BACILLE DE LA PASTEURELLOSE DES BOVIDÉS ET DES ANIMAUX SAUVAGES
Bollinger (4) a décrit en 1878, sous le nom de Wr/dseuche et de Rinderseuche, une affection épizootique sévissant sur les cerfs et les sangliers, observée plus tard sur les chevreuils et les daims. Kitt (5) la retrouve plus tard sur les bovidés. D’après Nocard (6), la septicémie hémorragique observée chez le bœuf par Guillebeau (7) doit aussi lui être rapportée. Pour Lignières, ce sont des modalités différentes d'un même type pathologique, la pasteurellose bovine.
La maladie se présente sous deux formes. L'une que l’on observe
4) Egerra et Maxpry, Die spontane Kaninchenseptikämie ( Virchow's Archiv, CXXXI 1890, p. 340).
(2) Lucer, Nouvelle septicémie du lapin (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1889).
(3) Lucer, Étude sur une nouvelle septicémie du lapin (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1892).
(4) BorunGer, Ueber eine neue Wilde und Rinderseuche, 1878.
(5) Krrr, Mittheilungen über neue Vorkomnisse von Septicemia hemorrhagica in, Bayern, 1889. -
(6) Nocarnp et LEcLAINCHE, Les maladies microbiennes des animaux, p. 34.
(7) Guizzesrau, Cas de septicémie hémorragique chez le bœuf (Ann. de micr., VI, 1594, p. 195).
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surtout chez les bovidés, la forme exanthématique, ou plutôt œdémateuse, a une évolution rapide et s'accompagne d’æœdèmes superficiels, de gonflement de la langue.
L'autre, forme pectorale, se rencontre principalement sur les grands animaux sauvages ; elle se caractérise surtout par des lésions pulmonaires et évolue plus lentement. Dans les deux formes, on trouve des lésions d’entérite hémorragique ; à la dernière, on donne surtout le nom de preumo-entérile des bovidés. La mortalité est considérable.
Le microbe isolé est une Bactérie ovoïde, immobile, semblable, d’après Lignières, à celles décrites dans les types qui précèdent (fig. 55 et 56).
Fig. 55. — Bacille de la Wildseuche. Fig. 56. — Forme constante du Bacille Culture sur gélose donnant une forme de la Wildseuche en bouillon-peptone. coccobacillaire se rapprochant des 700/1 (d’après Lignières).
Pasteurella. 700/1 (d'après Lignières).
Il ne pousse pas sur pomme de terre, ne coagule pas le lait, ne produit pas d’indol, développe dans les cultures une odeur sut generis.
De nombreuses espèces animales sont réceptives à un haut point. Le microbe tue le bœuf, le cheval, le porc, le sanglier, le mouton, le daim, le cerf, le chevreuil, le lapin, la souris, le pigeon et les petits oiseaux. Le cobaye, le lièvre et la poule sont sur la limite de la réceptivité. Le rat, le canard, l’oie paraissent réfractaires.
Pour Lignières, l'Entéqué, qui sévit dans la République Argentine, est une forme de la pasteurellose bovine, caractérisée par de l’entérite aiguë, pouvant amener rapidement la mort, ou par un état de cachexie progressive.
Le Barbone des buffles, qui sévit en Italie (1) et en Hongrie (2), parait aussi dû à un semblable microbe ; c'est une pasteurellose des buffles ; les porcs pourraient aussi prendre cette affection, qui serait peut-être à rapprocher de la Schweineseuche (3).
Les cultures fraiches sont extrêmement virulentes pour tous les bovidés, les pores, les chevaux ; le cobaye et les carnassiers sont plus résistants.
(1) Oresre et Armani, Analysé in : {nn. de l'Inst. Pasteur, 1, 1887, p. 400.
(2) Rarz, Ueber die pathogene Wirkung der Barbonebakterien (Centralbl. für Bakt., XX, 1896, p. 289).
(3) San Feuice, Lor et Mararo, Die Barbonekrankheit der Rinder und Schweine in Sardinien (Centralbl. für Bakt., XXII, 1897, p. 33).
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Ces cultures s’atténuent en vieillissant. Blin et Carougeau (1) ont réussi à vacciner le buffle et le bœuf à l’aide de cultures atténuées d'aclivité croissante. Ils ont pu obtenir, surtout avec le cheval, un sérum immunisant, doué de propriétés préventives. En inoculant simultanément du sérum et du virus actif, on a un procédé de choix pour vacciner contre l'affection.
Les septicémies hémorragiques du mouton, la pneumo-entérite du mouton, seraient, pour Lignières, déterminées par un type microbien très voisin, présentant les caractères généraux des Pasleurella, cités précédemment; ce seraient des formes diverses de la pasleurellose ovine. Il en est de même de la pneumonie des chèvres, étudiée par Nicolle et Refik-bey (2), due à un microbe probablement identique à celui du mouton.
La maladie décrite par Poels (3) sous le nom de pleuro-pneumonie septique Fig. 57. — Pasteurellose bovine. es veaux, observée en France par Gal-
700/1 (d’après Lignières). tier sous le nom de mal de la courade,
paraît devoir être dissociée et séparée en partie des pasteurelloses. Si, dans certains cas, on y trouve un microbe qui ressemble beaucoup à celui du choléra des poules, dans d’autres on rencontre un petit Bacille mobile, poussant abondamment sur pomme de terre. Certains auteurs, d’un autre côté, ont dû confondre sous ce nom des formes de la véritable pasteurellose bovine ; d’où la non-concordance de quelques données.