BACILLES DANS LE CANCER
1,5 & à 2,5 y de long et 0,54 de large, animés d'un mouvement lent d’oscillation. Beaucoup renferment des spores ellipsoïdes, brillantes, de 1,5 u sur 0,8 u. Les Bacilles se colorent facilement ; mais, lorsqu'on les traite par la méthode de Gram, ils se décolorent en partie par passage à l'alcool ; les extrémités restent colorées. Les spores se colorent par un séjour d’une demi-heure à une heure dans un bain bouillant à l’eau anilinée ; elles gardent leur coloration lorsqu'on les traite par l'acide azotique au tiers. Ce sont ces spores, dit Scheurlen, que l'on peut retrouver, à l'examen microscopique, dans le suc cancéreux. Les Bacilles sont plus difficiles à reconnaître ; l’auteur n’a jamais pu en constater la présence dans les coupes de tissus.
Les Bacilles des cultures sur sérum pourraient croître sur gélose. Ils y forment, après douze heures à 39°, une pellicule brillante, incolore, fissurée, constituée uniquement par des bâtonnets. Les spores apparaissaient de douze à vingt-quatre heures. On remarque parfois un léger nuage partant de la strie et pénétrant dans la gelée. Les résultats sont moins certains en inoculant des fragments de tumeurs ; Scheurlen n'a réussi dans ce cas à obtenir des cultures que six fois sur soixante-dix.
Le développement se fait aussi sur gélatine, mais il y est très lent. En piqûre, on observe, au bout de huit à quinze jours, la formation à la surface, sans liquéfaction appréciable, d'une dépression cupuliforme, qui se recouvre d'une pellicule ridée.
Sur pomme de terre, cette Bactérie forme, de douze à vingt-quatre heures, une pellicule jaune, ridée, qui s'étale sur toute la surface.
Dans les bouillons, il se produit un voile ridé; au fond du vase, il se dépose un sédiment noir brunâtre.
L'inoculation de produit de culture n'a pas donné de résultats bien démonstratifs. Des chiennes, qui avaient reçu des injections dans les glandes mammaires, ont offert, à la place d’inoculation, de petites tumeurs molles, atteignant le volume d’un haricot à celui d'une noix, dans le tissu desquelles Scheurlen a pu constater les Bacilles des cultures. C'est surtout en se basant sur ces résultats, qu'il dit un peu légèrement positifs, que l’auteur se croit autorisé à considérer la Bactérie qu'il a isolée comme le véritable facteur étiologique du cancer. L'étude a besoin encore, on le voit, d'être reprise, étendue et approfondie; d'autant plus qu'il serait curieux de voir un organisme dont la végétation en cultures est si rapide évoluer si lentement dans le corps humain et y déterminer une affection à terminaison prolongée, en quelque sorte chronique, alors qu'il semblerait plus en rapport avec sa vitalité d'en occasionner une à marche rapide et aiguë.
Ballance et Shastock (1), en expérimentant comme Scheurlen, n'ont obtenu qu'exceptionnellement des cultures; la plupart de leurs tubes sont restés stériles.
Par contre, Domingos Freire (2) confirme les résultats obtenus par Scheurlen et conteste même à ce dernier son droit de priorité.
Pour bien des observateurs, le Bacille de Scheurlen ne serait qu'une des espèces saprophytes de l'air, peut-être l’une des espèces dénommées Bacilles de la pomme de terre.
(1) Bazzance et Snasrocx, Report on cultivation Experiments with malignant new
Growths {Brilish med. Journ., 1887, p. 629).
(2) Domingos FretRe, Soc. de méd. int. de Berlin, 1887.
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Il est cependant, dans certaines tumeurs, des Bactéries qui paraissent jouer un rôle important, sinon dans la production de la néoformation, du moins dans sa marche et sa destinée. Leur action est loin encore d'être nettement connue. Elles peuvent modifier la nutrition de la tumeur, accélérer sa marche, causer son ulcération ou son ramollissement. Ou bien, elles possèdent des propriétés pathogènes spéciales, en vertu desquelles elles agissent sur l'organisme parfois à la manière des poisons septiques (1).
C’est dans une tumeur que Richet a trouvé son Micrococcus pyoseplicus (2) (I, p. 454).
Chez un sujet atteint de leucémie avec tumeurs lymphadéniques multiples, Kelsch et Vaillard (3) ont observé une Bactérie particulière dans le sang pendant la vie et dans les tumeurs enlevées aussitôt après la mort.
C’estun Bacille court, immobile,à peine pluslongquelarge,
Fig. M. — Bacille filiforme de Boas. se colorant facilement aux Du contenu stomacal, couleurs d’aniline et se décolorant par la méthode de Gram.
Les cultures se développent vite à 35° et plus lentement à la température ordinaire, à l'air ou à l'abri de l'air.
Sur gélatine, la culture est d’abord translucide, un peuirisée, semblable à celle du Bacille typhique; plus tard, elle devient plus épaisse.
Sur gélose, ce microbe forme une culture d’abord nacrée, transparente, puis blanche et d'aspect crémeux.
Sur pomme de terre, à 35°, 1l donne en vingt-quatre heures une culture humide, luisante, d'aspect muqueux, un peu saillante, d’abord blanc jaunâtre, puis brunissant.
L'injection sous-cutanée, à la souris blanche, de 1 centimètre cube de culture, détermine la mort en vingt- -quatre heures. Le cobaye et le lapin résistent à cette quantité en injection intraveineuse, mais succombent avec 2 centimètres cubes. On ne trouve nulle part de lésions, mais le sang et le suc des organes renferment le Bacille en abondance.
Boas (4) a signalé la présence fréquente, dans le contenu des estomacs cancéreux, d’un Bacille grêle, très long, filiforme, formant parfois des amas enchevêtrés pouvant montrer des ramifications vraies. Il l'a nommé Bacillus filiformis. Ce sont des bâtonnets dont la longueur varie
(1) Verneuiz, Propriétés pathogènes des microbes renfermés dans les tumeurs malignes (Revue de chir., 1889, p. 793).
(2) RicnerT, Arch. de méd. expér., 1, 1889, p. 673.
(3) Kerscn, et Varrzarp. Tumeurs lymphadéniques avec leucémie (Ann. de l’Inst. Pasteur, IV, 1890, p. 276).
(4) Boas, Diagnostik und Therapie der Magenkrankheïiten, 1897-99.
re
de 3 à à 10 y sur une épaisseur de 1 w. Les éléments filamenteux sont beaucoup plus longs (fig. 91 et 92).
Ils sont immobiles, ne forment pas de spores, se colorent facilement aux procédés ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram. Il l'a nommé Bacillus filiformis. Ge microbe se cultive sur gélose glucosée, en donnant de petites colonies d'un blanc terne. Dans le bouillon, il donne un précipité épais etfloconneux. Il ne pousse pas sur gélatine.
Il se cultive au mieux de 37° à 40° et paraît être un anaérobie facultatif. Il n'est guère possible actuellement de se prononcer sur la signification réelle de ce Bacille filiforme de Boas, qui pourrait bien n'être qu'un simple saprophyte, se développant luxurieusement en raison des conditions de stagnation du contenu stomacal. Il pourrait n'être qu'un ferment lactique ordinaire (1), se développant abondamment lorsque les conditions lui sont favorables, surtout le défaut d'acidité du suc gastrique et la stagnation des hydrocarbonés.
Pour certains, la présence de ce microbe en grande quantité, dans l’estomac, doit toujours faire songer à la possibilité d’un cancer de cet organe (2).
Moty (3) trouve à peu près constamment dans le sang des sarcomateux un Microcoque qui se cultive surtout bien en anaérobie, bien qu’il puisse végéter en présence d'air. IL le donne comme pouvant être l'agent pathogène du sarcome.
On a vu précédemment (I, p. 546) le rôle qu'attribue Doyen au Micrococcus neoformans. s
D'autres recherches semblent indiquer que beaucoup de néoplasmes contiennent des organismes inférieurs d'une autre nature, voisins des Sporozoaires ou des Blastomycètes (4), sans qu'on puisse être affirmalif sur le rôle qu'ils peuvent jouer.
Fig: 92. — Bacille filiforme de Boas. Éléments filamenteux.
Depuis longtemps, différents auteurs ont signalé dans la coquelucke,
(1) Ronezza, Magencarcinom und Milchsaürebacillen (Centralbl. für Bakt., 1 Abth. Orig., XLVII, 4908, p. 445.
.(2) Eurer, Valeur de la présence du Bacille filiforme dans l'estomac pour le diagnostic précoce du cancer de cet organe (Sem. méd., 6 mars 1911).
(3] Morx, Note sur la pathogénie du sarcome (Soc. de Biol., 21 novembre 1894).
(4) Mareuccr et Siseo, Ueber die Blastomyceten als Infektionserreger bei bôüsartigen Tumoren (Zeitschr. für Hygiene, XXVIIT, 1898, p. 1). — Roxcazr, Clinische Beobachtungen und histo und microbiologische, Untersuchungen über einen Fall von Adenocarcinom (Centralbl. für Bakl., XXIV, 1898, p. 61 et suiv.) — Sax Feuce, Ueber die pathogenen Wirkung der Blastomyceten (Zeitschr. für Hygiene, XXIX,1898, p- 463)
Macé. — Bactériologie, 6° édit. 11. — 25
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contagieuse à un haut degré, la présence de Bactéries se rencontrant en abondance dans le mucus expectoré. Les observations les plus importantes sont seules à retenir.
Afanassieff (1) a trouvé, dans dix cas qu'il a no constamment une espèce de Bactérie en fins bâtonnets, de 0,6 x à 2,2 y de long, très abondante dans les crachats, ne paraissant pas avoir de rapport avec les éléments cellulaires qu'ils contiennent.
Sur plaques de gélatine, cette espèce donne de petites colonies brunâtres, rondes ou ovales, ne liquéfiant pas la gélatine.
Sur gélatine ou gélose, en strie, elle donne une couche blanchâtre à la surface et rien dans la profondeur.
Sur pomme de terre, elle forme une culture épaisse, jaune au début, puis brune, qui recouvre rapidement toute la surface.
Les bâtonnets des cultures sont très mobiles. Il se produit des spores dans les vieilles cultures.
Les injections trachéales faites à de jeunes chiens et à de jeunes chats ont déterminé des bronchopneumonies chez ces animaux ; quelquesuns ont eu des accès typiques de coqueluche.
Griffith dit avoir isolé de l'urine de coquelucheux une ptomaïne identique à celle qu'il trouve dans les cultures du Bacille d’Afanassieff et qu'il n’a jamais rencontrée dans l'urine normale.
Koplick (2) trouve dans tous les cas de coqueluche typique, sans aucune complication, un Bacille qu'il regarde comme identique à celui d'Afanassieff. On le trouve très facilement en colorant l'expectoration au bleu de Loeffler. C’est un petit Bacille court, mince, long de 0,8 y à 1,7 & et large de 0,3 & à 0,4 uw, mobile.
Il se cultive bien sur les milieux ordinaires et surtout sur les milieux additionnés de liquide d'hydrocèle ; 1l croît très bien en anaérobie. Sur gélatine, la culture est blanchâtre, assez mince, en clou ; elle ne liquéfie pas la gelée. Sur gélose et sur sérum, la culture est blanche opaque. Dans le bouillon, il se forme un dépôt au fond, et à la surface, après une semaine, un léger voile.
Il est pathogène pour la souris blanche, qu'il fait périr en une huitaine de jours, par inoculation sous-cutanée d’un demi-centimètre cube, avec des symplômes de septicémie.
L'inoculation sous-cutanée ne donne rien chez le lapin et le cobaye. L'inoculation intraveineuse au lapin produit une sorte de pyémie avec pus dans les articulations.
Czaplewski et Hensel (3) ont isolé un Bacille peu différent de celui de Koplick et d'Afanassieff. Ils en obtiennent facilement des culturesen lavant à l’eau stérilisée des flocons pris dans des expectorations de cas typiques et en ensemençant largement des plaques de sérum peptonisé coagulé.
Les Bacilles des cultures ressemblent beaucoup à ceux qui peuvent
(1) Aranassierr, Aetiologie und klinische Bacteriologie des Keuchhustens (Saint-Pelersb. med. Wochenschr., 1887, nos 39, 40, 41, 42).
(2) Korzicx, Die Bakteriologie des Keuchhustens (Centratbl. für Bakt., XXII, 1897,
2292). | Es (3) Czarzewsxt et Hexsez, Bakteriologische Untersuchungen bei Keuchhusten (Centralbl. für Bakt., XXI, 1897, p. 641 et 721). — Czarrewsxi, Zur Frage der bei Keuchhusten beschriebener Polbakterien (Centralbl. für Bakt., XXIV,1898, p. 855).
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s’observer dans les flocons lavés pour les débarrasser des microbes buccaux. Ce sont de très petits bâtonnets à extrémités arrondies, ressemblant beaucoup au Pacille de l'influenza, mais un peu plus grands; dans les cultures, la longueur est souvent un peu plus grande. Ils sont isolés, réunis par deux; parfois ils forment des chaïneltes. Ils paraissent toujours immobiles. Après coloration au bleu de Kühne, les deux extrémités se montrent le plus souvent seules fortement colorées, la partie centrale restant incolore (Polbacterium).
Ils se colorent bien aux couleurs d’aniline. Après coloration, ils ont souvent l'apparence de diplocoques ; les deux extrémités sont d'ordinaire plus fortement colorées que la partie centrale. Les Bacilles des cultures jeunes restent colorés par la méthode de Gram ; ceux de l’expectoration, au contraire, se décolorent.
Ce microbe se cultive assez facilement. Il croît bien à 37°, plus lentement à 23°, C'est un anaérobie facultatif; 1l aime les milieux neutres ou faiblement alcalins; l'addition de glycérine parait favoriser son développement.
On l’obtient facilement en ensemençant en surface des plaques de sérum peptonisé avec des flocons séparés de l'expectoration et lavés au préalable à l’eau stérilisée. Après vingt-quatre heures, on constate déjà un léger développement; en deux jours, on voit de très petites colonies un peu grisâtres ressemblant à des gouttes de rosée, que des préparations microscopiques montrent bien être formées des Bacilles décrits plus haut, avec leur coloration plus forte aux extrémités. A côté, on a d'autres colonies de Staphylocoques, de Streptocoques, de Bactéries diverses. On peut facilement isoler les premières.
Sur gélatine, en piqüre, le développement donne à la surface une petite colonie grisâtre, un peu sèche, à bords sinueux, et dans le canal une ligne de petites colonies blanches, sphériques. En sirie, c'est une petite bande grisâtre. La gélatine n’est pas liquéfiée.
Sur gélose, surtout glycérinée ou sucrée, la culture est mince, grisâtre.
Sur sérum peptonisé coagulé, elle est gris jaunâtre.
Lé bouillon se trouble en vingt-quatre heures, puis donne un petit dépôt visqueux.
Sur pomme de terre, il ne pousse rien.
Chez les animaux, l'inoculation des cultures ne reproduit rien qui puisse rappeler la coqueluche de l'homme. L'injection intrapulmonaire, chez le lapin, donne de la bronchopneumonie.
Lesrecherches de Lusch (1), puis de Reyher(2), confirment les données précédentes.
Ritter (3) considère comme l'agent pathogène un diplocoque très petit, restant coloré par la méthode de Gram, croissant facilement sur gélose, pas sur gélatine, bouillon ni pomme de terre, qu'il a isolé du mucus nasal et bronchique d'enfant coquelucheux. Rien cependant ne démontre sa spécificité.
(1) Lusca, Bakteriologische Untersuchungen bei Keuchhusten (Centralbl. für Bakt., XXIV, 1898, p. 721 et 769).
(2) Reyner, Zur Aetiologie und Pathogenese des Keuchhustens (Jahrb. für Kinderheilkunde, L VIII, 1903, p. 605).
(3) Rirrer, Die Aetiologie des Keuchhustens (Berlin, klin. Wochenschr., 1892, p. 1276). Et : Ueber den Keuchhusten (/bid., 1896, nes 47 et 48).
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Les microbes décrits par Jochmann et Krause (1) sous le nom de Bacillus pertussis Eppendorf, par Vincenzi (2), sont bien voisins, comme forme et comme particularités de cultures, du Bacille de Pfeiffer, et ne doivent pas en être distingués, saprophytes par conséquent de la muqueuse des voies respiratoires.
Leuriaux (3) a isolé des flocons des crachats, bien lavés au préalable, puis triturés, un Bacille en bätonnets courts, trapus, à peu près aussi longs que larges, presque ovoïdes, qui se trouve en amas dans les mucosités. IL est très mobile, se colore par la méthode de Gram. Aérobie, il se développe sur tous les milieux de culture habituels, rapidement à 37°, lentement vers 20°. La culture sur gélatine est blanchâtre, un peu transparente; elle ne liquéfie pas le milieu. Sur gélose, elle est blanc jaunâtre, plus épaisse. Sur pomme de lerre, c'est une couche épaisse, jaune doré. Le bouillon est rapidement troublé et se couvre d’un voile épais, blanc jaunâtre. L'inoculation sous-cutanée au lapin détermine un abcès volumineux; intraveineuse, elle cause la mort en vingt-quatre à quarante-huit heures. Les cultures filtrées déterminent les mêmes symptômes.
Avec les bouillons de culture filtrés, des chevaux auraient pu être immunisés et fournir un sérum anticoquelucheux actif.
D'après Deichler (4), Kurloff (5), Behla (6), on devrait incriminer des Protozoaires que l’on trouve dans les crachats sous forme de cellules nues, tantôt munies de cils vibratiles, tantôt amæbiformes.
Toutes ces recherches ne semblent pas avoir résolu la question ; aucun de ces microbes ne paraît spécifique, mais seulement des saprophytes des voies respiratoires pouvant considérablement pulluler grâce à des conditions favorables.
Pour Bordet et Gengou (7), le microbe de la coqueluche est un court Bacille (Coccobacille) (fig. 93) de forme ovoïde, parfois un peu allongée, parfois courte simulant des coccus. Il est un peu plus grand que le Bacille de Pfeiffer. Les éléments sont d'habitude isolés, quelquefois unis à deux en diplobacilles. Ils se colorent assez bien au bleu phéniqué de Kühne : le plus souvent le contour et les deux extrémités se colorent seuls ou plus fortement (coloration polaire); les grands éléments se teignent aussi fréquemment au centre, fait probablement dû à un début de cloisonnement. Ils se décolorent nettement à la méthode de Gram.
Ce microbe se trouve en quantité considérable dans l’exsudat blanc du début, très riche en leucocytes, que l’on doit recueillir le moins possible mélangé de salive. À mesure qu'on s'éloigne du début de la
(4\ Jocamanx et KrausEe, Zur Aetiologie des Keuchhustens (Zeitschr. für Hygiene, XXXVI, 1901, p. 193
(2) Vixcewzi, Zur Aetiologie der Tussis convulsiva (Deutsche med..Wochenschr., 1898, n° 40). — Zur Aetiologie des Keuchhustens (Centralbl.für Bakt.,11 Ablh., Orig., XXXI, 4992, p. 273).
(3) Leurraux, L'agent pathogène de la coqueluche et la sérothérapie de cette affection (Sem. méd., 16 juillet 1902).
(4) Deicarer, Zeitschr. für wiss. Zool., XLIIT, 1886 et XLVII, 1889).
(5) Kurrorr, Keuchhusten-Parasiten (Centralbl. für Bakt., XIX, 1896, p. 513).
(6) BeuLa, Zur Aetiologie der Tussis convulsiva (Deutsche med. Wochenschr., 1898, no 19).
(7) Bonner et GExçou, Le microbe de la coqueluche (Ann. de l’Inst. Pasteur, XX, 1906, p. 7231). — Étiologie de la coqueluche. État actuel de la question (Centralbl. für
Bakt., 1te Abth,., Roièe. ., XLIII, 1909, p. 273).
maladie, on en rencontre de moins en moins et les saprophytes deviennent prédominants. Il est en effet souvent accompagné de beaucoup d’autres microbes, surtout du Bacille de Pfeiffer, qui est un peu plus petit que lui.
Les cultures sont difficiles à obtenir, surtout la première, et exigent l'emploi de milieux spéciaux ; le microbe ne pousse pas, ou tout à fait exceptionnellement, d'emblée au moins, sur les milieux ordinaires. II n'y a de développement qu'en présence d'air ; c’est une espèce nettement aérobie, qui se développe surtout bien quand il y a grand excès d’air, grande surface aérée du milieu.
Bordet et Gengou recommandent l'emploi d’une gélose au sang spéciale, préparée ainsi qu'il suit : à 200 centimètres cubes d’eau glycérinée à 4 p.
100, on ajoute 100 grammes de pommes de terre coupées en tranches. On cuit à l’autoclave, on sépare le liquide et on obtient ainsi un extrait glycériné et concentré de pommes de terre. On prend 50 centimètres cubes de cet extrait, on y ajoute 150 centimètres cubes de solution physiologique et 5 grammes de gélose. On fait fondre à l'autoclave. Le liquide est réparti dans des tubes à réactifs à la dose de 2? à Fig.93.— Bacille de la coqueluche dans l'exsudat 3 centimètres cubes. On sté- (Bordet et Gengou). rise. On recueille stérilement du sang, que l’on défibrine, de lapin ou d'homme qui serait préférable pour les premières cultures. À chaque tube de gélose fondue, maintenu à 40°, on ajoute parties égales de sang. On mélange bien et on laisse refroidir les tubes, très inclinés pour avoir une large surface.
On dilue l’exsudat, celui du début si possible, dans de la solution physiologique stérilisée et on ensemence largement en surface. Le Bacille de la coqueluche ne forme, dans cette première culture, que des colonies très petites, de moins d'un dixième de millimètre, invisibles à l'œil nu. Des saprophytes donnent des colonies très visibles, espacées, le milieu étant très peu nutritif pour beaucoup. On promène le fil de platine sur la surface qui ne présente pas de colonies, et on reporte sur de nouveaux tubes. Dans ces deuxièmes cultures, le microbe pousse vigoureusement en donnant une traînée blanche, assez épaisse. On peut alors ensemencer avec succès quelques autres milieux propices.
Sur gélose au sang ordinaire, la première culture est encore plus pénible, ou ne donne même rien. Lorsque le microbe est acclimaté, il forme une culture blanche épaisse, opaque, n'ayant pas l'aspect bleuâtre et diaphane qu'y donne le Bacille de Pfeiffer. L'hémoglobine du milieu n’est pas modifiée, comme il arrive avec ce dernier: le Bacille de la coqueluche n'est pas du tout exigeant en hémoglobine.
390 BACTÉRIACÉES.
Sur gélose-ascile, le microbe ne pousserait le plus souvent pas d'emblée ; accoutumé à la culture, il donne ure couche blanche, d' aspect g gras et humide, assez opaque, devenant après deux ou trois Jours à peu près aussi épaisse qu'une culture de Bacille typhique sur gélose ordinaire.
Dans le bouillon, glycériné à 1 p. 100 et additionné de parie égale de sang ou de sérum, le microbe accoutumé végète bien, mais en donnant des formes souvent plus grandes, gonflées.
Sur gélose, gélatine, bouillon ordinaires, il ne se fait aucun développement.
Ce microbe ne parait pas avoir de propriétés pathogènes bien marquées. Avec de fortes quantités, 2 milligrammes de culture fraîche, inoculées dans le péritoine, on obtient cependant la mort du cobaye en vingt- “quatre heures. Mais les microbes ne se reproduisent pas dans le
sang. Il s’agit plutôt d'intoxication.
En injectant un peu de produit de culture dans la chambre antérieure de l'œil du lapin, on observe une opacification de la cornée, du larmoiement et une forte congestion de la conjonctive ; l'humeur aqueuse reste limpide el ne montre pas de microbes. Ces lésions locales sont le fait d'un produit microbien.
L'injection intratrachéale ne donne rien.
Klimenko (1) et Fraenkel (2), en soumettant des singes à l’inhalation de vaporisalion de produits de culture, auraient obtenu des symptômes fort semblables à ceux de la coqueluche.
En se servant de la méthode préconisée par Besredka pour la préparation des endotoxines pesteuse, typhique et dysentérique (p.75), Bordet et Gengou (3) ont oblenu un liquide, endoloxine coquelucheuse, toxique pour le cobaye. Deux dixièmes de centimètre cube en injection souscutanée déterminent en un jour un gros œdème hémorragique, qui fait place à une plaque de nécrose découvrant, en tombant, une large ulcération.
Cette toxine est très affaiblie par chauffage d'une demi-heure à 55°, par l’addition d'alcool, de chloroforme, de thymol, de toluol ; la bougie Chamberland la retient en grande partie.
En raison de son action nécrotique locale, il semble très difficile de pouvoir immuniser des animaux à l’aide d'une telle toxine. Le sérum des animaux qui résistent est doué d'un pouvoir agglutinant très énergique à l'égard des microbes des cultures.
Le sérum des coquelucheux, malades ou convalescents, n'a que des eflets agglutinants très variables sur les microbes des cultures.
D’après Bordet et Gengou (4), la réaction de fixation du complément donnerait de très bons résultats et permettrait, en particulier, un diagnostic sur des cas frustes si importants dans la diffusion de la maladie.
(1) Kurmewxo, Die Aetiologie des Keuchhustens (Centralbl.für Bakt.,1t Abth., Orig., XLVIII, 1908, p. 64 et L, 1909, p. 305).
(2) FraENKEr, Untersuchungen zur Entstehung des Keuchhustens (Mün. med. Wochenschr, 1908, no 32).
. (3) Borper et GExGou, L'endotoxine coquelucheuse (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXIIT, 1909, p. 415).
(4) Bonoer et GExGou, Le diagnostic de la coqueluche fruste par la méthode de la fixation d'’alexine (Centralbl. für Bakt., 1 Abth., Orig., LVIII, 1911, p. 573).