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BACTÉRIACÉES

déterminer la mort en moins d'un jour. À l’autopsie, le symptôme caractéristique est une très vive inflammation de la muqueuse intestinale.

À rapprocher peut-être du Pneumobacille de Friedlaender.

BACILLUS SEPTICUS AGRIGENUS Nicoraier.

Ce sont de très courts Bacilles qui ont été isolés par Nicolaier (1) de la terre de champs récemment fumés. Ils sont surtout remarquables par leur action pathogène. Les cultures sont virulentes pour les souris et les lapins, qu'elles tuent de douze à trente-six heures. Les symptômes sont voisins de ceux des septicémies du lapin précédemment décrites. On trouve des Bactéries dans le sang du cœur et des différents organes ; elles semblent de préférence s'accoler aux globules rouges, sans toutefois pénétrer à leur intérieur.

Les cultures s’obtiennent facilement sur la gélatine, qu'elles ne liquéfient pas. Les colonies des cultures sur plaques sont de petits disques granuleux, à centre brunâtre, à périphérie plus grise ; les deux zones sont séparées par un anneau plus foncé. Plus tard, | ces différences de coloration disparaissent, la colonie est homogène. En piqûre, il se forme à la surface une couche mince, peu caractéristique.

Les souris inoculées meurent de douze à vingt-quatre heures; les lapins, de vingt-quatre à trente-six heures.

Les organes ne paraissent pas altérés. Le sang de tout le corps contient de nombreuses Bactéries, qui ont de la tendance à s’accoler aux globules rouges.

Ce microbe appartient peut-être au groupe du Bacille du choléra des poules.

BACILLUS HEMINECROBIOPHILUS ARLOING.

C'est un microbe qu'Arloing (2) a rencontré au centre d’un ganglion caséeux.

Il se cultive bien sur les milieux ordinaires, avec une variabilité assez grande.

Sur gélatine, il forme des Bacilles de 3 à4u de long; dans le bouillon, à l’air, des Bacilles courts et épais, presque des Microcoques; dans le bouillon, en présence d’acide carbonique, de longs Bacilles de 8 à 20 y; sur pomme de terre, des Bacilles courts et fins. C’est un anaérobie facultatif.

Les cultures n’ont aucun effet pathogène marqué sur les animaux d'expérience, même en injection intraveineuse à hautes doses.

Par contre, si l’on injecte de ces cultures dans un tissu qui commence à se mortifier, comme le testicule de bélier privé de cireulation par l’opération du bistournage, le tissu devient rapidement œdémateux, crépitant, se détruit vite; en même temps, il se produit des phénomènes généraux graves, qui peuvent amener la mort. On n’observe que des symptômes très atténués lorsqu'on injecte le liquide dans un

(1) D’après FLuGce, Die Microorganismen, 1886, p. 257. (2) ArLornG, C. R. de l’Acad. des sc., CVII, 1888, p. 1167, CVIII, 1889, p. 458 et 532,

BACILLUS PYOCYANEUS. 333

testicule bistourné depuis assez longtemps et déjà OR jamais rien en opérant sur un testicule sain.

Les bouillons de culture renferment une substance D CSD par l'alcool, voisine des diastases. possédant des propriétés pyrétiques et vomitives.

BACILLUS PYOCYANEUS Grssaro.

(Bacille du pus bleu, Bacille pyocyanique.)

ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XIX

On sait depuis longtemps que la coloration bleue des linges de pansement, observée fréquemment dans les hôpitaux, est due à la présence, dans le pus, d’une Bactérie spéciale dont la particularité la plus intéressante est la sécrélion d’un pigment bleu, étudié sous le nom de pyocyanine. Fordos (1) a pu isoler cette substance et l'obtenir cristallisée ; une étude très complète en a été faite par Gessard (2). D’autres recherches de Charrin (3) et de Wasserzug (4) ont mis en lumière les rapports qui existent entre la Bactérie et le pigment bleu, la pyocyanine de Fordos. Charrin a fait, en particulier, une véritable monographie de cette espèce et a pu tirer de ses observations des généralisations d’un très haut intérêt qui ont fait de l'étude de ce microbe un véritable type pour l'étude des microbes en général et des pathogènes en particulier. Les recherches ultérieures ont montré que cette espèce était beaucoup plus répandue qu’on ne le pensait dès l’abord et ont établi son rôle pathogène certain pour l’homme et les animaux.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Les Bacilles sont de courts bâtonnets à extrémités arrondies, très mobiles (fig. 74 et 75); ils mesurent de 1uà 1,5 wde long, sur 0,54 à 0,6 ude nee leur longueur peut donc dépasser de peu la largeur. Ils sont réunis en chaines par deux, trois ou plus, ou en petits amas.

Dans des conditions spéciales, cette forme, que l’on est en droit de considérer comme normale, varie dans d'assez larges limites.

L'addition d'acides ou d’antiseptiques aux bouillons de cultures, en proportions insuffisantes pour causer la mort des Bactéries, détermine des modifications secondaires de formes qu'ont signalées Guignard et Charrin (5). On peut observer dans ces conditions, en faisant varier

(4) Fornos, Recherches sur la matière colorante des suppurations bleues : Pyocyanine (C. R. de l’Acad.des sc., LI, 1869, p. 215).

* (2) Gessarp, De la pyocyanine et de son microbe. Thèse de Paris, 14882. — In., Nouvelles recherches sur le microbe pyocyanique (Ann. de l'Inst. Pasteur, IV, 1890, n°2). — In., Des races du Bacille pyocyanique (/Zbid., V, 1891, n° 4).

(3) CHarnin, Soc. anat., décembre 1884 ; Soc. de Biol., 1887, 1888, 1889 et 1890. Et : La maladie pyocyanique, 1889.

(4) WasserzuG, Sur la formation de la matière colorante chez le Bacillus pyocyaneus (Ann. de l'Inst. Pasteur, I, 1887, n° 12).

(5) Guicnanp et CHARRIN, Sur les variations Sn aiqUes des microbes (C. R. de l'Acad. des sc., 5 décembre 1887).

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la composition du milieu, de courts bâtonnets, de longs Bacilles, des filaments droits où ondulés (fig. 76 à 81); de plus, on n’observe pas de formation de pyocyanine. La figure 75 représente le microbe à l’état normal, cultivé dans du bouillon de bœuf pur. i

En ajoutant aux cultures de l'acide phénique ou de la créosote, en proportions insuffisantes pour retarder la végétation, on obtient des formes qui se rapprochent des coccus (fig. 81). Avec le naphtol à la dose de 05,20 à 05,25 p. 100, on observe d'assez longs Bacilles, parfois réunis en filaments (fig. 76), formant souvent un feutrage à la surface de la culture. De même avec 4 p. 100 d’alcool (Hig.77). Avec l'acide borique à la dose de 0:,06 p. 100, les Bacilles s’allongent en longs filaments (fig. 79); à la dose de 05,7 p. 100 on obtient des éléments courbés et même de très belles formes spirillaires (fig. 80). On observe de très beaux filaments (fig. 78) avec une dose de 05,015 p. 100 de bichromate de potasse. Mais, quelle que soit la forme prise sous l'influence défavorable de Fig. 74. — Bacille pyocyanique, d'une culture l'antiseptique, dès qu'on transsur gélose. 700/1. porte le microbe dans un

bouillon pur, sur la gélose ou sur la gélatine, il reprend la forme qu’on est en droit de considérer comme normale et la propriété de faire de la pyocyanine qu'il pouvait avoir perdue, ce qui démontre en toute évidence que ces variations de forme n’ont qu'une importance toute secondaire.

Coloration. — Le Bacille pyocyanique se colore facilement aux couleurs d’aniline. Il se décolore par la méthode de Gram et par la méthode de Claudius. Toutefois, cette décoloration peut être irrégulière si l’on ne prolonge pas suffisamment le lavage à l'alcool. Les méthodes spéciales de coloration montrent la présence d'un seul cil à une extrémité de chaque élément.

Cultures. — C'est une espèce aérobie, qui peut vivre toutefois en l'absence d'oxygène, mais alors sans produire sa matière colorante. Elle se cultive facilement à la température ordinaire et mieux à l’étuve. Elle peut même végéter, mais très lentement, à de basses températures, vers 7° (1); d'un autre côté, elle se développe encore à 42°.

CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — On observe, au bout de vingtquatre heures à 20°, à un faible grossissement, de petites colonies, rondes, jaunâtres, granuleuses, à centre opaque, à bords sinueux, plus transparents, pointillés ou finement striés. Elles grandissent vite et, après quarante-huit heures, celles qui sont près de la surface ont

(1) Havemanx, Ueber das Wachstum von Mikroorganismen bei Eisschranktemperatur. Thèse de Rostock, 1894.

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atteint trois quarts de millimètre: elles ont un centre jaune, sombre, entouré d'une large auréole striée un peu granuleuse; les bords sont encore nets; elles commencent à s'enfoncer dans la gelée. Les bords se fondent alors peu à peu dans la gélatine, qui se liquéfie progressivement. La gelée prend une teinte verdâtre autour des colonies. Le cercle

SPL Le A te LS EN KO Ut Let.

.! .,9 le 2° | ! / mer Vers TA \ { © 0. \ De \! \/ Fig. 75. — Forme nor- Fig. 76. — Culture dans Fig. 77.[— (Culture male dans le bouillon du bouillon additionné dans du bouillon adde bœuf. de 0#,02 p. 10 de ditionné de 4 p. 100 naphtol, après qua- d'alcool, après vingtrante-huit heures. quatre heures.

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os 20 A Fig. 78. — Culture dans du bouillon Fig. 79. — Cullure dans du bouillon additionné de bichromate de potasse additionné de 0#',(6 p. 100 d'acide à 0er,015 p.100, après 15 heures. borique après quarante-huit heures.

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9 + 3 ARTE Ù D HEC LA) seËs .* Fig. 80. — Culture dans Fig. 81. — Culture âgée de du bouillon additionné de quelques semaines dans 0,70 p.100 d'acide borique, du bouillon additionné de après six jours. 0:10 p. 100 de créosote.

Fig. 75 à 81. — Formes diverses que prend le Bacille du pus bleu dans les cultures

auxquelles on ajoute des antiseptiques (d’après Guignard et Charrin).

de liquéfaction grandit et donne bientôt un entonnoir, au fond duquel se trouve le restant de la colonie primitive.

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqûre dans un tube de gélatine, il n'y a pas encore de changement bien appréciable au bout de vingtquatre heures. La liquéfaction devient apparente à la surface après quarante-huit heures et de très petites colonies se sont développées dans le canal. Le troisième jour, il s'est formé une petite cupule, qui s'accroît le jour suivant et s’entoure d'une mince zone colorée en vert clair; la liquéfaction commence à progresser dans la piqûre. Après huit jours, la cupule de liquéfaction a atteint les bords du tube, la

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nuance verte s'est étendue dans la gelée à 1 centimètre de hauteur environ. La liquéfaction progresse très lentement et, PRAIRIE elle, la coloration.

CULTURES SUR GÉLOSE. — Il se forme une couche muqueuse, grisâtre, semi-transparente, mal délimitée, qui, au bout de quelques jours, gagne des reflets nacrés. En même temps, la partie supérieure de la gelée montre une belle fluorescence verte, qui s'étend graduellement aux couches profondes. Dans les vieilles cultures, la surface est souvent toute nacrée, comme parsemée de fragments d’écailles de poisson; la gelée est colorée en vert brun noirâtre. Le reflet nacré semble dû à la présence d’amas de longs cristaux en aiguille, très probablement de phosphates ou d’oxalates.

CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Le Bacille du pus bleu y donne une couche muqueuse brunâtre, qui, en quelques jours, montre des reflets nacrés. Lorsqu'on enlève une portion de la colonie, la substance sous-jacente du tubercule, exposée à l'air, prend une teinte verte qui s'accentue par l’'ammoniaque et vire au rouge sous l'influence des acides. En vieillissant, toute la pomme de terre se colore en brun rougeûtre foncé.

CULTURES DANS LE BOUILLON. — Le bouillon ensemencé se trouble rapidement et prend une teinte verdätre, souvent avant la fin du premier jour. Il apparaît à la surface, vers le troisième jour, une membrane blanche, sèche, finement chagrinée, fragile, qui plus tard s'épaissit un peu el devient écailleuse, brunâtre, très cassante. En même temps, le liquide se fonce, devient vert sale sombre et montre un sédiment blanc peu abondant. Dans les vieilles cultures, la teinte peut passer au jaune brun. La coloration verte est due au mélange de pyocyanine bleue avec le liquide coloré en jaune et surtout à un pigment fluorescent vert. Certains bouillons incolores montrent une teinte bleue bien nette, au moins au début; plus tard il se forme, par transformation de la pyocyanine, une autre substance jaune, la pyoxanthose, dont la teinte change l'aspect du liquide.

CULTURES DANS LE LAIT. — Ensemencé dans du lait, il le coagule: il en précipite la caséine, puis la dissout ; en même temps il se dégage de l'ammoniaque et la masse devient fortement alcaline. Le liquide prend une teinte verdâtre. . ;

CULTURES DANS L’URINE. — Il peut se développer dans l'urine normale; d’après Le Noir (1), il y perdrait la propriété de produire du pigment, qu'il manifesterait après addition de sucre.

CULTURES DANS LES LIQUIDES MINÉRAUX. — Le Bacille pyocyanique y végète facilement, sur certains principalement, tels que le liquide d’Arnaud et Charrin (I, p. 227), mais il peut présenter des particularités importantes. Ainsi, dans ce dernier liquide, il ne produit pas de pyocyanine, mais seulement de la fluorescence, bleue d'abord, puis verte ensuite, à cause de la production d’ammoniaque. Les milieux minéraux dépourvus de source d'azote utilisable ne donnent même plus de fluorescence. Il en est de même pour ceux privés tout à fait de phosphates.

En remplaçant, dans le Fe d'Arnaud et Charrin, l’asparagine par

(4) Le Norr, Infection urinaire mixte. Présence du Bacille pyocyanique dans l'urine de l'homme (La Médecine moderne, 1896, p. 56).

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BACILLUS PYOCYANEUS. 337

des sources d'azote différentes, à la même dose, on ne constate plus de fluorescence, et un très faible développement ou même rien du tout.

Ceci s’observe surtout avec les sels ammoniacaux à acide organique. En prenant du glucose ou de la glycérine comme source de carbone, on obtient de la fluorescence avec la plupart de ces sels organiques. On peut admettre que le milieu minimum nécessaire à la fonction fluorescigène se compose d’un sel minéral azoté, d'un hydrocarboné et d'un phosphate alcalin ou alcalino-terreux.

Au point de vue de la formation de pyocyanine, le citrate, le suceinate et le lactate d’ammoniaque seuls, additionnés de 1 p. 1000 de glucose et de glycérine, permettent d’en obtenir.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

Vitalité et virulence. — Le Bacille pyocyanique est un microbe assez résistant. Il peut se retrouver longtemps vivant dans le milieu extérieur, lorsque des causes spéciales de destruction n'interviennent pas.

Sa virulence est indiscutable ; bien que sujette à de très grandes variations, elle paraît être une des propriétés les plus persistantes de celte espèce. É

Action des conditions de milieu. — A l'air, le Bacille pyocyanique est détruit assez vite, surtout si la dessiccation intervient; par contre, à l’abri de l'air et dans un milieu humide, il peut résister pendant longtemps.

On a vu qu'il supportail sans périr des froids intenses, mais pouvait alors être modifié dans ses propriétés (p.94). La chaleur limpressionne plus; à 60°, il péril en dix minutes, bien qu'il puisse encore végéter assez abondamment à 42°, La forte lumière le détruit rapidement (p.104). La pression, l'électricité ont aussi des effets intéressants sur cerlaines de ses propriétés, surtout le pouvoir chromogène et la puissance toxique (p. 108 et 109).

Action des antiseptiques. — D'une façon générale, on peut considérer ce microbe comme résistant assez bien aux antisepliques habituels ; il faut des doses convenables de substances actives et un contact de quelque durée pour obtenir la destruction certaine. Les doses faibles n’amènent que des changements morphologiques ou biologiques qui peuvent alors n'être que passagers.

Le Bacille pyocyanique se développe facilement dans le boullon phéniqué à 1 p. 1000 et même à 1,25 p. 1000, à 42°; d’où son isolement possible dans l'emploi de ces milieux pour la recherche du Colibacille et des espèces similaires, dans les eaux principalement (p. 129).

Produits formés dans les cultures. — Les milieux habituels sont profondément modifiés par la végétation de cette espèce.

Les albuminoïdes sont fortement attaquées, le microbe produisant des ferments trypsiques. Les produits de leur décomposition sont encore peu connus. Charrin et Desgrez (1) signalent la formation, dans les bouillons, d’une substance mucinoïde analogue à la mucine animale ou végétale.

(1) CHarnin et Descrez, Production d'une substance mucinoïde par les Bactéries (Soc. de Biol., 19 février 1898).

Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. — 22

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