BACILLE ROUGE DE KIEL
Les cultures dégagent de l’'ammoniaque et de l'hydrogène sulfuré; dans les milieux peptonés, il se forme un peu d'indol. Le glucose est attaqué et fermente.
La matière colorante peut diffuser dans le milieu; certaines cultures sur gélose se teignent entièrement en rouge. Elle est soluble dans l'alcool en donnant une solution rouge; par évaporation, on obtient un résidu amorphe, qui se dissout en partie dans l’eau, donnant un liquide d'un rose louche. Elle est très peu soluble dans le chloroforme ; insoluble dans l’éther, la benzine, l'essence de lérébenthine, le sulfure de carbone. A l’égard des réactifs, elle se comporte comme celle du Bacillus prodigiosus. La température la meilleure pour sa formation est de 15° à 29°.
Les liquides de cultures renferment des produits toxiques, mais en assez faibles proportions. Ils contiennent, en outre, plusieurs zymases, entre autres une présure et une trypsine.
Le microbe est pathogène pour tous les animaux de laboratoire.
Chez le cobaye, l'inoculation sous-cutanée de 4 centimètres cubes de culture de quarante-huit heures amène la mort entre vingt et quarantehuit heures en hypothermie marquée. Au point d'inoculation, on trouve un œdème abondant, gélatineux,rosé ourouge-groseille, devenantrougevermillon à l'air. En injection intrapéritonéale, il suffit d’une dose de 1 demi-centimètre cube.
Chez le lapin, l’inoculation sous-cutanée ne donne souvent qu'un abcès dont le pus, bien lié, se colore en rouge quelque temps après son Issue.
Le microbe, mis en suspension dans l’eau, paraît pouvoir causer rapidement une infection chez les poissons.
Broquet (1) a reconnu comme cause du mal rouge du papillon du ver à soie, qui sévit dans des magnaneries de Cochinchine et fait périr les papillons, qui présentent des taches rouge-sang plus ou moins nombreuses et étendues, un cocco-bacille à éléments tantôt presque arrondis, de 0,5 x à 0,6 w, tantôt en bâtonnets courts, mobiles dans les cultures en milieux liquides, immobiles en milieux solides, donnant des cultures bien semblables à celles du Bacillus prodigiosus. La matière colorante paraît soluble dans l’eau et dans l'alcool méthylique, peu soluble dans l'alcool éthylique ; soluble dans le chloroforme et l'acide acétique, peu soluble dans la benzine.
Les cultures peuvent tuer le lapin, en injection intraveineuse, mais pas toujours; elles paraissent sans effet sur le rat et le cobaye. L'infection du papillon s'obtient très facilement en déposant une parcelle de culture sur le tégument ; la chenille, le ver à soie, ne paraît pas pouvoir s'infecter.
BACILLE ROUGE DE KIEL BREuNIG.
Breunig (2) a rencontré une très belle espèce dans les eaux de la ville de Kiel ; elle est désignée d'ordinaire sous le nom de Bacille rouge de
(1} Broquer, Le rouge du papillon du ver à soie en Cochinchine (Ann. de l’Inst, Pasteur, XXIV, 1910, p. 529).
(2) BreuniG, Bacteriologische Untersuchungen Trinkwassers der Stadt Kiel. Thèse inaug., Kiel, 1888.
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Kiel, Bacillus Kiliensis (1) ou encore Bacillus ruber balticus.
C'est un Bacille dont les éléments ont une longueur qui varie de 3 à 5 pet une largeur de 0,7 à 0,8 » et sont médiocrement mobiles. Les vieilles cultures sur pomme de terre renferment des éléments de 8 et 10 u.
Sur plaques de gélatine, les colonies profondes sont jaunâtres, rondes; les superficielles s'étalent un peu, se fondent pour ainsi dire, et liquéfient vite en prenant une teinte rose, avec petit amas central rougesang.
Sur gélatine, en piqûre, il se forme dans la piqüre de petites colonies blanchâtres et à la surface une tache rouge-sang. La gelée ne tarde pas à se liquéfier; le liquide est fortement coloré. Dans la profondeur du tube, il se produit souvent des bulles de gaz.
Sur gélose, il se développe une colonie rose pâle qui devient d'un rouge foncé brillant, sembable à de la cire à cacheter, présentant des reflets métalliques. Avec l'âge, la nuance devient brunâtre.
Sur pomme de terre, le développement est très rapide à 30°; la surface se recouvre, en un jour, d'une colonie d'un rouge-pourpre violacé.
Le bouillon est fortement troublé en vingt-quatre heures et se colore en rose. Les bouillons auxquels on ajoute de minimes quantités d’acide tartrique. de 1 p. 10000 à 1 p. 1000, mais seulement d'une façon graduelle, peuvent être fortement colorés.
Le lait est coagulé, en vingt-quatre heures à 37°, lentement à la température ordinaire, et se teint en rouge à la partie supérieure.
La matière colorante de cette Bactérie est peu soluble dans l’eau, plus soluble dans les alcools éthylique et méthylique, peu soluble dans la benzine, insoluble dans l'essence de térébenthine, le chloroforme, le sulfure de carbone, l'alcool amylique. L’éther sulfurique décolore ce pigment, mais la nuance reparaït si l'on ajoute au mélange quelques gouttes d'acide chlorhydrique.
Les acides, à petites doses, avivent la nuance ; les alcalisla détruisent, mais elle réapparaît par neutralisation. Le zine et l'acide chlorhydrique la laisseraient subsister.
La coloration n'apparaît qu'en présence d'oxygène. A l'abri de l'air, le microbe se développe lentement, mais donne des colonies incolores.
Les cultures semblent n'avoir aucune propriété pathogène.
Petrov (2) a décrit, sous le nom de Bacillus subkiliensis, un microbe se voisin, isolé de l’air, dont le pigment est tout à fait insoluble dans ’eau.
BACILLUS ROSACEUS METALLOIDES DowpEeswEeLL.
C'est une Bactérie qui a été étudiée par Dowdeswell (3) sans que cet auteur ait indiqué où elle avait été trouvée. Elle paraît être identique au Bacillus miniaceus de Zimmermann (4). Je l'ai rencontrée fréquemment
(1) Laurenr, Études sur la variabilité du Bacille rouge de Kiel (Ann. de l'Inst. Pasteur, 1890, no 8).
(2) Perrov, Uebereinen neuen rothen farbstoffbilden den Bacillus(Arb. aus dem bakt. Institut der techn. Hochschule zu Karlsruhe, IN, 1902, p. 273).
(3) DowpeswkrLz, Sur une nouvelle espèce de microbe chromogène, le Bacterium rosaceum melalloides (Ann. de micr., 1889).
(4) ZimMERMANN, Die Bacterien unserer Trink und Nützwasser. Chemnitz, 1890.
Rise.
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dans diverses eaux des terrains siliceux des Vosges, jamais jusqu'ici dans les eaux des régions calcaires.
Les éléments pris dans des cultures en pleine activité sont de courts bâtonnets de 1,5 w de long sur 0,7 & de large environ, toujours immobiles.
Sur plaques de gélatine, les colonies de la surface, d'abord incolores ou grisâtres, se colorent peu à peu et forment de petits boutons proéminents d'un rouge carminé très vif. La liquéfaction de la gelée n’a pas le temps de se produire ; tout au plus, voit-on la colonie s’enfoncer un peu dans la gelée.
Sur gélatine, en strie, ce microbe se développe rapidement. La coloration rouge apparaît en vingt-quatre heures; en quelques jours, la colonie, qui est déjà de bonnes dimensions, prend l'état métallique spécial (1). Le développement continue jusqu'à ce que la colonie ait atteint 3 ou 4 millimètres de largeur. Après un mois ou six semaines, la colonie cesse de s'étendre et liquéfie peu à peu la gelée; le liquide est clair et incolore. En piqûre, la liquéfaction est un peu plus rapide.
Sur gélose, la colonie se développe moins vite que sur la gélatine; sa couleur est plus pâle, ne prend pas facilement de reflets métalliques
Sur gélose glycérinée, la teinte est encore plus pâle, rosée.
Sur pomme de lerre, la culture forme, en très peu de temps, une couche dense, épaisse, très colorée, montrant des reflets métalliques très beaux.
Dans le bouillon, cette Bactérie se développe vigoureusement, mais sans présenter de coloration.
La température la plus favorable à cette espèce est de 15° environ; à l’étuve à 35°, les cullures ne se développent plus dans les milieux liquides et très peu sur les solides. Une température de 60° tue tous les éléments.
C'est un microbe énergiquement aérobie; il végète cependant en présence de très minimes quantités d'oxygène. Il ne paraît avoir aucune propriété de ferment ou pathogène.
La matière colorante est presque insoluble dans l’eau froide ou bouillante, facilement soluble dans l'alcool, insoluble dans le chloroforme, la benzine, les acides concentrés. Au spectroscope, il y a transmission complète du rouge, de l'orangé et du jaune, puis extinction absolue de toute lumière. À une épaisseur minime, 1 ou 2 millimètres, il passe quelques rayons bleus.
Tataroff (2) décrit sous le même nom un Bacille un peu plus court, légèrement mobile, possédant un cil à l’un des pôles, pouvant produire de petites spores allongées, donnant sur bouillon un voile fragile rougeâtre.
Le Bacille rouge de Plymouth, décrit par Fischer, est voisin de cette espèce. Il peut s’en distinguer par la grande viscosité des cultures et la solubilité du pigment dans la benzine.
(1) J'ai signalé depuis longtemps (Traité pratique de Bactériologie, 1°° édit., 1889) la tendance de certaines cultures de Micrococcus prodigiosus à prendre ces reflets métalliques. ;
(2) Tararorr, Die Dorpater Wasserbakterien. Thèse de Dorpat, 1891.
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