 15,
; (5) Ficker, Ueber ein Typhusdiagnostikum (Berl. klin. Wochenschr., 1903, n° 453).
(4) Srassaxo, Nécessaire clinique pour le sérodiagnostic (Soc. de Biol., 1907, n° 5, p. 223).
BACILLUS TYPHOSUS,. 159
D’autres humeurs montrent aussi, à des degrés divers, cette même particularité, qui leur vient certainement du sang par diffusion.
Une goutte d'urine de typhique mélangée à 10 gouttes de culture donne assez souvent des amas; mais le phénomène est inconstant. La filtration sur bougie fait perdre à l'urine la propriété agglutinante.
La sérosité des vésicatoires donne, chez les typhiques, des résultats aussi nets que le sérum. La sueur ne donne rien.
Achard et Bensaude (1) ont observé que le lait d'une nourrice atteinte de fièvre typhoïde possédait manifestement le pouvoir d'agglutination, en l’ajoutant à une culture pure de vingt-quatre heures aux mêmes proportions que le sérum, une goutte pour dix. Avec le lait des femmes saines, d’après eux, on voit bien des Bacilles s'accoler un peu aux globules du lait ou aux autres éléments, mais la différence est très nette avec les amas d’agglutination du premier cas. La filtration sur bougie fait perdre au lait la propriété agglutinante. Un séjour prolongé à 60° ne la modifie pas ; à 100°, elle diminue considérablement; à 120°, elle a totalement disparu en quinze minutes. Le sérum du nourrisson n’a montré aucun indice de réaction.
Charrier et Appert (2) n'ont observé aucune réaction avec le sang d'un fœtus, provenant d'une femme typhique, dont le foie et la rate ne leur ont pas donné de Bacille d'Eberth. Le liquide de macération des fragments de placenta leur a donné une réaction très peu marquée et tardive. Il semble donc que le placenta puisse retenir les substances qui agissent ici.
Dans d'autres cas, le placenta peut laisser la diffusion se faire (3).
Étienne (4) a montré que la réaction peut manquer ou s'obtenir avec le sang du fœtus, suivant que celui-ci reste étranger à la fièvre typhoïde de la mère ou est réellement infecté par elle; dans ce dernier cas, il peut même réagir plus fortement que la mère contre l’intoxication, comme le montre son pouvoir d'agglutination plus élevé que celui de la mère. à
Mosny et Daunic (5) ont aussi constaté la réaction agglutinante chez un nouveau-né dont la mère avait été atteinte de fièvre typhoïde au sixième mois de la grossesse.
Widal et Sicard ont du reste constaté le pouvoir agglutinant, au moment de la naissance, dans le sang du cœur des petits d'une lapine inoculée depuis six jours. Le liquide amniotique s'est montré nettement agglutinant dans un cas d'Étienne.
Menetrier (6) a observé l'absence de l’agglutination avec la sérosité
(1) AcnanD et BExsauDE, Action agglutinante du lait de femme atteinte de fièvre typhoïde sur le B. d'Eberth (Soc. méd. des hôp., 31 juillet 189,6).
(2) Carrier et ArrerT, Absence de propriété agglutinante chez le fœtus de typhique (Soc. de Biol., 7 novembre 1896).
(3) Acxan», Sur le passage de la propriété agglutinante à travers le placenta (Soc. de Biol., 6 mars 1897).
(4) ÉTIENNE, La fièvre typhoïde du fœtus (Gaz. hebd., 1896). — Iv., Absence de la
réaction agglutinante par le sang d’un fœtus issu d’une mère morte de fièvre typhoïde hypertoxique (Presse méd., 1896). — In., Formation autonome de substance agglutinante par l'organisme fæœtal au cours d’une fièvre typhoïde maternelle (Soc. de Biol. 4 novembre 1899).
(5) Mosxx et Daunic, Séroréaction chez l'enfant d'une femme atteinte de fièvre typhoïde pendant la gestation (Soc. de Biol., 27 février 1897).
(6) MENETRIER, Fièvre typhoïde compliquée de pleurésie droite, réaction agglutina-
160 BACTÉRIACEES.
pleurale d'un typhique, qui toutefois contenait, à l'état de pureté, du Bacille typhique ; d'après les recherches de P. Courmont (1), le microbe avait peut-être enlevé au liquide le pouvoir agglutinant par le fait de sa seule végétation. Cependant Widal et Sicard ont pu constater le pouvoir agglutinant dans le pus d'un âne immunisé ; ce pus contenait du Bacille typhique en abondance; la réaction était encore très nelte après quinze mois de conservation dans un flacon.
Toutefois la substance agglutinante, formée dans le sang, paraît être très inégalement répartie dans l'organisme des typhiques ; d'après P. Courmont (2), elle est absente ou en très faible proportion dans des organes où se localise le Bacille.
Réaction agglutinante avec certaines substances chimiques. — Malvoz (3) a constaté qu'un bon nombre de substances coagulantes ou matières colorantes pouvaient déterminer aussi, plus ou moins fortement, l'agglutination du Bacille typhique. Le formol, solution du commerce, à parties égales, le sublimé à doses très faibles, l'alcool fort, l'eau oxygénée à parties égales, les solutions à 1 p. 1000 de safranine ou de vésuvine à parties égales, déterminent, sous le microscope, l'immobilisation des Bacilles et leur réunion en amas, tout comme le sérum spécifique. Les acides minéraux, l'acide phénique, l'acide lactique, le chloroforme, n'agglutinent pas. Pour Beco (4), cependant, le pouvoir agglutinant de ie de ces substances, le ns particulièrement, ne s'exercerait pas d'une façon constante sur des microbes bien authenliques, et de plus se produirail tout aussi bien sur d'autres Bactéries des selles ou des eaux, des Colibacilles, des Bacilles fluorescents, des Proteus; il ne serait alors pas possible de s'en servir comme caractère de différenciation, comme on l'avait proposé.
MENSURATION DU POUVOIR AGGLUTINANT. — Le sang des typhiques a un pouvoir agolutinant variable, tantôt très faible, tantôt très énergique. En faisant varier la proportion de sang ou de sérum que l’on ajoute à la culture employée, il devient possible de mesurer sa puissance agglutinante en déterminant le taux de dilution minimum nécessaire pour la formation d’amas bien évidents.
Il faut opérer sur des quantités déterminées de cultures et de sérum, en tout cas toujours parfaitement comparables pour que les deux termes de la proportion soient établis avec la rigueur désirable. On se sert d° éprouv eltes ou de pipettes graduées exactement lorsque les quantités à mesurer sont de quelque importance. Le modèle de pipette- . mélangeuse décrit tome I, page 408, et représenté figure 186, peut rendre
tive du sérum sanguin ; ; pas de réaction agglutinative du sérum de l’'épanchement. (Soc. méd. des hôp., 2 J\novembre 1896).
(1) P. Courmoxr, Disparition in vwilro du pouvoir agglutinant des humeurs de typhiques lorsqu'on y cultive le B. d'Eberth (Soc. de Biol., 2 avril 1897).
(2) P. Courmoxr, Répartition de la substance agglutinante dans l'organisme des typhiques (Soc. de Biol., 20 février 1897). — Répartition, formation et destruction de la substance agglutinante dans l'organisme des typhiques (Province médicale, 20 mars 1897).
(3) Mazvoz, Recherches sur l’agglutination du Bacillus typhosus par les substances chimiques (Ann. de l'Inst. Pasleur, XI, 1897, p. 582).
(4) Beco, Note sur la valeur de l’agglutination par le sérum antityphique expérimental comme moyen de diagnostic entre le B. d'Eberth ét les races coliformes (Centralbl. für Bakt., NX 89 p.136):
“Érmant
L'ART dt a!
BACILLUS TYPHOSUS. 161
‘excellents services. Lorsqu'on procède par gouttes, les deux pipettes à employer pour une même opération devront donner des gouttes tout à fait identiques. On y arrive en prenant des tubes de verre d'une vingtaine de centimètres de longueur qu'on étire à leur partie médiane ; ces tubes sont fermés aux deux extrémités par un tampon d'ouate el chauffés par stérilisation; au moment de s'en servir, on casse le milieu de l’effilure et l'on a deux pipettes symétriques, donnant des gouttes très égales.
Pour des dilutions peu élevées, 1/10°, 1/20°, 1/30°, 1/50°, on peut se servir de gouttes et ajouter alors une goutte de sérum pour 10, 20, 30, 90 a de bouillon. Pour des dilutions plus élevées, 1/100°, 1/500°, 1/1000e, 1/2000°, il est préférable de diluer d'avance le sérum dans du bouillon ou de l'eau stérilisés à 1 p. », 1 p. 10 ou plus, de facon à simplifier l'opération.
Ainsi, en ajoutant une goutte de dilution de sang ou de sérum à 1 p. 10, à 5, 10, 20, 50 gouttes de culture disposées dans de petits tubes, on arrive à avoir des mélanges aux taux respectifs de:1 p. 50, 1 p. 100, 1 p. 200, 1 p. 500.
I faut toujours commencer les recherches par l'examen de la dilution au dixième. Au-dessous, la constatation de l’agglutinalion ne serait pas décisive. Le sérum humain normal peut, en effet, comme l'a montré Stern (1), agglutiner légèrement les cultures de Bacille typhique à ces taux peu élevés. D'un autre côté, le sérum typhique agglutine souvent nettement le Colibacille à des taux inférieurs à 1 p. 10.
On fait ensuite l'examende dilutions à 1 p.20, 1 p.50, 1 p.100 etau-dessus si l’on veut. On poursuit jusqu'à ce que lon soit arrivé à une dilution qui ne donne pas d'amas d'agglutinalion sur une préparation faite depuis deux heures. La dernière dilution où ces amas sont bien nets donnera la proportion cherchée, qui sera la mensuration assez exacte du pouvoir agglutinant cherché.
Widal et Sicard conseillent, comme base d'appréciation, le tableau suivant :
Pouvoir agglutinant très faible : inférieur à 1/100e, = — faible : de 1/100€ à 41/2006.
— — moyen : de 1/200e à 1/500e€.
— — intense : de 1/500° à 1/2000e.
= — très intense : supérieur à 1/2000€.
Dans la pratique courante, on peut se contenter de deux évaluations, l'une avec une dilution à 1 p. 10, l’autre avec une dilution à 1 p. 50. Toute agglutination qui se fait à 1 p: 50 doit faire porter un diagnostic positif; lès agglutinations qui se font à un taux inférieur sont moins concluantes et doivent être regardées comme sujettes à la critique.
VALEUR DE L'AGGLUTINATION, — Au point de vue du microbe, de nombreux expérimenteurs n’ont pu constater que de minimes différences dans la sensibilité à l'agglutination, surdes échantillons de provenances extrèmement variées.
Au point de vue du diagnostic de la fièvre typhoïde, les nombreuses
(1) Stern, Diagnostische Bluntuntersuchungen beim Abdominal-Typhus (Centralbl. für inn. Med., 1896, n° 49). — In., Ueber Fehlerquellen der Serodiagnostik (Berlin. klin. Wochenschr., 1897, nos 11-12).
Macé. — Baclériologie, 6° édit, À D een 4 |
162 BACTÉRIACÉES.
statistiques qui ont été faites un peu partout ont donné des résultats extrêmement satisfaisants. En France, Gasser sur 112 cas de fièvre typhoïde, P. Courmont (1) sur 257 cas, Bensaude (2) sur 61 cas, n'ont pas vu la réaction manquer une seule fois; Widal{3) sur 177 cas ne l’a vu faire défaut qu'une seule fois. En Allemagne, les statistiques de Stern, de C. Fraenkel (4), de Haedke (5), de Pick (6) sont également concluantes. En Amérique, lastatistique de Johnston et Mac Taggart (7), portant sur 500 cas, ne montre que quelques exceptions; celle de Cabot (8), sur 1826 sujets supposés atteints de fièvre typhoïde, a confirmé le diagnostic dans 1744 cas, soit sur 95,2 p. 100 des cas. L'absence de la réaction dans des cas suspects tient sans doute à ce qu'il ne s’agissait pas de fièvre typhoïde.
Les chiffres donnés par Gaelgens (9) sont tout aussi concluanis ; ils montrent bien nettement la varialion des résultats suivant l’époque de la maladie; la réaction s'obtenant pendant la première semaine dans 75 p. 100 des cas, pendant la deuxième dans 90 p. 100, pendant la troisième dans 95 p. 100, diminuant au début de la quatrième semaine pour tomber au-dessous de 70 p. 100 vers les neuvième et dixième semaines.
D'un autre côté, pour affirmer que la réaction manque dans un cas de fièvre typhoïde, il faut que l'examen du sang ait été renouvelé un assez grand nombre de fois et surtout’ à des périodes diverses ; une réaction manquant un jour peut se montrer le lendemain. Elle ne s'observe pas souvent tout au début de la fièvre typhoïde. On peut la constater dès le deuxième ou le troisième jour; c’est tout à fait excep- Uonnel; à ce moment, l'hémoculture donne des résultats bien préférables pour un diagnostic. On l'observe plus souvent à partir du cinquième jour, mais on ne peut guère compter sur elle que vers le sepème jour. Widal ne l'a constatée une fois que le vingt-deuxième jour; d’autres ne l'ont rencontrée qu'à la fin de la maladie, au début de la convalescence ou au cours d’une rechute. Aussi, en raison de tels faits, doit-on s’en rapporter à la règle suivante, posée par Widal au Congrès de Nancy (10) : Un résultat négatif obtenu avec le sérum d’un malade suspect fournit une probabilité contre le diagnostic de la fièvre typhoïde. mais ce n'est qu'une probabilité, surtout si la recherche a été faite
(1) P. Couruoxr, Deux cent quarante cas de sérodiagnostic chez les typhiques (Soc. de Biol., avril 1897). — In., Séropronostic de la fièvre typhoïde, 1897.
(2) Bexsaune, Le phénomène de l’agglutination des microbes et ses applications à la pathologie, Thèse de Paris, 1897.
(3) Winaz, Sérodiagnostic de la fièvre typhoïde. Congrès de Moscou, 1897.
(4) C. Frazxxez, Ueber den Werth der Widal’schen Probe zur Erkennung des Typhus abdominalis (Deutsche med. Wochenschr., n°s 3 et 16, 1897).
(5) Haënxe, Die Diagnose des Abdominaltyphus und Widal's serumdiagnostisches Verfahren (Deutsche med. Wochenschr., 1897, n° 2).
(6) Prcx, Ueber die Widal’sche Serumdiagnose des Typhusabdominalis (Wien. klin. Wochenschr., 1897, ne 4).
(7) Jonxsron et Mac TaGGarr, On the difference between serum and blood solutions, the condition of the test culture and the signifiance of Bacterium coli infection in relation to typhoid diagnosis (Montreal med. Journ., XXV, 1897, p. 709).
(8) Casor, Clinical report on serodiagnosis (Journ. of American med. Assoc., 2 juin 1897).
(9) GaërGess, Erfahrungen über den Wert des Gruber-Widal'schen Reaktion für die Typhusdiagnose (Arb.aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, XXVI, 1907, p. 226).
(10) Wipar, Congrès de médecine de Nancy, août 1896.
ns À ie De
BACILLUS TYPHOSUS. 163
dans les premiers jours de la maladie; l'examen doit être alors répété les jours suivants ; la probabilité est d'autant plus grande que l'examen est pratiqué à une période plus avancée de la maladie.
La réaction diminue et peut disparaître dès les premières semaines de la convalescence. Elle peut cependant persister après la guérison : Widal l’a constatée, à plusieurs reprises, chez des personnes guéries de fièvre typhoïde depuis trois et sept ans. D’ordinaire, elle manque ou est très atténuée chez les typhiques guéris depuis plus d’un an; souvent alors, pour la constater, 1l faut diminuer la proportion de culture, prendre une goutte de sérum pour cinq de culture, En cas de résultat négatif, 1l est bon également de recommencer l'examen pendant plusieurs jours. S
Un sérum qui jouit de propriétés agglutinantes très marquées n’exerce aucune action bactéricide sur les Bacilles qui ont subi ses effets: les amas formés peuvent très bien végéter, lorsqu'on les met dans les conditions voulues. Chantemesse a voulu utiliser cette particularité pour arriver à la constatation de la fréquence du Bacille lyphique dans l'eau, l'addition d'une petite quantité de sérum agglutinant déterminant la formation d'amas qui se précipitent ou se séparent par centrifugation; l'isolement du microbe par les cultures en milieux spéciaux se trouve facilité.
On a vu que celte propriété agglutinante est due à une substance sécrétée par l'organisme (I, p. 139); c’est un véritable procédé de défense qu'on observe pendant la période d'infection ou à la suite d'immunité. Le phénomène d’agglutination du Bacille typhique fait défaut dans les autres maladies. Les sérums d'individus atteints d'érysipèle, de péritonite, de pneumonie, de grippe, d'orchite, de tuberculose, etc., sont sans action sur les cultures du Bacille d'Eberth.
Cabot a constaté une fois une réaction positive chez un nègre atteint d’anémie pernicieuse, sur 30 malades atteints d’affections autres que la fièvre typhoïde ; Widal ne l’a pas rencontrée une seule foisavec 350 sérums d'individus non lyphiques essayés à la proportion de 1 p. 10.
Ferrand et Thoari (1) ont constaté la réaction agglutinante dans un cas de septicémie grave avec symptômes typhiques, alors qu'à l’autopsie les recherches n'ont pu faire trouver que du Streptocoque; Jez (2) dit aussi l'avoir obtenue très manifeste dans un cas de méningite tuberculeuse.
Les sérums antipneumococcique, antidiphtérique, antistreptococcique sont sans effet sur les cultures de Bacille typhique.
Certains sérums normaux paraissent toutefois produire une agglutination légère à 1 p. 10, après une heure ou plus de contact; mais la réaction est insuffisante pour qu’on puisse la considérer comme caractéristique. Il faut du reste se souvenir que bien des gens sont atteints de typhoïdettes assez légères pour passer inaperçues et qui suffiront pour donner au sang cette propriété d'agglutiner pendant un temps “souvent assez long.
Elle est, par contre, constante dans la fièvre typhoïde. Elle s'observe, on peut dire toujours, avec une intensité plus ou moins grande cepen-
(1) Ferranp et THoarr, Soc. méd. des hôp., 22 janvier 1897. (2) Jez, Wiener med. Wochenschr., 16 janvier 1897.
164 BACTÉRIACÉES.
dant, dans les cas graves et dans les cas bénins. Cependant, on connaît un certain nombre de cas de fièvre typhoïde bien caractérisée cliniquement et à l’autopsie, où elle paraît avoir fait défaut. Il est toutefois difficile de dire si elle manquait réellement ou seulement faisait momentanément défaut. On comprend dès lors l'importance que peut prendre eu chnique cette méthode de sérodiagnostic, surtout pour les cas douteux, les cas légers, où les autres signes font souvent défaut. Sa facilité d'exécution la met, d'ailleurs, à la portée du médecin.
SÉROPRONOSTIC
Si l'on suit d'une façon régulière, jour par jour par exemple (1), la marche du pouvoir agglutinant du sang chez les malades atteints de fièvre typhoïde, on s'aperçoit que sa valeur, mesurée comme il a été dit plus haut, subit des variations bien nettes. Le pouvoir agglutinant monte peu à peu, ou parfois assez brusquement, se maintient élevé pendant un nombre de jours plus ou moins considérable, puis redescend.
La réaction d'agglutination étant une réaction de défense de l’organisme, l’évolution du pouvoir agglutinant du sang peut se trouver en rapport avec l'évolution, la marche et l'intensité de l'infection elle-même. |
Il devient possible, en étudiant les variations du phénomène, de chercher à en tirer des conclusions sur l’évolution de la maladie, conclusions pouvant éclairer le pronostic à établir; c'est là le séropronoslic. Les recherches de P. Courmont (2) principalement semblent bien montrer, en effet, que dans les formes simples, bénignes, dé la fièvre typhoïde, la marche du pouvoir agglutinant, ou la courbe par laquelle on peut la représenter, est régulière, avec périodes ascendante et descendante bien nettes ; dans les formes graves ou compliquées, au contraire, la courbe est irrégulière, traînantie, oscillante, descendante suivant les cas ; une ascension rapide de la courbe serait d’un pronostic favorable, surtout au moment où la guérison va s'accuser, La comparaison des courbes thermique etag glutinante peut donner de bons renseignements ; lorsque les deux courbes marchent en sens inverse, c'est d’un pronostic précieux, favorable si le pouvoir agglutinant s'élève, défavorable s'il s'abaisse. Il faudrait cependant se garder de généraliser: souvent l'intensité de l'agglutination ne présente aucun ra apport avec la gravité de la maladie, des formes légères conduisant à une agæhntination d'un taux élevé, tandis que des formes graves ne donnent qu'un pouvoir agglutinant relativement faible, En plus, comme le fait remarquer Étienne (3), le pouvoir agglutinant ne peut en rien faire apprécier l'influence des infections secondaires, des complications provenant d'un processus local ou des accidents mécaniques.
(1) Pauarr, Étude de la séroréaction de Widal par l'épreuve quotidienne. Thèse de Paris, 1899. À 0
(2) P. Courmonr, Séropronostic de la fièvre typhoïde, 1897. — Courbes agglutinantes chez les typhiques. Séropronostic (Revue de médecine, 1900, p. 317 et 483).
(3) Émrexe, Contribution à l'étude du séropronostic de la fièvre typhoïde (Revue med. de l'Est, 1899).
BACILLUS TYPHOSUS. 165
RÉACTION D'AGGLUTINATION COMME CARACTÈRE DE DIFFÉRENCIATION DU BACILLE TYPHIQUE
La sensibilité que présente le Bacille lyphique vis-à-vis du sérum d'un organisme en puissance d'infection typhoïde peut être avantageusement mise à profit comme caractère différentiel. La réaction d'a gglutination peut être utilisée pour la diagnose d'un microbe que l'on cherche à identifier avec le Bacille typhique.
Toutefois, il faut se souvenir que cette réaction d'agglutination n'est pas une réaction réellement spécifique. Pour s'en servir comme caractère de diagnose, on doit toujours l’employer dans des conditions bien déterminées qui permettront, outre sa constatation bien nette, d'apprécier l'énergie de cette réaction; c'est ce dernier point qui a 1ei le plus de valeur.
En outre, l'aptitude du Bacille d'Eberth à subir l’agglutination peut varier. On peut la voir diminuer et mème disparaitre dans certaines conditions, en maintenant par exemple le microbe au contact d'un organisme immunisé, comme l'a vu Sacquépée (1). Des conditions défavorables à ce point de vue existent certainement dans la nature; c'est ce qui fait peut-être que l’on peut rencontrer si souvent des microbes qui répondent absolument aux caractères du Bacille lyphique, sauf qu'ils ne présentent pas la réaction d'agglutination. Il ne faudrait pas, en conséquence, pour celte seule raison rejeter absolument leur identification.
On peut parfois recourir avec succès à linoculation du microbe à l'animal. En injectant Lous les deux Jours pendant quinze jours ? centimètres cubes de cullure de quarante-huit heures à un cobaye, son sérum peul être nettement agglutinant pour le Bacille typhique authentique à 1 p. 40 ou plus.
Dans le cas de non-réussite, on n'est même pas encore en droit de rejeter l'identification d’une facon absolue.
Comme l'ont montré en particulier Stern (2) et Beco (3), beaucoup de types du Colibacille sont réellement agglutinables par le sérum typhique ; mais entre leur puissance agglutinante et celle du Bacille lyphique il y a toujours des différences marquées; c'est ce qu'ont aussi confirmé P. Courmont et Lesieur (4). Avec le sang de malades alteints de fièvre typhoïde, leur agglutination ne se fait le plus souvent qu'avec des doses plus élevées que 1 p. 10 et ne s'observe en tout cas jamais à la proportion de 1 p. 30, alors que presque toujours le Bacille typhique est agglutiné avec des proportions moindres. Avec des sérums d'animaux immunisés, beaucoup plus actifs à ce point de vue, on observe encore les mêmes différences bien neltes, avec des proportions moindres à cause de l'énergie du sérum. D'autre part, Gruber et
(1) SacquéPéE, Variabilité de l'aptitude agglutinative du Bacille d'Eberth (Ann. de lInst. Pasteur, XV, 1901, p. 249).
(2) Srerx, Typhusserum und Colibacillen (Centralbl. für Bakt., XXIII, 1598, æ. 6731.
(3) Brco, Note sur la valeur de l’agglutination par le sérum antityphique expérimental comme moyen de diagnostic entre le B. d'Eberth et les races coliformes (Centralbl. für Bakt., XXVI, 1899, p. 136).
(4) P. Counmonr et Lesieur, Le Bacille coli est-il agglutiné par le sérum des typhiques? (Presse méd., 22 décembre 1900).
166 BACTÉRIACÉES.
Durham (1) ont observé l’agglutination du Bacillus enteritidis par le sérum typhique; Gilbert et Fournier (2) en disent autant du Bacille de la psiltacose; il faut encore des doses plus fortes pour déterminer l'agglutination des Proteus et des Bacilles fluorescents, comme Beco l'a constaté.
Dans ces conditions, on peut affirmer qu'on possède dans lemploi du sérum des typhiques, et surtout du sérum des animaux immunisés à l’aide du Bacille typhique, un caractère de diagnose d’une extrême sensibilité et d’une grande valeur (3).
PRÉCIPITO-RÉACTION.
Kraus (4) a observé qu'en ajoutant du sérum d’un animal immunisé à l'égard du Bacille typhique à du liquide d'une culture de ce microbe bien privée de Bacilles par filtration, 1l se formait rapidement un trouble fin: par le repos, le Hiquide s’éclaireit et abandonne un léger dépôt floconneux. Le phénomène est dû à la présence dans le sérum d’une précipitine spéciale (I, p. 142). La réaction n’a pas, bien probablement, une spécificilé absolue; aussine doit-on lui attribuer qu'une valeur seulement relative dans la diagnose.
On peut l'utiliser soit pour rechercher la nature typhique d'un sérum de malade soupçonné d’avoir la fièvre Lyphoïde, soit pour identifier un microbe que l’on pense pouvoir être du Bacille lyphique, en se servant alors du sérum d’un lapin ou d’un cobaye ayant été préalablement inoculés à plusieurs reprises avec des cultures de ce microbe.
La technique à suivre peut être celle qui a été indiquée tome I, p. 410.