‹ Traité pratique de bactériologieChapitre 53 sur 210 · BACILLUS SIMILIS · texte numérisé non relu

BACILLUS SIMILIS

ments de cœur tumultueux, vomissent et meurent subitement. On trouve de nombreux Bacilles dans le sang du cœur et de tous les organes. Les lapins et les souris résistent beaucoup plus et ne sont atteints que par des doses considérables.

Ces mêmes cultures, introduites dans le tube digestif avec 44 aliments, n’ont aucun effet nuisible.

A rapprocher probablement du Bacillus coli communis ou du Bacillus laclis aerogenes.

BACILLUS SUBTILIFORMIS Biexsrock.

(Bacille I de Bienstock.)

D’après Bienstock (1), cette espèce se retrouve constamment dans les selles de l’homme. Les bâtonnets, de 5 x de longueur en moyenne, sont absolument semblables à ceux du Bacillus re mais toujours immobiles ; ils restent souvent unis en longs filaments. Dans les articles isolés, comme dans ceux qui forment les filaments, il se produit des spores elliptiques très réfringentes, se colorant dans le bain chaud d’eau d’aniline additionnée de fuchsine et ne se décolorant pas par l'acide nitrique au tiers. À la germination, la membrane de la spore ne se rompt pas, mais les deux extrémités s’allongent d'abord en prenant une largeur moindre que celle de la partie médiane ; il se produit ainsi une forme en fuseau, renflée au milieu. Peu après, le bâtonnet se régularise et devient droit.

Les cultures s’obtiennent facilement sur tous les milieux: lespèce présente‘un optimum de température de 37° à 39.

Sur gélose, il se forme une large culture plissée en forme de mésentère, d’une coloration blanc jaunâtre.

Ce Bacille ne semble déterminer aucune espèce de fermentalion et est sans effet sur les souris, auxquelles Bienstock l’a inoculé.

BACILLUS SIMILIS BIENsrocx.

(Bacille II de Bienstock.)

Ce Bacille, que Bienstock (2) a rencontré fréquemment aussi dans les fèces, est en tout semblable au précédent, comme formes, dimensions et mode de sporulation. Il s’en distingue par l’aspect de ses cultures. Il produit, sur gélose, une couche blanche, brillante, d'abord lisse, puis inégale, qui prend la forme d’une grappe. Il croît très rapidement, envahit en douze heures toute la surface du milieu nutritif. Il n’a pas d'action physiologique plus marquée que le premier.

(4) Biexsrocx, Ueber die Bacterien der Fäces(Zeitschr. für klin. Med., XII, 1e et

(2) Brexsrocx, loc. cil.

BACILLUS ALBUMINIS Biexsrocx.

Il accompagne fréquemment les espèces précédentes (1). Les bâtonnets mesurent 3 u de long et sont très mobiles. Dans certaines conditions, ils forment de longs filaments qui peuvent se segmenter en articles de 3 u à 4 y de long : c’est dans ces articles que se produisent surtout les spores. La spore prend naissance à une extrémité du bâtonnet et est beaucoup plus large que lui; cette partie est toujours en avant dans le mouvement.

Sur gélose, on obtient une couche homogène, blanchâtre, à reflets nacrés au début, qui devient jaunâtre assez longtemps après.

Cette espèce, d’après Bienstock, est un agent très énergique de décomposition de l’albumine, qu'elle attaque dans un gaz inerte comme dans l'air, mais plus lentement. Ensemencée dans de la tyresine, elle la décompose entièrement en ammoniaque, acide carbonique et eau.

BACILLUS BIENSTOCKII Biensrocx.

Bienstock (2) l’a isolé des selles, où sa présence est loin d’être aussi constante que celle de ses autres Bactéries. Ce sont de très petits Bacilles, ressemblant à ceux de la seplicémie de la souris, mais un peu plus épais; ils mesurent 0,8 w de long sur 0,4 de large et sont tout à fait immobiles. Ils ne croissent que très lentement sur gélose; après plusieurs semaines, ils ne forment qu'un léger voile, à peine visible, s'étendant à 1 millimètre de chaque côté de la strie d’inoculation.

L'inoculation sous-cutanée de cultures pures à des souris détermine un gonflement œdémateux à l'endroit de la piqüre ; la mort arrive en vingt-quatre heures. La sérosité de l’œdème contient beaucoup de Bacilles, le sang du cœur très peu. La même opération à des lapins occasionne du gonflement et des rougeurs rappelant les plaques d’érysipèle; l'animal succombe au bout d’une huitaine de ; Jours.

BACILLUS SAPROGENES I RosEnBacH.

Rosenbach (3) l’a isolé d’amas caséeux d’odeur putride, recueillis dans les replis des amygdales.

Ce sont de gros bâtonnets qui présentent souvent une spore terminale. Sur gélose, en strie, ils donnent une bande opaque, gris jaunâtre, épaisse, légèrement visqueuse, à bords ondulés. La croissance est lente ; il se développe, au bout d'un mois, une odeur putride désagréable. Sur sérum, cette odeur est beaucoup plus intense.

C'est un anaérobie facultatif. Sans oxygène, le fumet des cultures est repoussant.

Cette espèce ne semble pas être pathogène. Des inoculations dans

(4) Brexsrocx, Loc. cit.

(2) Brexsrock, Loc. cit.

(3) Rosexsacx, Microorganismen bei den Wundinfectionskrankheiten. Wiesbaden,

BACILLUS OXYTOCUS PERNICIOSUS. 331

la plèvre et l'articulation du genou de chiens et de lapins n'ont produit aucun résultat.

BACILLUS SAPROGENES II ROsENBACH.

Rosenbach (1) l'a isolé d'une sueur de pieds fétide et abondante.

Ce sont des bâtonnets plus courts et plus minces que les précédents, qui croissent très rapidement sur gélose. Il se produit en vingt-quatre heures, sur toute la surface du milieu, un grand nombre de petites gouttelettes hyalines, qui confluent et forment une couche d’abord tout à fait transparente, puis opaque et visqueuse.

Les cultures dégagent l'odeur caractéristique de sueur de pieds.

C'est un anaérobie facultatif. Lorsqu'on le cultive à l'abri de l'air, la puanteur des cultures est moins forte.

Les cultures, inoculées à des lapins, les font périr avec des symptômes d'infection purulente.

BACILLUS SAPROGENES III RosexBacu.

Il a été trouvé par Rosenbach (1) dans des fragments de moelle putréfiée, prise dans des os de membres gangrenés. Ce sont des Bacilles très courts, à extrémités arrondies, donnant l'illusion de Microcoques.

Sur gélose en strie, ils donnent, au bout de huit jours, une bande grisâtre, très fluide, non visqueuse. II se dégage une edeur de putréfaction.

C'est aussi un anaérobie facultatif; 1l détermine la putréfaction de l'albumine plus rapidement sans air qu'en sa présence.

Ses propriétés pathogènes sont peu marquées. Inoculé sous la peau ou dans l'articulation du genou de lapins, il ne cause qu'une suppuration passagère, accompagnée d’une infiltration jaunâtre diffuse. Il se développe en même temps une forte odeur de putréfaction.

BACILLUS OXYTOCUS PERNICIOSUS WyssokowiITscH.

Wyssokowitsch (2) a isolé cette espèce de vieux lait caillé.

Ce sont de courts Bacilles à extrémités arrondies, un peu plus courts et plus épais que le Bacillus lacticus.

Sur plaques de gélatine, ils donnent de petites colonies jaunâtres, granuleuses, circulaires, à bords nets. Celles de la surface atteignent 1mn,5 de largeur; elles sont grisätres et proéminentes. Elles ne produisent aucune liquéfaction.

Sur gélatine, en piqûre, la culture affecte d'abord la forme de clou, puis la colonie superficielle s'étend et recouvre toute la surface libre.

Ce Bacille provoque la coagulation du lait, qui devient acide, mais ne dégage aucune odeur.

Les cultures n'ont d'effets pathogènes sur les souris et les lapins qu'à doses massives. Alors, en injections intraveineuses, elles peuvent

(1) RosexsAcH, Loc. cit.

(2) In Frucce, Die Microorganismen, 1886.

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