BACILLES ROUGES DIVERS
rouge et, de plus, il ne croît que très lentement et jamais en l'absence d'oxygène.
Zimmermann (1) a nommé Bacillus rubefaciens un Bacille isolé de l’eau de Chemnitz, de 1 y à 1,7 u sur 0,4 u, très mobile, ne liquéfiant pas la gélatine, où il donne une coloration brunâtre devenant rouge lie de vin.
Le Bacillus rubescens, isolé par Jordan (2) de l’eau d’égout, est aussi mobile et non liquéfiant.
Augé (3) a observé sur des sardines altérées et colorées en rouge un Bacille spécial qu'il nomme Cocco-bacille rouge de la sardine. I paraît identique au Microbe rouge de la sardine de Dubois Saint-Sévrin(p. 435), et ne se distingue du Bacillus prodigiosus que par la consistance filante de ses cultures sur gélose, que l'on peut du reste remarquer chez ce dernier microbe, et la solubilité dans l’eau de la matière colorante.
Le Dantec (4) a isolé de morue salée, présentant l’altération connue sous le nom de morue rouge, un Bacille rouge (Bacille rouge de Terre- Neuve) qui parait devoir être distingué des précédents. Pour l'isoler du produit, il conseille d’enfermer dans un tube de verre effilé très fin une parcelle de la glaire rouge se trouvant sur la viande, dissociée dans de l'eau stérilisée, et de plonger le tout dans de l’eau à 95° pendant une minute, puis de semer sur plaques de gélatine.
Les bâtonnets, pris sur de la morue, ont de 4 à 10 u, quelquefois plus; ils sont mobiles et présentent presque toujours une spore brillante à une extrémité.
Sur plaques de gélatine, les colonies forment de petits disques d’un rouge pâle au centre, d’un rouge plus foncé à la périphérie : elles liquéfient très lentement.
Sur gélatine, en piqûre, il se forme très lentement un petit entonnoir de liquéfaction ; en strie, il se produit d’abord une traînée d’un rouge intense, puis la liquéfaction apparaît très lentement. Quand la gélatine est préparée depuis un certain temps, elle ne subit plus la liquéfaction.
Sur gélose, on obtient une strie rouge.
Dans le bouillon, le trouble apparaît vite, mais il ne se produit pas de pigment.
La pomme de terre est un mauvais terrain de culture.
La chair de morue rougit vite, surtout sur le côté qui a été exposé au sel; la chair cuite rougit moins que la crue.
Le pigment se forme bien mieux, dans toutes les cultures, vers 10° à 15° qu’à l’étuve.
Le mierobe s'est toujours montré inoffensif pour les animaux d’expérience, en ingestion et en inoculations sous-cutanées ou intrapéritonéales.
Le Bacille n'aurait qu'une certaine part dans l’altération. L'agent le plus actif serait un autre microbe, souvent filamenteux, ne formant pas de spores, ne pouvant se cultiver que dans les milieux
(1) ZimmERMANN, Loc. cit., p. 438.
* (2) Jorpax, Report Massachussets state board of health, II, 1890, p. 835. (3) AuGÉ, Sur le Cocco-bacille rouge de la sardine (Soc. de Biol., 13 janvier 1894). (4) Le Danrec, Étude de la morue rouge (Ann. de l’Inst. Pasteur, V, 1891, p. 656).
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sursaturés de sel, de la catégorie des Microbes chlorurophiles (1). A côté de lui, Le Dantec a aussi isolé un Microcoque rouge de 3 x à 5 & de diamètre, ne liquéfiant pas la gélatine, aussi inoffensif. La morue simplement altérée par le rouge ne parait donc pas toxique. Les accidents observés sont certainement dus à des processus de putréfaction s'installant à côté de l’altération rouge.
Bœkhoul et de Vries (2) décrivent sous le nom de Bacillus fuchsinus un Bacille rouge qu'ils ont isolé de l’eau.
C'est un Bacille immobile, long de 1 x à 1,5 u et large de moitié.
Sur gélatine, il forme en dix-huit heures une culture rouge clair et liquéfie assez vite ; le liquide prend une teinte framboise.
Sur gélose, la colonie est rouge-carmin sans reflets métalliques.
Sur pomme de terre, la culture est d’abord rouge pâle, puis rougebrique et prend en deux jours des reflets bronzés.
Le lait est coagulé, puisle caillot est dissous.
Le microbe se développe un peu en anaérobie, mais ne produit pas de pigment.
La matière colorante est soluble dans l'alcool, le chloroforme, le sulfure de carbone, moins bien dans l'éther et très peu dans l’eau. Les alcalis font passer les solutions au jaune ; les acides ramènent la nuance rouge violacé.
Beauregard (3) décrit un Bacille rouge-vermillon de 1 uw à 1,5 & de
long qui ne liquéfie pas la gélatine et est peut-être à rapprocher du Micrococcus cinnabareus.
BACILLUS LACTIS ERYTHROGENES Huepre.
Cette espèce se développe spontanément dans le lait qu'elle peut colorer entièrement en rouge, lui donnant même parfois l'aspect du sang (4).
Les éléments sont de courts bâtonnets immobiles qui se colorent facilement à l'aide des couleurs d’aniline.
On en obtient facilement des cultures sur les milieux habituels.
La gélatine est lentement liquéfiée ; la culture prend une teinte jaune ; la partie de milieu qui l'entoure se colore en rose.
Sur gélose et sur pomme de lerre, la culture est jaunâtre.
Dans le Jai, cette Bactérie détermine la précipitation lente de la caséine : il se forme en même temps un pigment rouge foncé qui teint tout le liquide au bout de quelque temps. Ce pigment n'apparaît que lentement à la lumière ; il donne une teinte très foncée aux cultures faites à l'obscurité et ne se forme que dans les milieux qui ont une
(1) Le Danrec, Le microbe /du rouge de morue. Sur une nouvelle catégorie de microbes, les microbes chlorurophiles (Soc. de Biol., LXI, 1906, p. 136).
(2) Borxnour et DE VRies, Ueber einen neuen chromogenen Bacillus (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., IV, 1898, p. 497).
(3) BeauneGarD, Note sur un nouveau Bacille chromogène (Soc. de Biol., 2 juillet 1898).
(4) GrorenreLT, Studien über Zersetzung der Milch. I, Der rothe Milch (Fortschr. der Med., 1889, n° 2, p. 41). — BaGinsxi, Zum Grotenfelt'schen Bacillus der rothen Milch (Deutsche med. Wochenschr., 1889, n° 11).
BACILLUS MELANOSPORUS. 443
réaction alcaline ou neutre. Il est insoluble dans l’eau, l'alcool, l’éther et le chloroforme. A l'examen spectroscopique, il montre deux bandes noires entre les lignes Det E, et une autre dans le bleu.
Le Bacillus lactorubefaciens de Gruber (1) se distingue en ce qu'il donne des cultures blanches sur gélatine et sur gélose et ne coagule pas le lait, mais le rend extrêmement visqueux, teinté en rose, à réaction nettement acide.
BACILLUS ERYTHROSPORUS Con.
C'est une Bactérie de l’air, qui y serait même très commune, d’après certains observateurs. Elle se rencontrerait aussi dans l’eau.
Elle a été rencontrée par Cohn et Mifflet (2) dans du bouillon où avait barboté de l’air.
Ce sont de minces Bacilles à extrémités arrondies, mobiles. Ils donnent souvent de longs filaments qui, à un moment donné, se segmentent en articles produisant chacun une spore. Ces spores sont ovaleselliptiques, parfois un peu courbées, très brillantes et colorées en rouge sale.
Cultivée dans le bouillon, cette espèce y forme, à la surface, de petites écailles libres, non réunies en un voile complet ; d’abord blanchâtres, elles se colorent au centre en rouge brun, phénomène dû à l'apparition des spores dans les cellules. La culture développe une odeur spermatique intense.
Sur plaques de gélatine, elle donne des colonies blanchâtres, profondément lobées, plissées, qui, vues au microscope, ont un centre brun entouré d’une zone périphérique moins opaque, jaune verdâtre ; la surface présente une striation radiaire ; la gelée environnante prend une teinte verdâtre. La gélatine n'est pas liquéfiée.
Sur gélatine, en piqûre, il se développe, dans le canal et surtout à la surface, une culture blanchâtre; la gelée se colore en vert ou en jaune brun, sans se liquéfier.
Sur pomme de lerre, on obtient une couche peu étendue, d'abord rougeâtre, puis brune.
On ne lui connaît aucune action physiologique intéressante. Elle a été retrouvée depuis dans des liquides de putréfaction de substances animales ou végétales.
BACILLUS MELANOSPORUS Eipan.
C’est encore une espèce de l'air qui a été trouvée par Eidam (3) sur des pommes de terre cuites abandonnées à l'air. Elle y forme une fine pellicule ridée gris sale, puis gris ardoisé, enfin noir foncé. La teinte noire pénètre assez profondément dans le substratum, en devenant plus pâle. L’acide chlorhydrique, l'acide acétique, l'ammoniaque, une solu-
(1) Gru8ER, Ueber einen die Milch rosafärbenden Bacillus, B. lactorubefaciens Centralbl. für Bakt., 2te Abth., VIII, 1902, p. 457).
(2) Mrrrcer, Untersuchungen über die in der Luft suspendirten Bakterien (Beitr. zur Biol. der Pflanzen, II, re p., p. 119, 1879).
(3) Etbam, Die Einwirkung verschiedener Temperaturen und der Eintrocknens auf die Entwickelung von Bacterium termo(Beitr. zur Biol. der Pflanzen, 1, 3° p., 1875).
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tion de potasse n'ont pas d'action sur la couleur ; l’eau ni l'alcool! ne
peuvent la dissoudre. D'après Eidam, la coloration serait due à des
corpuscules noirs, amorphes, que l’on trouve épars entre les Bactéries, dans le milieu nutritif.
BACILLUS MESENTERICUS NIGER.
Biehl (1) et Lunt (2) l’ont isolé en même temps : le premier, à Kiel, comme impureté de l'air, sur du pain ; le second, à Londres, de l’eau, à l’aide de la méthode de Parietti.
Ce sont des bâtonnets à extrémités arrondies, de 2,8 à 3,6 w de long.
sur 0,8 uw de large, isolés ou réunis par deux, rarement plus. Ils ont un mouvement très vif.
Dans les cultures âgées, on trouve des spores ovales, situées au milieu des bâtonnets, de 1,2 à 1,3 v de long sur 0,7 uv de large.
Les bâtonnets se colorent bien aux méthodes ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.
Ce microbe se cultive bien sur les milieux habituels sans fournir de caractères particuliers sur la plupart d’entre eux ; sur pomme de terre et sur gélatine au moût de bière, il donne un pigment brun ou noirâtre. C'est un aérobie exclusif, qui présente son optimum de développement vers 37°-400,
Sur plaques de gélatine, les jeunes colonies sont grisâtres, granuleuses, émettant à leur bord de nombreux prolongements souvent spiralés. En grandissant, elles foncent en couleur et pénètrent graduellement dans la gelée qui se liquéfie rapidement.
Sur gélatine, en piqûre, la liquéfaction est rapide. Le liquide est grisâtre, trouble, et présente une fine pellicule à la surface. Sur gélatine au moût de bière ou au suc de pommedeterre, le liquide se colore en brun.
Sur gélose, il se forme une pellicule jaune brunâtre, plissée. La gelée se colore en brun plus ou moins foncé. La coloration est plus forte sur gélose glucosée.
Sur pomme de terre, la culture envahit vite toute la surface ; elle y forme une couche humide, fortement plissée, d’abord grisâtre, puis d’un brun noirâtre. La substance de la pomme de terre devient noire à son tour.
Sur le bouillon, il se forme un voile jaunâtre, plissé ; le liquide s’'éclaircit vite.
Le lait se coagule en vingt-quatre à:trente-six heures à 37; la caséine se redissout ensuite presque complètement. Le liquide est un peu amer et donne la réaction du biuret.
Le pigment noir ne peut s’extraire par aucun des réactifs à employer.
Le microbe se montre complètement dépourvu de propriétés pathogènes pour les animaux d'expérience.
Tous les caractères rapprochent cette espèce des Bacrlles de la pomme de terre ordinaires, Bacillus mesentericus vulgatus et surtout peut-être Bacillus mesentericus fuscus.
(1) Breuz, Ueber einen schwarzen Pigment bildenden Kartoffelbacillus (Centralbl. für Bakt., 2t Abth., II, 1896, p. 137).
(2) Lunr, On Bacillus mesentericus niger, a new Potatoe Bacillus (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., II, 1896, p. 572).
Eee dur à
BACILLUS ACETI. 445
Le microbe nommé Bacillus lactis niger par Gorini (1) ne s'en distinguerait que par l'absence des plis dans les colonies.
Le Bacillus aterrimus tschitensis de Klimenko (2) ne peut guère en être séparé.
BACILLUS ACETI KurzixG.