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AA LEE

338 BACTÉRIACÉES.

Jakowski (1) signale, dans les cultures, l'hydrogène sulfuré, le mercaptan de méthyle, un peu d'alcool, l'acide buty rique, l’acide acétique, le scatol, de l'acide carbonique et de l'hydrogène.

Les cultures ne donnent pas la réaction de l'indol. D’après Morris (2), toutefois, on pourrait en trouver quelque peu en opérant sur des bouillons de culture âgés d’une vingtaine de jours et contenant 5 p. 100 de peptones.

L'action sur les nitrates alcalins est remarquable ; le Bacille pyocyanique est un organisme dénitrifiant énergique (3). Le nitrate alcalin est réduit en nilrile, puis en azote élémentaire qui se dégage; c’est un microbe dénitr ‘ifiant direct (Voy. 1, p.595). Dans les cultures € en ‘bouillon, auxquelles on ajoute de petites quantités de nitrate de potasse, le dégagement de bulles gazeuses se constate vite ; ce dégagement peut même être tumultueux, faire mousser le liquide, projeter {a bourre d’ouate qui ferme le tube. À ce point de vue, le microbe doit être considéré comme diminuant la fertilité d’un sol ou d’un engrais.

D'un autre côté, d’après Konv alewski (4), le Bacille pyocyanique pourrait assimiler une petite quantité d'azote libre.

L'action sur les matières sucrées est peu connue. Le microbe doit les allaquer en produisant de l’acide carbonique et de l'alcool; cet effet se remarquerait même avec les cultures filtrées, dû probablement à une diastase dissoute (5). D’après Vourloud (6), il ne se produit jamais de gaz el la modification serait bien peu marquée.

Odeur. — Toutes ces cultures dégagent une odeur légèrement féca loïde; les vieilles ont quelquefois une odeur douce, rappelant celle de la coumarine. Les cultures sur carotte émettent une odeur de fraise assez fugace, mais très nelle, qui devient fécaloïde en vieillissant. L’odeur se retrouve sur les linges des pansements ; elle a pu même faire deviner la présence de pus bleu avant l'ouverture du pansement.

Pyocyanase. — Les bouillons de culture âgés, ceux de quinze à vingt jours au moins, possèdent une action bactériolytique marquée sur une série d'espèces microbiennes etsemblent inactifs sur beaucoup d’autres Freudenreich (7) a signalé, il y a longtemps, l’action empêchante, pour le développement de certaines espèces, des cultures filtrées du Bacille pyocyanique. Emmerich, Lœw et Korschun (8) ont vu que cette propriélé était due à une action bactérioly tique très marquée, s’exerçant surtout sur le Bacille pyocyanique lui-même, puis principalement sur

(1) Jakowskt, Beiträge zur Lehre von den Bakterien des blauen Eiters (Zeitschr. für Hygiene, XV,1893, p. 474).

(2) Morus, Studien über die Produktion von Schwefelwasserstoff, Indol und Merkaptan bei Bakterien (Arch. für Hygiene, XXX, 2 ne 304).

(3) WeisseMBEerG, Arch. für Hygiene, XXX, 1897, p. 274. — Worrr, Ueber Denitrifikation (Hygienische Rundschau, IX, 1899, n° 11).

(4) KonvaLewWskt, Assimilation d'azote libre par les Bactéries (Arch. russes de path., VI, 1898, p. 251).

(5) Lérixe, Lyxonner et Marty, Sur le pouvoir glycolytique des cultures filtrées (Lyon médical, 4896, p. 575).

(6) Vourroup, Loc. cit., p. 179,

(7) FREUDENREICH, Annales de micrographie, 1889.

(8) Emmericu, Lozw et Korscuuw, Die bakteriolytischée Wirkung der Nuclease und Nucleasen-Immunproteidine als Ursache der natürlichen und künstlichen Immunität (Centralbl. für Bakl., 1t Abth., Orig., XXXI, 1902, p. 1).

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le Bacille du charbon, le Bacille de la diphtérie, le Bacille typhique, le Vibrion cholérique. Pour eux, elle serait due à la présence d'un ferment protéolytique spécial, véritable enzyme, d'une nucléase, sécrétée par le microbe, qu’ils dénomment pyocyanase.

Les caractères de cette substance ne rappellent cependant pas les caractères habituels de tels ferments, des zymases. Elle est soluble dans l'alcool, l'éther, le benzol, l’acétone, le chloroforme:; elle n’est pas précipitée par le sulfate d’ammoniaque en excès; elle est fortement thermostabile, résistant même à l’ébullition. Aussi, Rausbitschek et Russ (1) en font plutôt un lipoïde.

L'action bactériolytique est réellement très marquée. On se sert de cultures en bouillon âgées, filtrées sur bougie; le filtrat est aussi nommé pyocyanase. On fait des cultures en bouillon, à 37°; dès que le voile est bien formé, on agite le vase pour le désagréger: il s'en forme un autre, on opère de même ; ainsi de suite, pendant quelque temps. Après quatre ou cinq semaines, on ne trouve plus de microbes dans la culture, tout est dissous. On filtre sur porcelaine. On peut alors concentrer dans le vide jusqu'à réduction au dixième du volume obtenu.

Le filtrat, la pyocyanase, possède une action empêchante marquée sur la culture de certains microbes, qu’elle arrête même à d'assez faibles proportions : 4 à 5 centimètres cubes pour le double de bouillon. Elle se manifeste surtout sur le Bacille de la diphtérie et le Vibrion cholérique ; un peu moins pour le Bacille du charbon; moins pour le Bacille pyocyanique; moins encore pour le Bacille typhique, le Pneumobacille, le Méningocoque. On n'observe qu'une faible action sur le S/aphylocoque ; il faut mettre parties égales de bouillon et de filtrat. Il ne se produit pas d'empêchement avec le Streplocoque, le Pneumocoque, le Bacille de la tuberculose, le Bacille du tétanos, le Bacillus subtilis, le Proteus vulgaris (2). L'action bactéricide directe est surtout marquée sur le Bacille diphtérique, le Bacille du charbon, le Vibrion cholérique et le Bacille pyocyanique.

L'action bactériolytique est très nette surtout sur le Bacille de la diphtérie, le Bacille du charbon, le Vibrion cholérique et le Bactlle pyocyanique ; elle est moindre sur le Bacille typhique, nulle sur le Bacille de la tuberculose, le Staphylocoque, le Streptocoque, le Pneumocoque, le Méningocoque, le Bacille du lélanos, le Proteus vulgaris et le Bacillus sublilis. En émulsionnant une ôse de culture fraiche sur gélose de ces microbes avecune dizaine de centimètres cubes de filtrat de pyocyanase, et surtout plaçant à 37°, on remarque, déjà après deux à trois heures de contact, une diminution très grande des microbes vivants, pouvant donner des colonies sur les milieux propices, et plus tard, après quinze à vingt heures, une diminution beaucoup plus grande, une raréfaction ou même, pour le Bacille de la diphtérie surtout, une disparition complète des microbes vivants.

On a utilisé ces propriétés au point de vue thérapeutique dans diverses affections.

Bouchard, en 1889, avait déja signalé un antagonisme évident du Bacille

(1) Rauspirscnex et Russ, Zur Kenntniss der bakteriziden Eigenschaften der Pyocyanase (Centralbl. für Bakt., XLVIII, 4908, p. 114). (2) Boccura, Die Pyocyanase (Ibid., L, 1909, p. 220),

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pyocyanique et du Bacille du charbon (Voy. I, p. 676). Fortineau (1) aurait eu de bons résultats curatifs avec la pyocyanase dans le charbon expérimental du cobaye et du lapin, dans le charbon du mouton avec des doses de 10 centimètres cubes répétées au besoin, et même peut-être dans le HAE d’une pustule maligne chez l'homme après plusieurs injections de 3 à 4 centimètres cubes autour de la lésion.

Emmerich et Lœw l'ont surtout préconisée comme topique dans la diphtérie ; on fait, sur les lésions, des badigeonnages ou des pulvérisations; mais, comme la pyocyanase est sans aucun effet sur la toxine diphtérique, 1l faut user en même temps de sérum antidiphtérique. Les fausses membranes disparaïtraient rapidement. On cite aussi de bons résultats dans les angines scarlalineuses à Staphylocoques ou à Streptocoques (2) ; Jehle l’a employé sur la muqueuse nasale, contre le Méningocoque el le Micrococcus catarrhalis.

Cependant les applications thérapeutiques demandent à être confirmées el étendues.

Pigments.— Le Bacille pyocyanique peut produire plusieurs pigments: c'est d’abord une matière colorante bleue, la pyocyanine; ensuite un pigment fluorescent vert (3); puis, secondairement, un pigment rouge brun et un autre noir. Mais ces différents pigments ne se produisent pas Loujours, ni dans toutes les conditions. Pour que la pyocyanine puisse se former, il faut que le milieu renferme un composé azoté organique ou un sel ammoniacal. Pour la production de la fluorescence, il suffil d'une source d'azote imorganique très simple, d'un hydrocarboné et d’un phosphate minéral (4).

La pyocyanine s'extrait facilement des cultures et au mieux des bouillons où s'est développée la Bactérie, avant que les progrès de l’âge leur aient fait prendre la teinte brune.

Fordos l’extrayait des linges de pansement, qu'il traitait par de l’eau ammoniacale. Le liquide, agité avec du chloroforme, lui cède la pyocyanine que l’on peut obtenir cristallisée.

Gessard a perfectionné ce procédé et l’a appliqué aux cultures, ce qui permet d'oblenir des quantités beaucoup plus grandes du produit. Les bouillons de culture sont alcalinisés avec l'ammoniaque et agités avec du chloroforme, Ce dernier s'empare de la pyocyanine et se colore en un beau bleu de ciel foncé. Il a dissous en même temps des impuretés, surtout des matières grasses. IT est filtré et agité avec de l’eau acidulée avec de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique. La pyocyanine passe dans l’eau acidulée à l’état de combinaison rouge. Le chloroforme relient les matières grasses el la matière colorante jaune que nous savons accompagner la pyocyanine dont elle provient, la pyoxæanthose. La dissolulion aqueuse rouge, décantée, est saturée par la potasse ou l’ammo-

(4) Fortixeau, Traitement du charbon par la pyocyanase (Ann. de l’Inst. Pasteur, XXIV, 4910, p.955):

(2) Muasau, Ucber Pyocyanasebchandlung der Diphterie (Deutsche med. Wochenschr., 6 février 1908). — Saar, Ucber Behandlung mit Pyocyanase bei Diphterie, Scharlach und Anginen (Zbid., 3 sept. 1908).

(3) Jorbax, Bacillus pyocyaneus and its pigments (Journ. of exper. med., 1899, p. 633).

(4) Jinou, Sur les Bacilles fluorescents et le pyocyanique (Journ. de physiol., mars 1901). — Grssarp, Essai sur la biologie du Bacille pyocyanique (Ann. de l'Inst. Pasteur eVIM502/#p-2019)

br

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- niaque; elle passe au bleu. On filtre et l’on traite par le chloroforme qui entraîne la pyocyanine, qu'il abandonne par évaporalion. On oblient une masse confuse de petits cristaux, d’un bleu foncé, rappelant l'indigo. En reprenant par l’eau distillée et abandonnant à l’évaporation lente, on oblient de belles aiguilles isolées ou réunies en aigrettes ou en étoiles, des octaèdres ou des tables rhombiques.

La pyocyanine est soluble dans l’eau plus à chaud qu'à froid, Palcool étendu, le chloroforme, insoluble dans l’éther, la benzine, le ‘xylol, le sulfure de carbone (1); elle a une saveur amère. Les acides la font passer au rouge et forment avec elle des composés cristallisables ; on doit la considérer comme une base et la rapprocher peut-être des ptomaïnes. L'air et toute oxydation la font passer à l’état de pyoxanthose, qui cristallise en petites aigretles jaunes. La pyocyanine ne semble pas Loxique, même à fortes doses (2).

En solution aqueuse ou chloroformique, la pyocyanine ne se conserve guère ; elle s’altère vite et se décolore en passant par la teinte jaunâtre due à la formation de pyoxanthose. En solution aqueuse acide, acidulée avec l’acide sulfurique, elle donne un liquide rouge-rubis qui se conserve lrès longtemps sans altération, dans des flacons remplis et bien bouchés. On peut l’extraire, au moment du besoin, en neutralisant par l’ammoniaque et agitant avec du chloroforme.

Charrin a signalé le fait intéressant, confirmé plus tard par Gheorghiewsky (3), que le Bacille pyocy anique ne produit pas de pyocyanine lorsqu'il est cultivé en présence de sérum d'animaux immunisés à son égard.

Outre la pyocyanine, le microbe sécrète, comme l’a montré Gessard, un autre pigment verdâtre, qui communique aux milieux une belle fluorescence verte, tout à fait indépendante de la présence de pyocyanine.

La nature du pigment fluorescent vert est beaucoup moins connue. Il reste dans le liquide privé de pyocyanine par le traitement au chloroforme. On n’a constaté qu'un petit nombre de ses propriétés. Il est soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et le chloroforme; les acides, minéraux ou organiques, le font disparaître ; les alcalis régénèrent la nuance, en l’exagérant même. Ce pigment a les mêmes propriétés que celui que sécrètent d'autresespèces bactériennes, entreautresles Bacillus fluorescens liquefaciens et Bacillus fluorescens putridus, très voisines du Bacille pyocyanique (4).

Le pigment rouge brunâtre signalé par Gessard provient probablement d’une transformation de la pyocyanine ou de la pyoxanthose (5).

Cassin a retiré d’une ulcération de la jambe un Bacille pyocyanique

(1) Krause, Beiträge zur Kenntniss des Bacillus pyocyaneus (Centralbl. für Bakt., XXVII, 14900, p. 769).

(2) Lecros, Action des pigments microbiens (Soc. de Biol., 3 novembre 1900).

(3) GasorGaiewsxx, Du mécanisme de l’immunité vis-à-vis du Bacille pyocyanique : (Ann. de l'Inst. Pasteur, XIII, 1899, p. 298).

(4) Ruczicka, Experimentelle Studien über die Variabilität wichtiger Charakters des B. pyocyaneus und des B. fluorescens liquefaciens (Centralbl. für Bakt., XXIV, 1889, p. 11).

(5) Hu Ueber Pyocyanin, den blauen Farbstoff des Bacillus pyocyaneus Centralbl. für Bakt., XXV, 1899, p. 897):

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étudié par Radais (1), qui donne sur plusieurs milieux, sur gélatine et gélose, dans les boullons, une coloration brune, qui fonce et passe au noir. D'après Gessard (2), cette coloration serait due à l’oxydalion de la tyrosine du milieu par un ferment spécial, la tyrosinase, que peut sécréter le microbe.

La qualité et la quantité de la matière colorante produite sont en rapport intime avec la composition du milieu où vit le microbe. Il est même possible, en usant de certains artifices, de faire perdre au microbe toute sécrétion de matière colorante. Wasserzug y est arrivé en ajoutant aux milieux de culture de faibles doses d'antiseptiques; Gessard en faisant agir pendant cinq minutes une température de 57° sur un Bacille “qui ne produit que la pyocyanine. On obtient ainsi ce que ce dernier auteur croit être des races du Bacille pyocyanique. Ces prétendues races sont au nombre de quatre, en comptant pour une l’état normal. Le Bacille normal, qui produit à la fois de la pyocyanine et du pigment fluorescent vert, est désigné par lui sous le nom de race À; la race P représente un microbe qui produit la pyocyanine seule; la race F, un qui ne donne que la fluorescence verte; la race S, enfin, ne produit ni pyocyanine ni fluorescence.

Le microbe normal, cultivé dans les solutions neutres ou faiblement alcalines de peptone à 2 p. 100, ne produit que de la pyocyanine; ses cultures ont une belle teinte bleue, dont l'apparition est hâtée par l'addition au milieu de 5 p. 100 de glycérine.

Ce même microbe normal, au contraire, cultivé sur l'albumine d'œuf, pure ou additionnée de glycérine, ne produit que la matière fluorescente verte.

En faisant une longue série de cultures sur l’albumine, puis en reportant le microbe dans le bouillon, Gessard a obtenu la race P, ayant perdu le pouvoir de produire la matière fluorescente verte, ne sécrétant plus que la pyocyanine. D'un autre côté, en soumettant le Bacille normal en culture dans le bouillon à une température de 57° maintenue cinq minutes, il obtient la race F, ne produisant que le pigment fluorescent vert. Toutefois, en faisant vivre les races F et $, qui ne produisent plus de pyocyanine, dans des conditions déterminées, la fonction pyocyanique reparail. En les cultivant sur un milieu que Gessard dénomme gélose-peptone, la matière colorante bleue reparaît, ne différant en rien de celle que l’on obtient avec les races A et P. Il prépare ce milieu de la façon suivante : De la gélose finement hachée est introduite à la dose de 25 centigrammes dans un tube à essai ; on ajoute 5 centimètres cubes de solution de peptone neutre à 2 p. 100 et cinq gouttes de glycérine; on maintient les tubes quelque temps dans l’eau bouillante pour dégager l'air retenu par la gélose, puis on porte à l’autoclave à 120° et on laisse refroidir en inclinant. D’après Bonjean (3), le meilleur moyen de faire revenir la fonction pyocyanique serait l’ino-

(4) Ravais, Sur une nouvelle race du Bacille pyocyanique (Soc. de Biol. 24 juillet 1898).

(2) Gessar», Sur une propriété nouvelle du Bacille pyocyanique (Soc. de Biol., 42 novembre 1898). — Variété mélanogène du Bacille pyocyanique (Ann. de l’'Inst. Pasteur, XV, 1901, p. 817).

(3) Boxsæaw, Le Bacille pyocyanique dans les eaux d'alimentation (Ann. d’hygq.publ., juillet 1899, p. 28).

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culation intrapéritonéale au cobaye et la mise en culture du sang du cœur aussitôt après la mort. C’est là le lieu d'élection du Bacille pyocyanique qui a repris ses fonctions normales par passage dans un organisme animal très sensible à son action.

Les variétés « et $ de Ernst (1) et la variété y; de Freudenreich (2) ne diffèrent non plus que par quelques caractères de cultures et par des variations légères de la fonction pigmentaire; de même la variété de Schürmayer (3). La variété noire de Radais, ne produisant pas de pyocyanine au début, s'est mise à en faire après un certain temps ‘de culture en bouillon peptonisé.

La matière colorante ne se produit pas sans air, non plus que dans l'air confiné ou l'oxygène pur. Des doses calculées d'antiseptiques peuvent empêcher la production du pigment tout en laissant la végétation s’accomplir. D'après Charrin et Roger (4), 3 centigrammes de sublimé par litre empêchent la formation de pyocyanine; la Bactérie n’est tuée que par 4 centigrammes. ;

Il ressort de ces intéressantes expériences qu'il est possible que, dans la nature, le Bacille pyocyanique rencontre les diverses conditions mises en œuvre pour obtenir ces races et qu'il ne faut pas, pour le reconnaitre et affirmer sa présence, se baser sur la seule réaction de la pyocyanine.

Produils toxiques. — Is paraissent être nombreux et complexes. Ils sont surtout contenus dans les bouillons de cultures filtrés sur bougie ; le liquide obtenu est désigné sous le nom de /oxine pyocyarique. Arnaud et Charrin (5) les séparent en trois groupes : produits volatils, produits insolubles dans l'alcool, produits solubles dans l'alcool. Leur nature estencore très peu connue ; seule leur action physiologique a étéétudiée.

Les produits du premier groupe, séparables par distillation, agissent sur les vaso-moteurs, paralysent le centre dilatateur, resserrent les vaisseaux, empêchent par conséquent la diapédèse; toutefois, l'action est passagère.

Les produits du second groupe, ne dialysant pas, déterminent de la diarrhée, de la fièvre, de l'albuminurie, des hémorragies; si l’animal ne succombe pas vite à leur action, il devient souvent cachectique. Certains des produits de cette catégorie sont toxiques, d’autres vaccinants ; l'animal guéri est devenu réfractaire.

Ceux du troisième groupe, solubles dans l'alcool et dialysant, ont une action élective sur le système nerveux; ils déterminent des convulsions. Si l'animal résiste à leur action, il se rétablit complètement et n’est pas vaceiné. 07

Pour Wassermann (6) et Breyman (7), la toxicité serait due à une

(1) Ennsr, Zeitschr. für Hygiene, II, 1887, p. 369.

(2) FreuneNreicH, Ann. de micr., 1893, p. 183.

(3) ScaurMmayeR, Zeitschr. für Hygiene, XX,1895, p. 281.

(4) CHarrin et RoGer, Action de certaines substances sur les produits de sécrétion des microbes (Soc. de Biol., 29 octobre 1887).

(5) ArvauD et CHarrix, Recherches chimiques et physiologiques sur les sécrétions microbiennes (C. R. de l'Acad. des se., 19 mai 1891).

(6) Wassermann, Experimentelle Untersuchungen über einige theoritische Punkte der Immunitätslehre (Zeitschr. für Hygiene, XII, 1896).

(7) Breymaw, Ueber Stoffwechselprodukte des Bacillus pyocyaneus (Centralbl. für Bakt., 1te Abth., Orig., XXXI, 1902, p. 481).

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endotoxine qui ne diffuse que lentement hors des corps microbiens après la mort.

Bulloch et Hunter (1) ont montré la présence dans les filtrats de cultures âgées d’une hémolysine, pyocyanolysine, dissolvant rapidement les globules rouges, distincte de la pyocyanase.

INOCULATION EXPÉRIMENTALE

Les cultures sont pathogènes pour certains animaux. Le lapin, le cobaye, le rat, la souris sont surtout réceptifs. Le pigeon présente une tendance au sommeil, de la diminution de l'appétit, du désordre dans l’arrangement des plumes. La grenouille est réellement impressionnée : elle demeure immobile et maigrit.

Chez le cobaye, en inoculant une petite quantité de culture sous la peau, il se développe une tuméfaction à laquelle fait suite une ulcération rougeâtre, plus ou moins desséchée, en quelque sorte gommeuse; si la quantité de culture dépasse 1 centimètre cube, ou si le microbe est très virulent, la maladie se généralise et la mort peut survenir. En inoculation intrapéritonéale, la mort survient rapidement avec des doses moindres.

Baruchello (2) signale, chez le cobaye mâle, à la suite d’inoculation dans le péritoine, la possibilité de la production d'une vaginalite semblable à celle que détermine le Bacille de la morve; d’où erreur possible dans un diagnostic.

Inoculation au lapin. — Chez le lapin, même par imoculation souscutanée, ce sont les accidents généraux qui dominent. Charrin (3) a surtout étudié l'action du Bacille du pus bleu sur cet animal et fait de la maladie expérimentale que ce microbe occasionne, la maladie pyocyanique, une véritable maladie d'étude, féconde en enseignements du plus haut intérêt.

Suivant la qualité et la quantité de virus que l'on introduit dans l'organisme, suivant aussi l’état de l'animal, on peut observer diverses formes de la maladie pyocyanique. L'affection peut évoluer d'une façon suraiguë, en moins de vingt-quatre heures; d’une façon aiguë, en deux ou quatre jours ; enfin d’une façon chronique, la durée pouvant atteindre plusieurs mois.

Dans les formes rapides, les principaux symptômes sont l'abattement, la perte d'appétit, la somnolence, et souvent, à la fin, des convulsions. On observe, en outre, de la fièvre, de la diarrhée, de l’albuminurie. L'animal maigrit, tombe dans un état cachectique. Il se produit enfin, dans certains cas, des troubles moteurs paralytiques d’un type tout à fait caractéristique.

Ces paralysies ne surviennent pas aussitôt après l’inoculation; il existe une période d’incubation assez longue, de vingt-cinq jours à deux mois.

(1) Bucrocn et Hunrer, Ueber Pyocyanolysine, ein hæmolytische Substanzen in kulturen des Bacterium pyocyaneum (Zbid., XX VIII, 1900, p. 865).

(2) BarucezLo, Sur la propriété du B. pyocyanique de simuler l'orchite morveuse chez le cobaye (Revue gén. de med. vétér., 15 mai 1904, p. 528).

(3) CHaRRIN, Paralysie infectieuse expérimentale (Soc. de Biol., 28 avril 4887). — In., Sur la résistance de l'organisme à l’action des microbes (C. R. de l’Acad. des sc., 17 octobre 1887). — Baminsxky et CHarRiN, Paralysie pyocyanique ; étude clinique et anatomique (Soc. de Biol., 10 mars 1888). — CHarnin, La maladie pyocyanique, 1889.

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Les membres postérieurs sont les premiers atteints, les deux ensemble, ou successivement, ou un seul. C’est une paralysie de nature spasmodique, disparaissant la plupart du temps par la chloroformisation. Les muscles ne sont pas atrophiés. La sensibilité à la piqûre est émoussée, mais jamais abolie. D'ordinaire, la paralysie se généralise et la mort survient. Dans de rares exceptions, elle peut disparaitre et quelquefois laisser à sa suite des rétractions fibro-tendineuses. A l'autopsie, on ne trouve de lésions ni dansles muscles, ni dans les nerfs, ni dans les centres nerveux. L’affection se diagnostique facilement, outre son aspect .clinique, en ensemençant du bouillon avec un peu de sang, d'urine ou de matières diarrhéiques; en vingt-quatre ou quarante-huit heures, on peut observer les réactions de la pyocyanine.

En inoculant au lapin, en quantité suffisante, du bouillon de culture stérilisé par la chaleur ou par la filtration sur porcelaine, on obtient la plupart des symptômes que produit l’inoculation du Bacille, en particulier la diarrhée, l’albuminurie, la mort, et surtout les paralysies si caractéristiques. C’est done grâce à ses produits solubles que cette Bactérie agit. Bouchard (1) a même pu obtenir des symptômes identiques en injectant l'urine d'individus malades. On n'est pas encore fixé sur la nature de ces produits toxiques.

On a vu précédemment (1, p. 167) quels étaient, d’après Charrin et Gley, les curieux résultats de l'influence de ces produits toxiques sur la progéniture des animaux qui étaient soumis à leur action.

En inoculant de faibles doses, moins d’un centimètre cube, de cultures

- virulentes sous la peau de lapins, on obtient une sorte de maladie pyocya-

nique ébauchée, que l'animal supporte très bien. Si l'on répèle cinq ou six fois et à trois ou quatre jours d'intervalle ces inoculations sous-cutanées, on rend les lapins réfractaires même aux inoculations intraveineuses; ils sont vaccinés. Les cultures stérilisées peuvent même produire cette immunité; le Bacille pyocyanique fabrique donc des substances vaccinantes à son égard. Le sérum des cobayes bien immunisés est préventif et antitoxique; il ne montre pas, in vitro, de propriétés bactéricides bien nettes (2).

HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE

Le Bacillus pyocyaneus et, conséquemment, la pyocyanine ne sont pas spéciaux au pus bleu. Schwartzenbach (3) a isolé de la pyocyanine de la sueur bleue d’un tétanique, et Andouard (4) de la sueur bleue d’un albuminurique. D’autres sécrétions, teintes en bleu d'une façon anormale, doivent sans doute leur coloration à la même cause. Frick (5) signale la présence du même microbe dans certains crachats verts.

Dans le cas de suppuration bleue, le phénomène ne semble avoir d'influence ni sur l’état local des plaies, ni sur l’état général du malade.

(1) Boucaar», Cours de pathologie générale, 1888.

(2) Garorcniewsky, Du mécanisme de l’immunité vis-à-vis du Bacille pyocyanique (Ann de l’Inst. Pasteur, XIII, 4899, p. 298).

(3) ScxwarTzENBACH, Schweiz. Zeil. für Heilk., 1863.

(4) Axvouarp, Sueur et sérosité bleues (Journ. de méd. de l'Ouest, 1879).

(5) Fricx, Bacteriolog. Mitth. über das grüne Sputum und über die grunen Farbstoff producirenden Bacillus (Virchow’s Archiv, CXVI, p. 266).

D'anciens chirurgiens, au contraire, le considéraient comme d'un pronostic favorable. La coloration bleue des pansements, fréquente autrefois, devient rare aujourd’hui depuis l'emploi des méthodes antiseptiques.

Pendant longtemps, le Bacille du pus bleu ne constituait, à proprement parler, qu'une curiosité dans la pathologie humaine. Les observations d'Ehlers et de Neumann, rapportées par Charrin (1), d'OEttinger (2) ont d'abord montré que ce même organisme pouvait occasionner chez l'homme une maladie générale se rapprochant, dans de certaines limites, de la maladie pyocyanique déterminée expérimentalement chezle lapin. Les symptômes principaux de cette infection sont la fièvre, la diarrhée, l'albuminurie, des hémorragies, une éruption bulleuse cutanée; le sang, les matières diarrhéiques, la sérosité de phlyctènes contenaient en abondance le Bacille du pus bleu, facile à caractériser à l’aide de la réaction de la pyocyanine.

Depuis, de nombreuses observations démontrent la grande fréquence de l'infection pyocyanique, chez l'homme; elle ne serait pas rare chez les animaux. On se trouve conduit à attribuer, en pathologie, au Bacille pyocyanique un rôle beaucoup plus important; à tel point qu'on ne peut guère le comparer sous ce rapport qu'au Colibacille lui-même, qui du reste a eu la même destinée, a été considéré longtemps comme un simple saprophyte.

Chez l'homme, les manifestations cliniques occasionnées par le Bacille du pus bleu sont des plus variées: la maladie pyocyanique se présente surtout sous deux types, le type septicémique ou le type cutané.

C’est la forme septicémique qui est la plus commune. C’est tantôt une véritable septicémie avec fièvre, albuminurie, hémorragies, endocardite (3), tous les symptômes habituels d’une infection générale. Tantôt, au contraire, ce sont des manifestations plus localisées qui peuvent se produire sur des organes ou appareils très divers. Les plus communes de toutes sont celles qui portent sur le tube digestif. Un grand nombre d'affections intestinales, diarrhées, entérites, dysenteries, gastrites, gastro-entérites, etc., paraissent être sous la dépendance de ce microbe, en particulier bien des entérites infectieuses atteignant les jeunes enfants (4). Les manifestations pulmonaires, bronchopneumonie, gan-

(1) CHarriN, Maladie pyocyanique chez l’homme (Soc. de Biol., 26 juillet 1890).

(2) ŒrrnGer, Un cas de maladie pyocyanique chez l'homme (Sem. méd., 22 octobre 1890).

(3) Bzuw, Ein Fall von Pyocyaneus. — Septikämie mit komplizierender Pyocyaneus Endocarditis im Kindesalter (Centralbl. für Bakt., XXV, 1899, p. 113).

(4) Neumaxx, Weiterer Beitrag zur Kenntniss der hämorrhagischen Diathese Neugeborener (Arch. für Kinderheilk., XIIL, 1891). — Carmerte, Arch. de méd. col., 1893. — Tarerceun et LEesAGE, Revue mensuelle des mal. de l'enfance, 1894. — Kossez, Zur Frage der Pathogenität des Bacillus pyocyaneus für den Menschen (Zeitschr. für Hygiene, XVI, 1894, p. 368). — Lercars, La maladie pyocyanique chez l'homme. Thèse de Paris, 1895. — LanriGau, The B. pyocyaneus as a pathogenie factor in human pathology, with the report of three cases (The Philadelphia med. Journ., 4898). — In., À contribution to the study of the pathogenesis of the Bacillus pyocyaneus with special reference to its relation to an epidemie of dysentery (The Journ. of exper. Med., III, 1898, n°6). — Escxericx, Pyocyaneusinfektion bei Saüglingen (Centralbl. für Bakt., XXV, 1899, p. 417). — Nicnorson, Melæna des nouveau-nés (Amer, Journ.of the med. se., octobre 1900). |

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BACILLUS PYOCYANEUS. 347

orène pulmonaire (1), sontencore assez fréquentes. Le Noir (2) le regarde comme un des agents pouvant produire l'infection urinaire. Martha (3) le trouve dans le pus d’otites moyennes, où il a été fréquemment signalé ; Maggiora et Gradenigo (4) dans le pus de furoncles du conduit auditif externe. Blumer (5) le rencontre seul dans une angine aiguë simulant cliniquement la diphtérie. Monnier(6) le donne comme pouvant occasionner des méningites. En pénétrant par la plaie ombilicale, il peut déterminer l'infection chez les nouveau-nés (7).

Les formes cutanées sont plus rares chez l’homme; ce sont des éryptions bulleuses, semblables à celles que l'on peut observer chez l'animal dans l'infection pyocyanique expérimentale, de l'ecthyma par exemple (8); ou des ulcérations multiples, comme dans le cas de Burot (9).

Enfin, le Bacille pyocyanique vient souvent compliquer des processus dus à d’autres microbes, les suppurations principalement; Kuhnau (10) le signale dans l’influenza, Vincent (11) dans la fièvre typhoïde, en véritable association microbienne imprimant un cachet spécial à la marche de l'affection.

Dans les cas d'infection générale, le Bacille se trouve dans le sang et les sucs d'organes ; dans les formes localisées, il peut se rencontrer uniquement dans les lésions spéciales. Il est disséminé au dehors par des produits pathologiques divers, des excrétions ou sécrétions, les crachats, l'urine (12), d’autres sécrétions (13), les matières fécales surtout, parce que les déterminations intestinales sont des plus fréquentes.

Il se rencontre fréquemment dans le milieu extérieur, vivant alors en saprophyte. Et il y est certainement plus commun qu'on ne le croit, parce que pour sa détermination on se base surtout sur la constatation de la réaction de la pyocyanine qui manque alors souvent et qui

(1) Hirscazer et Terray, Orvosi hetilap, 1889, n° 50.

(2) Le Noir, Infection urinaire mixte. Présence du Bacille pyocyanique dans l'urine de l’homme (La Médecine moderne, 1896, p. 56).

(3) MarrHa, Note sur deux cas d’otite moyenne purulente contenant le Bacille pyocyanique à l’état de pureté (Arch. de méd. expér., IV, 1892, p. 130).

(4) MaGGiora et GRADENIGO, Observations bactériologiques sur les furoncles du conduit auditif externe (Ann. de l'Inst. Pasteur, V, 1891, p. 651).

(5) Bzumer, John's Hopkins Hospital Bulletin, 1895.

(6) In Thèse de Lecars, Paris, 4895,

(7) WasserMann, Ueber einen epidemieartig auftretende septische Nabelinfektion Neugeborener ; ein Beweiss für die pathogenetische Wirkung des Bacillus pyocyaneus beim Menschen (Arch. für path. Anat., CLXV, 1901, p. 342).

(8) Hrrscamanx et Kret1B1G, Ein weiterer Beitrag zur Aetiologie des Ecthyma gangrænosum (Arch. für Dermat., L, 1900, p. 71).

(9) Buror, Un cas de maladie pyocyanique à forme cutanée (Soc. de Biol., 4 juin 1898).

(10) Kunxau, Ueber die Resultate und die Leitungsfähigkeit der bakteriol. Blutun tersuch. im Dienste der Kklin. Diagnostik (Zeitschr. für Hygiene, XXV, 1897, p. 492).

(11) Vincenr, Soc. med. des hôp., 6 mai 1898.

(12) Kzecxr, Ueber die Ausscheidung von Bakterien durchdie Niere und die Beeinflussung duses Prozesses durch die Diurese (Arch. für exper, Path., XXXIX, 1897, p. 173).

(13) Brenz et Kraus, Ueber die Ausscheïdung der Mikroorganismen durch drüsige Organe (Zeitschr. für Hygiene, XXVI, 1896, p. 353).— WeLemmsxr, Ausschidung von Mikroorganismen durch die thatige Milchdrüse (Centralbl. für Bakt., XXIIT, 1868, p. 657).

348 BACTÉRIACÉES.

demande, pour reparaître et se manifester nettement, des conditions spéciales.

Chez l'homme, à l’état normal, il est commun surtout dans le contenu intestinal ; il y a longlemps qu'on avait signalé la fréquence de la suppuration bleue dans les lésions voisines “des orifices intestinaux, celles de la région anale ou des régions voisines principalement. Musham (1) l'a rencontré vivant en saprophyte sur la peau du creux de l’aisselle, des plis anaux et inguinaux, dans 50 p. 100 des individus examinés.

Il est également très répandu dans la nature; si on ne le rencontre pas, c'est pour la raison qui vient d’être citée. Il paraît devoir être regardé comme un microbe de l'intestin et des matières fécales d'animaux très divers. C’est de là surtout certainement qu'il se répand dans le milieu extérieur.

Il est fréquent dans la terre et dans les poussières superficielles qui le mettent en suspension dans l'air. L'air des laboratoires où on le manipule donne souvent de ses colonies comme impuretés sur les cultures.

Les eaux en renferment très souvent, surtout les eaux polluées (2). Sa présence paraît être d'un mauvais indice ; il provient toujours d’une contamination fécaloïde. Les cultures en bouillons phéniqués, si usitées pour la recherche du Colibacille et du Bacille typhique, permettent de l'isoler facilement (p. 129); le plus souvent, on peut l'y reconnaître rapidement au développement de son odeur spéciale, aromaticofécaloïde.

Artaud (3) l’a signalé dans un œuf de poule, venant certainement de l'oviducte à alors de l'intestin par le cloaque.

Charrin (4) a démontré qu'il pouvait être considéré comme pathogène pour les plantes; en l’inoculant aux feuilles d’une plante grasse, le Pachyphylon bracteorum, il a pu obtenir des altérations marquées des issus. Russell (5) le donne aussi comme PAUVRE vivre en parasite dans les tissus de diverses plantes,

RECHERCHE ET DIAGNOSTIC

Lorsqu'on peut constater la présence de la pyocyanine, et la réaction est simple et facile, le diagnostic se fait aisément el avec certitude. Lorsque le microbe ne forme pas de pyocyanine, la chose devient un problème difficile. 11 faut se baser sur les caractères de forme des éléments, l'aspect des cultures, leur odeur, l’action physiologique, et comme ici il n'existe rien de bien spécial, on doit reconnaitre qu'il est délicat d'émettre une opinion bien assise.

Souvent la fonction pyocyanique peut reparaître par des séries de

(1) Musa, in Scaimmezsusca, Ueber grünen Eiter und die pathogene Bedeutung des Bacillus pyocyaneus (Samml. klin. Vortr.von Volkmann, série If, Heft 2, p.303).

(2) Boxseax, Le Bacille pyocyanique dans les eaux d'alimentation (Ann. d'hyg. publ., juillet 1899, p. 28).

(3) Arrau», Le Bacille pyocyanique dans un œuf de poule (Soc. de Biol., 1893, p. 78).

(5) CHarrix, Le Bacille pyocyanique chez les végétaux (C. R. de l’Acad. des sc., CXVI, 1893, p. 4082).

(5) Russezr, Bacteria in their relations to vegetable tissue. Dissertation de John's Hopkins University. Baltimore, 1892.

BACILLUS SEPTICUS PUTIDUS. 349

cultures en milieux favorables, le bouillon peptonisé par exemple ; mais alors la détermination peut demander beaucoup de temps.

Toutefois, la virulence peut donner de bonnes indications. Le mieux à faire, comme l'ont montré Pouchet et Bonjean, est de recourir à l'inoculation intrapéritonéale du cobaye. L'animal est très sensible au microbe par cette voie; le Bacille pyocyanique s'isole facilement du sang du cœur, qui est véritablement ici son lieu d'élection; de plus, le passage par l’animal lui a fait récupérer sa fonction pyocyanique, qui peut alors être constatée. ù

Sérodiagnostic. — Charrin et Roger (1) ont remarqué, dès 1889, qu'en ensemençant du Bacille pyocyanique dans du sérum de lapin immunisé, le liquide restait clair, les microbes pullulaient, mais restaient agglutinés en grumeaux se déposant au fond du tube; tandis que dans le sérum normal il se produisait un trouble uniforme et pas d'agglutination. Pratiquement, dans le cas d'infection pyocyanique chez l'homme, l’agglutination s'est montrée inconstante (2). Le sérum normal humain agglutine le microbe au taux de 1 p. 10 habituellement, jusqu'à 1 p. 20; le sang des sujets infectés est d'ordinaire agg glutinant dep 40

à 1 p. 100, même 1 p. 1000. -

BACILLUS SEPTICUS PUTIDUS Rocer.

Roger (3) a isolé ce microbe pathogène du liquide céphako-rachidien et du “foie d'un homme, atteint de choléra, ayant succombé en présentant des symptômes méningitiques. L'autopsie n'avait révélé aucune lésion viscérale, mais seulement une légère augmentation du liquide céphalo-rachidien qui distendait les méningés et avait amené une légère dilatation des ventricules cérébraux. L'ensemencement donna des eultures pures d'une seule et même espèce.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — C'est un pelit Bacille ovalaire, à extrémités arrondies, mesurant de 0,6 w à 1 w de long, présentant souvent un léger é étranglement dans sa partie médiane. Il est très mobile. Sa forme est très re même dans les vieilles cultures.

Coloration. — Il se colore assez bien aux couleurs d’aniline, surtout au violet de gentiane, et se décolore par la méthode de Gram.

Cultures. — Il se développe très bien sur les milieux habituels. Toutes les cultures, sauf celles faites dans le lait, en tubes, exhalent une odeur de putréfaction fort désagréable, surtout les cultures sur pomme de terre. Il parait être anaérobie facultatif, mais végèle beaucoup plus abondamment en présence d'oxygène.

(1) Carr et Rocer, Note sur le développement des microbes pathogènes dans le sérum des animaux vaccinés (Soc. de Biol., 1889, p. 667).

(2) Acnan», Logeer et GRENET, Séro-réaction de l'infection pyocyauique chez l'homme (Soc. de Biol.,15 novembre 1902).

(3) Rocer, Recherches bactériologiques sur un cas de septicémie (Soc. de Biol., 29 octobre 1892). — [o., Action du Bacillus septicus putidus sur le lait (Zbid., 8 juillet, 1893).

350 BACTÉRIACÉES.

CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — Il forme, au bout de vingt-quatre à trente-six heures, vers 18°, de petites colonies circulaires, à bords nets ou légèrement déchiquetés, à surface granuleuse. La gélatine se liquéfie rapidement ; mais les colonies conservent longtemps leurs caractères dans le liquide formé, puis, avec le temps, perdent leur forme circulaireet poussent de nombreux prolongements qui donnentau milieu de culture un aspect floconneux.

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqüre, il se produit, le long de la piqûre, un canal de liquéfaction, renfermant des flocons blanchâtres, et se terminant à la surface libre par une large capsule qui augmente progressivement et, en deux ou trois jours, atteint les bords du tube. À partir de ce moment, la liquéfaction s'opère de haut en bas et de plus en plus lentement.

CULTURES SUR GÉLOSE. — Sur la tr ie, il se forme un sillon épais, blanc, crémeux, et, sur le reste de la ire des îlots assez larges, demi- one parents. Sur gélose glycérinée, la culture est moins abondante.

CULTURES SUR SÉRUM COAGULÉ. — La culture s'y fait en ramollissant d'abord le milieu, puis le liquéfiant en six à sept jours. CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Au bout de vingt-quatre heures,

apparaît une tache gris jaunâtre, terne, sèche, fortement adhérente au milieu. Cette tache s'étend peu, mais le reste de la pomme de terre prend une teinte brunâtre ou ardoisée.

CULTURES DANS LE BOUILLON. — Le liquide se trouble d’une facon uniforme et prend une coloration gris jaunâtre; quelquefois, on trouve de légers flocons au fond du liquide; il ne se produit pas de voile. La culture est moins abondante dans le bouillon glycériné.

Les bouillons additionnés de glucose ou de saccharose deviennent acides au bout de deux jours. Le lactose n’est pas attaqué; le bouillon contenant ce sucre prend une réaction alcaline de plus en plus marquée, comme le bouillon pur ou la gélatine.

CULTURES DANS LE LAIT. — Dans un {ube, où la surface libre est étroite et où l’air n'arrive pas en abondance, le lait est coagulé en vingt-quatre ou quarante-huit heures en une masse solide, présentant quelques fissures ; les jours suivants, le caillot se rétracte et laisse sourdre un sérum clair, incolore et inodore. Le milieu reste neutre ou même devient légèrement alcalin; la coagulation est due à la production d'un ferment soluble de la nature de la présure.

Dans un ballon à fond plat, où le lait est exposé à l'air sur une large surface, le liquide ne se coagule pas, mais se transforme en un liquide brun-chocolat, visqueux, d'une odeur très fétide. La caséine est transformée très vite ; l'acide acétique ne donne plus de précipité dès le deuxième jour, parfois même après vingt-quatre heures.

Produits formés dans les cultures. — Outre la triméthylamine et les acides formés aux dépens de certains sucres, les cultures renferment des produits solubles toxiques qui ont une action très marquée sur le cœur des grenouilles, en provoquent le ralentissement et l’arrêt en diastole, et tuent le lapin avec paralysies, convulsions, asphyxie.

INOCULATION EXPÉRIMENTALE

Le lapin succombe en deux ou trois jours à la suite d’une inoculation

intraveineuse de 1 centimètre cube de bouillon de culture. L’injection sous-cutanée ou intrapéritonéale d’une même dose le tue en cinq à douze jours. Dans le cas d'une mort rapide, en deux ou trois jours, on trouve le microbe dans les viscères et dans le sang ; lorsque la mort survient en cinq ou sept jours, on rencontre le microbe dans les viscères, mais pas dans le sang; quand elle arrive après le huitième jour, on ne retrouve plus le microbe dans l'organisme. On en peut conclure que la toxine joue un grand rôle dans l'affection.

Dans un grand nombre de maladies, l'urine peut renfermer des Bactéries pathogènes. C’est d’abord, nous le savons déjà, dans des maladies infectieuses générales où l’on peut observer, comme complication, des lésions rénales, pyémie, seplicémie, fièvre typhoïde, tuberculose, scarlatine, etc. (Voy. I, p.150); puis dans ces phénomènes d'élimination par le rein, de décharges microbiennes par l'urine, qui semblent pouvoir se produire dans bien des infections sans lésion apparente de l'appareil rénal, comme cela se voit surtout dans la tuberculose (Voy. I, p. 736) ou la fièvre typhoïde (p. 97). D’autres fois ces microbes, provenant de l'extérieur par la voie du canal de l’urètre, envahissent la vessie etmême le rein, déterminant une inflammation de cet organe désignée sous le nom de néphrile ascendante, à cause de la able de teen qui l’'occasionne. Ces microbes pathogènes semblent assez nombreux; un petit nombre, toutefois, sont suffisamment connus.

Clado (1) a étudié, le premier, une de ces espèces intéressantes, qu’il désigne sous le nom de Bactérie seplique de la vessie.

Il l’a isolée d’urines d'individus atteints de cystite et de pyélonéphrite, où elle se trouvait en compagnie d’un grand nombre d’autres microbes de formes diverses. Elle présente des caractères assez spéciaux qui permettent de la reconnaître facilement.

Les éléments sont des bâtonnets mobiles de 1,6 y à 2 & de long sur 0,5 y de large, la plupart du temps isolés; ils pourraient donner des spores ovoides. Ils se colorent très bien aux méthodes ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.

On en obtient facilement des cultures sur les milieux habituels.

Sur plaques de gélatine, les colonies ont un aspect caractéristique. Vers le troisième ou le quatrième jour, on les voit à l'œil nu sous forme de petits points. Au microscope, à un faible grossissement, elles ont une forme ronde ou ovale et des bords bien nets. Le milieu, d’un gris sombre plus foncé, forme une sorte de noyau central; la périphérie est plus claire, d’un gris jaunâtre. Parfois ces colonies présentent une série de cercles concentriques. Elles s’accroissent très lentement et, quel que soit leur âge, ne dépassent jamais la grosseur d’une tête d’épingle.

Sur gélatine, en inoculant par piqûre un tube que l'on place à 18° ou 20°, on aperçoit le lendemain même de l’ensemencement une légère traînée opaline et blanchâtre le long de la piqûre. Vers le troisième jour,

(1) Crano, Étude sur une Bactérie septique de la vessie, Thèse de Paris, 1887.

302 BACTÉRIACÉES.

il apparaît sur les bords des dentelures très fines. Mais c’est vers le sixième ou le septième jour que la culture prend un aspect vraiment caractéristique. À la partie supérieure, il existe une bande blanche, de chaque côté de laquelle se trouve une série de colonies séparées les unes des autres, provenant des dentelures signalées précédemment; rarement on observe trois de ces séries. Ces petites colonies ont une forme nettement lenticulaire; les inférieures sont plus grosses que celles qui sont plus proches de la surface. À la surface même, le microbe se développe avec moins de vigueur; il y forme une mince couche opaline, irrégulière, qui s'étale irrégulièrement autour de la piqûre el peut même arriver jusqu'aux bords du tube. La gélatine n’est jamais liquéfiée.

Sur gélose, il se développe une mince pellicule opaline, sur laquelle apparaissent de petites colonies circulaires luisantes, d'un blanc de lait. La gélatine et la gélose, parfaitement neutres, présentent rapidement une réaction alcaline.

Dans le bourllon, ce microbe se développe avec rapidité vers 30°. Le lendemain de l’ensemencement, le liquide se trouble déjà. Dans les vieilles cultures, le liquide reste trouble; il s’est déposé un léger sédiment. Le bouillon neutre devient rapidement alcalin.

Sur ponume de Lerre, on voit le lendemain même de l’ensemencement, aux points d’inoculation, une tache de couleur chamois, qui passe vite au marron; la culture ne proémine pas; sa surface est sèche plutôt que luisante.

L'inoculation de produits de culture, faite dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le sang de souris, de lapins, de cobayes, tue rapidement ces animaux avec des symptômes de septicémie; on retrouve partout des Bactéries spéciales. Le microbe existe toujours dans la vessie; l'urine en renferme toujours. Les rats paraissent être réfractaires.

C'est cette même espèce qui a été rencontrée par Albarran et Hallé (1) dans l'urine de malades atteints d’affections des voies urinaires, qui présentaient des accidents divers de l’empoisonnement urineux. Cependant, l'inoculation sous-culanée de la Bactérie isolée par ces derniers auteurs provoque habituellement chez l'animal un abcès localisé et rarement une infeclion générale, qu'amènent du reste toujours les injections intraveineuses ou celles faites dans les cavités séreuses. D'après Morelle (2), le Bacille de Clado et celui d’Albarran et Hallé ne sont autres que le Bacillus laclis aerogenes (p. 85).

Blanc (3) a isolé des urines d’éclamptiques un microbe pathogène dont l'inoculation aux animaux détermine des accidents généraux graves, souvent mortels, convulsifs et infectieux.

Les éléments sont de courts bâlonnets, à extrémités arrondies, mesurant environ ? y. de longueur, isolés ou associés par deux, très mobiles. Ils prennent facilement les couleurs d’aniline, en se colorant surtout dans la partie centrale. Dans le sang et les vieilles cultures, la longueur est au moins double.

(1) ArBarran et Hazré, Note sur une Bactérie pyogène et sur son rôle dans l'infection urinaire (Bull. de l’Acad. de méd., 21 août 1888).

(2) Moreze, Étude bactériologique sur les cystites (La Cellule, 1892).

(3) Bzanc, Action pathogène d'un microbe trouvé dans les urines d'éclamptiques (Arch. de tocol., XVI, 1889, p. 182).

En culture sur plaques, on obtient des colonies peu épaisses, arrondies, d’un blanc bleuâtre, ne liquéfiant pas la gélatine.

En piqûre sur gélatine, il se développe dans le canal une traînée blanche qui ne s'accroît que lentement; en strie, il se forme une bande gris bleuâtre nacré. |

Sur pomme de terre, la culture est jaunâtre, assez épaisse.

Le bouillon se trouble en quarante-huit heures; il s’y forme un dépôt grisâtre, grumeleux.

L'inoculation d’une assez forte proportion de culture, 1 à 2 centimètres cubes, dans la veine auriculaire de lapins ou de chiens, péut déterminer, en peu de temps, l'apparition de convulsions violentes, suivies à bref délai de la mort de l'animal. La gravidité constitue, pour ces accidents, une prédisposition évidente. Les animaux qui résistent présentent une tuméfaction inflammatoire intense aux points d'inoculation ; ilfs'y forme ensuite une plaque de gangrène, longue à guérir. Après guérison de ces accidents, les animaux jouissent d’une immunité très grande envers de nouvelles inoculations, mais cet état n’est pas absolu. On peut observer des symptômes tardifs d'infection générale, se manifestant par des abcès miliaires, dela fièvre, des lésions de néphrite infectieuse avec albuminurie.

On ne peut encore émettre jque des suppositions sur le frôle que joue ce microbe dans l'étiologie de l'éclampsie, qu'il faut très probablement ranger parmi [les maladies infectieuses microbiennes, mais pouvant être sous la dépendance de plusieurs espèces pathogènes (1).

Doyen (2), en étudiant les urines de cystite et de pyélo- néphrite, a obtenu en culture quatorze espèces de Bactéries, qu'il n’a malheureusement pas cherché à rapprocher des espèces connues. Plusieurs ont une action pathogène manifeste; d’autres sont tout à fait inoffensives; son Micrococcus urinæ flavus olearius parait être le Saphylocoque doré; ses Micrococcus urinæ albus olearius et M. urinæ olearius, le Staphylocoque blanc; son Micrococcus urinæ major, le Streplocoque pyogène. Plusieurs de ses Bacilles sont à rapporter au Colibacille et au Bacillus lactis aerogenes.

Krogius (3) signale due les mêmes conditions un Bacille pathogène, Urobacillus liquefaciens septicus, qui se distingue surtout de celui de Clado en ce qu’il liquéfie la gélatine. Ce sont des bâtonnets mobiles, de 1,8 à à 3,6 u de longueur sur une largeur invariable de 0,9 p. On rencontre parfois de longs filaments, pouvant atteindre 50 y. Ces éléments se colorent facilement par les couleurs d’aniline et se décolorent par la méthode de Gram.

La gélatine est rapidement liquéfiée sans présenter de caractères bien spéciaux. Sur gélose, la culture est épaisse, saillante, d’un gris sale, s’entourant d'une zone très mince, transparente, atteignant les bords du tube. Sur pomme de terre, c’est une couche assez abondante, d’un brun jaunâtre. Toutes les tee dégagent de l'ammoniaque et ont une

(1) Cuemnisse, Théories pathogéniques de l’éclampsie (Sem. méd., 4 juin 1898, p. 249).

(2) Doyen, Sur les Bactéries de l'urine (Bull. de l’Acad. de nd ,. XVI, 1889, et Journ. des conn. méd., 1889).

(3) Krocrus, Note sur un Bacille pathogène trouvé dans les urines pathologiques (Soc. de Biol., 25 juillet 1890).

Macé. — Baclériologie, 6° édit. ECS

} 4 r 354 BACTÉRIACÉES.

odeur d'urine putréfée. Dans l’urine stérilisée, ce microbe détermine une fermentation ammoniacale très énergique.

Chez le lapin, l'injection dans les veines, sous la peau ou dans Ja cavité péritonéale, de un demi à 1 centimètre cube de bouillon de culture, détermine presque à coup sûr la mort de l'animal, parfois rapidement, en quelques jours, souvent après un laps de temps assez long. On peut observer, au point d’inoculation à la peau, un œdème séro-sanguinolent; le tissu s’ulcère et peut même se sphacéler. L'animal tombe dans une prosiration profonde; il apparaît des mouvements convulsifs intenses, puis la mort survient. Le cobaye est sinon réfractaire, du moins très peu sensible.

Les bouillons de culture stérilisés sont encore toxiques, mais à un degré moindre que les cultures vivantes.

Ce microbe n’est peut-être pas à différencier du Proteus vulgaris.

Dans des conditions semblables, Le Noir a rencontré le Bacille pyocyanique (Voy. p.317). Il est très probable que d’autres espèces microbiennes peuvent occasionner des symptômes du même ordre.

De nombreux travaux démontrent avec évidence qu'il faut attribuer au Colibacille de beaucoup la plus grande part dans l'infection urinaire, qu'il est l'agent le plus fréquent non seulement de la cystite, mais aussi de la pyélite et de la pyélo-néphrite suppurée (1).

BACILLUS INDICUS Kocu.

Koch l’atrouvé aux Indes, dans le contenu stomacal d'un singe. Cette espèce produit une très belle matière colorante rouge, très voisine du pigment du Micrococcus prodigiosus, d'une teinte plus jaunâtre toutefois, rappelant le rouge-brique.

Ce sont des Bacilles très courts, menus, à extrémités arrondies, plus mobiles que les cellules du Micrococcus prodigiosus. Is se eultivent facilement sur tous les milieux à la température ordinaire, mais présentent un optimum de végétation à 35°.

En culture sur plaques, on distingue, en un Jour, dans la gélatine, de petites colonies jaunâtres, à bords sinueux. Celles de la surface sont plus grandes ou plus claires. La gélatine est rapidement liquéfiée.

En piqûre, dans un tube de gélatine, la liquéfaction se fait aussi vite que celle du Micrococcus prodigiosus. La partie supérieure du liquide est colorée en rouge-brique.

Sur gélose, :l se forme d’abord une bande blanche qui devient ensuite rouge-brique ; les bords des cultures larges restent souvent blancs.

Le sérum est liquéfié; les cultures sur ce milieu se colorent peu ou pas du tout.

Sur pomme de terre, on obtient, par inoculation en strie, une couche épaisse de nuance vermillon, différente de la colonie pourpre que produit sur ce milieu l’autre espèce. .

La matière colorante est insoluble dans l’eau et soluble dans l'alcool.

(4) Mercuior, Die Bedeutung der Bacterium coli für die Pathologie der Harnwege (Centralbl. für Krankheit. der Sex. und Harnorgane, VII, 1897, p. 229). — ALBARRAN, HazLé et LeGrain, Desinfections vésicales (Assoc. franç. d’urol., 3° session, octobre 1898: Ann. des mal. des org. gén.-urin., XVI, 1898, p. 1159).

Na ist

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