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Instrument de Stacy B. Collins

Beely examine ses malades en les plaçant devant une table et en comparant la hauteur des deux épines iliaques antéro-supérieures au-dessus du bord horizontal de la table.

Busch se sert d'une planche appliquée au niveau des épines antéro-supérieures, un niveau à bulle d'air indique l'inégalité de hauteur des épines.

J.-B. Reynier fait asseoir le sujet dans une position naturelle, sur un tabouret ; placé derrière, il applique la pulpe de l'index gauche sur la crête iliaque gauche, et à un point correspondant sur la crête iliaque droite, la pulpe de l'index droit; par la simple vue ou en tendant une ficelle horizontalement entre ces deux points, il apprécie la différence en hauteur des deux crêtes iliaques.

Lorinser, Fischer ont proposé des moyens de mensuration plus compliqués et que nous croyons inutile de décrire.

Stacy B. Collins a proposé pour les mensurations des membres inférieurs l'appareil représenté figure 264.

Cet appareil est encombrant et peu pratique.

L'instrument de Thomas H. Holgate pour la mensuration des membres inférieurs est simple et utile (fig. 265).

La partie B, constituée par une boule d'ivoire fixée sur la barre d'acier, A A A, doit se mettre en rapport, le sujet étant sur

J.REYNDERSacO.N.r.

Fig-. 265. — Instrument de Thomas H. Holgate.

le dos, avec le milieu de l'espace interclaviculaire ; la barre transversale ce est placée au niveau du bassin et des épines iliaques ; la barre D D au niveau de la plante des pieds.

A Texemple de Morton, nous mesurons souvent le raccourcissement des membres inférieurs en mettant le sujet debout, dans une bonne position, et en plaçant, au-dessous du pied correspondant au membre le plus court, de petites planchettes de bois ou de liège, jusqu'à ce que la correction soit obtenue (disparition de la scoliose; plis fessiers, poplités, crêtes et épines iliaques des deux côtés ramenés sur la même ligne). En mesurant la hauteur des planchettes nécessaire pour obtenir une correction parfaite, on a le degré du raccourcissement.

On devra aussi examiner avec grand soin les lignes indiquées par G. Morton (fig. 266) :

d" La ligne verticale normale déterminée par la légère saillie des apophyses épineuses;

2" La ligne verticale, ou rainure interfessière ;

3° La ligne légèrement courbe, quelquefois presque horizontale, qui sépare les fesses de la cuisse bb;

Fig. 266.

4" La ligne déterminée par les plis poplités b b.

Fig. 267. — Trapèze-niveau de W. Schulthess (un tiers grandeur).

Nous nous sommes souvent servis du trapèze-niveau de W. Schulthess (fig. 267), qui permet d'apprécier très exactement

la longueur relative des membres inférieurs. Cet appareil peut aussi servir à déterminer la torsion du rachis sur le dos des scoliotiques, principalement en cas de forte inclinaison du tronc en avant.

Il se compose d'un carrelet en acier, divisé en centimètres, qui porte en son milieu une partie cylindrique sur laquelle est monté un cadran en laiton gradué et mobile par l'effet d'un contrepoids. Au cadran est annexée une aiguille-pendule, dont la pointe marque l'inclinaison du carrelet sur la verticale.

Le carrelet peut se déplacer transversalement à droite ou à gauche, sur deux supports.

Lorsqu'on veut déterminer la longueur relative des membres inférieurs, on applique les supports sur les épines iliaques supéropostérieures, pendant que le sujet se penche fortement en avant, les genoux en extension. S'il y a raccourcissement d'un membre inférieur, la moitié correspondante du bassin s'abaisse etl'aiguillependule se dévie sur le cadran gradué.

Cette méthode semble donner de meilleurs résultats que la mensuration à partir de l'épine iliaque.

Pour déterminer les différences de niveau entre deux endroits situés symétriquement des deux côtés du rachis dans le décubitus abdominal ou penché en avant, on place l'instrument sur le dos du malade, les supports dirigés en bas, de façon que l'axe de Taiguille-pendule soit situé exactement au-dessus des apophyses épineuses et que les supports soient à égale distance du milieu du carrelet.

Pour des mensurations de contrôle, il faut toujours placer très exactement Tinstrument sur les mêmes points.

Les symptômes des scolioses statiques sont la conséquence directe de Finclinaison du bassin et du tronc, qui succède au raccourcissement d'un des deux membres inférieurs. La colonne vertébrale s'incline et s'incurve dans sa région lombaire, du côté du membre le plus court.

La courbure lombaire a sa convexité dirigée du côté le plus court, sa concavité du côté le plus long. La région lombaire du côté convexe est saillante, aplatie du côté concave. Le triangle de la taille du côté concave est très marqué, le triangle du côté convexe a presque complètement disparu.

Il se forme souvent des courbures de compensation dans la région dorsale et même dans la région cervicale.

L'épaule du côté raccourci est en général plus haute que celle du côté opposé.

La tète et le cou sont en général inclinés du côté de la jambe la plus courte. Les attitudes de la tête et de la ligne des épaules sont variées et dépendent du nombre et du siège des courbures de compensation. Lorsqu'il existe une courbure de compensation dorsale, la ligne des épaules peut être horizontale, Tépaule du côté le plus long peut être aussi plus élevée de ce côté. Lorsqu'il y a à la fois des courbures de compensation dans la région dorsale et cervicale, Fépaule du côté le plus court est plus élevée que celle du côté opposé, la tête s'incline du côté raccourci.

Les plis fessiers, poplités, les malléoles, sont plus abaissés du côté le plus court.

La fesse de ce côté est aplatie, flasque.

Le bassin est incliné du côté du membre inférieur raccourci; les deux épines iliaques antéro-supérieures et postéro-supérieures ne sont pas sur le même niveau; la crête iliaque est plus élevée et plus saillante du côté opposé au raccourcissement.

La crête iliaque et le rebord costal sont rapprochés du côté du membre inférieur le plus long.

La diminution de l'intervalle costo-iliaque, c'est-à-dire la hauteur du flanc^ est en général proportionnelle au degré de la courbure rachidienne.

Le pied est plus petit du côté raccourci, très souvent plat et en valgus.

Dans les scolioses par raccourcissement pathologique des membres inférieurs , on note la plupart des symptômes que nous venons d'indiquer.

La déviation vertébrale est lombaire avec courbure de compensation dorsale. La courbure lombaire, à convexité tournée du côté du membre raccourci, peut être très prononcée, lorsque le raccourcissement du membre inférieur n'est pas corrigé par une chaussure surélevée ou lorsque le sujet ne sait pas fléchir, en marchant, le membre sain.

Dans les cas de raccourcissement avec lésion douloureuse des membres inférieurs, le sujet, comme précédemment, incline le tronc vers le côté sain et déplace le centre de gravité vers la ver-

ticale passant par la jambe saine, mais il fléchit en outre lajambe endolorie, afin qu'elle ne traîne pas et n'appuie pas sur le sol, et il prend à un moment donné une attitude hanchée. Le hanchement exagère, dans ces cas, la déformation du tronc. L'inclinaison du diamètre transversal du bassin, indiquée par la différence de niveau des épines iliaques, des plis fessiers, etc., est très marquée. (Voir Scoliose sciatique^ p. 365, 366.)

Nous avons décrit les principaux caractères des scolioses des adolescents, qui ont leur origine dans des troubles statiques. Nous avons signalé la fréquence des scolioses en rapport avec le pied plat. Ces scolioses , comme les scolioses nettement statiques, sont lombaires, à courbure convexe tournée du côté opposé au hanchement.

Les courbures des scolioses statiques se redressent facilement au début, lorsqu'on corrige l'inégalité des membres inférieurs. Il s'agit, dans ces cas, de fausses scolioses, de scolioses par flexion latérale (Bouvier).

L'observation nous a démontré que, dans un assez grand nombre de cas, sous l'influence des attitudes vicieuses prolongées, la déformation rachidienne devient fixe, permanente. On constate alors les symptômes et les lésions anatomiques ordinaires des scolioses (scolioses vraies).

Les signes particuliers aux scolioses statiques permettent, en général, d'éviter des erreurs de diagnostic. Il faut se souvenir que certaines affections douloureuses de la hanche et du rachis, accompagnées d'une déviation latérale du rachis dans la région lombaire, sont la conséquence de l'asymétrie des membres inférieurs.

Dans toutes les scolioses, on recherchera attentivement, par les procédés indiqués, s'il existe un raccourcissement d'un des membres inférieurs, si le raccourcissement est apparent ou réel ; on examinera si la difformité rachidienne présente les caractères des scolioses lombaires (voir p. 326, 327).

Dans les scolioses lombaires, on recherchera si l'inclinaison du bassin et le raccourcissement d'un des membres inférieurs existent bien réellement. Dans un certain nombre de cas en effet, la saillie de la crête iliaque du côté concave donne l'impression d'un abaissement du bassin et d'un raccourcissement de ce côté, qui ne sont qu'apparents.

Dans la scoliose des adolescents arrivée à une certaine période,

lorsque des courbures de compensation se sont établies, il est souvent très difficile de déterminer si la courbure rachidienne lombaire est primitive, si elle s'est produite sous des influences statiques.

Nous avons indiqué (p. 337, 338) quelques-uns des caractères qui permettent de reconnaître l'origine primitive des scolioses lombaires.

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