BACILLE DE LA CONJONCTIVITE CHRONIQUE
Ces bâtonnets sont immobiles; ils ressemblent beaucoup au Pneumobacille, mais ne montrent jamais de capsule, d'après Morax ; on pourrait leur en reconnaître , d’après Axenfeld.
Ils se colorent facilement aux couleurs d’aniline et se décolorent par la méthode de Gram.
On les trouve souvent en grande quanüité dans la sécrétion conjonclivale, surtout prise au niveau de la caroncule lacrymale, libres ou inclus dans les globules de pus et les cellules épithéliales desquamées. Fig. 89. — Bacille de Weeks dans du pus de conjonctivite
Ils ne se cultivent aiguë.
pas sur les milieux de culture ordinaires, bouillon, gélose ou gélatine ; mais bien sur les milieux divers additionnés d'un tiers de sérum - ou de sérosilé humaine ou ani male (1).
Sur gélose au sérum, on voit, après vingt-quatre heures à l’étuve, se développer de nombreuses colonies transparentes, \ grisâtres, assez sem- Ni Sue’ blables à celles que forme le Pneumocoque, mais un peu plus opaques. Au-dessous de 24°, le développement ne se fait pas; la température favorable est entre 31° et
nee
: Dans le bouillon ad- Fig. 90. — Diplobacille de la conjonctivite. Pus de ditionné de sérum, le conjonctivite chronique.
(1) Eyrs, A clinical and D bel Study of Diplobacillary Conjonctivitis (Journ. of Path. and Bact., VI, DARD IE
380 BACTÉRIACÉES.
trouble est bien prononcé en vingt-quatre heures ; par agitation, le liquide prend un aspect moiré dû aux chaïnettes qu'il renferme.
Les cultures ne se font pas sans air. Le microbe est peu résistant vis-à-vis de la chaleur ; une température de 58°, maintenue pendant un quart d'heure, suffit à le tuer. On ne constate jamais de production d'indol. ä
L'inoculation des cultures sur la conjonctive des animaux ne provoque aucune réaction, même à fortes doses.
L'injection sous-cutanée ou intramusculaire ne produit aucun trouble chez la souris, le cobaye, le lapin ; il en est de même de l'injection intraveineuse chez le lapin. Il suffit, par contre, de déposer une goutte de culture dans le cul-de-sac conjonctival de l'homme pour voir le Bacille s'y développer et provoquer, après quelques jours, une affection en tous points identique au type clinique bien connu.
Au point de vue de la fréquence des diverses conjonctivites d'origine infectieuse, Barrière (1) donne les indications suivantes, portant sur le microbe producteur :
Drplobaerlle de Moras en CEE dans 82 cas, soit 32 p. 100. BnEUMOCOQUE PE ECC TE — 30 — 142, — GONVCOQUE PACE ET ER REC RrE — 29 — 11,6. — Bacile dE VERSER ERP RE — k — ON Bacille de Pieter 0. pau — 6 — 2,4 — Bacille*deMaNdiphtérie Ferre Ce LU O8ES DÉTEDIOCOQUE AE ETC — k — 1,6 —
BACILLE DE LA SÉBORRHÉE GRASSE SaBourAUD.
Sabouraud (2) décrit, comme agent de la séborrhée grasse et de la pelade commune, une Bactérie en bâtonnets qu'il désigne sous le nom de Bacille (Microbacille) de la séborrhée grasse. Lorsque ce microbe est jeune et coloré par la méthode de Gram, il a presque l'aspect d’un coccus, mesurant à peu près 1 4 de long ; adulte, la longueur l'emporte sur la largeur; c'est un petit bâtonnet de 1 4 de long sur 0,5 y de large. Le plus souvent isolé dans l’exsudat, ou par deux, on peut l’y trouver parfois en courtes chaînes. Sur les coupes de la peau malade, on le rencontre surtout, formant des amas ovoides, dans le tiers supérieur du follicule pileux auquel est annexée la glande sébacée dont la sécrétion est modifiée. Dans les cultures, il est tout à fait immobile.
On le rencontre en grande abondance dans la pelade, où il infecte le follicule pilaire en y formant des amas épais et denses, sans qu’on puisse affirmer, toutefois, qu'il joue un rôle spécifique dans l'affection (Voy. I, p. 547).
Comme bien des microbes de la peau, ce Bacille demande des milieux acides et fortement azotés; l’addition de 2 p. 100 de glycérine, celle d’un tiers d'urine sont utiles. Le milieu que recommande Sabouraud est ainsi composé :
(1) Barrière, Bakteriologische Untersuchungen über das Vorkommen der verschiedenen Konjonctivitisinfektionen in Uruguay (Klin. Monatsbl. für Augenheilk., t. X, 1910, p. 208).
(2) SasourauD, La séborrhée grasse et la pelade (Ann. de l'Inst. Pasteur, 1897).
BACILLUS ENDOTHRIX. 381
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Pour l’obtenir, on racle, avec le dos d’un scalpel, la peau de la région malade après l’avoir préalablement lavée à l’éther, et l'on ensemence par frottis le sébum recueilli. Il est, en général, plus facile de l’isoler de la séborrhée du corps et du visage que du cuir chevelu et des comédons.
Les colonies qui viennent sur le milieu appartiennent à diverses espèces. Celles du microbe en question sont visibles du troisième au quatrième jour à 35°; elles prennent vite une forme conique acuminée et en quinze jours elles peuvent arriver à une saillie de 2 millimètres.
Le microbe meurt rapidement à 70°, mais résiste bien à 65°-67°. Une pasteurisation maintenue à ces dernières températures pendant dix heures tue les autres espèces et respecte le Microbacille, qui peut alors donner des cultures pures bien reconnaissables déjà après cinq ou six jours.
Sur gélose, il se forme un cône saillant de 2 millimètres de haut environ, mamelonné. D'abord blanche, la colonie devient rosée. Elle
.n’est pas du tout adhérente au milieu.
Dans le bouillon, on observe un trouble intense et il se dépose un sédiment boueux grisâtre.
Le développement ne se fait qu'à partir de 30°; l’optimum semble être vers 35°; à 39°, une diminution est déjà sensible.
Les inoculations aux animaux ne sont pas probantes jusqu'ici. En général, les hôtes microbiens de la peau humaine se montrent très peu actifs à l'égard des animaux d'expérience.
Dans les plaques peladiques au début, tous les follicules pileux sont infectés par le Microbacille de la séborrhée grasse. Sabouraud en conclut que la plaque peladique est une infection locale aiguë de séborrhée grasse.
Le soufre paraît être de beaucoup la substance qui agit le mieux sur ce parasite, surtout avec les corps gras comme véhicule.
BACILLUS ENDOTHRIX GUÉGEN.
C'est un microbe que Guégen (1) a rencontré, à l'intérieur des cheveux malades, dans quelques cas d’alopécie en aires ou pseudo-pelade. En examinant, à un fort grossissement, de tels cheveux éclaircis par l'acide lactique, vers leur partie inférieure, ou mieux en faisant des coupes que l’on colore avec les solutions de violet d’aniline, on constate la présence de nombreux bâtonnets de 1,5 à 2 de long sur 1 à 1,2u de large, plus ou moins isolés ou réunis en amas, ou formant des files de cinq à six éléments, qui restent colorés par la méthode de Gram.
Les cultures s’obtiennent facilement en ensemençant de petits morceaux de cheveux.
(1) Guécen, Surle Bacillus endothrix, nouvelle Bactérie parasite du cheveu (Acad.
des sc., 27 janvier 1908). — Sur une alopécie en aires prurigineuses à Bacilles intrapilaires (Centralbl. für Bakt., 1t Abth., Orig., LIX, 4911, p. 1).
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Sur gélatine, il forme une colonie d’un jaune clair, brillant, qui liquéfie lentement le milieu.
Sur gélose, c’est d’abord une traînée blanc jaunâtre, qui devient jaune de chrome clair.
Sur pomme de lerre, il se fait une large bande jaune-citron, très épaisse.
Dans le bouillon, il se produit un trouble au deuxième jour; pas de voile, mais un simple anneau blanchâtre
Dans le ait, il ne se fait aucun changement pendant quatre à cinq jours, puisle liquide s’éclaircit sans coagulation préalable.
Ce microbe liquéfie très lentement le blanc d’œuf cuit. I1ne forme pas d'indol aux dépens des peptones, ne fait fermenter aucun sucre.
Il ne semble avoir aucune propriété pathogène pour les animaux d'expériences, n’a pas d'action sur leur système pileux et ne paraît pas former de produits toxiques dans les milieux où il croît.