BACILLES DANS LE TYPHUS EXANTHÉMATIQUE
Hlava (1) dit rencontrer fréquemment dans le sang des malades un Streptobacille qui reste coloré par la méthode de Gram et se cultive facilement dans le bouillon, sur la gélose et le sérum. Les cultures ne sont pas pathogènes pour les lapins, cobayes, rats, oiseaux, chats, chiens ; les petits cochons ont montré une poussée d'érythème cutané à la suite d’inoculations.
A côté de ce microbe, on peut rencontrer, en association ou comme agents d'infection secondaire, le Sfreptocoque pyogène,le Pneumobacille, le Bacille pseudo-diphtérique, et un Bacille capsulé qu'il nomme Vibrio proteus ruber.
Thoinot et Calmette (2) ont signalé dans le sang la présence de petits grains réfringents, de 1 à 2 , très mobiles, possédant un court prolongement. Plus tard, ces grains font place à des filaments. Calmette (3) a retrouvé ces formes dans les crachats et l'urine.
Dubief et Bruhl (4) considèrent comme l'agent pathogène un diplocoque qui se trouve dans le sang pendant la vie et dans les lésions pulmonaires, fréquentes dans le typhus, à l’autopsie.
C'est un microbe aérobie qui liquéfie la gélatine et donne rapidement sur gélose une bande blanche, un peu jaunâtre au centre ; après quarante-huit heures, la culture est devenue jaune orangé. Le lait est coagulé. Les cultures seraient pathogènes pour les lapins et les cobayes.
Wilson (5), en cultivant du sang dans du bouillon, a obtenu fréquemment un diplocoque, restant coloré par la méthode de Gram, dont le rôle est loin d’être démontré.
Pour Nicole (6), l'agent du typhus exanthématique serait un microbe filtrant. Le chimpanzé et les macaques contractent facilement le typhus expérimental, surtout à la suite de l'injection intrapéritonéale de fortes quantités de sang de malades ; lorsque l'infection est grave, elle peut causer l'immunité. Le cobaye serait même sensible au virus, mais sans réagir sensiblement.
Les recherches de Nicole, Conseil et Comte (7) semblent démontrer que le pou du corps peut transmettre l'affection.
En étudiant, en Mandchourie, une maladie ressemblant au typhus exanthématique, Horinchi (8) a isolé un microbe qui lui semble être
(1) Hzava, O Typhu exanthematickèm (Acad. François-Joseph de Prague, 1893, en tchèque, avec résumé en français).
(2) THomnor et CazmertTe, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1892.
(3) CaLmeTTE, Ann. de micr., 1893, p. 87.
(4) Dusigr et Bruuz, Le microbe du typhus exanthématique (Arch. de méd. expér., 1895).
(5) Wizsox, Theetiology of typhus fever (Journ. of Hygiene, X, 1910, p. 155).
(6) Nicoze, Recherches expérimentales sur le typhus exanthématique (Arch. de l'Inst. Pasteur de Turin, 1911, n°14, p. 1).
(7) Nicoze, Coxseiz et Cours. Le typhus expérimental du cobaye (Acad. des sc,, 1911, CLIL, p. 1632). — Nicoue, Coure et Conseir. Transmission expérimentale du typhus exanthématique par le pou du corps (Acad. des sc., 6 septembre 1909).
(8) Horxeni, Ueber ein neuen Bacillus als Erreger einen exanthematischen Fiebers in der Mandschurie (Centralbl. für Bakt., 1te Abth., Orig., XLVI, 1908, p. 586.)
392 BACTÉRIACÉES.
l'agent pathogène, Bacille court, trapu, très mobile, se cultivant bien sur tous les milieux, très pathogène pour la souris et le lapin, inoffensif pour le cobaye et le pigeon.