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BACILLE DE LA PESTE. ol
tère, très gros, rouges et richés en Bacilles; les poumons sont intacts, la rate et le foie très gros et hyperémiés.
Sur les souris, les effets sont semblables, mais moins marqués; la mort est plus longue à venir après trois à cinq Jours, retardant jusqu’à quinze à vingt jours avec un produit qui n’a pas une haute virulence.
Chez tous ces animaux on peut observer des formes chroniques, où l'animal ne succombe qu'après une ou plusieurs semaines, dans un état cachectique prononcé. On peut alors ne pas rencontrer de Bacilles dans les organes; les phénomènes produits semblent être sous la dépendance d’une intoxication,
IMMUNITÉ, SÉROTHÉRAPIE, VACCINATION
On peut arriver à immuniser le lapin en se servant de toxines, mais, précisément à cause du peu d'activité de ces toxines, il n’est guère possible d’arriver à obtenir une immunité bien établie et surtout durable à l'égard de virus très actif.
Yersin, Calmette et Borrel, puis Markl, ont employé, seules ou combinées avec l’usage de toxine, les injections sous-cutanées, intrapéritonéales ou intraveineuses de corps bacillaires tués par la chaleur, un chauffage d’une heure à 58°. Trois ou quatre injections sous-cutanées, faites de quinze jours en quinze jours, vaccinent le lapin contre une inoculation sous-cutanée du Bacille virulent, Le sérum des lapins vaccinés a une action préventive et curative certaine.
Le cobaye est difficile à immuniser. Batzaroff y est parvenu en usant de mélange de sérum antipesteux d’autres animaux et de cultures virulentes vivantes.
L’immunisation du cheval est aussi une opération délicate, qu'il faut conduire avec prudence à cause de la grande sensibilité de l’animal à égard du virus pesteux. Les toxines obtenues n'ayant pas d’action marquée sur lui, il est nécessaire de recourir aux cultures vivantes. L’inoculation sous-cutanée donne des tuméfactions qui durent longtemps et suppurent souvent. Il est préférable de recourir aux inoculations intraveineuses, En injectant à peu près la valeur d’une culture sur gélose, il se produit rapidement une réaction fébrile intense; une seconde injection, faite vingt jours après la première, donne encore une forte réaction, mais l'animal se remet bien plus vite. On peut alors répéter les injections à doses plus fortes et à intervalles plus rapprochés. L'animal peut maigrir beaucoup pendant l'expérience. Il faut procéder lentement et prudemment.
Les recherches de Carougeau (1) montrent que les Bacilles vivants disparaissent en quelques jours de la circulation.
À cause du danger de la manipulation du virus pesteux vivant, il serait préférable de recourir à lemploide cultures tuées parla chaleur; mais elles sont trop peu actives et il est nécessaire de compléter leur action par l'injection de cultures vivantes et virulentes, L'animal reçoit d’abord, en injections intraveineuses, des cultures tuées par chauffage d’une demi-heure à 70°, puis des cultures vivantes et virulentes, et enfin
(4) Carouceav, Recherches sur la durée de la présence du microbe de la peste injecté vivant dans les veines du cheval (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 842).
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des cultures vivantes à virulence exaltée par passages sur cobayes et sur rats. On recueille le sérum trois semaines après la dernière injection. Le temps d’immunisation varie avec l'animal; il faut longtemps, dix mois, un an et même parfois plus, pour obtenir un sérum assez actif. Le pouvoir immunisant est maintenu par des injections de même nature répétées périodiquement (1).
Sérothérapie.— Le sérum d’un tel animal est à la fois antimicrobien et antitoxique. Il préserve les souris à la dose de 1/20° de centimètre cube, injecté douze heures avant linoculation virulente. A la dose d’un demi-centimètre cube, il guérit les souris inoculées depuis seize à vingt heures, Il réussit bien aussi chez le cobaye, sauf après l'injection sur la peau rasée, comme l’a observé Kolle, où la guérison est exceptionnelle.
Utilisé chez l'homme, son efficacité est nettement démontrée. L'emploi qui en a été fait dans bien des cas, en particulier par Yersin en Chine, par Calmetie et Salimbeni (2) à Oporto, démontre d’une façon évidente son action curative et préventive pour l’homme ; cependant, les résultats obtenus ne sont pas constants. Comme moyen thérapeutique, il est nécessaire d’en injecter des doses notables, de 40 à 300 centimètres cubes, en injection sous-cutanée ou, mieux, en injection intraveineuse faite à plusieurs reprises dans une veine supertficielle, de la face dorsale de la main ou du poignet, par exemple, et continuer les injections même pendant la convalescence. Denys (3) donne comme bonne méthode d’injecter de petites quantités de sérum à plusieurs endroits voisins de la lésion apparente, point d’inoculation ou ganglion tuméfié, de façon à la circonscrire avec des piqûres.
L'action préventive dure peude temps; avec 5 à 10 centimètres cubes, pour l’homme, l’immunité est presque immédiatement acquise, mais ne dure guère qu’une dizaine de jours, en tout cas ne dépasse pas quatorze jours; il faut la renouveler chaque deux semaines.
L'action curative du sérum antipesteux ne paraît pas très régulière. Les résultats obtenus sont très variables suivantles régions. Il y a peutêtre là une question de race, certaines races humaines, la race indoue par exemple, semblant être beaucoup plus sensibles au virus pesteux. Toutefois, Le sérum n’est actif que dans la peste bubonique ; dans la peste pneumonique, il semble bien être tout à fait inactif.
Sous l'influence du traitement sérothérapique, dans la forme bubonique, la mortalité tombe à un taux de 15 à 30 p. 100 environ, au lieu du taux habituel de 70, 80, même 95 p. 100 suivant les épidémies; elle semble être réduite à peu près de moitié.
Le traitement très précoce est une grande condition de succès; les meilleurs résultats s’observent chez les malades qui ont eu de fortes doses de sérum dès le premier ou le second jour de la maladie; à partir du troisième jour, le danger reste plus grand.
Lustig et Galeotti (4) immunisent les chevaux avec leur toxine pes-
(4) Dusarnin-BEaAumETz, La sérothérapie de la peste (Bull. de l’'Inst. Pasteur, 1V,41906, p. 473). F
(2) Caruerrte et SazmBen, La peste bubonique. Étude de l'épidémie d'Oporto en 1898. Sérothérapie (Ann. de l’Inst. Pasteur, XIII, 1899, p. 865).
(3) Denys, Procédé pour augmenter dans une forte proportion l'efficacité du sérum antipesteux (Acad. de méd. de Belgique, 27 janvier 1900).
(4) Gazsorri et Marencnini, Experimentelle Untersuchungen bei Affen über die
teuse seule, préparée d’une façon spéciale. Ils traitent des cultures par une solution de potasse à 0,75 ou 1 p. 100, puis précipitent par l'acide acétique ou acide chlorhydrique. Le précipité est très toxique pour les animaux. Le sérum des chevaux immunisés à son aide a une action curative manifeste contre la peste. Les résultats obtenus chez l’homme ne sont pas des plus satisfaisants.
Vaccination. — Haffkine (1) préconise une méthode de vaccination préventive à l’aide de cultures virulentes tuées par la chaleur.
Des ballons de 2 litres sont remplis à moitié de bouillon à la surface duquel on dépose un peu de beurre. Le tout est stérilisé, puis ensemencé avec une culture bien virulente et mis à 20°. La culture se développe en formant de belles stalactites. Cinq ou six fois dans le mois, on agite légèrement chaque ballon, pour faire tomber la plus grande partie de la culture. Après un mois, le liquide, bien agité au préalable, est réparti dans des tubes de verre qui sont scellés et chauffés pendant une heure à 70. C’est le contenu de ces tubes qui sert aux inoculations. Les produits actifs sont à la fois ceux du liquide et ceux des corps bacillaires.
Haffkine inocule au bras, aux doses de 3 centimètres cubes à 3,9 chez l’homme, ? centimètres cubes à 2%,5chezla femme, 1 centimètre cube chez l'enfant au-dessus de dix ans, 0°°,3 à 0°°,1 chez les jeunes enfants. Il se produitune réaction assez forte pendant douze à vingt-quatreheures, rappelant la peste à son début. Une seconde inoculation est inutile, si la première a été suivie d’une réaction suffisante.
L’immunisation active produite n’est pas immédiate, mais met quelques jours à s'établir. L’immunité obtenue est d’assez longue durée ; elle paraît cependant être de moins d’une année ; aussi est-il à recommander de recommencer les inoculations après six mois.
Calmette croit qu’il serait préférable de faire d’abord une injection de sérum antipesteux, conférant une immunité passive immédiate, puis de vacciner deux jours après pour obtenir l’immunité active plus durable.
En somme, les inoculations de Haffkine, pratiquées dans l’Inde sur un nombre considérable d' individus, d’après de nombreux observateurs et les relations très complètes de l’Indian plaque Commission, paraissent diminuer notablement la réceptivité vis-à-vis de la peste bubonique et atténuer sa gravité chez les sujets atteints ; la mortalité baisse dans des proportions sensibles. Contre la peste pneumonique, elles paraissent mieux agir que le sérum antipesteux.
Terni et Bandi (2) recommandent un vaccin obtenu en chauffant pendant deux jours à 50°-52 le liquide séro-purulent que l’on recueille dans le péritoine des cobayes tués par l’injection intrapéritonéale de culture virulente, délayé dans un peu de solution physiologique s’il est trop épais. Un tel vaccin conférerait l’immunité en quatre ou cinq Schützimpfung und die Serumtherapie gegen Beulenpest (Centralbl. für Bakt., XXI, 1897, p. 508). — Lusric, Sieroterapia e vaccinazioni preventive contro la pesta bubonica. Turin, 4899.
(4) HarrxNe, Rapports officiels de la Commission de la peste aux Indes sur les inoculations antipesteuses de Haffkine, 1899-1902. — Les inoculations antipesteuses (Bull. de l'Inst. Pasteur, IV, 1906, p. 826).
(2) Terni et Banni, Nouvelle méthode de préparation du vaccin antipesteux (Revue d'hyg., 1900).
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jours et donnerait une immunité beaucoup plus longue, de plus de deux mois.
Besredka (1) recommande un vaccin antipesteux seb obtenu en traitant des Bacilles de cultures sur gélose de quarante-huit heures, additionnés d’un peu de solution physiologique, tués par un chauffage d'une heure à 60°, par du sérum antipesteux bien agglutinant. On laisse déposer et on recueille le dépôt que l’on émulsionne dans de la solution physiologique.
HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE
Le Bacille de la peste se rencontre chez l’homme ou les animaux atteints de peste.
Chez l'homme, la peste évolue le plus souvent d’après le type classique, avec un ou plusieurs bubons accompagnés ou non d’engorgements ganglionnaires multiples. La peste pulmonaire est plus rare; elle peut être due surtout à une infection directe par inhalation, infiniment plus contagieuse d’homme à homme que la peste bubonique. Toutefois, la pneumonie pesteuse peut également être secondaire, survenant comme complication de la peste à bubons. On décrit aussi une forme septicémique (pesticémie), caractérisée par de très nombreux microbes dans le sang, évolution aiguë des deux modalités bubonique et pneumonique ; enfin une forme lente, cachectique.
Chez les individus atteints de peste, on trouve le Bacille dans toutes les lésions. Les microbes abondent surtout dans les bubons et dans la rate. Dans les bubons en pleine suppuration, on rencontre en même temps des microbes pyogènes ordinaires, surtout le Staphylocoque et le Colibacille, qui peuvent rapidement prendre le dessus et cacher ou faire disparaître le Bacille spécifique. On le trouve également dans tous les
ganglions tuméfiés. Le sang en renferme fréquemment, surtout dansles cas graves à forme septicémique; il peut toutefois ne pas s'y rencontrer eten disparaît assez vite, comme si sa présence danslesang n’était qu'un phénomène secondaire. On le trouve dans beaucoup d’organes, poumons, cœur, foie, reins, parois de l'estomac et de l'intestin, contenu probablement dans les voies lymphatiques. Ilest fréquent dans les crachats, surtout dans la forme pneumonique, dans l'urine, dans les matières fécales. Il ne semble pas se rencontrer dans la salive, dans la sueur, ni dans le lait. Ilexiste dans beaucoup d’exsudats pathologiques des méninges, de la plèvre, du péritoine, lorsqu'il se produit des manifestations qui intéressent ces appareils.
Les malades et les morts disséminent largement le microbe dans le milieu extérieur, dans l’eau et le sol surtout. Yersin a rencontré dans le sol d'une localité infectée un Bacille identique à celui de la peste, mais moins virulent que celui retiré des bubons. Le virus subsiste peutêtre atténué dans le sol, jusqu'à ce que se présentent des conditions favorables à l'infection. Kitasato, Lehmann ont trouvé le microbe dans la poussière de chambres de malades. Wilm et Hankin disent l'avoir isolé de l’eau de mares de localités où sévissait la peste; l’eau ne paraît
(1) Besrenxa, De la vaccination par les virus sensibilisés (Bull. de l'Inst. Pasteur, VIII, 1940, p. 241).
cependant pas jouer de rôle dans la transmission de l'affection. Il ne semble pas que cette existence du Bacille dans le milieu extérieur constitue un danger réel de contagion pour l’homme.
Les individus guéris peuvent propager le contage; Gotschlich (1), dans des formes pneumoniques, a pu constater la présence dans les crachats de Bacilles virulents jusque quarante-huit jours après la défervescence complète, après disparition de tout symptôme morbide. Il pourrait donc y avoir de véritables porteurs de germes chroniques; il ne semble pas exister de porteurs sains.
Certains animaux peuvent prendre la peste en apparence spontanément. En première ligne se trouvent les rats, principalement Mus raltus et Mus decumanus, sur lesquels la peste peut sévir d'une façon très meurtrière. On fait même jouer aujourd'hui à cette peste des rats un rôle considérable dans la transmission de la peste à l’homme et dans l'extension des épidémies. C’est du reste là une croyance populaire très ancienne et très profondément établie dans les régions où la peste est fréquente; l’épidémie pourrait même être annoncée par une maladie des rats qui sortent par bandes, courent affolés dans les maisons et meurent en grand nombre. Le rat s’infecte probablement par l'alimentation, en mangeant des détritus chargés de matière virulente ou les cadavres de ses semblables morts de peste, ou par transport du virus par des animaux parasites piquants, les puces principalement.
Le rat présente en outre une forme d'infection lente, chronique, qui pourrait alors jouer un grand rôle dans la conservation du virus pendant les périodes d’accalmie.
D’autres animaux paraissent aussi pouvoir prendre la peste spontanée, mais moins communément que le rat, la souris et le porc particulièrement. La dernière épidémie de Mandchourie proviendrait d’une sorte de marmotte, le Tabargan, que l’on recherche pour sa fourrure, désignée sous le nom de murmel; ce sont les chasseurs qui lauraient prise et propagée (2).
Dans la transmission du rat à l’homme, il semble que l’on doive peut-être incriminer les puces du rat, comme le démontrent les recherches de Simond (3), confirmées par celles de la Commission anglaise ; les piqûres de ces puces pourraient être la voie d'introduction du virus aussi bien pour la forme pneumonique que pour la forme bubonique. D’après la Commission anglaise, le pouvoir infectant des puces serait surtout marqué pendant les deux premiers jours, mais pourrait durer pendant dix et même quinze jours. On doit surtout incriminer Pulex cheopis, piquant facilement l’homme, mais aussi d’autres espèces, Ceratophyllus fasciatus par exemple. D’autres insectes piqueurs, les punaises particulièrement, transmettraient facilement l'infection d'homme à homme; les mouches ordinaires peuvent aussi transporter le virus. Yersin a trouvé le Bacille virulent dans des cadavres de mouches, pendant l’épidémie.
(1) Gorscauica, Ueber wochenlange Fortexistence lebender virulenter Pestbacillen im Sputum geheilter Fälle von Pestpneumonie (Zect{schr. für Hygiene, XXXIII, 4899,
à (2) rer Les Tabargans et la peste (Roussky Vratch, 1911, n°$ 24 et 25). (3) Simon», La propagation de la peste (Ann. de l'Inst. Pasteur, XII, 1898, p. 625). —
L'épidémie de Mandchourie en 1910-1914 (Revue d'hygiène, XXXIII, 1911, p. 646). — HanxiN, La propagation dela peste (Ann. de l’Inst. Pasteur, XII, 1898, p. 705).
La contagion à l’homme se fait du reste très facilement, non seulement avec les produits pathologiques, mais avec les cultures virulentes, comme le prouve trop bien l'épidémie du laboratoire de Vienne qui a coûté la vie au professeur Müller en 1898. C’est l'infection par le poumon ou par la peau qui paraît être surtout à craindre; toutefois, les expériences de Bandi et Balistreri (1) démontrent bien que, chez le cobaye, le Bacille de la peste est très infectieux par la voie digestive et qu’on peut obtenir de cette facon les différents types cliniques observés chez l’homme; il y aurait donc lieu de tenir grand compte du rôle des aliments contaminés.
De telles données sont précieuses pour établir la prophylaxie de la peste. Les mesures à prendre ne doivent pas seulement viser les individus provenant de milieux infectés, mais aussi, et particulièrement, les rats et leurs parasites, qui paraissent jouer un si grand rôle. Le peu de résistance du virus aux agents désinfectants fait que les procédés de désinfection, convenablement appliqués, détruisent aisément toute son activité.
RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
Le diagnostic précoce est une excellente condition pour pouvoir arrêter tôt une épidémie. Chez l’homme malade, on fait des cultures avec le sang ou le contenu des bubons, au mieux non ouverts, même avec des crachats.
Sur le cadavre, ce diagnostic se fait facilement par la recherche du Bacille dans ses endroits de prédilection, les bubons, les ganglions tuméfiés, la rate (2). Sur le vivant, on peut le rechercher dans le pus des bubons ouverts, dans le suc des bubons fermés que l’on prélève par ponction capillaire aseptique, dans le sang par une prise faite au doigt ou au lobule de l'oreille, avec les précautions aseptiques nécessaires, dans les crachats, dans l’urine même qui renferme souvent des Bacilles. On fera des préparations colorées, des inoculations d'emblée au cobaye ou au rat, ou mieux des cultures et après seulement des inoculations qui permettront de reconnaitre les caractères et la virulence du microbe.
L'inoculation sous-cutanée au cobaye est la plus commode. Les phénomènes que l’on peut observer sont décrits page 310. On a dit beaucoup de bien de l’inoculation faite sur la peau rasée (p. 310), qui permettrait même d'obtenir une infection pesteuse alors que le produit employé renfermerait d’autres microbes, ce qui est fréquent surtout dans les recherches faites après la mort,
Pour prélever et envoyer les produits suspects, sur le vivant on fait une ponction de bubon avec une seringue en prenant toutes les précautions d’antisepsie voulues et on vide le liquide dans un flacon stérilisé ; si le bubon suppure,on recueille le pus dans des tubes effilés qui sont ensuite scellés; pour la peste pulmonaire, on recueille les
(1) Banpr et Bauisrrert, De la diffusion de la peste par les voies digestives (Zeitschr, für Hygiene, XXXIII, 1899, p. 221).
(2) DawBar et Kisrer, Zur bakteriologischen Diagnose bei pestkranken Ratten (Centralbl. für Bakt., 1% Abth., Orig., XXXVI, 1904, p. 127).
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crachats dans des flacons stérilisés. On agit semblablement sur le cadavre.
Chez le rat, la recherche et le diagnostic peuvent avoir une importance considérable, en raison du grand rôle que joue le rat dans la conservation et la transmission de la maladie, et surtout du fait que la peste du rat précède et annonce souvent la peste humaine. La constatation de la pesle du rat constitue donc un renseignement de première importance (1).
La recherche du Bacille pesteux, chez l’animal vivant ou mort, se fait par les préparations, les cultures et les inoculations, en récoltant les produits dans le sang, le suc de la rate, le suc des ganglions hypertrophiés, le suc pulmonaire.
Les rats morts, à envoyer examiner, devront être saisis avec de longues pincettes et immergés aussitôt dans une solution désinfectante très forte, pour tuer les puces s’il en existe, puis emballés dans un bocal ou une boite de fer-blanc bien scellés et mis en caisse avec de la sciure de bois fortement additionnée d’antiseptiques forts.