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PETER L,'ET A LES

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BACILLUS FRIEDLAENDERI. ‘ 229

de cultures avec ce dernier microbe, il a dû bien des fois être pris pour lui dans les analyses bactériologiques d’eau.

RECHERCHE ET DIAGNOSTIC

Dans l'organisme, la présence de la capsule, la forme des éléments le font facilement reconnaître. La décoloration par la méthode de Gram permet de le distinguer vite et sûrement du Pneumocoque.

Sur les Pneumobacilles isolés d’autres milieux, on peut encore apercevoir la capsule, De plus, l'essai sur la souris permet de la faire réapparaitre et confirme le diagnostic.

Les microbes décrits sous le nom de Proteus hominis capsulatus par Bordoni-Uffreduzzi (1), sous celui de Proleus capsulalus seplicus par Banti (2), sous celui de Xapselbacillus par Nicolaier (3) paraissent ne pouvoir guère être distingués du Preumobacille. Toutefois, ils résisteraient en partie à la décoloration par la méthode de Gram.

Le Bacille du rhinosclérome, le Bacille de l’ozène (4) sont aussi bien voisins ou même peut-être identiques; leurs caractères seront donnés plus loin.

Une grande partie des autres microbes décrits sous le nom générique de Bacilles capsulés sont très voisins du Pneumobacille. On peut certainement les considérer comme des variétés de cette espèce qui présente, on le reconnaît facilement, une très grande variabilité dans ses caractères. Le caractère qui paraît ici dominer, c’est la présence d’une capsule bien évidente, souvent très développée, ou, ce qui n'est qu'une exagéralion de cette formation, la présence d’une matière muqueuse en général abondante qui provient de la diffluence marquée de la partie constituant la capsule. Le nom de Bacillus mucosus capsulatus est souvent appliqué à de tels types. On trouvera dans un travail de Fricke (5) les renseignements comparatifs concernant un grand nombre de ces types, qui, pour la plupart, se laissent nettement rattacher au Pneumobacille; d’autres se rapprochent peut-être plutôt du Bacillus lactis aerogenes, qui peut aussi se présenter capsulé, ou de cerlaines variétés du Colibacille, auquel on reconnait cette propriété dans certaines circonstances (6). Le Bacillus capsulatus de Pfeiffer (7), le Bacillus aerogenes sputigenus capsulatus de Herla (8) seraient plutôt à rapprocher du Bacillus laclis aerogenes. Les Bacilles capsulés se

(1) Borpoxi-Urrrepuzzi, Ueber den Proteus hominis capsulatus (Zeitschr.für Hygiene, Hp 333):

(2) Banrr, Sopra quattro nuove specie di protei o bacilli capsulati (Lo Sperimentale, 1888). — Foa et Boxowes, Sulla biologia del Proteo capsulato (Accad, diMedicina,1888).

(3) Nicorater, Ueber einen neuen pathogenen/Kapselbacillus bei eitriger Nephritis (Centralbl. für Bakt., XVI, 1894, p. 601).

(4) De Simoni, Beiträge zur Morphologie und Biologie der Mucosusbacillen der Ozæœna und über ihre Identität mit den Pneumobacillen (Centralbl. für Bakt., XXVII, 1900, p. 426 et 493).

(5) Fricxe, Ueber den Sogenannten Bacillus mucosus capsulatus (Zeitschr. für Hy giene, XXIII, 4896, p. 380).

(6) Wirpe, Ueber den Bacillus pneumoniae Friedlaender und verwandte Bakterien. Thèse de Bonn, 14896.

(7) R. Preirrer, Ueber einen neuen Kapselbacillus (Zeitschr. für Hygiene, VI, 1889, p. 145).

(8) HerLA, Sur un nouveau Bacille capsulé (Arch. de Biol., XIV, 1895, p. 403).

230 BACTÉRIACÉES.

rangeraient donc en deux groupes, l’un ayant pour type le Pneumobacille, l'autre le Bacille aérogène (1).

BACILLUS DYSENTERIZXÆ.

(Bacille de la dysenterie de Chantemesse el Widal, Shiga.)

L’étiologie de la dysenterie est une question très complexe: elle apparait comme un syndrome qui peut être provoqué par des causes différentes. À part certaines dysenteries mécaniques ou toxiques, les autres manifestations que l’on range sous cette rubrique, peut-être trop générale, sont manifestement d’origine parasitaire ou microbienne. Un de leurs caractères évidents est d’être contagieuses, souvent même véritablement épidémiques.

Bien des chercheurs ont étudié ces affections; la plupart ont réussi à y rencontrer des agents différents qu'ils ont pu considérer tour à tour comme spécifiques. Certains ne sont autres que des espèces connues, comme le Colibacille, des Streplocoques, des Staphylocoques, V'Entérocoque (T,p. 489), le Bacille pyocyanique (2), le Proteus vulgaris, de telle sorte qu’on peut penser que de tels microbes n'interviennent iei que secondairement, ou bien que les processus dysentériques peuvent être occasionnés pour ainsi dire par des espèces microbiennes banales, acquérant à un moment donné une activité plus grande. D’autres dysenteries paraissent réellement spécifiques, et celles-là sont encore sous la dépendance d'agents divers.

On est donc conduit à admettre qu'il y a plusieurs agents pathogènes capables de produire les affections dysentériques, et en plus qu’à côté des dysenteries vraies (3) il existe des pseudo-dysenteries, des états dysentériformes, dus à l’action d'agents distincts des premiers.

La présence d'Amibes dans les selles de dysentériques a été signalée par Lambl (4) en 1859. Ces formes ont été retrouvées par Loesch (5) en 1875, et dénommées Amoeba coli, sans toutefois qu'ilait crut pouvoir les considérer comme causes réelles de l'affection. Ce nest qu'après les nombreuses recherches de Kartulis (6) en Égypte, en 1885, que le pouvoir pathogène spécifique de ces Amibes a pu être affirmé. Depuis, leur rôle a été précisé el confirmé bien des fois, surtout par les études très complètes de Councilmann et Lafleur (7). Il est prouvé qu'il existe

(4) SrronG. A study of the encapsulated bacilli (Journ. of the Boston Soc. of the med. sc., III, 1899, p. 185). — CLarrmonr, Differencialdiagnostische Untersuchungen über Kapselbakterien (Zeitschr. für Hygiene, XXXIX, 1902, p. 1).

(2) LarTiGau, A contribution to the study of the pathogenesis of the Bacillus pyocyaneus with special reference to its relation to an epidemie dysentery (Journ. of exper. med., VIII, 1898, n° 6).

(3) DorPrer, Les dysenteries. Étude bactériologique. Paris, Doin, 1909. Avec bibliographie très complète.

(4) LAmBz, Beobachtungen und Studien aus dem Gebiete der pathologischen (Anatomie und Histologie, Prague, 1860, p. 365).

(5) Lorscn, Massenhafte Entwickelung von Amoeben im Dickdarm (Virchow’s Archiv, 1895, LXV,; p. 496).

(6) Karruus, Zur Aetilogie der Dysenterie in Egypten (Virch'ows Archiv, 1886, CV, p. 521).

(7) Counciruannet Larzeur, AmϾbic dysenterie(John Hopkins Hospit. Reports, 1891, 11).

BACILLUS DYSENTERIX. 231

une véritable dysenterie amibienne, due à la pullulation dans l'intestin d’une Amibe spéciale, que Schaudinn (1) distingue de lAmoeba coli et des autres Amibes banales, communes dans les eaux, et dénomme Entamoeba hislolytica, en raison du pouvoir nécrosant qu'elle exerce sur les tissus qu’elle envahit.

L'Entamoeba histolytica est ovale ou piriforme au repos, de forme très variable dans ses mouvements (fig. 42); elle mesure de 12 à 40 y de dimensions. A l’état frais, dans les selles peu après leur expulsion par exemple, on lui distingue deux parties bien différentes. L'une centrale, l'endoplasme, sombre, granuleuse, renfermant un noyau avec nucléole

Fig. 42. — Cycle évulsif (demi-schématique) de l’Amibe dysentérique (d'après Noc). a, globule rouge.

et en outre des corps très divers, surtout des globules rouges, souvent nombreux, des leucocytes, des microbes, des débris variés. L'autre partie forme une zone externe transparente, claire, l’ectoplasme, surtout bien visible pendant les mouvements, formant alors autour de l’endoplasme un liséré brillant.

Les mouvements sont très actifs ; ils portent surtout sur l’ectoplasme qui émet des pseudopodes; ceux de l’endoplasme sont moins accusés.

‘La motililté dure de six à sept heures, à la température ordinaire,

diminue alors rapidement, puis cesse complètement. Alors le parasite se contracte et donne une masse ronde ou oblongue, qui est granuleuse dans sa totalité. L'Amibe peut se multiplier par division, que précède

(4) Scmaupmx, Untersuchungen über die Fortpflanzung einiger Rhizopoden {Arb. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, 1903, XIX, p. 563).

232 BACTÉRIACÉES. ;

la scission du noyau. Schaudinn a observé la production de kystes; il apparaît en un point de la périphérie un bourgeon arrondi, qui s’entoure d'une enveloppe épaisse et se sépare de l'élément mère. Il a alors 5 à 6 w de diamètre: dans son intérieur, après un certain temps, apparaissent de deux à quatre noyaux autour desquels se fait un partage du protoplasma. La paroi se rompt à un moment donné et les petites masses sont mises en liberté, donnant autant de jeunes Amibes. La dessiccation paraît favoriser la production de ces kystes ; chez les dysentériques, on les trouve quand les selles deviennent solides, quand la guérison est proche.

Les meilleures méthodes de coloration à employer sont celles de Romanowsky et de Giemsa, après fixation à l'alcool absolu ou au sublimé acétique. Pour les coupes, on fixe à la liqueur de Flemming et on colore au picro-indigo-carmin de Borrel.

D'après certains auteurs, on obtiendrait des cultures de ces Amibes en ensemençant du mucus intestinal dans defl'infusion de paille, ou sur de la A non peptonisée, en symbiose alors, forcée, avec des Bactéries (1). Pour Lesage (2),onn ’obtiendrait que des Amibes saprophytes et non \ espèce spécifique. Des Amibes vulgaires, sans aucune signification pathogénique, sont enfeffet très fréquentes dans les matières fécales. Il est assez facile de les distinguer (3).

Plusieurs animaux, mais surtout les jeunes chats, prennent la dysenterie amibienne, à la suite principalement d'ingestion ou d'injection intrarectale de selles ou de pus contenant des Amibes.

Pour les rechercher dans les selles, il est préférable d'examiner au microscope le produit frais, liquide ou flocon muqueux, doucement étalé sur le porte-objet. À un faible grossissement, les Amibes apparaissent comme de pelites masses brillantes, réfringentes, qu'un grossissement plus fort montre constituées comme 1l a été dit précédemment, On trouve en même temps, dans la préparalion, des cellules épithéliales de la muqueuse, des globules rouges, quelques rares leucocytes, de nombreuses Bactéries, souvent des Infusoires ciliés, enfin des débris variés.

Dans le pus des abcès, si fréquents principalement dans le foie, les Amibes sont en général plus rares: elles se rencontrent surtout dans la paroi; aussi, quand c’est possible, est-il préférable de les rechercher dans le produit de raclage de la paroï.

La transmission se fait par propagation directe, d'homme à homme ; ou par voie indirecte, surtout par l’eau, les poussières, les aliments, qui ont été souillés.

L'infection par l'Entamoeba histolytica donne la forme de maladie connue sous le nom de dysenterie tropicale qui se distingue par ses lésions intestinales, ulcérations profondes, à bords décollés, en bouton de chemise, avec extension dans la sous-muqueuse.

La dysenterie amibienne est surtout une maladie des pays chauds. Elle peut cependant s’observer partout à cause des facilités de l'apport

4) MusGrave et CLecc, The cultivation and pathogenesis of Amœbæ (Philippine Journ. of sc., 1906, I, p. 909).

(2) Lesace, Soc. de Biol., 22 et 29 juin 4907.

(3) Wurxer, Die Technik der Amübensuchung Centralbl. für Bakt., 1 Abth., Ref.. L. 1911, p.577).

BACILLUS DYSENTERIÆ. 233

des produits contagieux, mais ne parait pas toutefois s'implanter dans les pays froids.

D'autres espèces que l'Entamoeba histolytica pourraient déterminer des processus similaires: Lelles FAmoeba africana signalée par Hartmann (1) dans l'Afrique orientale, l'Entamoeba teltragena de Viereck (2), l'Amibe rencontrée par Noc (3) à Saïgon dans les ulcérations dysentériques, les abcès du foie et Peau. Elles sont toutes bien voisines ; leur rôle étiologique n’est pas encore bien fixé.

On a signalé, en Russie el en Allemagne, une forme de dysenterie causée par le Balantidium coli, gros Infusoire cilié, de forme ovale, long de 70 à 100 4 sur 50 à 70 y de large. On le reconnait très facilement dans les selles, où il existe parfois en quantités très grandes. Toutefois, son rôle pathogénique est loin d'être prouvé (4). Martini (5) a rencontré une autre espèce d'Infusoire cilié.

Il en est de même pour le Chilodon dentatus signalé par Guiart (6). des Trichomonas trouvés par Chassin (7) et Billet (8) dans des selles de dysenterie tropicale chronique.

Les recherches ont montré qu'à côté des formes qui viennent d’être signalées, il existait des dysenteries bacillaires, dues au développement dans l'intestin de Bacilles paraissant réellement spécifiques.

Cliniquement, la dysenterie bacillaire se distingue de la précédente par une évolution plus rapide, une tendance bien moins marquée à la chronicité, l'absence de suppuration du foie, une prédilection pour la saison chaude, une contagiosité plus grande qui lui a valu plus spécialement le nom de dysenterie épidémique.

Les lésions observées sont aussi différentes; les ulcérations inteslinales sont bien nettement plus superficielles et plus larges, à fond plat, affectant le plus souvent uniquement la muqueuse, atlaquant rarement la sous-muqueuse, bien distinctes alors de celles de la dysenterie amibienne.

La dysenterie bacillaire existe partout, même dans les pays tropicaux où elle voisine souvent avec la dysenterie amibienne.

Chantemesse et Widal (9) ont signalé les premiers, en 1888, dans cinq cas de dysenterie contractée dans les pays chauds, un Bacille particulier qu'ils considèrent comme l'agent spécifique de cette affection. Ce Bacille se rencontre chez les malades, dans les matières

(1) Harwmaxx, Beihefle zum Archiv für Schiffs und Tropen Hygien, 1908, XII.

(2) Viereck, Studien die in den Tropen erworten Dysenterie (1bid., XI, 1907).

(3) Noc, Recherches sur la dysenterie amibienne en Cochinchine (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXIII, 1909, p. 177).

(4) Sorowsew, Das Balantidium coli als Erreger chronischer Duarchfälle (Centralbl. für Bakt., 1901, XXIX. p. 81).

(5) Marin, Ueber einen bei amôbenruhränhlichen Dysenterie vorkommenden Ciliaten (Zeitschr. für Hygiene, LXVII, 1908, p. 387). 6 ps Gurarr, Sur un nouvel Infusoire parasite de l'homme (Soc. de Biol., 24 février

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(7) CHassin, Deux cas de dysenterie chronique à Infusoires flageilifères (Le Caducée, 6 juillet 1907).

(8) Bizrer, De la dysenterie à Trichomonas (/bid., 17 août 1907).

(9) Caanreussse et Wivac, Le microbe de la dysenterie épidémique (Bull. de l'Acal. de méd., 17 avril 14888). — Cnanremesse, Le microbe de la dysenterie épidémique (Bull. de l'Acad. de méd., 22 juillet 1902).

fécales, dans les parois de l'intestin, dans les ganglions mésentériques,

dans la rate. Ils ne l’ont jamais rencontré chez les individus sains. Les

éléments sont de courts bâtonnets, très peu mobiles, se décolorant par la méthode de Gram, se cultivant facilement et donnant aux animaux d'expérience une véritable dysenterie.

Celli et Fiocca (1) semblent, en 1895, avoir observé la même espèce qu'ils désignent sous le nom de Bacterium coli dysenterieæ.

C’est encore le même microbe que Shiga a décrit, en 1898, sous le nom de Bacillus dysenteriæ, qu'il a rencontré au Japon, pendant une épidémie de dysenterie très meurtrière, puisqu'elle a occasionné une mortalité de 24 p. 100 et aurait atteint près de 90000 individus, chez trentequatre malades sur trente-six qu'il a pu examiner.

Il signale sa grande ressemblance avec le Colibacille et le Bacille typhique, mais montre qu'il s’en différencie nettement parce qu'ilne fait fermenter aucun sucre et est agglutiné par le sérum des dysentériques, qui reste sans action sur les premiers. [le trouve chez tous les dysentériques et ne l’a jamais rencontré chez des malades atteints d’autres affections. Par contre, il n’a jamais pu obtenir de symptômes rappelant la dysenterie chez les animaux.

Kruse (2) obtient, en 1900, un Bacille semblable chez des dysentériques, en Westphalie.

En même temps, Flexner (3), en Amérique, isole, dans les mêmes conditions, deux Bacilles qui lui semblent différer. L'un, à New-Haven, qui par tous ses caractères ne peut se distinguer du microbe obtenu par Shiga et par Kruse ; on l’a désigné sous le nom de Fleæner 1. L'autre, Flexner 11 où Flexner-Manille, parce qu'il l'a d’abord rencontré aux Philippines, à Manille, diffère par certains caractères, à la vérité d'importance secondaire.

De tous côtés, les recherches viennent confirmer les résultats obtenus par Shiga. Moreul et Rieux (4) retrouvent le même microbe dans de nombreux cas de dysenterie observés tant en Bretagne qu'en Afrique. Strong et Musgrave (5) parviennent à donner une dysenterie typique à l’homme, expérimentant sur un condamné à mort. Vaillard et Dopter (6) obliennent une dysenterie typique chez le lapin, le chien, le pore. La spécificité du microbe est nettement établie par l’'expérimentationet par d’autres caractères biologiques, fixation du complément, agglutination, précipitation.

Cependant, des différences sont signalées dans les divers Bacilles isolés, conduisant à admettre, pour plusieurs types au moins,une certaine différenciation.

(1) Ceux et Frocca, Sulla etiologia della dissenteria (Riforma medica, 4895).

(2) Krause, Ueber die Ruhr als Volkeskrankheiït und ihrer Erreger (Deutsche med. Wochenschr., 1900).

(3) Fzexwer, On the etiology of tropical dysentery (New York path. Society, 1900).

(4) Moreuz et Rieux, Étude pathogénique de la dysenterie ; spécificité de son germe ; indications sérothérapiques (Revue de méd., 40 février 1902).

(5) SrronwGc et Muscrave, Report of the etiology dysenteries of Manila. Washington, 1900.

(6) VarzarD et Dorrer, Contribution à l’étiologie de la dysenterie (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVII, 4903, p. 463).

(7) Kruse, Weitere Untersuchungen über die Ruhrbacillen (Deutsche med. Wochenschr., 4904, p. 376).

BACILLUS DYSENTERLEÆ. 235

Kruse (7) avait trouvé, dans une épidémie d’un asile d’aliénés, un Bacille qui se différenciait de celui de Shiga en ce que le sérum des malades l’agglutinait bien, mais restait sans effet sur le dernier. Il en fit un Bacille pseudo-dysentérique.

Martini et Lentz (1) faisaient ressortir peu après la différence de même nature entre le Bacille de Shiga et celui de Flexner-Mamille, le sérum d’un animal immunisé avec l’un de ces microbes agglutinant fortement ce microbe et se montrant sans action sur l’autre. Lentz (2) montra ensuite des différences dans l’action de ces microbes sur les sucres, le Bacille de Shiga ne faisant pas fermenter la mannite et le maltose, ne virant pas, par conséquent, le tournesol neutre ajouté, le Flexner-Manille faisant, au contraire, fermenter mannile et maltose, virant au rouge le tournesol; différence aussi dans l'action pathogène, le Bacille de Shiga se montrant nettement pathogène pour l'animal, tandis que le Flexner-Manille l’est peu ou pas du tout.

On s’est trouvé ainsi conduit à admettre alors qu'il existait deux types de Bacille de la dysenterie, le Bacille dysentérique type Shiga et le Bacille dysentérique type Flexner, représenté par le microbe isolé à Manille,

Hiss (3), un peu plus tard, décrit, sous le nom de Bacille Y, un microbe qui se rapproche beaucoup du Bacille de Flexner, s'en séparant uniquement parce qu'il ne fait pas fermenter le maltose. Le Bacille que Kruse a isolé, dans une épidémie de dysenterie observée dans un hospice d’aliénés, est à identifier avec ce Bacille de Hiss.

Strong (4) a rencontré à Manille un Bacille qui n’a guère été retrouvé depuis, se différenciant parce qu’il n’est agglutiné que par le sérum des malades qui le présentent ou par son sérum d'immunisation, et pas du tout par les sérums correspondants des autres Bacilles trouvés dans la dysenterie, puis parce qu'il ne fait pas fermenter le mallose, mais fait fermenter la mannite et le saccharose.

Gay et Duval (5), M": Wollstein (6) ont obtenu de dysenteries, d’enfants, et aussi de diarrhées saisonnières, en Amérique, un type de Bacille qui se rapproche des Bacilles de Shiga et de Flexner, mais s’en sépare en ce qu'il fait fermenter le dextrose, la mannite, le saccharose et le maltose,

Shiga (7) considère tous ces microbes comme des variétés plus ou moins fixées d’un type originel qui est représenté par son Bacillus dysenteriæ. À côté de ce type, il admet quatre variétés, ainsi qu'il suit :

(1) Marin: et Lenrz, Ueber Differenzierung der Ruhrbacillen mittel est der Agglutination (Zeilschr. für Hygiene, XLI, 1902).

(2) Lenrz, Vergleichende kulturellen über die Ruhrbazillen nebst Bemerkungen über den Lakmusfarbstoff (Zeitschr. für Hygiene, XLI, 1902). — Weitere Beiträge zur Differenzierung des-Shiga-Kruse’schen um den Flexner schenbacillus (Zbid., XLIIT, 4903).

(3) Hiss, On fermentative and agglutinative characters of Bacilli of the dysentery

group (Journ. of med. Research., XIIT, 4904).

(4) Srroxc et MusGrave, The Bacillus of Philippine dysentery (Journ. of the American med. Assoc., 25 août 1900).

(5) Gay et Duvaz, Acute dysentery associated with the two types of Bacillus dysenterica Shiga (Pensylviana med. Bull., XVI, 1902).

(6) Vorzsren, The dysentery bacillus in a series of cases of infantile diarrhϾa {Journ. of med. Research., X, 1902).

(7) Smica, Typen der Dysenteriebazillen (Zeitschr. für Hygiene, LX, 1908, p. 75).

236 BACTÉRIACÉES.

Type originel (Bacille de Shiga): fait fermenter le dextrose; pas la mannile, le saccharose, le maltose.

Variété I (Bacille Y de Hiss): fait fermenter le dextrose et la mannite ; pas le saccharose et le mallose.

Variété II (Bacille de Strong) : fait fermenter le dextrose, la mannite et le saccharose; pas le maltose.

Variété III (Bacille de Flexner-Manille) : fait fermenter le dextrose, la mannite, le saccharose et le maltose.

Variété IV (Bacille de Gay et Duval): fait fermenter le dextrose, le saccharose, le mallose; avec la mannite, donne en vingt-quatre heures une réaction acide (virage rouge du tournesol), mais ramène au bleu en deux à trois jours.

D'après ceci, il semble bien qu’il existe un véritable type, qui est le Bacillus dysenteriæ de Shiga, près duquel viennent se ranger des types secondaires, probablement simples variétés fixées ou peut-être espèces distinctes, qui pourraient être englobés sous la dénomination de Bacrlles paradysentériques, correspondant aux dénominations admises de Bacilles paralyphiques, où plutôt de Paracolibacilles. Les caractères de ce Bacillus dysenteriæ vont ètre exposés; sous la rubrique de Bacilles paradysentériques on trouvera ceux des autres.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — (C’est un court bâtonnetà extrémités arrondies, de 2? à 3 w de long sur un peu moins de 1 » de large (fig. 43), très semblable au Bacille Eyphique, peut-être un peu plus court et plus épais. Les éléments sont isolés ou réunis par deux, bout à bout.

Il paraît tout à fait immobile ou présente de lents mouvements d’oscillations.

Il ne possède pas ‘de cils vibratiles et ne forme jamais de spores.

Coloration. — Il se colore facilement aux couleurs d’aniline; la partie centrale reste souvent plus claire que les pôles. Il se décolore toujours par la méthode de Gram.

Cultures. — Ce microbe se cultive facilement sur les milieux ordinaires, et assez bien en l'absence d'air. Sa température optima paraît être vers 37°; il commence à végéter à + 6°, etse développe encore bien à 420.

Sur plaques de gélatine, les coloniesde la profondeur et de la surface ressemblent beaucoup à celles du Bacille typhique. La gélatine n'est jamais liquéfiée.

Sur gélaline, en piqûre ou en strie, les’cultures sont semblables à

Fig. 43. — Bacille de la dysenterie.

BACILLUS DYSENTERIEÆ. 237

cellesque donnele Bacillelyphique,assez transparentes, bleuâtres, irisées.

Sur gélose, il en est de même. On n'observe jamais de production de gaz, même sur gélose glucosée.

Sur sérum coagulé, mêmes caractères que le Bacille typhique.

Sur pomme de terre, il se fait une culture difficile à voir au début, sorte de vernissé, analogue à la culture du Bactille lyphique, mais qui s'épaissit un peu par la suite, devient un peu grisâtre ou jaunâtre

Dans le bouillon, on a un trouble uniforme, déjà net en six à dix heures. Par agilalion, on produit l'aspect moiré cité à propos du Bacille typhique. Il ne se forme pas de voile, seulement liséré à la surface contre la paroi, puis un dépôt blanc jaunâtre. Le liquide est un peu acide et n’a pas d'odeur. En bouillon phéniqué, comme le Colibacille et les similaires, il se développe facilement.

Dans le lait, il ne se produit pas de coagulation. Dans le lait tournesolé, la teinte bleue persiste ou vire souvent le premier jour au violet rougeâtre, puis redevient bleue après le second jour.

Les milieux au rouge neutre, bouillon de Savage par exemple (p. 176), ne sont pas modifiés.

Sur gélose lactosée lournesolée, sur gélose de Conradi-Drigalski, 11 donne des colonies bleues, presque transparentes ou très peu laiteuses, très semblables à celles du Bacille typhique.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

Vitalité. — La vitalité du Bacille de la dysentertie est faible, plus encore que celle du PBacille lyphique.

En culture, il périt souvent en dix ou vingt jours.

Desséché, il meurt dans le même laps de temps.

D’après Shiga, la lumière solaire directe le tuerait en une trentaine de minutes.

IL périt à 100° presque instantanément, à 58° après une heure, à 60° en dix minutes. Il résiste longtemps à un froid modéré; les températures basses favorisent sa conservation.

D'après Pfuhl, il serait très sensible à la concurrence des saprophytes; dans les selles laissées à elles-mêmes, il disparaîtrait en deux jours; dans du lait subissant l'action de ferments lactiques, il n’existerait plus après huit jours, malgré un ensemencement très abondant. Dans la terre humide, cependant, Pfuh] laurait vu résister pendant cent un jours.

D'après Vincent, dans l’eau distillée stérilisée, dans l'eau de source ou de rivière stérilisées, il meurt en dix à douze jours ; ilen est de même dans les eaux ordinaires, peu microbiennes ; dans les eaux riches en Bactéries, il disparait en quelques jours.

Action sur les matières azotées. — Elle est peu marquée. Avec les peptones, on n'observe Jamais de production d'indol.

Action sur les sucres.—Le Bacille de Shigafait fermenter le glucose, mais sans dégagement de gaz; le tournesol neutre ajouté vire au rouge. Il se produit de l'acide acétique et de l'acide formique (1). Il ne fait pas

(1) Sera, Beiträge zur Biochemie der Dysenterie und Pseudodysenteriebacillus (Zeitschr. für Hygiene, LXVI, 1910, p. 141).

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