OPÉRATIONS CHIRURGICALES ORTHOPÉDIQUES
Les opérations chirurgicales, fréquemment employées en orthopédie, ont pour but de masquer ou de pallier les difformités congénitales ou acquises, de restaurer la figure altérée des organes, de rétablir les fonctions compromises par des lésions anciennes, permanentes.
De nouveaux procédés opératoires permettent actuellement le redressement et la guérison de difformités pour lesquelles les anciennes méthodes thérapeutiques étaient impuissantes et qui étaient regardées jusque dans ces derniers temps comme incurables. Il existe de ce côté un immense progrès, dû aux nouvelles conquêtes de la chirurgie et surtout à la sécurité opératoire que donnent Yasepsie et Vantisepsie. Nous avons insisté sur ce point dans notre historique de l'orthopédie.
Nous étudierons ici les opérations orthomorphiques (Ollier) ou anaplastiques (Yerneuil), le plus fréquemment pratiquées en orthopédie, signalant surtout les méthodes, les procédés opératoires, leur technique, les suites et les accidents, renvoyant aux chapitres spéciaux pour l'étude de leur valeur.
L'intervention chirurgicale peut être non sanglante ou sanglante.
Dans le premier groupe se trouvent les opérations telles que Tostéoclasie, dans laquelle on produit la rupture de Fos en agissant à travers la peau et les parties molles sans les diviser. Dans le second groupe, on pratique Fexérèse de la peau et des tissus périphériques afin de pouvoir agir directement sur les parties profondes (tendons, os, etc.).
Bien qu'il y ait une remarquable analogie entre les différents procédés de diérèse proposés, nous distinguerons cependant les opérations portant sur les parties molles, celles atteignant les par-
ties dures, le système osseux, les moyens de division variant dans ce dernier cas, en raison de la résistance des os.
Nous décrirons avec soin les procédés sous-cutanés^ les opposant aux sections à ciel ouvert ; tout en faisant remarquer que la méthode sous-cutanée, encore extrêmement précieuse, tend à perdre de son importance depuis la pratique de l'antisepsie.
Uanesthésie générale avec le chloroforme est indispensable dans les opérations d'une certaine importance et surtout dans les redressements forcés.
Dans les ténotomies pour difformités du pied, l'anesthésie est souvent inutile. Pour les petites opérations de courte durée, nous nous servons dans quelques cas de l'anesthésie générale obtenue avec le bromure d'éthyle.
\J anesthésie locale^ avec la cocaïne en injections hypodermiques, malgré les succès obtenus par A. Lorenz pour les contractures de la hanche et le pied plat valgus douloureux, ne nous paraît recommandable que dans quelques cas. Cette méthode présente un certain danger chez les jeunes enfants.