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a. D TR
N BACILLUS PUTRIFICUS. 471
vrais que celles qui produisent de notables proportions de cet acide, ce qui indique une réelle spécialisation fonctionnelle. Chez les autres, l'acide butyrique ne représente qu'un des stades de la dissociation moléculaire de la substance.
Hüppe (1) a isolé, de lait imparfaitementstérilisé et où ne s'était pas développé de Bacillus lacticus, une Bactérie le coagulant sans qu'il manifestät de réaction acide, mais au contraire une réaction faiblement alcaline, qu'il considère comme un Bacille bulyrique. C'est un microbe aérobie qui donne en effet de l'acide butyrique aux dépens des lactates ou des solutions de certains sucres, le maltose par exemple. Il esten bâtonnets de 3 à 8 y de long, formant de grosses spores ovoïdes. Cultivée dans le lait, celte espèce coagule lentement la caséine et le coagulum est ensuite rongé et dissous ; ‘il ne disparaît qu'après un mois et “plus ; le liquide est peu alcalin, dégage de l’'ammoniaque et a une saveur amère. La gélatine est rapidement liquéfiée ; le milieu se colore en
jaune et présente, à la surface, une pellicule mince, plissée, blanchâtre.
La caséine du lait est rapidement décomposée avec formation d'ammoniaque, de peptones, de leucine et de tyrosine. Le caractère aérobie sépare nettement ce microbe du Bacillus butyricus, à moins qu'on ait affaire à ce microbe aérobisé, dans le ‘sens donné par Rosenthal (Voy. I, p. 46). Les caractères donnés ne suffisent pas, du reste, pour le classer avec certitude.
Beaucoup d’autres espèces de Bactéries produisent de l'acide butyrique aux dépens des hydrocarbonés que renferment les milieux où elles vivent ; à cause de la petite quantité d'acide formé, souvent des traces, il n’est pas rationnel de les considérer comme des ferments butyriques, la prédominance du produit caractéristique devant être nettement marquée dans toute fermentation méritant réellement ce nom. Ici, comme dans toutes les fermentations, il faut distinguer les produits principaux et les produits secondaires.
Il n’est pas impossible que des organismes autres que des Bactéries puissent être des agents de fermentation butyrique.
Curci (2) décrit un Saccharomycète produisant des quantités notables d’acide butyrique aux dépens des sucres, 7#,317 pour 23 grammes de saccharose ; d’aprèslui, toutefois, cette Levure, placée dans certaines conditions, se transformerait en Bacille qui pourrait à son tour revenir à la forme de Levure. Ce sont là des résultats qui ne s'accordent pas avec les idées actuelles.
BACILLUS PUTRIFICUS BiIEnsrocxk.
Bienstock (3) l’a isolé, en 1884, du contenu de l'intestin d’un cadavre, à l’autopsie ; il la retrouvé après dans la boue, la terre de jardin, la
(1) HôPpre, Loc. cit., p. 454.
(2) V. Curcr, Nuevo fermento butyrico (Annales del Museo nacional de Montevideo, VII, 1896).
(3) Brexsrock, Ueber die Bakterien des Fœces (Zeitschr. für med. Klin., VIII, 1884). — — Untersuchungen über die Aetiologie der Eiweissfaülniss (Arch. für Hygiene, XXXVI, 1899) — Recherches sur la putréfaction (Ann. de l’Inst. Pasteur, XIII, 1899, p. 854), — Du rôle des Bactéries de l'intestin (Zbid., XIV, 1900, p. 750). — Bacillus putrificus (Ibid., XX, 1906, p. 407).
479 BACTÉRIACÉES.
sanie de cadavres. Tissier (1) l'a signalé dans le méconium ; Rodella (2) dans les selles de nouveau-nés ; Tissier et Martelly (3) ont reconnu sa présence constante dans les viandes putréfiées.
Les éléments sont des bâtonnets minces et droits, de 5 à 6 y de long sur 0,8 y de large, à extrémités arrondies (fig. 98 et 99) ; dans certains milieux, le blanc d'œuf maltosé ou la gélatine liquéfiée, on peut trouver des formes allongées, en filaments.
Ces bâtonnets sont nettement mobiles, à mouvements oscillants. La mobilité est surtout marquée dans les cultures en milieux liquides; elle se ralentit lorsque l'élément va sporuler.
Il s’y forme facilement des spores terminales, plus grosses que le bâtonnet, de telle sorte que l'élément sporulé a l'aspect d’une baguette de tambour, ou plutôt d'une épingle à grosse tête, comme le Bacille du tétanos (fig. 93).
On obtient surtout des spores dans les jeunes cultures sur gélose simple ou les vieilles cultures en gélose glucosée.
Fig. 98. — Bacillus putrificus, d’une culture Les bàâtonnets se colorent sur gélose glucosée. 1000/1. facilement aux colorants ordi-
naires et restent colorés par la méthode de Gram. Ils montrent de nombreux cils péritriches, embroussaillés.
Ce microbe est un anaérobie strict. On en obtient facilement des cultures entre 22° et 37°, même à la température de la chambre, et jusqu'à 44° d’après Rodella.
Dans la gélatine glucosée ou même ordinaire, il se développe des colonies filamenteuses, chevelues ; le milieu se ramollit lentement, puis se liquéfie au bout de cinq à six jours.
Dans la gélose glucosée, il se forme, en vingt-quatre à quarante-huit heures, de petites colonies ponctiformes, blanchâtres, que le microscope montre bosselées et irrégulières ; elles émettent des filaments à la périphérie et, après quelques jours, apparaissent comme floconneuses et sont formées d'un noyau central d'où partent des filaments formant tout autour une auréole de fines arborisations. Il peut se produire des gaz qui disloquent le milieu ou y restent inclus en fines bulles. On perçoit une odeur putride très marquée, caractéristique.
Avec la gélose ordinaire, on obtient quelque chose d'analogue, mais
1) Tissier, Recherches sur la flore intestinale normale et pathologique du nourrisson. Thèse de Paris, 1901.
2) RonerrAa, Sur la différenciation du Bacillus putrificus (Ann. de l'Inst. Pasteur, XIX, 1905, p. 804).
3) Tissier et Marrerzy, Recherches sur la putréfaction des viandes de boucherie (Ann. de l’Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 865).
BACILLUS PUTRIFICUS. 473
le développement est plus lent. ‘En surface, on a des colonies blanches, transparentes.
Dans le bouillon, ordinaire ou glucosé, il se fait un trouble avec dépôt fin, granuleux. La culture développe une odeur fétide de vieux fromage.
Le lait prend d'abord une teinte jaunâtre, ocreuse, puis devient peu à peu transparent par peptonisation de la caséine sans coagulation.
Le blanc d'œuf cuit, la fibrine, la viande sont vigoureusement attaqués et dissous, sans production de bulles de gaz.
Les matières azolées sont fortement modifiées par ce microbe.
L’albumine et les produits similaires subissent une putréfaction caractéristique, avec gaz fétides. On rencontre, comme résultats de l’action, des protéoses, de la leucine, de la tyrosine, de l'ammoniaque, des amines, de l'hydrogène sulfuré, des acides gras et aromatiques, acides acétique, butyrique, valérianique, paraoxyphénylpropionique. L'attaque se fait à l’aide d'une diastase trypsique que produit le microbe.
Avec la caséine, on trouve des caséoses etles mêmes produits.
D'après Tissier, avec les protéoses ilse formerait de l'indol.
Les dérivés des Corps protéi- Fig. 99. — Bacillus putrificus, d'une jeune ques sont attaqués également, culture sur gélose. 1000/1.
et modifiés dans le même sens.
L’urée est assez rapidement dédoublée.
Les malières sucrées ne sont pas attaquées pour la plupart, peut-être toutefois un peu le lactose, et le glucose d'une facon très minime.
Les matières grasses sont émulsionnées et saponifiées au moyen d'une lipase produite.
Le, microbe produirait des substances toxiques diverses, des ptomaïnes d’abord, puis, d'après Korentschewsky (1), une véritable toxine peu active cependant.
I ne semble pas être véritablement pathogène. Rodella a cependant isolé d'un abcès gazeux un Bacillus putrificus qui tuait le lapin, à faibles doses il est vrai. Il a été signalé aussi dans l’appendicite.
Les fonctions chimiques, surtout les processus putrides, s'arrêtent complètement en présence du Colibacilleet du Bacillus lactis aerogenes, sans que la végétation du microbe soit entravée, par une véritable force antagoniste pour Bienstock.
C'est un microbe qui paraît être très répandu, particulièrement partout où se passent des processus putrides, dans le sol, dans les eaux souillées, dans les putréfactions vraies, celle des viandes principa-
(1) Korenrscuewsxy, Contributions à l'étude biologique du B. perfringens et du B. putrificus (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXIII, 1909, p. 91).
474 BACTÉRIACÉES.
lement où il joue un rôle de premier ordre. 1l est commun dans bien des aliments ; Tissier et Gasching (1) l'ont trouvé fréquemment dans les laits vieux, rarement dans le lait frais. Il doit arriver souvent dans l'intestin ; d’après Bienstock, on ne le trouve cependant jamais dans les selles normales, en raison del’antagonisme du Colibacille ; plusieurs observateurs le donnent comme fréquent dansles selles, l'ayant confondu avec le Bacillus parapulrificus. Rodella l’a isolé de caries dentaires. Cependant Rettger (2), puis Metschnikoff (3) disent l'avoir fréquemment rencontré dans le contenu intestinal, chez l'homme sain, où il ne se trouverait peut-être qu’à l’état de spores.
BACILLUS PARAPUTRIFICUS Brensrock.
Bienstock (4) l’a isolé des fèces humaines, en les mettant en cultures, à l’étuve, dans du liquide d’ascite, puis, après avoir constaté la présence de bâtonnets en baguette de tambour, en faisant des cultures sur plaques anaérobies.
Morphologiquement, il ressemble complètement au Bacillus putrificus ; même forme, même grandeur, même mobilité, même aspect de formation de spores.
Il exerce la même action putréfiante sur les protéines, en donnant des produits de dédoublement identiques.
Sur gélatine et sur gélose, les caractères de cultures sont entièrement semblables.
Ensemencé dansle lait, le Bacillus paraputrificus y forme en quelques heures un coagulum très dur, dont il se sépare une petite quantité de sérum acide limpide comme de l’eau, sans qu'il s’ensuive aucun changement ultérieur, alors que le Bacillus putrificus y détermine dès le lendemain une putréfaction complète.
Le Bacillus parapulrificus attaque nettement le glucose etle lactose, avec formation d'acides acétique, lactique, butyrique, d'acide carbonique et d'hydrogène.
En ensemençant à lafois dans dulaitle Bacillus paraputrificus etle Bacillus putrificus, le premier seul se développe, le second pas. Le Bacillus parapulrificus semble donc être un antagoniste de la putréfaction.
D'après Bienstock, c'est au Bacillus paraputrificus qu’on a eu affaire, quand on a décrit du Bacillus putrificus dans les selles.
Rodella dit l'avoir observé dans la sueur des espaces interdigitaux des pieds et de l’aisselle, et le considère comme la cause de bien des sueurs fétides.
BACILLUS BIFIDUS Tissier.
IL a été isolé par Tissier (5) de selles normales de nourrissons et
(1) Tissier et GascninG, Recherches sur la fermentation du lait (Ann. de l'Inst. Pasteur, XVII, 1903, p. 540).
(2) RerrGer, Further studies on putrefaction (Journ. of biological chemistry, IV, 1908, p. 45).
(3) Merscaxixorr, Études sur la flore intestinale (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXII, 1908, p. 529).
( Brexsrock, Ann. de l’Inst.-Pasteur, XX, 1906, p. 407.
) Tissrer, Loc. cit., p. 472.
Te 2 At NN DER (5 1) HNEE àù Ed % + Dep * 2 "Al DER TN 1 ;
BACILLUS BIFIDUS. 475
souvent retrouvé depuis dans les matières fécales de l'homme et des mammifères.
Les éléments sont des bâtonnets très polymorphes, en général assez minces, à extrémités effilées, d'une longueur moyenne de 4 . Ils sont immobiles. On les trouve isolés, ou réunis par deux, alors avec les extrémités libres pointues et les bouts qui se regardent nettement renflés ; ils peuvent se placer côte à côte, parallèlement.
- Dansles cultures jeunes, on trouve le plus souvent des éléments isolés ; dans celles un peu âgées, on voit des formes allongées, en massue, courbées ou géniculées, ou bien des formes bifurquées, affectant souvent la forme d'un y.
Dansles vieilles cultures, lesformes bifurquéessontles pluscommunes. Les bifurcations peuvent se produire à une ou aux deux extrémités. On peut trouver, sur des bifurcations, des ramifications de deuxième ordre, et sur les côtés, des bourgeons latéraux ; l'aspect rappelle souvent certains Cladothrix. On y remarque aussi fréquemment des formes vésiculeuses.
On ne trouve jamais de spores.
Les éléments divers se colorent assez bien aux couleurs d’aniline. Is restent colorés par la méthode de Gram, mais d'une façon un peu irré-
gulière.
Ce microbe est un anaérobie strict. Il végète bien à 37°, lentement à 20°.
Dans la gélatine et la gélose ordinaires, il ne donne aucune culture.
Dans la gélose glucosée, on trouve, après trois jours, deux sortes de colonies dans la profondeur ; les unes, plus grosses, atteignant 2 millimètres, lenticulaires, à bords nets, blanchâtres, avec un prolongement sur une des faces ; les autres petites, ovoïdes, renfermant souvent des formes géantes. Il n’y a jamais de bulles de gaz.
Le bouillon est troublé en trois jours; le liquide abandonne une masse floconneuse, qui se dissocie facilement par agitation.
Le lait est coagulé. Le liquide est acide; le coagulum n'est pas attaqué.
Les protéoses sont attaquées avec formation d'ammoniaque, sans production d'indol, d'hydrogène sulfuré, de phénol, d'acides gras.
L'urée est complètement détruite.
Les sucres sont très activement fermentés, surtout glucose, lactose et saccharose ; ilse forme de l'acide lactique inactif et uniquement de l'acide acétique comme acide volatil. Dans les milieux glucosés ou lactosés, l'acidité d’arrêt est de 4,90; dans les milieux saccharosés, de 3,43, évaluée en acide sulfurique.
Le Bacillus bifidus n’a aucune propriété pathogène.
Il paraît jouer, dans l'intestin, un rôle important ; en raison de son caractère de producteur d'acide, il exercerait une action d’arrêt marquée sur les fermentations putrides intestinales. On le rencontre, dans le contenu intestinal, en proportions qui varient avec la nature de l’alimentation. Chez l'enfant au sein, qui ingère beaucoup de sucre, il constitue presque à lui seul la flore intestinale ; avec le Colibacille, il forme une flore véritablement inoffensive et empêchante. Chez l'enfant au biberon, où on a moins de sucre et beaucoup de déchets albuminoïdes, ce microbe se développe moins bien; son action empêchante
> sis
476 BACTÉRIACÉES,
est moins marquée ; il y a plus de fermentations intestinales. On le voit
devenir prédominant au sevrage, en raison de la nourriture riche en.
hydrocarbonés ; il a une action favorable, les putréfactions intestinales sont d'ordinaire réduites. Plus tard, il diminue de nombre ; les fermentations intestinales sont plus marquées, et le Bacillus bifidus joue toujours son rôle de modérateur, mais avec d’autres espèces, le Bacillus acidophilus de Moro principalement et le Bacille de Boas, avec lesquels Rodella veut l'identifier.
Pour Noguchi {1),le Bacillus bifidus pourrait former des spores dans les vieilles cultures et devrait être considéré comme une forme anaérobie d’un microbe bien voisin ou identique au Bacillus mesentericus fuscus. On doit se demander s’il n'a pas expérimenté avec des cultures mixtes, impures.
BACILLUS HYDROGENII OMELIANSKI.
Omelianski (2) le donne comme un des agents de la fermentation de la cellulose. Il l’obtient en ensemençant de la décoction de crottin, contenant du papier à filtre dilacéré et de la craie, avec un peu de crottin frais préalablement chauffé quelques minutes à 75°, maintenant à 37° en culture anaérobie. La fermentation s'établit bientôt et, en examinant les fibres du ipapier, on remarque à la surface de nombreux Bacilles très fins, dont beaucoup montrent une spore terminale ronde.
Les bâtonnets mesurent d'ordinaire de 4 à 8 & de long sur 0,5 w. Ils peuvent atteindre 10 et 15 w, avec une épaisseur un peu plus grande. Souvent ils ont une courbure peu prononcée. Ils sont d'ordinaire isolés, toujours immobiles.
Ils forment des spores terminales, rondes, de 1,5 w de diamètre ; l'élément sporulé présente nettement la forme de baguette de tambour. Ces spores sont facilement mises en liberté ; elles résistent vingt-cinq minutes à une température de 90°, mais meurent vite à 1009.
Les éléments ne se colorent jamais en bleu par l'iode.
On n'obtient pas de cultures sur les milieux solides.
L'attaque de la cellulose donne surtout de l’acide butyrique, puis de l'acide acétique en proportion de 1 pour 4 du premier, secondairement de l’acide valérianique et des traces d'acide formique ; comme gaz, de l'acide carbonique et de l'hydrogène.
BACILLUS METHANII ÜOMELIANSKI.
C'est un autre agent de la fermentation de la cellulose, très voisin du premier, s’en différenciant surtout en ce qu'il produit un dégagement de méthane au lieu d'hydrogène.
Omelianski l’obtient en ensemencçant un milieu formé au mieux de la solution minérale suivante :
(1) Nocucai, Pleomorphism and Pleobiosis of Bacillus bifidus com unis (Journ. of experim. Medicine, XII, 1910, n° 2, p. 182).
(2) Omecransktr, Ueber die Gährung der Cellulose (Centralbl.für Bakt.,2te Abth., VII, 1902, p. 193).
PSS =?
BACILLUS NEBULOSUS.
Solution d’'Omeliansky.
PROSPRATENTENPOLASS EN EE Meet eee elite 1 gramme, DULA TER O MIA ES LEE aies enr re re eee Diesel le alone CID corstérolerele O8r,5 Sulfate ou phosphate d’ammoniaque................... traces. Clara éoontten LE e ER ER DO Roberto dot 1 gramme.
On ajoute du papier Berzélius dilacéré, un peu de craie en poudre, stérilise, ensemence avec un peu de vase ou de crottin de cheval, et met en culture anaérobie vers 35°-37°.
La fermentation s'établit vite.
On trouve sur les fibres du papier de très fins bâtonnets, de 5 y de long sur 0,3 w de large, isolés, immobiles, dont certains montrent à une extrémité une grosse spore ronde, de 1 w à 1,5 w de diamètre, donnant l'aspect de baguette de tambour. La résistance des spores à la chaleur est bien moins marquée que pour l'espèce précédente.
A aucun stade, les éléments ne se colorent en bleu par l'iode.
Il n’a pas été obtenu de cultures pures sur milieux solides.
L'attaque de la cellulose produit surtout de l'acide acétique et de l'acide butyrique, 2 du premier pour 1 du second, de l’acide carbonique et du méthane.
Cette fermentation à méthane servirait dans la nature à préparer le terrain pour l'établissement de la fermentation à hydrogène, en donnant les énormes quantités de calories nécessaires au développement des
BACILLUS STELLATUS VINCENT.
C’est un anaérobie que Vincent (1) a isolé des eaux.
Les bâtonnets, immobiles, mesurent de 1 w à 3 w de long; ils se décolorent par la méthode de Gram.
Sur gélatine, il se développe lentement, sans liquéfier, en donnant de petites colonies blanches, sans production de gaz.
Sur gélose glucosée, les colonies sont plus fortes.
Dans le bouillon, il produit un trouble uniforme; la culture dégage une odeur désagréable assez pénétrante.
Il n’est pas pathogène pour les animaux.
BACILLUS NEBULOSUS VINCENT.
Vincent l'a rencontré dans l’eau d'un puits et dans l’eau de Seine.
C’est aussi une espèce anaérobie.
Les éléments sont des bâtonnets fins, allongés, souvent sinueux, ayant 6 & à 8 & de long sur 0,6 4 de large, réunis souvent par plusieurs en filaments. Ils sont “immobiles et ont les extrémités carrées, jamais arrondies. Ils forment des spores légèrement ovales.
Ils restent colorés par la méthode de Gram.
Dans la gélatine, les colonies isolées forment de petits amas nuageux,
(1) Vincenr, Recherches sur les microbes anaérobies des eaux (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXI, 1907, p. 62).
478 BACTÉRIACÉES.
pâles, uniformes, bien visibles à partir du troisième ou du quatrième Jour; en piqûre, on obtient un trouble nuageux, homogène: il ne se forme pas de gaz. Dès le quatrième jour, “le milieu commence à se liquéfier ; la liquéfaction est complète au dixième jour, avec dépôt gris blanchâtre.
Dans la gélose, les colonies sont plus lentes à apparaître ; elles forment parfois de petites bulles de gaz et développent une odeur à la fois caséeuse et acide.
Il n'est pas pathogène pour les animaux.
BACILLUS GRACILIS PUTIDUS Tissier.
Tissier (1) le donne comme fréquent dans les putréfactions des viandes.
C'est un Bacille petit, grêle, rigide, beaucoup plus mince que le Bacillus putrificus. Les éléments, toujours immobiles, sont isolés ou disposés en chaînes de quatre ou cinq articles. Dans les vieilles cultures, on trouve des formes longues.
Il ne donne pas de spores.
Il se colore bien aux méthodes ordinaires et se décolone par la méthode de Gram.
Sa vitalité n'est pas très grande; il faut le réensemencer chaque quinzaine, au moins. Il est Lué à 100°.
C'est un anaérobie strict.
Dans la gélose sucrée, il donne après quarante-huit heures de petites colonies blanchâtres, d’abord lenticulaires, puis bosselées, atteignant au maximum la grosseur d’une tête d’épingle et ne donnant pas de gaz.
En gélatine sucrée, les colonies sont semblables et ne liquéfient pas le milieu.
Dans le bouillon, ilse fait un trouble et un dépôt pulvérulent.
Le lait n'est pas modifié.
Toutes les cultures dégagent une odeur putride très marquée.
Avec de la fibrine ou des la viande, on voit les morceaux se gonfler, Jjaunir et se désagréger ; il se dégage beaucoup de gaz. Les cultures contenant de la fibrine Aénenr des protéoses, des amines, des acides acélique, butyrique, valérianique, une faible quantité d'hydrogène sulfuré, pas d’indol ni de phénol. Elles renferment un ferment trypsique peu actif, qui n’agit pas sur la gélatine ni sur la caséine. Le Bacille, attaquant les protéoses qu'il a formées, donne de l'acide acétique, de l'acide butyrique, de l'ammoniaque et de l'hydrogène sulfuré.
Il attaque l’urée d'une facon assez importante.
Il n'attaque aucun sucre.
I sécrète une lipase qui saponifie et émulsionne les graisses.
Il ne parait pas pathogène.
Il se rapproche du Bacillus fragilis de Veillon (p. 56), qui est cependant plus gros et nettement pathogène.
(1) Tissier et Marrezzy, Recherches sur la putréfaction de la viande de boucherie (Ann. de l’'Inst. Pasteur, XVI, 1902, p. 865).
BACILLUS BUTYLICUS. 479
BACILLUS GRACILIS ETHYLICUS ACHALME et ROsENTHAL.
Achalme et Rosenthal (1) l’ont isolé du contenu de lestomac d'un malade atteint de gastrite.
Il a les dimensions du Bacille typhique. Rectiligne ou légèrement courbé, mince, grêle, il est immobile.
Ilse colore facilement aux procédés ordinaires et reste coloré par la méthode de Gram.
Il ne pousse pas à la température de la chambre. C'est un anaérobie strict. Il se développe maigrement d'ordinaire dans les cultures pures, beaucoup plus en cultures mixtes avec le Staphylocoque blanc ou doré par exemple. Il croit aussi bien sur milieux acides que sur milieux alcalins. ,
Dans la gélose mannilée en couches profondes, il donne en quelques jours de petites colonies punctiformes, de la grosseur d'une tête d'épingle.
La gélatine n’est pas liquéfiée.
Dans le bouillon, en tubes cachetés (I, p. 299), le milieu se trouble légèrement, puis redevient clair et laisse déposer des flocons.
Le lait est coagulé en masse ; il se dégage des gaz en abondance et le coagulum n'est pas attaqué.
Aux dépens des peptones, il se forme de l’'ammoniaque, pas d'indol.
Le glucose, le lactose, la mannite, la glycérine sont fermentés, pas l’'amygdaline ; l'amidon estsaccharifié, Le saccharose inverti. La fermentation produit beaucoup de gaz, des acides acétique et bulyrique, et une notable quantité d'alcool éthylique, 5 à 7 p. 100.
Inoculées au cobaye et au lapin à fortes doses, 2 à 5 centimètres cubes, les cultures en bouillon produisent un abcès local et un état de cachexie amenant la mort ; à petites doses, il ne se produit pas d’abcès, mais une cachexie lente et progressive, pouvant tuer l'animal après quelques mois.
BACILLUS BUTYLICUS Firz.
Fitz (1) l’a obtenu d’une façon constante en ensemençant un bouillon glycériné avec des traces de fiente de vache.
Ce sont des bâtonnets larges et trapus, à extrémités arrondies, mesurant de 5 v à 6 de long et2 y de large en moyenne. Ils sont immobiles dans les liquides fortement aérés, bien qu'ils n’y forment jamais de voile ; au milieu du liquide, quand l'oxygène est déjà consommé, ils présentent des mouvements vifs. Les spores se produisent très facilement dans les cultures ; on en rencontre déjà au bout de deux ou trois jours. Elles sont ovoïdes et ont en général la même largeur que le bätonnet : souvent, cependant, celui-ci se renfle en œuf au préalable et est alors plus gros. Au moment où la spore va se former, il apparaît dans le protoplasma de la matière amylacée soluble ; la cellule se teint en bleu par l’iode. Les spores ne résistent que quelques minutes à l’ébullition ; elles supportent 100° pendant quinze minutes, 95° pendant six heures,
(1) Frrz, Ber. der deutsche chem. Gesellschaft, XI, 1878, p. 48 et 1890 ; XIII, 1881, p. 1890 ; XV, 1882, p. 867.
480 BACTÉRIACÉES. j
70° pendant douze heures, et meurent lorsqu'elles ont été exposées à 80°
pendant onze heures.
C’est un agent de fermentation très énergique du sucre, de la glycérine et de la mannite. Il produit une diastase qui intervertit le sucre de canne ; le sucre de lait n'est pas touché. L’amidon ne subit aucune transformation. I1ne se développe ni gaz ni odeur putride.
Fitz l’a cullivé dans les liquides formés de trois parties d’une substance ci-dessus énoncée, et une partie d'extrait de viande pour 100 d’eau.
Avec le sucre, le liquide est acide ; il contient de l'alcool butylique et un peu d'acide lactique.
Pour la mannite, on obtient les mêmes produits et un peu d’alcool éthylique.
Avec la glycérine,'il se forme surtout de l’alcool butyrique et un peu d'alcool ordinaire.
Cette Bactérie vit très bien dans les solutions de lactates et de tartrates alcalins, mais ne détermine alors aucune fermentation.
Elle se développe bien dans le lait, qui devient alcalin.
On n’a aucun détail sur la culture sur milieux solides.
Duclaux (1) décrit sous le nom d'Amylobacter bulylieus un ferment butylique isolé d’une macération stérilisée de fragments de pomme de terre, ensemencée avec une parcelle de terre végétale. C'est un ferment énergique de l’amidon, d’où le nom générique qu'il lui a attribué. Mis en contact avec des fragments de pomme de terre stérilisés dans de l’eau, il les vide de leur amidon sans toucher à la paroi de la ceilule ; ces fragments conservent leur forme, leur tissu cellulaire est resté intact.
Les dimensions des éléments varient avec le milieu de culture : cylindriques quand ils sont jeunes, ils se renflent plus ou moins en vieillissant en un point où se forme la spore. Ce Bacille vit indifféremment en aérobie ou en anaérobie.
Comme produits de fermentation, avec l’amidon ou les sucres, l'Amylobacter butylicus donne de l'alcool butylique, de l'acide acétique et de l'acide butyrique, parfois, mais pas loujours, de minimes quantités d'acide lactique. En ajoutant du carbonate de ‘chaux au milieu, la proportion d'acide augmente, celle d'alcool diminue ; au début même, la fermentation peut être presque exclusivement butyrique. Ilsé dégage de l'hydrogène et de l'acide carbonique, avec prédominance du premier gaz.
La glycérine est attaquée sans dégagement gazeux bien apparent. Pour 10 grammes de glycérine disparue, on trouve environ 2 grammes d'acide butyrique et 2 centimètres cubes d'alcool butylique.
Le lactate de chaux fermente avec dégagement gazeux sans donner d'alcool butyrique ; il n'y a que des acides dans le milieu, surtout de l'acide butylique.
Le Bacille se développe très bien aux dépens des matières albuminoïdes ; il forme une notable quantité d'ammoniaque, un peu d'acides butyrique el acétique, pas du tout d'alcool butylique.
4) Ducraux, Sur la nutrition intracellulaire, 3€ mémoire (Ann. de l’Inst. Pasteur, IX, 1895, p. 811).
BACILLUS ORTHOBUTYLICUS. 481
BACILLUS ORTHOBUTYLICUS GRIMBERT.
C'est un anaérobie que Grimbert (1) a isolé d'une fermentalion de tartrate de chaux, mise en marche au moyen de quelques gouttes d’une macération de graines de légumineuses ; la présence du Bacille y était tout à fait accidentelle, car il est sans action sur le tartrate de chaux. Un chauffage à 100° pendant une minute élimina les espèces moins résistantes ; le microbe futisolé par des ensemencements successifs sur pomme deterre, dans le vide.
Les éléments sont des bâtonnets cylindriques, à extrémités arrondies, mesurant de 3 à 6 x de long sur 1,5 & de large ; beaucoup d'éléments jeunes sont renflés à une extrémité, en battant de cloche. Des spores se produisent très facilement, au nombre de deux à trois par article, d'après Grimbert. Les bâtonnets sont très mobiles dans les milieux privés d'oxygène ; les mouvements cessent quand la spore se forme.
Les spores résistent à 100° pendant une minute, à 80° pendant dix minutes ; à 85°, elles sont détruites en cinq minutes.
Les cultures s'obtiennent facilement, à l'abri de l'air, dans le liquide minéral de Pasteur ou d’autres similaires, additionnés de 3 à 5 p. 100 d’une substance que le Bacille peut faire fermenter.
Le Bacille fait fermenter les substances suivantes : glycérine, mannite, glucose et sucre interverti, saccharose, maltose, lactose, galactose, arabinose, amidon et pommes de terre, dextrine, inuline. Il est sans action sur le tréhalose, l'érythrite, le glycol, le lactate de chaux, le tartrate de chaux, la gomme arabique.
Il fait fermenter directement, sans les intervertir, le saccharose, le mallose et le lactose. Il transforme la dextrine en maltose au moyen d'une diastase spéciale. Il transforme entièrement l'amidon en maltose et en dextrine ; mais cette dernière est transformée en maltose au fur et à mesure de sa production. Il attaque directement l’inuline sans la transformer en lévulose.
Les produits de fermentation sont : de l’alcool butylique normal avec un peu d'alcool isobutylique ; de l'acide butyrique normal, de l'acide acétique, quelquefois un peu d'acide formique, de l'acide carbonique et de l'hydrogène.
C’est la production d'alcool butylique qui paraît bien être le caractère dominant de l’action fermentalive ; ses proportions vont habituellement en augmentant avec la durée du phénomène, alors que celles des acides diminuent. L’acide formique, entre autres, semble n’être qu'un produit de souffrance. Dans le même ordre d'idées, plus le ferment est jeune, plus la quantité d'alcool produite est élevée. La complexité des produits obtenus tient probablement à la présence simultanée, dans le milieu de culture, de cellules jeunes, de cellules adultes et de cellules en voie de dégénérescence.
Le Bacillus orthobultylicus se distingue du Bacillus butyricus en ce qu'il ne fait pas fermenter le lactate de chaux et qu'il n’attaque pas la cellulose ; de plus,ilnese colore jamais en bleu par l'iode : ilse différencie du Bacille amylozyme de Perdrix, en ce qu’il donne de l'alcool buty-
(1) GrimBerT, Fermentation anaérobie produite par le Bacillus orthobutylicus (Ann. de l’Inst. Pasteur, VII, 1893, p. 353).
Macé. — Bactériologie, 6° édit. 1 1 Li
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lique normal, avec les divers hydrates de carbone ; du Bacillus butyricus de Botkin et du Bacillus saccharobulyricus de Klecki par les fortes proportions d'alcool par rapport à la quantité d'acides trouvée avec tous les milieux. Ce sont là, à la vérité, des caractères plutôt secondaires. Il est probablement à confondre avecle Bacillus butyricus.
BACILLUS FITZIANUS Zorr.
(Aethylbacillus de Filz.)
Fitz (1) l’a isolé d'une infusion de foin, additionnée de glycérine, de petites proportions de sels minéraux et de carbonate de chaux, soumise à l'ébullition pendant cinq minutes. En la mettant à l'étuve à 40°, dès le lendemain il se forme un voile à la surface; le liquide entre en fermentation deux jours après. D'après Adametz (2), cette espèce se rencontrerait dans l’eau.
Les Bactéries observées sont des bâtonnets mobiles de 1 y de large et de longueur variable, que Fitz considérait comme appartenant au Bacillus “subtilis, mais qui s'en distinguent à coup sùr parleur action physiologique. Elles produisent de fortes proportions d'alcool éthyhque aux dépens de la glycérine el probablement des sucres.
Les bâtonnets produisent des spores ovoides, de même largeur qu'eux.
Sur plaques de gélatine, il se forme, dans la gelée, des colonies jaunâtres, à centre plus sombre. Celles de la surface sont hyalines et ressemblent à une gouttelette de gélatine.
Sur gélose, il se forme une colonie d'un blane pur.
Duclaux (3) a rencontré son Amylobacler elhylicus avec l'Amylobacter bulylicus (p. 480). Morphologiquement, les deux espèces sont très semblables, ont même forme, mêmes dimensions, ou à peu près, pour le Bacille adulte et la spore. Les vraies différences résident dans les fonctions physiologiques.
En présence des sucres, la fermentalion esl rapide, principalement avec addition de craie pour neutraliser les acides à mesure de leur production. Le liquide devient très visqueux : il se forme de grandes quantités d'alcool éthylique, pouvant dépasser le quart du poids du sucre disparu ; avec l'alcool, il se forme toujours un peu d’aldéhyde ; puis un peu d'acide acétique et d'acide lactique.
Le lactate de chaux, la mannite, ne’‘subissent aucune fermentation, à l'inverse de ce que produit l'espèce que P. Frankland (4) a nommée Bacillus ethaceticus, qui fournit, aux dépens des sucres, de la mannite et autres hydrocarbonés, parmi lesquels le lactate de chaux, de l'alcool éthylique et de l’acide acétique.
Cette production d'acide acétique ne résulte pas d’un phénomène d’oxydalion de l'alcool, car la production concomitante d'alcool et d'acide se fait dans les fermentations dans le vide, espèce pouvant vivre
(1) Errz, Loc-vcit.(pr479; (2) Anamgrz, Die Bacterien unserer Trink-und Nutwasser. Vienne, 1888. (8) Duczaux, Loc. cil., p. 480.
4) P. FrankLan, On a pure fermentation of mannite and glycerine (Proceedings of theroy Society, 1889, p. 345).
BACILLUS ESTERIFICANS. 483
en aérobie ou en anaérobie ; l'alcool et l'acide proviennent tous deux de modifications de structure de la molécule initiale.
C'est ici aussi que l’on peut placer le ferment mannitique isolé par Gayon et Dubourg (1) de vin renfermant de la mannite. Aux dépens des sucres, il donne de l'acide carbonique, des acides acétique, lactique, succinique, de la glycérine, de l’alcool éthylique et, avec le lévulose, de la mannite.
BACILLUS ETHACETICUS FRANKLAND.
Frankland (2) l’a isolé de fumier de mouton.
Les éléments sont des bâtonnets très mobiles, isolés ou réunis par deux, à extrémités arrondies, mesurant de 1,5 y à 5,1 u de longueur sur 08paln de largeur, croissant parfois en longs filaments, ne donnant jamais de spores. Les cultures se font bien en présence d'air.
Sur plaques de gélatine, les colonies apparaissent comme de petits points blancs, qui, à un faible grossissement, paraissent discoïdes, granuleux. Elles s’entourent assez vite d’un anneau de liquéfaction et montrent un centre sombre, une zone liquide trouble et un bord cilié.
Sur gélaline, en piqûre, il se développe peu de chose dans le canal el, à la surface, une colonie lisse, qui liquéfie plus ou moins vite.
Sur gélose, en strie, on a une colonie très mince, difficile à voir.
Sur pomme de terre, une culture blanc sale, qui s'étend sur toute la surface.
Ce microbe fait fermenter le glucose, la mannite, la glycérine, avec formation d'alcool éthylique et d'un peu d'acide acétique, de traces d’acide formique et d'acide succinique.
BACILLUS ESTERIFICANS MaAassen.
Maassen (3)l'a rencontré dans de la leinture de tournesol en décomposition, puis dans du lait ; Huss (4) dans un beurfe altéré
Les éléments des très jeunes cultures sont des bâtonnets droits ou faiblement courbés, mesurant de 1,4u à 5,2 y de long sur 0,5 y à 0,7 y de large, à extrémités arrondies, réunis souvent par deux, nettement mobiles. Dans les cultures un peu plus âgées, on trouve surtout des bâtonnets longs et renflés à une extrémité où se trouve une spore.
Les spores sont elliptiques, de 2,7 & à 3,15 u de long sur 1,2y à 1,44 de large. Elles ont une germination polaire.
Les bâtonnets se colorent bien aux procédés ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.
C’est une espèce qui semble être anaérobie, mais croît bien aussi en présence d'un peu d'oxygène. Son optimum de température est vers
(4) Gaxox et DusourG, Recherches sur le ferment mannitique (Ann. de l’'Inst. Pasteur, VILL, 1894, et XV, 1901, p. 527).
(2) FranxLanp et Fox, On a pure fermentation of mannite and glycerine (Proceedings of the roy. Society, XLVI, 1889, p. 345).
(3) Maassew, Fruchtäther bildende Bakterien (Arb.aus dem kaiserl. Gesundheilsamte, XV, 1890, p. 500).
(4) Huss, Morphologisch-physiologische Studien über zwei aromabildende Bakterien (Centralbl. für Bakt., 2 Abth., XIX, 1907, p. 50).
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35°-37° ; à 7° le développement est très minime, bon à 18°-20° ; il se fait encore un peu à 48°.
Les spores supportent l’ébullition pendant dix minutes ; à douze minutes, elles sont tuées.
On peut obtenir des cultures par les procédés ordinaires, en aérobie.
Sur plaques de gélatine, à la surface, on trouve après deux jours de petites colonies punctiformes, jaunâtres, brillantes; celles qui sont âgées sont arrondies, en forme de bouton de 1 millimètre au maximum, gris jaunâtre, de consistance butyreuse. Les colonies profondes sont jaunâtres, granuleuses, à zones concentriques et bords nets. Il ne se fait pas de liquéfaction.
Sur gélatine, en piqûre, on a dans le canal de petites colonies blanches el rien à la surface.
Sur gélose, en strie, il se développe une bande grisâtre ou un peu brunâtre, brillante, semi-transparente.
Sur pomme de terre, il se fait une culture très mince, à peine visible. On perçoit une odeur d’ananas.
Le bouillon se trouble et laisse un dépôt floconneux, pas de voile. La réaction devient fortement alcaline. Il se développe une odeur de pommes ou d’ananas, qui, avec l’âge, devient odeur d’ammoniaque ou de triméthylamine. Il ne s'y produit pas d'indol ; Maassen aurait rencontré du mercaptan.
Dans le /art, il ne se fait pas de coagulation ; le liquide dégage une forte odeur d'ananas.
En cultures anatrobies, le développement est plus rapide et plus
vigoureux. On trouve plus de formes anormales, surtout renflées. Le Micrococcus esterificans, trouvé dans le beurre par Beck (1), ne peut guère en être distingué.
BACILLUS FRAGARIZÆ GRUBER.
Gruber (2) a décrit sous le nom de Pseudomonas fragariæ un microbe qu'il a isolé d’une macération dans l’eau de choux-navet. Les cultures sur plaques de gélatine dégagent une odeur marquée de fraise ; d’où la dénomination.
Les éléments sont de courts bâtonnets bien mobiles, munis de un à neuf cils, se trouvant à l’une des extrémités.
On ne voit jamais de spores. :
C'est un aérobie strict, qui croît bien à 18°-22°,
Sur plaques de gélatine, lès coionies profondes, vues à un faible grossissement. sont discoïdes, à bords lisses, homogènes ; celles de la surface ressemblent à des gouttelettes d’eau, brillantes, irisées. Autour d'elles, la gelée devient fluorescente. De ces cultures, il se dégage en peu de temps une odeur de fraise ; plus tard, l'odeur devient ammoniacale. La gélatine n’est pas hiquéfiée.
Sur gélatine, en piqûre, il ne se développe rien dans le canal; à la surface, une colonie blane grisâtre, un peu transparente, mince,
(1) Becx, Ueber einen Fruchtäther bildenden Mikrokokkus (Arb. aus dem kaïserl, Gesundheitsamte, XXIV, 1906, p. 256).
(2) GruBer, Pseudomonas Fragariæ. Eine Erdbeergeruch erzeugende Bakterie (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., IX, 1902, p. 705).