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. BACILLUS VULGARIS. 901 formique, butyrique, valérianique ; aux dépens de la caséine, il donne des caséoses, de l'indol, du phénol, de l'hydrogène sulfuré, de la leucine et de la tyrosine.
Dans cette attaque, il se forme donc généralement de l’indol. Toutefois, la réaction de l'indol ne s'obtient pas toujours ; comme Feltz l’a bien montré, pour qu'on la constate il est nécessaire d'offrir au microbe ceftains composés albuminoïdes, certaines peptones, particulièrement les peptones Collas ou Chassaing, ou le bouillon de panse de Martin.
Comme l’a démontré Glenn (1), la présence d'un sucre empêche la formation de l'indol, par suite de la production d'acide que détermine l’action du microbe ; le même phénomène d’arrêt se produit, si l'on ajoute un peu d'acide lactique au milieu. Cet acide peut également entraver la liquéfaction de la gélatine.
Aux dépens des matières sucrées, il se dégage des gaz et pas d’odeur ; les gaz sont de l'acide carbonique et de hydrogène. Il se forme un peu d'acide.
L'urée subit une fermentation ammoniacale énergique.
Les nitrates sont réduits en nitrites et même en ammoniaque.
Tito Carbone {2} a isolé plusieurs ptomaïnes des cultures de cette espèce sur la bouillie de viande. Il a signalé la présence de la choline, de l’éthylène-diamine, de la gadinine, de la triméthylamine qui se trouve communément dans la putréfaction du poisson. C’est à l’'ensembie de ces produits que le microbe doit ses propriétés toxiques.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
L’injection sous-cutanée d’une pelite quantité de liquide de culture détermine une inflammalion au point d'inoculatiôn, pouvant causer une suppuration étendue. Les injections intraveineuses ou les injections sous-cutanées de fortes doses déterminent une intoxication générale avec des symptômes graves, où dominent de la dyspnée, de la cyanose, des crampes musculaires, pouvant occasionner la mort. Les liquides de - culture, filtrés sur porcelaine, occasionnent les mêmes accidents ; il est à penser, dès lors, que les effels toxiques sont dus à des produits solubles, sécrétés par la Bactérie et accumulés dans le milieu où elle vit. Cette toxine parait thermolabile ; elle est détruite par un chauffage à 69° quelque peu prolongé.
Avec un Proteus isolé de diarrhée des nourrissons, Metschnikoff a déterminé chez le chimpanzé, par ingestion, une infection mortelle à caractère de choléra sec.
Il est possible, à l’aide des toxines brutes, d'arriver à immuniser des animaux qui supportent alors facilement de fortes doses de cultures virulentes. Le sérum des animaux immunisés a même été préconisé pour le traitement des affections que l’on pense être délerminées par ce microbe.
Agglutination. — Le sérum d'animaux immunisés produit une agglutination marquée dans les cultures bien homogènes du microbe.
(1) GLENN, Variation and carbohydrate metabolism of Bacilli of the Proteus group (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., LVII, 1911, p. 481).
(2) Trro CarBoxE, Ueber die von Proteus vulgaris erzengten Gifte (Centralbl. für Bakt., 4 décembre 1890).
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Ce peut être là un bon moyen de diagnostic des infections protéobacillaires (1), avec les restrictions qui seront faites plus loin.
HABITAT ET RÔLE DANS LA NATURE
C'est un microbe très commun dans toutes les putréfactions, surtout de matières animales, constant dans les putréfactions de viande.
Il est commun dans le sol, les eaux qui ont été souillées par des malières putrides ; on le trouve presque toujours dans les fumiers.
Ilse rencontre dans le contenu intestinal de l’homme à l’état normal, mais 1l y est peu abondant ; il y pullule au contraire dans bien des cas de troubles pathologiques de l'intestin.
On le trouve dans beaucoup d'aliments ; Cantu (2) l’a signalé dans les saucissons crus, dans le lail du commerce, même pasteurisé, dans les huilres, dans les produits végétaux qui sont en contact direct avec le sol; les mouches qui fréquentent les fumiers et les viandes putréfiées le véhiculent souvent.
I doit jouer un rôle considérable dans les décompositions organiques, celle des matières albuminoïdes surtout.
C'est un ferment de l’urée énergique, grand producteur d’ammoniaque.
On ne peut pas considérer ce microbe comme un saprophyte simple. Il paraît pouvoir réellement jouer un rôle pathogène et déterminer de vérilables infections. D’un autre côté, 1l vient fréquemment compliquer d'autres processus morbides, se développant à côté des microbes spéciaux et ajoutant à leur action celle des principes toxiques qu'il produit, ou exaltant même leur virulence.
On le trouve fréquemment dans des plaies, dans des cas de suppurations putrides, à la surface des muqueuses altérées ; il reste fréquemment dans la lésion locale, laissant passer dans le sang les espèces pathogènes avec lesquelles il se trouve en association.
D'autres fois, il est seul et réellement pathogène. Leslésions produites ne sont pas spécifiques ; comme le Colibacille, le Pneumobacrlle, il peut engendrer des lésions très différentes. On l’a vu causer des entérites, des péritonites, des pleurésies (3), des bronchites fétides (4), des méningites (3), de l'ictère grave, surtout cette forme d’ictère infectieux désignée sous jé nom de maladie de Weil, d’autres formes morbides encore (6). Pour Metschnikoff, il doit jouer un rôle important dans les diarrhées des nourrissons, où c'est l'espèce que l’on rencontre le plus fréquem-
(1) LANNELONGUE et AcHARp, Soc. de Biol., 1896, p. 533. — Praunprer, Eine neue Form der Serumreaktion auf Coli und Proteusbacillen (Centralbl. für Bakt., XXII, 1898, p. 9, 71 et 131).
(2) Canru, Le Bacillus proteus, sa distribution dans la nature (Ann. de l’'Inst. Pasteur, XXV, 1911 p. 852).
(3) CHarriN, Pleurésie à Proteus (Soc. de Biol., 15 juin 1895).
(4) LarrorGuE, Province médicale, 26 juin 1909. =
(5) LANNELONGUE et AcHaArp, Sur les infections provoquées par les Bacilles du ER Proteus et sur les propriétés agglutinantes du sérum dans ces infections
. R. de l'Acad, des sc., 5 octobre 1896).
(6) KLIENEBERGER, Klinische und kritische Beiträge zur Differenzierung pathogener Proteusarten und Beitrage zur Wertung der Proteusagglutination (Zeitschr. für Hygiene, LVIII, 1908, p. 85).
ment. Vincent a signalé un cas d'infection mixte par le Bacille lyphique et le Proteus.
On a signalé des intoxications alimentaires paraissant êlre déterminées par ce microbe. à
Le plus souvent c'est la viande qui est à incriminer. C'est alors soit la viande fraîche altérée, comme dansles cas observés par Wesenberg (1) et Gluckmann (2); soit plus souvent les viandes travaillées de toutes sortes, saucisses, hachis de viande, comme dans les accidents observés par Pfuhl (3), Schumburg (4), Busch (5). D’autres fois ce sont des aliments végétaux, les pommes de terre dans les accidents rapportés par Dieudonné(6), ayant sévi sur des militaires, Fréquemment, des accidents d'intoxication ont été signalés avec les pommes de terre (7); presque toujours, sans preuves, on a incriminé la présence de solanine; on voit qu'il y aurait lieu de songer aussi à une altération microbienne. Il faut retenir, pour ces faits, l'influence favorable de la cuisson qui tue le microbe et détruit la toxine. Kossowicz (8) l’a trouvé dans une moutarde altérée, semblant nocive.
On a décrit sous le nom de Proteus fluorescents plusieurs microbes déterminant la fluorescence du bouillon, obtenus de processus infectieux chez l'homme (9), sans qu'on puisse affirmer autrement leur parenté réelle avec le Proleus vrai.
Le Proteus paraît aussi être pathogène pour les animaux. Il a été cité comme actif dans la diarrhée des veaux, dans certaines infections des volailles. On a vu qu'il occasionnait certaines des épizooties désignées sous le nom de pesles des poissons (p. 357 et 361) ; il peut aussi infecter les grenouilles et les écrevisses.
De Nittis (10) est parvenu à vacciner des cobayes en se servant d’inoculations de cultures vivantes. Le sérum de ces cobayes protège le lapin contre une inoculation virulente tuant le témoin en vingt-quatre heures. De tels sérums ont, sur les cultures, une action agglutinante énergique (11). Mais, comme l'a vu Klieneberger, l'agglutination ne permet pas de distinguer les espèces voisines qui toutes se montrent sensibles. Lesérum humain normal aggluline, du reste, ces microbes à un laux relativement élevé.
(1) WEsENBERG, Bcitrag zur Bakteriologie der Fleischvergiftung (Zeitschr. für Hygiene, XXX).
(2) GLückmanx, FKleischvergiftung, verursacht durch Bacillus proteus vulgaris (Hygienische Rundschau, 1899).
(3) Pruaz, Massenerkrankungen nach Wurstgenuss (Zeitschr. für Hygiene, XXX V).
(4) Scaumeurc, Wurstvergiftung (Zbid., XLI, 1902, p. 183).
(5) Busca, Ueber gehaüfte Erkrankungen nach Genuss von verdorbenes Wurst (‘’esundheit., 1905, n° 5).
(6) Dreunonxé, Massenerkrankungen durch Kartoffelsalat (Deutsche Mililärärzl. Zeitschr., 1904).
(7) SacquéPée, Les intoxications alimentaires (Revue d'hygiène, XXXI, 1909, p. 658).
(8) Kossowrez, Neue Beobachtungen über die Zersetzung des franzosischen Senfs durch Bakterien (Centralbl. für Bakt., 2 Abth., XXII, 1908,n° 7).
(9) Érrenxe et Jirou, Pleurésie purulente à microbes fluorescents (Journ. de physiol. et de pathol, gén., juillet 1899).
(10) De Nirnis, Sérothérapie du Proteus vulgaris (Soc. de Biol., 13 juin 1896).
(11) RonezrA, Experimentelle Beitrag zur Serumreaktion bei Proteus vulgaris (Centralbl. für Bakt., XXVII, 1900, p. 583).
BACTÉRIACÉES.
ex © ESS
BACILLUS MIRABILIS Hauser. ù
(Proteus mirabilis.)
Il se rencontre avec le précédent et dans les mêmes conditions, mais plus rarement que lui. Les différences qui séparent ces deux espèces sont peu importantes.
Les bâtonnets du Bacillus mirabilis ont 0,6 y de largeur. Leur longueur est variable ; elle excède parfois très peu la largeur ; les articles paraissent alors presque ronds ; elle atteint souvent de 2 à 3 1. Ils sont mobiles et montrent de grosses formes d'involution dont le diamètre peut atteindre 7 w. Dans diverses cultures, on peul trouver des filaments très longs.
Sur plaques de gélatine, les colonies ressemblent beaucoup à celles de l'espèce précédente ; le centre en est plus brunâtre, les prolongements moins mobiles. Beaucoup de ces derniers sont plus minces, tordus en
hélice, rappelant les formes décrites par Klebs sous le nom de
Helicomonas.
Sur gélatine, en piqûre, il se forme à la surface, en quarante-huit heures, un disque grisâtre brillant. Puis la liquéfaction se fait rapidement. Sans oxygène, la croissance a lieu, mais lentement; la gelée n’est pas liquéfiée, même après longtemps.
Les effets sont les mêmes que ceux que produit le Bacillus vulgaris.
Cette espèce se rencontre aussi dansles eaux souillées.
BACILLUS ZENKERI Hauser.
(Proteus Zenkeri.)
Ce sont des bâtonnets ayant en moyenne 0,4 & de large et 1,65 y de long, assez mobiles.
Sur plaques de gélatine, ils donnent de petites colonies aplaties, d’un gris blanchâtre. Sur gélaline, en piqûre, la culture se termine en terrasse ; de la périphérie partent des filaments renflés, de distance en distance, en petits lots formés de bâtonnets régulièrement äccolés les uns aux autres, dont on peut très bien apercevoir la disposition en faisant des préparations par impression. La gélatine n’est pas liquéfiée. Ces cultures sont inodores.
Les cultures dans le bouillon ont une forte odeur putride. Elles ne donnent pas la réaction de l'indol.
Celte espèce est plus exigeante en oxygène que les deux premières ; elle croît à peine dans l'acide carbonique.
Les effets qu'elle occasionne semblent êlre analogues à ceux des espèces précédentes. Bertarelli et Marchelli (1) signalent des cas d'intoxication alimentaire légère déterminée par de la moutarde à l’anchois altérée, dans laquelle ce microbe se trouvait en abondance.
Ce microbe est bien voisin du Bacillus Zopfii et peut-être à confondre avec lui.
(1) Berrarezr et Marcuezur, Veränderungen der Senfes durch Proteus und dadurch verursache Vergiftungen (Zeitschr. für Nahrungs und Genussmittel, XVI, 1909, p: 353).