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FjV. 213.
A la période de convalescence du mal de Polt, alors que les lésions paraissent en voie de réparation, que le rachis est résistant, on peut appliquer des appareils qui ont pour but d'immobi-
DliiYIATIONS DE LA COLONNE VERTÉBRALE
liser le rachis, de le redresser môme, et de permettre la marche
au grand air.
Nous citerons en première ligne les corsets amovibles en plâtre et leurs modifications (p. 79 à 84 ; fig. 204 à 213), les corsets en feutre (p. 84 et fig. 214, 215), en celluloïd, en étoffe (fig. 210), fe corset de Hessing (fig. 217), avec ou sans jury-mast.
Nous recommandons aussi les corsets en cuir moulé de
Fi,!?. 214. FU-. 215.
Corset et collier en feutre, d'après Lorenz.
Mathieu (fig. 218, 219), la cuirasse d'Owen, la cuirasse de Yerneuil (fig. 220), l'appareil de Cazin et Lannelongue (fig. 221).
Le corset de Davis et de Taylor (fig. 222, 223, 224) nous paraît, après expériences, d'une grande valeur. Il permet une immobilisation dans une bonne position du rachis et le redressement de certaines gibbosités.
Des courbes très précises que nous avons recueillies, indiquent très nettement les redressements importants obtenus dans quelques cas.
On peut simplifier ce corset, (corset de Ridlon (fig. 226)), lui faire subir des modifications en rapport avec le siège du mal et la nature de la déformation.
Le support de tête à pivot circulaire de H.-L. Taylor (fig. 225) convient au mal de Pott de la région cervicale ou dorsale supérieure.
Fig. 216. — Corset de Beely.
Fie. 217. — Corset de Hessino^.
Fig. 218. Fig. 219.
Corsets en cuir moulé de Mathieu.
Le corset de Davis-Taylor est basé sur le principe d'un levier dont le point d'appui, agissant sur les apophyses transverscs,
Fiff 220. — Cuirasse de VerneuU.
Fig. 221. — Appareil de Cazin et Lanneloiiiïue.
Fig. 222. — Appareil de Davis.
est au niveau de la difformité. Le bassin donne un autre point de pression, formant la base du corset.
c^jP )
Fig. 223. Fig. 224.
Corset de H.-L. Taylor.
Fig. 225.
La résistance est fournie par les pièces placées à la partie antérieure du thorax et la traction des bretelles d'épaules passant sous les aisselles. La puissance est maintenue par les deux
DEVIATIONS DE LA COLONNE VERTEBRALE
Fis:. 226. — Corset de J. Ridlon.
Fig. 227. — Chariot flamand.
Fig. ii28. — Appareil de Darrach. Fig. 229. ~ Appareil de Meigs Case.
Ijarres verticales qui supportent le rachis dans la position redressée obtenue par le décubitus horizontal.
Le corset de Davis-Taylor ne rend des services que s'il est appliqué suivant des règles précises. Les pièces en acier ne doivent pas être trop ilexibles. Les points d'appui au niveau de la gibbosité et du bassin doivent être très exacts: la pression sur les apophyses transverses doit être égale. Les bretelles ne doivent pas presser sur les épaules. Les courroies axillaires doivent être mises dans une telle direction qu'aucune pression ne soit exercée sur les nerfs et vaisseaux axillaires. Le corset doit être laissé en place jour et nuit; il doit être surveillé attentivement par le chirurgien et par les parents. Lorsqu'il est enlevé, on ne doit l'appliquer de nouveau que dans la position couchée.
Le corset de J. Ridlon (fig. 276) présente comme principal avantage de pouvoir être facilement construit et d'être d'un prix bien moins élevé que le corset de Davis-Taylor.
On recommandera, avec avantages, dans les cas où l'enfant doit être promené au grand air, l'immobilisation sur un lit-fauteuil, les bras étant soutenus par deux pièces latérales écliancrées sous les aisselles. Les pieds du fauteuil peuvent être facilement rabattus; l'appareil peut être placé sur une petite voiture.
Le chariot flamand (Tig. 227), l'appareil de Darrach (fig. 228). de Meigs Case (fig. 229), seront surtout utiles dans la période de convalescence.
TraitcntL'Jif des contprualions.
\" Abcès par congestion. — Certains abcès par congestion, symptomatiques du mal de Pott, se résorbant spontanément, il n'y a pas lieu d'intervenir do très bonne lieuro. Nous avons pour notre part observé assez fréquemment ce mode de terminaison. Le moyen le plus puissant pour obtenir cet heureux résultat est Vimmohilllr recommandée depuis longtemps par David (de Rouen).
Si l'abcès grossit et n'a pas de tendance à la résorption, nous employons la ponction suivie d'injection d'huile iodoformée. Avec un trocart assez volumineux, bien stérilisé par le flambage, nous ponctionnons l'abcès et évacuons son contenu. Nous lavons soigneusement la poche avec une solution de naphtol (20/100) et injectons ensuite de l'huile iodoformée (10/100).
L'huile, comme véhicule de l'iodoformenous paraît de beaucoup
préférable à l'éther, qui produit des distensions fâcheuses de la poche et des douleurs.
Nous attachons une grande importance à la désinfection par le sublimé ou l'acide phénique du trajet créé par le trocart et à l'occlusion antiseptique de la petite plaie superficielle. Grâce à cette pratique, on évite la formation de fistules tuberculeuses consécutives.
La compression ouatée et Timmobilité doivent être maintenues pendant plusieurs jours.
Le nombre d'injections à pratiquer varie suivant les cas, il faut en moyenne cinq à six injections.
Cette méthode, recommandée par Yerneuil, Mosetig, Billroth, Mikulicz, Yerchère, Frankel, Andrassy, P. Burns, a aujourd'hui fait ses preuves et nous donne journellement des succès. Sur 12 abcès par congestion dépendant du mal de Pott, que nous avons opérés dans le courant de l'année 1890, nous avons obtenu 10 guérisons parfaites par ce procédé.
Nous n'avons jamais noté aucun accident, bien que notre intervention ait souvent porté sur de très jeunes sujets.
L'ouverture large, simple ou suivie de l'extirpation de la paroi des abcès et des foyers tuberculeux (J. Bœckel, F. Trêves, Kœnig, Socin, Dollinger) ne nous paraît indiquée que dans les cas d'abcès en voie d'accroissement rapide, lorsque les injections iodoformées ont échoué, lorsqu'il existe des trajets fistuleux persistants et une suppuration abondante qui menace d'épuiser les sujets. Nous préférons l'intervention radicale avec ablation aussi complète que possible des foyers tuberculeux, des séquestres et des parties osseuses atteintes, avec désinfection et dans quelques cas avec drainage, à l'ouverture large, mais incomplète, des abcès, suivie d'injections antiseptiques (Volkmann, E. Owen).
Ce procédé convient particulièrement aux abcès du cou, aux abcès de la fosse iliaque et du psoas, provenant des vertèbres dorsales inférieures ou lombaires supérieures.
Paralysie. — Un certain nombre de paralysies guérissent spontanément. Dans les cas de paralysie persistante, le traitement consiste dans la révulsion au moyen de pointes de feu, l'application des cautères, si justement préconisés par Pott et que nous recommandons assez souvent, le traitement électrique et surtout \ immobilité.
Nous avons obtenu des guérisons ou des améliorations des paraplégies par V extension continue du rachis, au moyen des lits à extension avec mentonnière de Glisson, décrits plus haut. (Yoirfig. 6, p. 38.)
La trépanation a été récemment proposée pour les paraplégies liées au mal de Pott. Les observations de Dercum et White, Thompson et A. Wright, W. Thorburn, A. Lane, Macewen démontrent le peu d'efficacité de cette grave intervention chirurgicale. Le résultat peu favorable de cette opération était facile à prévoir, si l'on songe, ainsi que nous l'avons établi dans l'anatomie pathologique, que les paralysies du mal de Pott sont exceptionnellement d'origine mécanique, très souvent la conséquence de lésions inflammatoires au voisinage de la moelle et de ses enveloppes.
Cette opération qui a causé la mort d'un certain nombre de sujets (cas de Démons, Colman, Kraske, Chipault, White, Deaver et Lloyd), ne nous paraît justifiée que dans les cas graves parleur ancienneté, leur marche rapide, l'intensité des troubles vésicorectaux, lorsque la lésion occupe l'arc postérieur et ne siège pas à un niveau trop élevé'.
Le traitement médical ne doit pas être négligé. Une bonne hygiène, une alimentation riche en matière azotée, les médicaments antituberculeux habituels, principalement les iodures, Fiodoforme, l'huile de foie de morue spront recommandés. Le séjour au bord de la mer et dans quelques stations d'eaux chlorurées sodiques, telles que Salies de Béarn, Bourbonne-les-Bains, nous parait contre-indiqué dans les formes de mal de Pott à marche rapide,, avec abcès par congestion en voie d'évolution, ou avec complications viscérales. Les climats chauds, le séjour dans les Pyrénées conviennent dans ces cas. Les plages d'Arcachon, de Berck, de Cannes, de Biarritz seront indiquées avec de grands avantages dans le mal de Pott à marche chronique, lorsque les sujets condamnés à l'immobilité présenteront un état général peu satisfaisant, avec perte d'appétit et notable amaigrissement.
Lor&que les lésions vertébrales pourront être attribuées à la syphilis,- on recommandera le traitement spécifique et particulièrement l'iodure de potassium.