BACILLES DANS LE CANCER
La contagiosité des tumeurs malignes, carcinome et sarcome spécialement, a été depuis longtemps soutenue par des praticiens des plus éminents, sans cependant qu'aucun expérimentateur ait pu fournir à l'appui des preuves bien évidentes. Il en est de même de la présence dans ces affections d'une Bactérie spécifique dont la nature, les caractères, l’action pathogène, sont loin d’être suffisamment démontrés pour qu'on ne soit en droit de se défendre du doute, si nécessaire et surtout si scientifique dans de semblables questions.
Rappin (1) aurait signalé en 1886, dans la Gazette médicale de Nantes, la présence constante de Bactéries dans les tumeurs cancéreuses de diverse nature. C'étaient des diplocoques de 1 y. à 1,5 y delong, liquéfiant la gélatine, se cultivant facilement sur tous les milieux. On ne peut absolument rien conclure des résultats expérimentaux annoncés.
Scheurlen (2) a pu isoler, par les cultures des tissus cancéreux, une Bactérie spéciale, qu’il considère comme le véritable agent pathogène de l'affection.
Les cultures réussissent surtout sur sérum solidifié. Scheurlen a usé de préférence des sérosités pathologiques de la pleurésie, de l’ascite, de l’hydrocèle.
Les tubes préparés sont ensemencés avec des fragments de tumeur ou du suc de raclage pris avec les précautions antiseptiques voulues, dès l'autopsie ou aussitôt après l’ablation quand il s’agit de tumeurs opérées dans de bonnes conditions, avant l'ulcération, de cancers du sein par exemple. En plaçant ces tubes à l’étuve à 39, dès le troisième jour on remarque que toute la surface est recouverte d’une pellicule incolore, qui se plisse peu à peu, et prend, après plusieurs jours ou plusieurs semaines, une couleur jaune brunâtre ; souvent cette pellicule est parsemée de petites goutteleltes liquides.
Ces cultures sont formées de Bacilles courts et trapus, mesurant de
(1) Raprix, Recherches sur l’étiologie des tumeurs malignes. Nantes, 1887.
(2) ScneurLen, Ueber die Aetiologie des Carcinoms (Sitzung. des Vereins für innere Med. in Berlin den 28 november 1887, et Deutsche med. Wochenschr., 1887, n° 48, p. 1033). ë
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