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BACILLUS TYPHOSUS. of

années pendant lesquelles le vacciné est plus ou moins protégé. Il semble possible, par des inoculalions répétées à des périodes éloignées, d'année en année par exemple, de maintenir la résistance au contage d’après Kolle et Wassermann, il suffirait même d’user pour cela de doses minimes de vaccin.

En présence des symplômes offensifs que produit souvent la vaceinalion par les deux méthodes précédentes, on a cherché à éliminer complètement les corps microbiens en suspension el à n’user que de solulions, de véritables extraits bacillaires.

Méthode de Wassermann.—I lraile le produit de cultures de tubes de gélose par l'eau distillée à raison de 30 grammes d’eau par tube. L'émulsion est laissée vingt-quatre heures à 37 chauffée une heure à 60° pour tuer les microbes, laissée macérer cinq jours à 37°, puis filtrée sur bougie. Après épreuve de stérilité par des cultures, on dessèche dans le vide à 35°. On obtient une poudre jaunâtre qui, pour vaccination, est dissoute dans de la solution physiologique additionnée de 0,4 p. 100 d'acide phénique. On emploie pour la première injection une dose de imer,7 de poudre correspondant à 12 milligrammes de cullure.

Méthode de Neisser el Shiga (1). — Le produit de cultures, en tubes de gélose, âgées de vingt-quatre heures, est émulsionné avec de la solution physiologique stérile, à raison de 5 centimètres cubes par lLube, chauffé pendant une heure à 60° pour tuer les microbes et laissé quarante-huit heures à 37° pour autolyse. On filtre sur bougie éprouve la stérilité et ajoute 0,5 p. 100 d'acide phénique. La dose d’inoculalion est d'un demi-centimètre cube.

Méthode de Bassenge el Mayer (2). — Le même produit est traité par de l’eau distillée stérilisée et laissé macérer pendant trois jours à la température de la chambre, soumis à l’action d’un appareil agitateur. On traite comme dans la méthode précédente et on ajoute 0,3 p. 100 d'acide phénique. L'injection est faile en une fois à la dose de 2 centi-” mètres cubes.

Méthode de Vincent. — Vincent (3) prépare un vaccin en provoquant aussi l’autolyse des Bacilles vivants dans la solution physiologique en faisant macérer à 37° pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, puis centrifugeant. Le liquide clair surnageant est recueilli, puis stérilisé par agilation avec de l’éther qui est laissé en contact pendant ving!quatre heures. Cet éther est ensuite enlevé par une simple évaporation à 37° pendant quelques minutes. On évite de cette facon la perte de produits actifs par la filtration.

Il préfère employer un vaccin polyvalent obtenu en mélangeant les autolysats de huit races de Bacilles retirés du sang ou de la rate de malades. Pour étendre davantage l’action immunisante, il mélange en plus des autolysats de Bacilles paratyphiques À et B.

I fait quatre injections, à huit ou dix jours d'intervalle. Pour les deux premières, il utilise des autolysats de vingt-quatre heures ; pour les deux

(1) Smica, Ueber aktive Immunisierung des Menschen gegen des Typhusbacillus {Berl. klin. Wochenschr., 1904, n° 4).

(2) BasseNGE et Mayer, Zur Étant gegen Typhus (Deulsche med. Wochenschr., 1905, n° 18).

(3) Vincenr, Sur la vaccination de l'homme contre la fièvre typhoïde (Acad. de méd., 21 juin 1910).

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dernières, des aulolysats de quarante-huit heures. Les doses successivement injectées sont 0€c,95, 0,75, 1 centimètre cube, 2 centimèlres cubes à 2cc,50.

Avec ce dernier vaccin, les symplômes réaclionnels semblent être très réduits ; un peu de réaction locale, une minime élévation'de température. On n'observerait pas de phase négative. C’est une supériorité pratique incontestable. Le pouvoir bactéricide du sérum des vaccinés atteint rapidement un taux élevé, 1 p. 1000, 1 p. 2000 et même plus.

Méthode de Besredka. — Dans toulesles méthodes précédentes et les similaires, il faut un certain temps, quelques jours, pour que les propriétés actives se développent à un degré suffisant dans le sang des vaccinés, quelques jours au moins, pendant lesquels l'individu est encore réceplif, hypersensible même, d'après Wright. Besredka (1) produit rapidement l’immunité, en moins d'un jour, en associant à l’action des cultures celle d'un sérum antityphique. Il mélange du produit de cultures de quarante-huit heures sur gélose, émulsionné dans très peu d'eau physiologique, avec un peu de sérum antilyphique. Après douze heures de contact, on décante le liquide et on lave le dépôt plusieurs fois à la turbine, avec de la solution physiologique pour enlever toute trace de sérum non fixé par les microbes. On chauffe ensuite à 56° pendant une heure. Ce dépôt est émulsionné dans de la solution physiologique pour être inoculé comme vaccin. L'inoculation ne délerminerail qu'une réaclion insignifiante. Il faut attendre les résultats de la pratique sur l'homme.

En résumé, la vaccination antityphiquesemble bien réellement donner des résultats intéressants et peut certainement rendre de grands services chez des individus particulièrement exposés à subir la contagion; jusqu'ici c'est uniquement dans ces conditions qu'il peut être indiqué d'y recourir. Les résultats obtenus par Vincent (2), en Algérie et au Maroc, sont des plus encourageants et démontrent la supériorité de son procédé, surtout de son vaccin polyvalent, sur celui de Wright.

Sérothérapie. — L'expérience démontre que, chez les animaux d'expérience, on obtient facilementetrapidement une immunité à l'égard des inoculations virulentes de Bacille typhique, intrapéritonéales ou intraveineuses, par l'injection sous-cutanée d'une petite quantité de sérum d'animaux préalablement immunisés comme 1l vient d’être dit, à l’aide des cultures stérilisées.

C'est cette observation qui a conduit Brieger, Kitasato et Wassermann aux premiers essais de sérothérapie de la fièvre typhoïde.

Les travaux qui ont été cités précédemment démontrent, en effet, que le sérum des animaux soumis à une immunisation suffisante jouit de propriétés préventives et curatives à l’égard du virus typhique. Ce sérum neutralise in vitro l’activité d'un virus et s'oppose à ses effets lorsque sérum et virus sont introduits dans l'organisme simultanément ou à des

(1) Besrenka, De l'immunisation active contre la peste, le choléra et l'infection typhique (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 918). — Paranino-BLanDinr, Maniera di azione e controllo di attivita di alcuni sieri antimicrobici (Riforma médica 14 janvier 1905). — Besrepxa, La vaccination par les virus sensibiiisés (Bull: de Inst. Pasteur, VII, 1910, p. 241).

(2) Vixcenr, Résultats de la vaccination antityphoïdique au Maroc par le vaccin Wright et les vaccins polyvalents (Bull. de l’Acad. de médecine, 5 décembre 1911

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intervalles assez courts. Une dose de culture mortelle pour un cobaye devient inoffensive lorsqu'on la mélange à un demi-centimètre cube de sérum de cobaye vacciné; une dose de 6 centimètres cubes de sérum injectée cinq heures après une injection virulente, par conséquent en pleine période d'état, sauve l'animal.

Beumer et Peiper (1) ontobtenu, avec le mouton, un sérum beaucoup plus actif. Une demi-goutte, une goutte au plus, suffit à préserver la souris blanche contre l’inoculation d'une dose de virus sûrement mortelle. Chez le cobaye, 0°°,07 à 0°*,08 de ce sérum pour 100 grammes de poids annihile l'effet d’une dose de virus quatre fois plus grande que la dose mortelle.

Klemperer et Levy (2) ont eu recours au chien pour préparer un sérum antiltyphique; puis à la chèvre, où ils ont constaté l'efficacité du lait, beaucoup plus faible que le sérum cependant.

Funck (3) a réussi à immuniser facilement la chèvre, difficilement le cheval, avec des cultures stérilisées. Le sérum de ces animaux acquérait des propriétés bactéricides assez élevées et avait une action protectrice contre l'infection du cobaye à des doses minimes.

Cesaris-Demel et Orlandi (4) disent avoir obtenu un effet appréciable en se servant du sérum d'animaux vaccinés contre le Bacille typhique ou contrele Colibacille. Bürger (5), avec le sérum de Beumer et Peiper, croit aussi avoir vu ie médicament se montrer efficace dans une série de 12 cas ; la défervescence serait survenue plus Lôt et la maladie lui aurait paru plus bénigne.

Les recherches les plus complètes sont dues à Chantemesse (6) qui a immunisé des chevaux à l’aide de la toxine spéciale préparée comme il a été dit page 73, et le Bacille virulent. Il soumet l'animal à des injections intraveineuses failes alternativement avec de cette toxine soluble et une émulsion de Bacilles virulents. Le traitement, pour que l’immunisa- Lion soit amenée à un degré suffisant, est long et difficile; les injections doivent être graduées el espacées, à cause des réactions violentes produites, en particulier des fortes élévations de température.

I faut faire lasaignée vingt jours après la dernière injection de Bacilles ou de toxine; c'est à ce moment que le sérum a son maximum de pouvoir préventif.

Les cobayes, auxquels on injecte sous la peau une dose de 2 centimètres cubes de sérum, résistent à une dose de culture virulente mortelle pour les témoins, Inoculée vingt-quatre heures après.

Chez le lapin, en procédant de la même façon, on arrive à rendre l’animal résistant pour trois ou quatre doses mortelles. En injectant préventivement le sérum, puis, quelques heures après, la toxine, le lapin arrive

(1) Bzumer et Perrer, Ueber die immunisierende und heilende Wirkung antitoxischen Hammelserum gegen der Typhusgift (Zeitschr. für klin. Med., XX VIII, 1895).

(2) Kzewperer et Levy, Ueber Typhus-Heilserum (Berlin. klin. Wochenschr., 1895, p. 601).

(3) Fuxcx, La sérothérapie de la fièvre typhoïde. Bruxelles, 1896.

(4) Cesaris-DEmez et OrLanni, Sull’equivalenza biologica dei prodotti del B. coli e del B. typhi (Archivio per le scienze mediche, XVII, 1893, p. 279).

(5) BôrGer, Zur Behandlung des Typhus abdominalis mit antitoxischen Heilserum (Centralbl. für Bakl., XIX, 189,6, p. 637).

(6) Cnanremesse, La sérothérapie de la fièvre typhoïde. Conférence faite au XIVe Congrès international d'hygiène, Berlin, 1907.

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à supporter sans périr une dose de loxine qui lue le lémoin en trentesix heures. En injectant au même moment, mais à des endroits différents, le sérum et la toxine, on voil se produire la réaclion de la toxine avec violence, mais la défense de l'organisme s'établit rapidement, les phénomènes s'atlénuent el peuvent disparaître. Si on introduit le sérum un peu tard après le début de l’intoxication, la réaction favorable peut ne pas se produire ; la puissance curative paraît moins marquée que la puissance préventive.

Chez l'homme atteint de fièvre typhoïde, l'injection de sérum paraît exaller l’activité phagocytaire et faire monter rapidement le laux des opsonines, provoquant ainsi une véritable opsonisalion favorable à la résistance. Le sérum paraît aussi agir à la facon d’un antiloxique, diminuant et supprimant les phénomènes nerveux, abaissant la température, hâtant la guérison.

Un tel sérum semble donc bien avoir un certain pouvoir antitoxique, mais surtout favorise les réactions phagocytaires. /n vitro, il n’est pas bactéricide ; le Bacille lyphique y cultive même bien. Il est en tout cas fortement agglutinant, mais le pouvoir agglutinant n’est pas en rapport avec le pouvoir protecteur.

D'après Chantemesse, l'emploi raisonné de ce sérum, concurremment cependant avec d'autres moyens thérapeutiques, ferait tomber la mortalité typhique à 4 ou 5 p. 100.

Rodet et Lagriffoul (1) disent avoir obtenu de bons résultats de l’emploi d’un sérum similaire, préparé par les injections intraveineuses de cultures virulentes.

En somme, il ressort de Loutes ces données que la sérothérapie de la fièvre typhoïde, malgré de précieux résultats obtenus, est encore dans la période de tâtonnements.

Quelle est l’action réellement spécifique de tels sérums ? Il est encore difficile de se prononcer.

Un fait, des plus curieux assurément et qui démontre combien sont intimes les affinités qui existent entre le Bacillelyphiqueetle Colibacille, est la vaccination réciproque que Sanarelli et Cesaris-Demel et Orlandi ont réussi à démontrer chez le cobaye pour ces deux microbes; les cobayes vaccinés contre le Colibacille résistent aux inoculations intrapéritonéales de Bacille lyphique; ceux vaccinés contre le Bacille lyphique résistent à l’inoculation intrapéritonéale de Colibacille, Cesaris- Demel et Orlandi affirment même que le sérum colibacillaire est plus actif contre l'infection typhique expérimentale que le sérum typhique lui-même; Loeffler et Abel (2) reconnaissent au sérum d’animaux non traités une certaine propriété immunisante à l'égard des deux virus et trouvent que les sérums typhique et colibacillaire ne protègent que très peu plus que le sérum normal contre l'infection par le microbe congénère.

HABITAT ET RÔLE ÉTIOLOGIQUE Le Bacille {yphique se trouve dans l'organisme des malades atteints

(1) Roner et LaGrirrouL, Sérothérapie de la fièvre typhoïde ; résultats cliniques, (C. R. de l'Acad. des sciences, 14 mars 1910).

(2) Losrrcer et Ame, Ueber die spezifischen Eigenschaften der Schutzkôrper im Blute Typhus und Coli immuner Thiere (Centralbl. für Bakt., XIX, 189,6, p. 51).

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de fièvre typhoïde; c'est là certainement la véritable origine de toute infection. Il peut en outre se rencontrer dans l'organisme sain ; enfin, il existe disséminé dans le milieu extérieur.

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