I. — LUXATIONS CONGÉNITALES DE L'ÉPAULE
Les luxations congénitales de l'épaule sont extrêmement rares. La plupart des cas décrits, particulièrement ceux de W. Smith (1839) et de Mayer, doivent être considérés comme d'origine paralytique (Little, J. Woliï).
R.-W. Smith a publié, en 4839, la relation de deux autopsies de luxation congénitale double de l'épaule, l'une sous-coracoïdienne, Tautre sous-acromiale. La cavité giénoïde primitive était atrophiée, déformée; la nouvelle cavité était située immédiatement au-dessous de l'apophyse coracoïde, ou sur le côté externe de l'omoplate, au-dessous de l'acromion.
Kiistcr, Ammon, Melicher, ont publié des cas où l'on retrouve à peu près les mêmes lésions anatomiques.
J. Guérin, dans deux cas, Froriep, dans un cas, ont observé une subluxation de la tête humérale en haut et en dehors : l'acromion et l'apophyse coracoïde étaient refoulés en haut. Dans une observation de Gaillard, la luxation était sous-épineuse.
Scudder (1890) a décrit deux cas très intéressants de
luxation de l'épaule, qu'il considère comme à'orifjine congénitale et dus à un arrêt de développement des surfaces articulaires de Fépaule (fig. 3o6 et 357, 2^ cas, luxation à droite).
Les figures 3o6 et 3o7 représentent les principaux sijmptômes des
Fig. 356.
Luxation congénitale de l'épaule droite. Position du liras ; forme de l'épaule ; raccourcissement de la clavicule ; aplatissement de la poitrine du côté droit.
Fig. 337.
Même sujet, vu de dos, les mains sur les épaules; atrophie de l'omoplate droite; saillie de la tête humérale du côté droit.
luxations congénitales de l'épaule en bas et en arrière^ qui sont les plus fréquentes.
Dans la luxation sous-épineuse, le coude et le bras sont en abduction, souvent atrophiés (Gaillard).
Les mouvements volontaires sont limités. La ilexion et Fextension de Favant-bras sont affaiblies. La rotation passive est, en général, très limitée.
Le diagnostic de la nature de la luxation est souvent difficile. Les commémoratifs' permettent d'établir le caractère de congénitalité. La radiographie rend de précieux services en indiquant l'état des surfaces articulaires et des extrémités osseuses, la variété de la luxation.
Lorsque les troubles fonctionnels sont graves, le traitement
consiste soit à faire la réduction non. sanglante^ si les surfaces articulaires ne sont pas trop désorganisées, soit à souder la tête humérale à la cavité cotyloïde [arthrodèse), soit à exciser la. tête humérale ou l'épine de Fomoplate, qui s'oppose au mouvement (C. L. Scudder).
II. — SURÉLÉVATION CONGÉNITALE DE L'OMOPLATE. — DÉPLACEMENT CONGÉNITAL DE LOMOPLATE EN HAUT
Cette malformation, décrite par Sprengel, observée chez de jeunes enfants de un à sept ans, siège généralement sur l'omoplate gauche. La hauteur de Fos est la même des deux côtés, mais son bord supérieur est plus élevé de 2 à 3 centimètres, du côté affecté ; il remonte dans le cou et déborde notablement le bord supérieur de la clavicule, qui normalement se trouve de niveau avec lui. Les muscles qui s'étendent des vertèbres cervicales au scapulum, se raccourcissent et se tassent sur eux-mêmes; il en résulte que le côté correspondant du cou paraît plus court et plus plein.
La colonne vertébrale est presque toujours droite, normale.
Le fonctionnement du membre supérieur est normal.
D'après Sprengel, cette difformité a une origine intra-utérine. Elle est due à la position forcée in utero du bras gauche fortement porté en arrière sur le dos. Cet observateur a constaté cette position chez quelques enfants, au moment de la naissance. La faible quantité de liquide amniotique permet aux parois utérines de maintenir la position en arrière du bras et par suite l'ascension de l'omoplate.
Kirmisson admet un arrêt de développement du scapulum. Schlange a publié un cas dans lequel la surélévation de l'omoplate paraissait due à la contracture et à la rétraction intra-utérine du trapèze.
Les 7nanipulations Q.i les exercices orthopédiques servent à corriger, en partie, la malformation.
La section^ sous-cutanée ou à ciel ouvert, des muscles rétractés, la résection de Fangle supérieur de l'omoplate doivent être conseillées dans les cas de troubles fonctionnels graves,, lorsque les mouvements d'abduction du bras sont très limités.