‹ Traité pratique de chirurgie orthopédiqueChapitre 19 sur 120 · MATHIEU · texte numérisé non relu

MATHIEU

Fis. 137 et 158

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Colliers de Mathieu pour le torticolis

Richard (%. 148), l'appareil de Drutel et Blanc, modifié par de

Fig. 159. — Appcireil de Reyndtrs.

Fig. 160. — Appareil de Markoe.

Fig. 161 cl 162. — Appareils de Davis pour le torticolis.

Saint-Germain, appareil dit à triple effet (fig. 149), les appareils

de Mathieu (fig. 150, loi), les appareils de Big-g, Bruns, Eulenburg, Langenbeck, ne sont plus guère employés aujourd'hui.

Les colliers ou minerves de Gollin (fig. lo2, 133, lo4, 135), et de Mathieu (fig. 156, 137, 158), Tappareil Reynders (fig. 159), et Markoe (fig. 160), pourront rendre quelques services.

Les appareils de Davis (fig. 161), avec mentionnière de Glisson et arc métallique disposé au-dessus de la tête, venant s'appuyer, au niveau des épaules, sont assez simples, mais ne possèdent pas une action corrective efficace.

IIL — Le traitement consécutif, qui doit être recommandé aussitôt que possible, consiste dans l'emploi de manipulations, actives ou passives, d'exercices de redressement, de massage.

Les inanipulations , actives et passives, ont pour but de détendre et de redresser les parties contracturées, de fortifier les muscles relâchés et affaiblis.

Les manipulations passives modifient souvent très rapidement les contractures rebelles .

A l'exemple de J. Dollinger, nous avons souvent employé les manœuvres suivantes qui nous ont donné les meilleurs résultats :

Supposons un cas de torticolis postérieur avec inclinaison de la tête vers l'épaule gauche et rotation de la tête à droite.

Le sujet étant assis à l'extrémité d'un banc élevé et étroit, le dos tourné vers l'opérateur, il enroule ses pieds autour des supports du banc, étend ses bras en arrière et se tient fortement avec les mains aux montants qui se trouvent derrière son dos. Le chirurgien se place derrière le malade, appuie son bras gauche sur Fépaule du sujet et saisit avec sa main gauche la partie droite de la mâchoire inférieure. Il étend son avant-bras droit sur la partie antérieure de l'épaule droite du sujet et plaçant la main droite dans la flexion dorsale en la dirigeant en arrière , il saisit avec ses doigts la moitié gauche de la partie postérieure de la tête.

On peut ainsi agir d'une façon efficace sur les mouvements de la tête, la ramener dans la rectitude, la tourner fortement à gauche, en évitant les mouvements de l'épaule qui, dans la position indiquée, peut être énergiquement repoussée par le chirurgien.

On peut aussi placer les enfants entre les genoux, le dos en arrière; avec une main, on saisit la tête que l'on pousse vers le

bas dans la direction de l'axe longitudinal du corps, pendant que l'autre main presse assez fortement au niveau de la convexité de la courbure cervicale.

Les manipulations doivent se faire au début avec douceur et sans saccades, et en augmentant graduellement la force pendant 5 à 10 minutes.

Fig. 163.

Souvent dès les premières séances on obtient un résultat important.

On pratiquera aussi le redressement passif au moyen de la suspension verticale^ suivant les indications de la figure 163, d'après -Lorenz. L'étrier est disposé de telle sorte que son point de suspension est déplacé du côté de la concavité de la courbure cervicale. La main du côté sain saisit la poignée, pendant que l'autre tient un poids.

La suspension verticale, très utile, avait été déjà recommandée

dans le traitement du torticolis par Nuck et Solingen. C-is auteurs se servaient du collier à suspension représenté figure 64, p. 64.

Les mouvements actifs sont destinés à fortifier les muscles afîaibliset inactifs, principalement ceux qui unissent la tête à la cage thoracique ou à la colonne vertébrale. Ils sont faits après les mouvements passifs, lorsque la mobilisation est obtenue.

Les mouvements à recommander sont très variables; ils doivent être exécutés très métbodiquement en se basant sur la fonction des muscles atteints.

Ils doivent agir sur les muscles du côté opposé à l'inclinaison pathologique.

Dans les cas de torticolis par rétraction, nous pratiquons habituellement l'exercice de redressement suivant :

Le sujet, placé de côté, appuie la partie latérale du bassin et du thorax, du côté du torticolis, contre un plan résistant, une table, une barre de gymnastique.

Le chirurgien, en arrière du patient, place sa main à plat sur la partie latérale du cou du côté de la convexité cervicale opposé aux parties rétractées; il engage alors le malade à faire des mouvements de flexion latérale de la tête, pendant qu'il oppose avec la main une résistance à ce mouvement.

Le sujet doit aussi faire seul, tous les jours, des mouvements actifs de redressement et d'inclinaison dans le sens opposé aux parties rétractées.

On peut avec avantages faire tenir pendant ces exercices un poids par la main du côté sain, le sujet ne peut ainsi faire remonter son épaule et la rapprocher de la tête qui s'incline de ce côté.

Les mouvements doivent être continués jusqu'à ce que le malade arrive à presque toucher l'épaule du côté sain avec l'oreille de ce même côté.

Grâce à ces mouvements, on obtient la correction rapide de la difformité, la disparition de la scoliose cervicale.

Nous ne saurions trop insister sur la très grande valeur de la gymnastique manuelle dans le traitement du torticolis. Les mouvements actifs, lorsqu'ils sont faits par des sujets d'un certain âge intelligents et dociles, donnent surtout de rapides et brillants résultats, Dans ces cas la cure peut être obtenue sans l'aide (Yauciin appareil orthopédigiie.

TORTICOLIS 20o

Nous possédons de nombreuses observations qui démontrent cette assertion.

Le massage est un complément très utile du traitement gymnastique.

Le traitement consécutif, rigoureusement exécuté suivant les règles que nous venons d'indiquer, met à Tabri des récidives très fréquentes, par l'emploi des anciennes méthodes de traitement. Dans les cas de torticolis intermittent^ on recourra aux moyens médicaux, antispasmodiques, sulfate de quinine (Renouard), pulvérisations de chlorure de méthyle , vésicatoires , sétons. — Le massage, la traction continue (Duchenne, E. Bœckel) seront sonvent très utiles.

Duchenne a obtenu un succès en combinant l'application de courants induits avec des manœuvres orthopédiques. Dubreuil recommande les courants continus. — L'électricité statique peut aussi être recommandée. Les colliers, minerves serviront en immobilisant la tète et en pratiquant une extension continue favorable.

La métallothérapie n'a donné aucun résultat à Tillaux. La section du sterno-cléido-mastoïdien a donné dans quelques cas exceptionnels des guérisons (J. Guérin). (Voyez Procédé opératoire, p. 150.)

La section ou mieux la résection du spinal pratiquée par Bujalski (1834), Campbell de Morgan (1862), J. Wood (1866, 1867), Piivington (1879), Annandale, Tillaux, Sands, Ballance, Jacobson, Terrillon, Noble Smith, Reeves (1879), a donné de bons résultats, elle a échoué dans un cas de Tillaux. Dans 7 cas d'excision du nerf spinal accessoire, F. -A. Southam a obtenu de très bons résultats. Les cas qui conviennent le mieux, d'après cet auteur, sont ceux dans lesquels le sterno-mastoïdien seul est atteint.

Cette opération (voir Procédé opératoire, p. 161) est indiquée dans les cas oii les moyens médicaux, l'électricité, l'élongation ont échoué. Elle réussit même dans les cas ou d'autres muscles du cou sont atteints (Southam). Elle donne de meilleurs résultats que la section du sterno-mastoïdien et que l'élongation du nerf.

D'une intéressante statistique de L.-H. Petit, il ressort que sur vingt-quatre cas, dix-huit malades ont été complètement guéris ou très améliorés.

Lorsque les mouvements persistent, lorsque le spasme est dû à l'action de plusieurs branches nerveuses, on doit recourir à la section d'une ou de plusieurs branches cervicales (N. Smith, Keen). (Voir Procédé opératoire^ p. lo2.)

Cette dernière opération difficile, compliquée, exigeant de grands délabrements ne doit être faite que dans des cas exceptionnellenent graves.

Après les opérations de section du nerf spinal ou de ses branches, il est nécessaire de masser, d'électriser avec des courants continus les muscles contractures et de recommander un appareil de contention et de maintien pour la tête.

Collier a obtenu un cas de guérison parla ligature au fil d'argent du nerf spinal accessoire.

\^ èlongation du nerf spinal a été imaginée et pratiquée plusieurs fois avec succès par Campbell de Morgan.

Mosetig (1881) a guéri un de ses malades par Télongation bilatérale des nerfs spinaux externes.

T. C. R.enton, Reeves, ont obtenu deux succès par Félongation du nerf spinal accessoire. Schwartz a pratiqué dans un cas l'élongation combinée à la résection de 2 centimètres du spinal. — Cet auteur cite huit observations dans lesquelles ce traitement a réussi sept fois.

Malgré ces succès, nous pensons que l'élongation doit être moins souvent pratiquée que la résection ou la section du nerf spinal. L'élongation peut, d'après Tillaux, retentir d'une façon fâcheuse sur le bulbe.

Dans les cas de torticolis paralytique, on cherchera par le massage, l'électricité, à ramener la contractilité du muscle paralysé. Des appareils orthopédiques serviront à combattre l'attitude vicieuse. Si le muscle opposé, non paralysé, présentait une rétraction consécutive et opposait au redressement une résistance trop considérable, il faudrait pratiquer la ténotomie de ce côté.

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