BACILLE DE LA PNEUMONIE CONTAGIEUSE DU COBAYE
BACILLE DE LA PNEUMONIE CONTAGIEUSE DU COBAYE TArrTaARoWSsKY.
Les cobayes sont sujets à un certain nombre de maladies infectieuses qui déciment tro op souvent les élevages des laboratoires. Ils prennent facilement une variété de pseudo- tuberculose (I, p. 795); les femelles pleines meurent souvent d’une sorte de seplicémie puerpérale du cobaye qui se transmet aux jeunes, mais épargne les mâles adultes (1). Tartarowsky (2) a décrit une pneumonie contagieuse très meurtrière due à un Bacille qu'il a étudié.
Les animaux morts présentent des lésions des organes respiratoires tout à fait typiques. À l’ouverture de la cage thoracique, on trouve souvent une pleurésie fibrineuse avec exsudat épais, presque incolore, ou un peu rougeâtre, trouble et filant. Les poumons sont marbrés de taches rouge foncé, rouge brun ou jaunes; les parties atteintes sont compactes, hépatisées, augmentées de volume. La muqueuse des bronches est congestionnée, d’un rouge marbré, recouverte d’un mucus épais, parfois spumeux; la muqueuse nasale est rouge, enduite d’un mucus filant et trouble. Le cœur est presque toujours flasque, jaunâtre, en état de dégénérescence graisseuse, ou simplement pâle, anémié, brunâtre. Les autres organes sont intacts ou peu modifiés.
Dans l’exsudat pleural ou surtout les parties malades du Pouens on trouve toujours de petits Bacilles de 1 w à 2 y de long sur 0,4 y à 0,6 y de large, groupés deux à deux, assez semblables au Bacille de la morve. Ils ne se rencontrent ni dans le sang, ni dans les autres organes. Ils sont toujours immobiles et ne présentent jamais de spores.
Ils se colorent facilement aux couleurs d’aniline et se décolorent par la méthode de Gram.
On les isole facilement en culture; ils végètent sur tous les milieux, en présence d'air seulement, pas du tout en milieu acide et au mieux en milieu légèrement alcalin.
Sur plaques de gélatine, les colonies n'apparaissent que vers le quatrième ou le cinquième jour; celles de la surface prennent la forme de petits disques arrondis, à bords nets, transparents, avec un noyau plus foncé, un peu granuleux, de couleur jaune brunâtre clair. La gélatine n'est pas liquéfiée.
Sur gélatine en piqûre, il se forme à la surface un petit disque transparent et dans le canal des petites colonies rondes, transparentes, jaunâtres.
Sur gélose en strie, le développement donne une bande assez large, transparente, un peu bleuâtre, qui ternit vite.
Sur sérum coaqulé, la culture est mince, blanchâtre, brillante.
Sur pomme de terre, il se forme une pellicule jaune brunâtre.
Dans le bouillon, il apparaît, en vingt-quatre heures, un trouble uniforme; les jours suivants, le liquide abandonne un dépôt épais, jaunâtre.
(1) Scxanryr, Zur Aetiologie des Gebärfiebers der Meerschweinchen (Deutsche Zeitschr. für Thiermed., XVIII, 1891).
(2) Tarrarowsrky, La pneumonie contagieuse des cobayes ; une nouvelle maladie infectieuse (Arch. des sc. biol. de Saint-Pélersbourg, VI, 1898, p. 255).
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Le lait n'est pas coagulé.
Les cultures se conservent vivantes pendant plusieurs mois.
Les produits pathologiques frais et les cultures jeunes sont virulents.
L'inoculation intrathoracique reproduit absolument la maladie primitive.
On arrive au même résultat en badigeonnant la muqueuse nasale.
L'inoculation sous-cutanée donne une tuméfaction locale, douloureuse, qui s'ouvre après un certain temps et laisse voir un contenu solide, presque sec, jaunâtre, et des bords rouge vif. L'animal maigrit et meurt en quinze jours. On ne trouve que peu de lésions à ADS on ne rencontre de microbes qu'au point d'inoculation.
L'inoculation intrapéritonéale tue le cobaye en trente à trente-six heures, avec des lésions marquées de péritonite et une pleurésie légère.
Parmi les autres animaux d'expérience, le lapin seul est réceptif, mais ne prend pas toutefois la maladie spontanément.
Phisalix (1) décrit une septlicémie du cobaye occasionnée par un Bacille très court, de 0,5 w de long, immobile, se décolorant à la méthode de Gram, ne liquéfiant pas la gélatine, très pathogène pour le lapin, la souris, le pigeon, sans action sur le rat.
Strada et Traina (2) ont étudié une pneumonie contagieuse qui doit être celle décrite par Tartarowsky.
BACILLUS CRASSUS SPUTIGENUS KREIBOHM..
Kreibohm (3) l’a rencontré deux fois dans la salive et dans l’enduit lingual. Ce sont de courts bätonnets à extrémités arrondies, qui restent souvent unis à plusieurs après la division et forment ainsi des filaments moniliformes, plus ou moins longs, flexueux. Ils se colorent bien par les procédés ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram. Ils sont entourés d’une capsule qui se colore dans certaines préparations.
En culture sur plaques de gélatine, il se forme dans la gelée de petites colonies ovales, jaunâtres, granuleuses ; celles de la surface sont d’un blanc grisätre, à bords arrondis, bombées. En piqûre, on obtient, en vingt-quatre heures, un clou typique. La gélatine n’est pas liquéfiée
Sur pomme de terre, il se développe une couche grisâtre, épaisse, un peu visqueuse.
Cette espèce tue les souris et les lapins en quarante-huit heures; on trouve de nombreuses Bactéries dans le sang des animaux morts, surtout dans le sang du foie. De très fortes doses injectées dans les veines de chiens et de lapins les tuent en trois à dix heures, après leur avoir causé des selles diarrhéiques sanguinolentes. À l’autopsie, on trouve des signes d'une gastro-entérite très aiguë.
(1) Paisazix, Sur une septicémie du cobaye (Soc. de Biol., 16 juillet 4898).
(2) SrrapA et TraixA, Ueber eine neue Form voninfektiôser Lungenkrankheit der Meerschweinchen (Centralbl. für Bakt., XX VIII, 1900, p. 635.
(3) In Fiuace, Die Microorganismen, 1897, p. 431.
BACILLUS PNEUMONICUS AGILIS. DT
BACILLUS PSEUDO-PNEUMONICUS Passer.
Il a été isolé deux fois par Passet (1) du pus d’abcès fermés. Ce sont de très courts bâtonnets dont la longueur peut n'être guère supérieure à la largeur. La largeur est de 0,87 & et la longueur maxima paraît être 1,16 y. Ils sont immobiles et, dans les préparations de liquides de l’organisme ou dans les cultures faites à 37°, possèdent une capsule qui se trouve faiblement colorée dans certaines préparations.
Sur plaques de gélaline, cette espèce forme de petites colonies grisâtres, bombées, qui ne renferment que des coccus. En piqûre, il ne se produit aucune culture dans le canal, mais seulement à la surface, au bout de vingt-quatre heures, une colonie grisâtre, brillante, très proéminente. Au bout de trois à quatre semaines, la gelée prend une teinte brunâtre dans ses couches supérieures et dégage une faible odeur de putréfaction. La gélatine n’est pas liquéfiée.
Sur pomme de terre, la culture est épaisse, brillante, blanchâtre; il ne s’y forme jamais de bulles de gaz.
Sur sérum, c’est un mince enduit grisâtre.
Passet a inoculé des cultures à des souris, des rats, des cobayes et des lapins. L’injection dans les séreuses produit une inflammation vive, accompagnée de suppuration; l’injection sous-cutanée n’a que des effets peu marqués et les inhalations ne déterminent aucun trouble appréciable.
Ce microbe n’est probablement autre que le Pneumobacille de Friedlaender (p.2 23).
BACILLUS PNEUMONICUS AGILIS ScHou.
Ce sont des bâtonnets gros et courts, mobiles, qui ressemblent parfois à des coccus ovoïdes, que Schou (2) a rencontrés chez des lapins, dans trois cas de pneumonie consécutive à la section du pneumogastrique et dans le mucus buccal d’un lapin sain. Neumann (3) les a trouvés chez l’homme, dans un cas de pneumonie. Ils se colorent aisément par les couleurs d’'aniline et se décolorent par la méthode de Gram.
Les cultures s’obtiennent aisément; c’est un anaérobie facultatif.
Sur plaques de gélatine, il se forme de petites colonies rondes, granuleuses, de couleur sombre. Après vingt-quatre heures, elles ont grandi et se montrent entourées d’une couronne de minces filaments rayonnants ; la liquéfaction de la gélatine se produit très vite.
Sur gélatine en piqüre, la gelée est liquéfiée en peu de temps; il se dépose un sédiment épais, blanchâtre.
Sur sérum, le développement est trèslent;le milieu est un peu liquéfié.
Sur pomme de terre, les cultures s'étendent très vite et couvrent toute la surface de la tranche d’une couche rougeñtre, de couleur chamois.
(4) Passer, Untersuchungen über die Aetiologie der eitrigen Phlegmonen des Menschen. Berlin, 1885.
(2) Scnou, Untersuchungen über Vaguspneumonie (Fortschr der Med.,1885, no 45).
(3) Neumaxx, Zur Kenntniss des Bacillus pneumonius agilis (Zeitschr. für klin. Med., XIII, 1887).
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Les injections de cultures aux lapins, dans la trachée, dans la plèvre et dans les. poumons, amènent la mort en peu de temps, avec des symptômes pneumoniques analogues à ceux observés dans l’affection primitive. :
BACILLUS COPROGENES FŒTIDUS SCHoTTELIUS.
Schottelius (1) l’a rencontré d’abord dans les glandes mésentériques et la rate de porcs atteints de rouget; il l'a retrouvé depuis dans l’intestin de ces animaux à l’état normal.
Ce Bacille ne joue aucun rôle dans l'affection où il a été découvert; les ulcérations intestinales, fréquentes dans cette maladie, lui ont simplement permis de pénétrer dans le sang et de gagner des organes voisins.
Ce sont des bâtonnets semblables au Bacillus sublilis, mais un peu plus courts, à extrémités arrondies et toujours immobiles. Lorsque l'oxygène est en abondance, ils donnent facilement des spores ; ils n’en produisent jamais dans l'organisme.
Sur plaques de gélaline, on observe en peu de temps, dans la gelée, de petites colonies jaune pâle qui, arrivées à la surface, s’y étalent en une mince couche grisâtre, transparente. La gélatine n’est pas liquéfiée et la culture dégage vite une forte odeur putride,
L'effet pathogène des cultures est peu marqué. De faibles doses ne déterminent rien; de fortes doses ont une action toxique sur les lapins; les porcs sont tout à fait réfractaires.
BACILLUS CAVICIDA PriEGEr.
Bactérie de la fermentation propionique.)
Cette espèce a été isolée des fèces et de substances putréfiées par Brieger (2), qui a surtout étudié la fermentation spéciale qu’elle provoque aux dépens des matières sucrées.
Ce sont de petits bâtonnets dont la dimension varie beaucoup; en général, la longueur est le double de la largeur.
Sur plaques de gélatine, ils donnent des colonies d'aspect très caractéristique. Elles sont formées d’anneaux blanchâtres, concentriques, irréguliers, affectant une disposition qui rappelle celle des plaques d'écaille de la carapace dorsale des tortues. La gélatine n’est pas nettement liquéfiée; elle devient visqueuse.
Sur pomme de lerre, la culture se fait bien; elle forme une couche Jaune sale. De même sur sérum humain solidifié. Elle se développe au mieux à 35°-37° sur le blanc d'œuf cuit et les matières amylacées.
Le microbe décompose les solutions sucrées et produit alors de l'acide propionique et des traces d'acide acétique.
Les cultures sont toxiques pour les cobayes qu’elles tuent, en injections sous-cutanées, de trois à vingt-quatre heures. Les animaux inoculés perdent tout appétit, sont pris d’une forte dyspnée et de batte-
(4) Scaorreuus, Der Rothlauf der Schweine. Wiesbaden, 1885.
(2) BrisGer, Ueber Spaltungsproducte der Bakterien (Zeitschr. für phys. Chemie, VIIT, 4884, et Berlin. klin. Wochenschr., 4884, n° 441.