‹ Traité pratique de chirurgie orthopédiqueChapitre 47 sur 120 · II ''. — GENU RECURVATUMOU LUXATION [CONGÉN ITALE DU GENOU EN AVANT · texte numérisé non relu

II ''. — GENU RECURVATUMOU LUXATION [CONGÉN ITALE DU GENOU EN AVANT

Sous le nom de genu rccurvatinn, on désigne une difformité dans laquelle la jambe est étendue sur la cuisse, en liyperextension, de façon à former un angle dont le sommet est en arrière.

Châtelain, Malgaigne, Mass, Kleeberg, Bard, Cruveilhier, Guérin, Bouvier, ont décrit cette difformité.

Récemment Guéniot, Périer, L. Hibon, Blanc, W. Parker, Phocas, Dechy, R.-H. Sayre, ont repris l'histoire du genu recurvatum et fourni d'intéressantes observations.

Pathogénie. Ètiologie. — 1° Le genu recurvatum congénilal a été attribué au rachitisme , au décollement épiphysaire à la suite de traumatismes pendant la vie intra-utérine (Hibon, Phocas, Dechy), à des lésions nerveuses déterminant la rétraction du quadriceps fémoral.

2" Le genu recurvatum acquis déjà signalé, il y a longtemps par Heine, est la conséquence de l'atrophie de certains muscles de la cuisse et de la jambe, avec contracture paralytique de leurs antagonistes, relâchement des articulations, arrêt de développement des os. Cette difformité, observée dans la paralysie spinale infantile, est très rare. (Voir Gemi recurvatum d origine paralytique et figure 714, page 86G, dans le Chapitre Difformités dans: les maladies du système nerveux.)

Le genu recurvatum a été récemment signalé (Campenon) dans la coxalgie^ principalement chez lesjeunes sujets soumis à l'extension continue dans la position horizontale. La pathogénie de cette déformation n'est pas nettement élucidée. Campenon incrimine l'atrophie des muscles postérieurs de la cuisse. L'équinisme chez les sujets qui marchent avec un membre raccourci nous a paru, dans plusieurs cas, jouer un rôle important dans la production de cette variété de genu recurvatum.

Symptômes. — Les caractères de la déformation sont très faciles il apprécier. L'extension du membre s'exagère sous l'influence de la moindre provocation extérieure, pendant les cris de Fenfant. La flexion normale est abolie.

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La jambe fait avec la cuisse un angle ouvert en avant qui est tantôt un angle droit, tantôt un angle très aigu, à ce point que la face antérieure de la cuisse vient en contact avec le segment inférieur du membre.

Sur la face antérieure du genou, on voit plusieurs plis articulaires caractéristiques de la difformité, situés au-dessus et au-dessous de la rotule ; ils sont surtout nets au-dessous de cet os.

La rotule est normale dans le plus grand nombre des cas; elle est difficile à trouver, parcequ'elle est enfoncée profondément dans l'angle rentrant du genou. Elle est parfois rudimen^taire et très petite. Elle n'est jamais soulevée par un épanchement articulaire.

Généralement, il y a absence de saillie du plateau tibial, ce qui fait supposer qu'il ne s'agit point d'une véritable luxation.

En regardant le genou de profil, on remarque qu'il décrit une convexité postérieure, dont le sommet est situé au-dessus de l'interligne articulaire. Le pli poplité normal manque.

A la palpation, on constate une saillie postérieure constituée par les condyles fémoraux et située au-dessus de l'interligne, perceptible dans l'extension, très nette dans l'hyperextension. - Au niveau de la dépression médiane postérieure, on sent battre l'artère poplitée et rouler sous le doigt les nerfs poplités, qui ne sont pas en général comprimés.

La cuisse est absolument normale; quelquefois le quadriceps fémoral est rétracté ; le plus souvent il est contracté. La tête du fémur est souvent déplacée, et les mouvements de rotation sont plus prononcés du côté malade que du côté sain.

La jambe est également normale; le pied a subi un mouvement de rotation externe, qui s'accentue quand l'hyperextension augmente (Phocas).

Les mouvements du genou sont profondément modifiés. L'hyperextension est plus ou moins marquée; dans certains cas, la jambe vient toucher la face antérieure de la cuisse ou se met à angle droit avec elle.

La flexion du genou est limitée. La flexion spontanée n'est pas possible ; mais on peut la produire dans une certaine limite, jusqu'à 120" quelquefois ; l'arrêt du mouvement est effectué parles muscles et les os.

Des qu'on abandonne le membre fléchi passivement, il revient brusquement dans sa position primitive.

Les mouvements latéraux sont, en général, nuls.

La douleur ne se produit que dans les mouvements forcés de flexion.

Le genu recurvatum acquis est caractérisé par des lésions paralytiques et atrophiques des principaux muscles de la jambe et de la cuisse. Les troubles fonctionnels sont, en général, très accusés, et dans quelques cas la marche est impossible. (Voir Genu recurvatum d' origme paralytique (p. 866) dans le Chapitre i)^y^orw^^7(^s dans les maladies du système nerveux.)

Le diagnostic du genu recurvatum est presque toujours facile.

Dans des cas exceptionnels, on peut constater les signes d'une véritable luxation ou d'un décollement épiphysaire.

Lorsque le genu recurvatum est observé à un âge avancé, il faut rechercher avec soin les commémoratifs et établir le caractère congénital delà difformité.

Les traumatismes du genou, les anciennes luxations, avec incurvation du genou, sont toujours accompagnés d'une saillie tibiale ou d'une déviation rotulienne.

Dans le genu recurvatum acquis, les muscles de la cuisse ou de la jambe sont paralysés ou atrophiés.

Le genou en arrière de Humphry produit par une flexion du tibia peut être confondu avec la luxation en arrière du tibia« mais ne présente aucun des caractères du genu recurvatum dans lequel le tibia paraît luxé en avant (voir p. 594).

Le iwonostic est en général bénin, la difformité se réduisant facilement. Dans quelques cas exceptionnels, la réduction est impossible, et l'hyperextension persiste.

Le traitement consiste à ramener le membre dans sa position normale par des manipulations fréciuentes, à maintenir la réduction avec un bandage convenable (attelle postérieure, bandage ouaté, appareil plâtré).

Au bout de quelques semaines, on enlève le bandage, et on pratique quelques mouvements de flexion. On fixe enfin le membre dans la flexion à l'aide de bandes circulaires enroulées autour des deux segments du membre.

Dans les cas oii la réduction ne peut être obtenue parles moyens indiqués ci-dessus, une intervention chirurgicale [ténotomie du tendon rotulien, myotomie^ à ciel ouvert (E. Owen) ou sous-cutanée (Adams), du quadriceps fémoral, ostéoclasie manuelle supra-

coïuhjlianne fPhocas), rrsection. (Margary, Albert), est indiquée.

L'étude des parties qui s'opposent au redressement, tendons, ligaments, muscles ou os, doit guider dans le choix des opérations.

Dans le genu recurvatum acquis, avec troubles fonctionnels très marqués, Varthrodèse peut rendre des services.

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