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BACILLUS TARTRICUS. 485

brillante. La gelée prend une belle fluorescence verdâtre. Il ne se fait pas de liquéfaction.

Sur gélose, en strie, il se fait une colonie muqueuse, blanchâtre.

Sur pomme de terre, une culture blanchâtre, puis jaunâtre.

Dans le bouillon, il se produit un fort trouble; puis un voile grisâtre fragile et un dépôt muqueux, filant. Le liquide devient fortement alcalin.

Le lait ne se modifie pour ainsi dire pas. Il développe une odeur spéciale rappelant celle de la vache. Il prend une réaction faiblement alcaline et, après plusieurs semaines, une légère teinte brunâtre.

Gruber (1) a isolé d’un lait pasteurisé conservé, ayant pris une légère odeur spéciale, une autre espèce bien voisine qu'il a désignée sous le nom de Pseudomonas fragariæ 11. Elle se distinguerait de la première en ce qu’elle ne produit pas de fluorescence et liquéfie la gélatine en vingt-quatre heures.

Eichholz (2) a nommé Bacterium fragi un microbe qu'il a trouvé dans le lait. Les éléments sont de courts bâtonnets mobiles, à cils polaires ; les cultures sur plaques sont en forme de rosettes ; la gélatine n'est pas liquéfiée. Les jeunes cultures sur plaques sentent la fraise, les vieilles la triméthylamine. Le lait n’est pas modifié et prend une réaction fortement alcaline.

Huss (3) a trouvé dans un beurre un microbe voisin des précédents, qu'il a nommé Pseudomonas fragaroidea, qui est anaérobie facultatif, reste coloré à la méthode de Gram, liquéfie rapidement la gélatine où il donne de la fluorescence, coagule le lait qui prend une réaction amphotère, donne de l’indol! dans les solutions de peptones. L’odeur de fraise peut se percevoir dans toutes les cultures.

On doit se souvenir que le Bacille pyocyanique développe dans cerlaines cultures des odeurs similaires.

BACILLUS TARTRICUS GRIMBERT,

Il a été isolé par Grimbert et Ficquet (4) d’une fermentation de tartrate de chaux, mise en train au moyen de quelques gouttes d'une macération végétale.

C’est un peut Bacille de 1 à 2 & de long, très mobile, se décolorant par la méthode de Gram.

Sur les différents milieux, il donne des colonies semblables à celles du Colibacille. Il coagule le lait vers le huitième jour, n’attaque pas l’albumine et ne donne pas d’indol. Il transforme les nitrates en nitrites, et attaque énergiquement les tartrates de chaux et d’ammoniaque en donnant de l'acide acétique et de l’acide succinique avec dégagement d'acide carbonique et d'hydrogène.

Il attaque la plupart des sucres, en donnant des acides acétique el

(1) Gruger, Ein weiterer Beitrag zur Aromabildung speziel zur Bildung des Erdbeergeruch in der Gruppe Pseudomonas (Centralbl. für Bakt., XIV, 1905).

(2) Ercanozz, Erdbeerbacillus (Baclerium Fragii) (1bid., IX, 1902, p. 425).

(3) Huss, Beitrag zur Kenntniss der Erdbeergeruch erzeugenden Bakterien (Jbid., XIX, 1907, p. 661).

(4) Grimserr et Ficquer, Sur un nouveau ferment des tartrates, le Bacillus tartricus (Soc. de Biol., novembre 1897). — GrimBerT, Production biochimique de l'acétylméthylcarbinol par le Bacillus tartricus (Bull. de la Soc. chim., XXV, 1901, p. 413).

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succinique, de l'acide lactique gauche, une petite quantité d'alcool éthylique et, ce qui lui paraît spécial, de l’acétylméthylearbinol.

BACILLUS PASTORIANUS.

(Sacéharobacillus pastorianus de Van Laer.)

D'après Van Laer (1), ce serait le ferment de la tourne de la bière et du vin, décrit et figuré dans les Æ?udes sur la bière et les Études sur le vin de Pasteur.

Il est très commun dans les bières tournées, d’où on l’isole facilement en faisant des cultures sur plaques avec de la gélatine à la bière pasteurisée.

Les colonies de cette espèce ne se développent que très lentement ; au bout d’une douzaine de jours, elles forment de petits points grisâtres, atteignant à peu près la grosseur d'une moitié de tête d’épingle. Ces colonies sont constituées par des bâtonnets identiques à ceux que l’on rencontre dans la bière malade.

Les bâtonnets, de 1 » de largeur, forment des chaînes de longueur variable, ayant parfois l'apparence de longs filaments, un peu ondulés. Ce microbe vit indifféremment en aérobie et en anaérobie.

Sur gélatine au moût de bière, la croissance est très lente. Le milieu n'est pas liquéfié. En strie, il se développe à la surface une petite bande grisàtre, ayant l'aspect du verre dépoli, constituée par un rassemblement de pelites colonies rondes juxtaposées ; le développement se fait également, mieux même, dans l'épaisseur de la gelée. Les ensemencements sur gélatine peptonisée ordinaire ou sur gélose ne donnent rien.

Le milieu le plus favorable est le moût de bière non houblonné. Ce liquide présente, après quelques jours, une légère opalescence, puis un vrai trouble, en mème temps que se forme, au fond du vase, un léger dépôt brunâtre ; au bout de quelque temps, le liquide s'est éclaire. Le liquide devient acide et prend le goût des bières tournées. En l'agitant, on observe des ondes soyeuses, dues aux filaments bacillaires et à une substance azotée glutineuse précipitée par les acides formés.

Dans les solutions minérales habituelles, le développement est très pénible et minime.

Le microbe préfère les milieux neutfes ou légèrement alcalins ; 1l vit cependant assez bien dans les liquides légèrement acides. Il meurt entre 55° et 60°. C’est un ferment des sucres et des dextrines. Les produits formés sont surtout de l’acide lactique ordinaire, de l'acide acétique et de petites quantités d'acide formique ; en outre, un peu d'alcool éthylique, jusqu'à 0#,50 pour 3 grammes de sucre transformé, peut-être des traces d'alcool amylique. Les cultures ne donnent jamais la réaction de l’indol.

(4) Van Larr, Contribution à l’histoire des ferments des hydrates de carbone (Acad. roy. de Belgique, 1892).

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BACILLUS ACTINOBACTER Ducraux.

(Aclinobacter polymorphus.)

C'est une Bactérie très répandue, se développant dans les milieux de culture abandonnés à Pair (1). Elle prospère surtout dans le lait, où elle donne de fins bâtonnets immobiles, de 2 à 3 y de long, isolés ou réunis par deux. La particularité la plus intéressante est la présence autour de chacun d’eux d’une sorte de capsule gélatineuse, ovoïde ou arrondie, de 5 à 6 y de largeur. Une même capsule peut contenir deux bâtonnets réunis bout à bout. On n’observe jamais de spores ; dans les vieilles cultures, les articles peuvent être plus courts. Lorsque le lait est entièrement envahi, il devient gélatineux et possède une grande viscosité.

Dans le bouillon, il se forme des flocons blancs, constitués par des chaînettes de 8 à 10 & composées d'articles plus courts que ceux observés dans le lait. Il ne se produit jamais de capsule.

Dans les solutions de glycérine, la capsule reparaît, mais moins forte que dans le lait.

Dans les solutions sucrées, les articles sont courts et donnent un voile glaireux à la surface du liquide ; ils ne présentent pas de capsule.

L° amidon c cuil se recouvre d’une pellicule rougeâtre peu consistante.

Cette espèce peut vivre à l’abri de Pair. Les cultures périssent de 60° à 65° ; 1l est dès lors s probable qu'il ne se forme pas de spores.

Le fait, les solutions sucrées et glycérinées, mais pas lamidon; sont le siège d’une fermentation active ; il se dégage de l’acide carbonique et de r hydrogène, et en sus, avec le lait seulement, de petites quantités d'hydrogène sulfuré. Il se produit de l’alcool éthylique et un peu d'acide acétique. Dans une solution de lactate de chaux, on n’obtient que de acide lactique, pas d’alcool.

L'espèce paraît voisine de certains types de Pneumobacilles.

BACILLUS TENUIS Ducraux.

(Tyrothrix tenuis.)

Duclaux (2) a décrit sous la rubrique commune de Tyrothrix toute une série de Bactéries, qu’il a rencontrées dans la putréfaction ou la fermentation des matières albuminoïdes, en particulier de la caséine du lait. Winckler (3) a donné leurs caractères de cultures sur divers milieux. Ces formes rentrent toutes évidemment, on pourra s’en Convaincre, dans le genre Bacillus, tel qu'il est décrit ainsi. Ces espèces sont surtout remarquables par les actions chimiques qu’elles provoquent el par la grande résistance à la chaleur que présentent les spores de

(1) Ducraux, Mémoires sur le lait (Ann. de l'Inst. agron., 1882), et Chimie biol., p. 955.

(2) Ducraux, Mémoires sur le lait (Ann. de l'Inst. agron., 1882) ; Chimie biol., p. 639 et suiv. — Le lait, Paris, J.-B. Baillière, 1887.

(3) Wincxrer, Zur Charakterisiérung der Dactio schen Tyrothrixarten (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., L, 1895, p. 609 et 657).

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quelques-unes d’entre elles. La pullulation de ces êtres dansles fromages est la cause de leur maturation, et y détermine souvent de profondes altérations, étudiées avec soin par le savant auteur cité, qui a déduit de ses recherches des conséquences pratiques très importantes pour l’industrie laitière. Ces mêmes questions ont été étudiées à nouveau, plus récemment, par Adametz (1) et Freudenreich (2), qui, outre les espècescitées par Duclaux, ont reconnu la présence d’autres organismes, Bacilles, Microcoques, Sarcines et Levures, dont la connaissance complète peut être du plus haut intérêt pour l’industrie fromagere.

Le Pacillus tenus se présente sous forme de bâtonnets grèles, de 0,6 y de large sur 3 » au moins de long, qui peuvent sallonger en très longs filaments droits ou enroulés, surtout quand la température est basse et l’oxygène peu abondant (fig. 100, #).

Fig. 100. — 1, Bacillus geniculatus ;2, Bacillus sca- Les bâtonnets ont un

ber; 3, Bacillus virgula; 4, Bacillus tenuis (d'après mouvement rapide, les fi-

DEEE. laments ont un mouve-

ment lent, onduleux ; les longs filaments ou les longues chaînes d’articles sont immobiles.

C’est une espèce strictement aérobie.

On n’observe aucun développement dans l’acide carbonique, mais il commence dès qu’il y a une trace d’oxygène ; il est d'autant plus luxuriant que l’oxygène est plus abondant.

La résistance à la chaleur est remarquable. Les cellules végétatives ne périssent, dans un liquide neutre, qu'entre 90° et 95° ; dans un milieu faiblement alcalin, elles peuvent supporter 100°. Les spores résistent à 115°. L’optimum de température pour les cultures est entre 25° et 35°.

Le bourllon ensemencé montre de petits flocons blanchâtres, au bout de quelques heures.

Dans le lait, il se forme une pellicule plissée, peu cohérente. La division en articles s’y fait rapidement et chacun des articles produit une

(1) Apamerz, Bacteriologische Untersuchungen über den Reïfungsprozess der Kase (Zeitschr. für wissensch. Landwirthschaft, 1889).

(2) Freupenreicx, Recherches préliminaires sur le rôle des Bactéries dans la maturation du fromage de l'Emmenthal (Ann. de micr., Il, 1890, p. 257). — In., Sur quelques Bactéries produisant le boursouflement des fromages (Zbid., vol. IT, p. 393). — In., Des agents microbiens de la maturation des fromages (/Zbid., IX, 1897, p. 185). — Voy. aussi : Kreckr, Ueber den Reifungprozess der Käse (Centralbl. für Bakl., 2te Abth., II, 1896, p. 21 et 61). — WeiGmanx, Ueber zwei an der Kasereifung beteiligte Bakterien (Centralbl. für Bakt., IV, 1898, p. 820).

BACILLUS FILIFORMIS. 489

spore ovoide, un peu renflée. Le voile est bientôt tout parsemé de spores. Le lait se coagule d’abord sous l’action d’une faible quantité de présure sécrétée par la Bactérie ; le coagulum est plus mou que celui produit par la présure ordinaire. La caséine précipitée est dissoute peu à peu par la caséase élaborée ; le liquide devient opalescent. On y trouve de la leucine, de la tyrosine, du valérianate d’ammoniaque très caractéristique de cette espèce, et un peu de carbonate d’ammoniaque.

Cette Bactérie, dans le lait, ne touche pas au sucre. Elle n’attaque ni la glycérine, ni le lactate de chaux, ni le glucose ; elle vit très péniblement dans le petit-lait et l’urine.

Winckler a obtenu, des cultures de Duclaux, plusieurs variétés de cette espèce. L’une, liquéfiant la gélatine, peptonise fortement la caséine ; une autre, ne liquéfiant pas la gélatine lactosée, produit une forte fermentation lactique ; une autre communique aux milieux une fluorescence verdâtre et donne un pigment rougeàtre sur pomme de terre.

BACILLUS FILIFORMIS Ducraux.

(Tyrothrix filiformis.)

Ce sont des bâtonnets courts de 0,8 x de large sur 2 y environ de long, isolés, unis par deux ou en longues chaînes (fig. 101, 3). Ils présentent un mouvement lent, sans ondulations. Il se forme des spores dans les articles, la plupart du temps à une extrémité. Le bâtonnet se renfle à l’endroit où se produit la spore, et prend Îa forme d’un fuseau ou d’une massue.

Le lait inoculé montre en peu de temps, à la surface, une pellicule plissée, formée de filaments, de globules de graisse et de caséine, ou quelquefois des flocons qui nagent dans leliquide. Fig. 101. — 1, Bacillus catenula ; 2, Bacillus uro- On n'y remarque pas de cephalus ; 3, Bacillus filiformis ; 4, Bacillus clavicoagulum, ou seulement formis (d'après Duclaux). un coagulum très léger ; en deux ou trois jours, la masse devient subitement transparente, à peine louche.

. Cette espèce trouble le boutllon en quelques heures, puis y forme une pellicule épaisse, blanche, veloutée, qui s'élève même sur les parois du vase. Quand le liquide est épaissi, le voile se disloque et tombe. Il s’y est produit des spores qui constituent une bonne partie du dépôt.

490 BACTÉRIACÉES, PEN.

La gélatine est rapidement liquéfiée en forme de sac ; dansle liquide, se trouvent des flocons grisâtres et à la surface une pellicule blanche épaisse.

La culture sur pomme de lerre est une pellicule épaisse, d’abord blanche, puis devenant jaunâtre à la longue.

Sur gélose, il se forme un revêtement blanc, muqueux.

Les bâtonnets peuvent supporter une chaleur de 100° dans du lait frais légèrement alcalin. Les spores meurent vers 100°; dans le lait, elles peuvent produire d’autres cultures après avoir été portées à 120°.

Le Bacillus filiformis respecte le sucre de lait et la glycérine. On trouve, dans le liquide provenant de ses cultures dans le lait, de l’'urée, de la leucine, de la tyrosine, du carbonate d’ammoniaque et un mélange de valérianate et d'acétate d’ammoniaque.

BACILLUS DISTORTUS Ducraux.

(Tyrothrix distortus.)

Dans le lait, ce sont des bâtonnets granuleux, de 0,9 y de largeur sur une longueur cinq à dix fois plus grande. Lorsqu'ils sont isolés, ils ont des mouvements vifs et un peu flexueux ; en chaînettes de quatre à cinq articles, le mouvement est plus lent ; ils sont tout à fait immobiles lorsqu'ils sont en chaînes plus longues.

Le lait devient peu à peu visqueux ; il s’y forme un précipité de caséum, qui est redissous. Le liquide, incolore et fluide, se teint en jaunâtre et prend une consistance gélatineuse. Les articles sont gonflés, ont les membranes gélifiées ; beaucoup ont donné des spores. Le liquide contient les mêmes substances que celles trouvées avec l’espèce précédente.

La gélatine est rapidement liquéfiée ; 1l se forme un fort dépôt au fond du liquide, et une épaisse pellicule à la surface, pas de bulles de gaz. Dans les vieilles cultures, le liquide est coloré en brun.

Sur gélose, il se forme une bande gris blanchâtre, brillante, à bords transparents et finement découpés.

Sur pomme de terre, on obtient des colonies isolées, sèches, d’abord

blanc jaunâtre, puis brunâtres. J C’est une espèce aérobie. Les cellules végétatives résistent à 90°-95° ; 4 les spores à 100°-105°. |

BACILLUS GENICULATUS Ducraux. 4

(Tyrothrix geniculatus.)

A l'air et dans le lait, il se développe en flocons formés de filaments ondulés, souvent brusquement coudés, enchevêtrés les uns dans les autres (fig. 100, /), nageant dans le liquide et ne se réunissant jamais en voile à la surface. La largeur est de 1 x; les filaments peuvent atteindre 10 y; la longueur des articles en bâtonnets n’est pas signalée. Ces éléments sont toujours immobiles. Ils produisent des rangées de

spores. 4

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