Soulier de Scarpa
l'insertion d'une courroie fixée, d'autre part, à l'angle supérieur et interne de la talonnière. Sur son extrémité antérieure libre était agrafée la courroie chargée d'attirer transversalement Favantpied en dehors. Son centre appuyait sur une pièce d'acier demicirculaire [Ippo7noclio), qui était disposée de façon à embrasser la partie moyenne et externe de la face dorsale ainsi que de la plante du pied. Grâce à ce point d'appui central, ayant pour effet direct de déprimer la saillie du tarse, les deux extrémités du ressort horizontal en tendant à s'écarter en dehors, devaient attirer dans le même sens le talon et la pointe du pied.
Au bout de un ou deux mois, Scarpa appliquait le second mécanisme connu sous le nom Ae soulier de Scarpa.
Ce soulier (fîg. 583) dont les figures 584 et 585 indiquent la
disposition, présentait comme parties essentielles, un ressort
Fig. 584 et 585. — Soulier de Scarpa.
métallique perpendiculaire, recourbé en dehors et en arrière,
Fig. 586. — Appareil de Little. Fig. 587. — Appareil de Tamplin.
assez long- pour remonter jusqu'au-dessous du genou, où il était
Fig. 588. — Appareil de Stromeyer. Fig, 589. — Appareil d'Adams.
assujetti par une embrasse. L'extrémité inférieure de cette tige
élastique était retenue sur la face externe de la talonriiere, à l'aide d'une cheville libre. Une courroie rembourrée, montée sur une plaque de cuivre attenant au ressort par une cheville libre et
Fig. 590. — Appareil de J. Reynders.
Fig. 591. — Appareil do Detmold.
une mortaise, appliquait le bas de la jambe contre l'appareil. La disposition de ce second mécanisme, bien supérieur au premier, a été justement adoptée par un grand nombre d'orthopédistes.
Fig. 592. — Appareil de Reeves.
Les appareils deLitlle(fig'. 586), de Tamplin (fig-. 587), de Stromeyer(rig. 588), deW. Adams (fig. 589), de S. Langgaard (fig. 599), deGaribaldi(fig. 594 et 595),. de J. Reynders'(fig. 590), de Detmold
(fig. 591), de Reeves (fig-. 592 et 593), sont la reproduction, avec
Fig. 593. — Appareil de Reeves (autre forme).
des modifications plus ou moins importantes, de l'ingénieux mécanisme de l'appareil de Scarpa,
Appareil de Jûrg. — Analogue au sabot de Venel et au soulier de Scarpa, cet appareil en différait par l'addition d'un mécanisme propre à favoriser la flexion du pied. A cet effet, le levier, placé en dehors de la jambe, se réunissait, au niveau de la malléole, avec une tige horizontale qui descendait au-dessus du bord externe du pied et se terminait en avant par une portion coudée à angle droit, de façon à se diriger transversalement au-dessus des orteils. Ce levier pédieux était relevé, par le jeu d'une boîte à encliquetage, qui était située à la jonction des deux tiges, et dans laquelle était enroulé un ressort.
Delpech se servait d'un mécanisme analogue pour corriger l'équi n. .
Appareil de Chiesa. — Cet appareil n'est autre que celui de Scarpa, modifié de façon à pouvoir s'appliquer indifféremment sur les, deux membres, et chez les adultes.
■ Appareil de Garibaldi. — La description de cet appareil, présenté au Congrès de -médecine de Gênes, en 1880, possède une grande analogie avec le soulier de Scarpa.
' 11 se compose (fig. 594) d'une pédale en bois, sur le bord externe de laquelle se fixe, au moyen d'une simple vis, un ressort destiné
nî
à être appliqué à la région externe de la jambe et fixé au-dessous du genou par un bracelet. Ce bracelet porte, sur sa partie la plus «xterne, une plaque métallique munie de vis et d'écrous, au moyen desquels le bracelet peut être fixé sur le ressort à difïérentes hauteurs.
A la pointe de la pédale est placée une courroie percée de trous à son extrémité supérieure.
Fig. 594 et 595. — Appareil de Garibaldi.
L'appareil doit être appliqué de la façon suivante : Un aide adapte la pédale sur la plante du pied, sans corriger la position vicieuse. Le pied a été préalablement recouvert de ouate ou entouré avec des bandes de flanelle. Le chirurgien renverse alors, pour plus de commodité, le ressort, et avec des bandes de toile mouillées, en huit de chiffre, maintient le pied sur la pédale en prêtant une attention particulière à la fixation du talon. Le ressort est ensuite relevé; celui-ci, en raison de sa concavité externe, sera éloigné d'une certaine distance de la face externe de la jambe sur laquelle il devra être appliqué.
En dernier lieu, on rapproche le ressort, et on l'applique sur la face externe de la jambe, en le fixant au-dessous du genou. Le ressort, en raison de la courbe, prendra un point d'appui sur la
face externe de la jambe, et plus spécialement à l'union du quart inférieur avec les trois quarts supérieurs, et par son élasticité abaissera le bord interne de la pédale et avec elle le bord interne du pied, produisant ainsi un mouvement de pronation du pied.
La figure 595 indique le mouvement produit dans ce temps de l'application de l'appareil.
On peut augmenter la pronation du pied en accentuant la courbe du ressort à l'union du quart inférieur avec les trois quarts supérieurs de la jambe.
Grâce à l'articulation de la pédale avec l'extrémité inférieure
Fis-.
Appareil de V. Duval, vu par le côté exleme.
du ressort, on corrige l'équinisme; la flexion dorsale est déterminée,par la courroie indiquée plus haut, dont l'extrémité supérieure peut se fixer à la partie externe du bracelet. Sa direction est fortement oblique en dehors. L'action de cette courroie est rendue élastique grâce à un anneau placé ainsi que l'indique les figures 594 et 595.
En résumé, cet appareil agit en produisant la flexion, la pronation et une forte rotation externe du pied.
Dans les appareils modernes, le levier de Yenel, en fer doux flexible, est souvent remplacé par un mécanisme à brisures mu
par une force a tension fixe et adapté au point de jonction de la semelle et du levier, dans le but de les amener et de les maintenir dans une direction opposée à celle de la déviation.
Deux mécanismes sont particulièrement adoptés : 1° celui de la charnière, munie d'une vis de pression (J. Guérin) ; 2° celui de la roue dentée, mue par une vis sans fin (V. Duval, F. Martin, Charrière, Lebelleguic, Collin, Lang-gaard, Big~g, etc.).
Les figures 596 à 602 indiquent les dispositions principales des
Fig. 597. — Appareil de Bouvier, vu par le côté interne.
appareils de Y. Duval, Bouvier, J. Guérin, Mathieu, Langgaard, Guillot, Nélaton, Charrière, Collin.
On remarquera, dans l'appareil de Bouvier (fig. 597), l'emploi de deux tuteurs articulés en nœud de compas avec l'étrier;
Chaque montant porte extérieurement dans sa partie inférieure, une longue vis de rappel qui traverse une pièce à écrou, fixée en avant sur le côté de la semelle. L'extrémité antérieure de chaque vis se termine par une coulisse susceptible de glisser librement, dans l'étendue de 1 à 2 centimètres, sur le pivot à tête qui est engagé dans la rainure et qui sert simplenient à la maintenir. Cette disposition présente le grand avantage d'éviter l'immobilisation absolue, qui est la conséquence du mode de fonctionnement
de la vis de rappel dans le mécanisme ordinaire, et de permettre quelques mouvements de flexion de la jointure.
L'appareil de J. Guérin (fig. 598 ) se rapporte au système des
Fig. 598. — Appareil de J. Guéria pour le varii
leviers à brisures d'inflexion, établies d'après le mécanisme déjà employé autrefois par Delpech, Charrière, Lebelleguic, etc., et qui
Fig. 599. — Appareil de Langgaard.
consiste à placer, à la jonction du tuteur avec Fétrier, une double charnière, dont les mouvements sont réglés à l'aide de la vis à marteau. -
Gomme dans les appareils de Tamplin et de W. Adams, Langi^aard (fîg. 599) transporte en arrière du talon, près de la ligne médiane, les deux centres de mouvements, destinés à effectuer la
Fig. 600 et 601. — Appareil de Guillot.
flexion ou l'extension du pied, et sa rotation suivant Taxe antéropostérieur. Cette disposition qui permet des mouvements étendus
Fig. 612. — Appareil de Gharrière. Disposition des brisures pendant rinflexion des différentes pièces du mécanisme.
du mécanisme, plus en harmonie avec les mouvements articulaires, a été adoptée par quelques constructeurs (Guillot (fig. 600 et 601), Béchard fils, Werber).
L'appareil de Charrière (fig. 602) représente avec celui de V. Duval, le modèle le plus complet des brisures à roue dentée, mue par une vis sans fin.
Fig. 603. — Appareil de Mathieu.
L'appareil de Mathieu (fig. 603) se distingue des précédents par la situation du tuteur et le mode de préhension des moyens de con-
Fig. 604 et 605. — Appareil pour combattre le varus équin.
tention du pied et de la jambe. Dans le but de corriger la courbure de la partie inférieure de la jambe, Mathieu place son appareil dans le cas de varus, en dedans du membre. L'appareil n'a plus
pour mission de presser sur les parties déviées, mais de les attirer:
Fig. 606 et 607. — Appareil de Nélaton (modèle CoUin).
le mécanisme de l'engrenage devient seul applicable dans ce cas.
ROTATiaN
Fig. 608 et 609. — Appareils de Stillman.
Le pied est solidement assujetti et fixé dans une guêtre lacée, en coutil ou en cuir.
Citons encore les appareils de Gollin (fig. 604 et 605), de
Fio-. 610, Gli et 612. — Souliers de Shafter.
Nélaton (fig. 606 et 607), de Stillman (%. 608 et 609), de
Fig. 613. — Appareil de Taylor
Fiy. G14. — Modification de l'appareiF de Taylor d'après Shalïer.
Shaffer (fig. 610, 614 et 612), de Taylor (fig. 613 et 614).
Appareils de co^!TE^•TION. — Une fois le redressement obtenu, il faut conserver le résultat acquis et prévenir la récidive : c'est en grande partie le rôle des appareils contentifs.
On peut diviser les appareils contentifs en trois catégories spéciales :
1° Ceux qui ont simplement pour but d'assurer la position du pied.
2° Ceux qui sont pourvus d'un mécanisme propre à aider la flexion, à limiter l'extension et à corriger l'adduction et la supination.
3° Ceux dont la disposition a pour objet de s'opposer à la rotation du pied et du membre inférieur en dedans ou en dehors.
Ces appareils servent surtout pendant le jour et permettent la marche ; la nuit, on appliquera les machines qui ont servi au redressement, ou des appareils moins incommodes et moins compliqués (appareils de nuit de Mellet et d'autres orthopédistes).
I. — La plupart de ces appareils dérivent de la bottine tuteur de Bonnet.
Cette bottine est munie, pour le pied varus épuin, d'une courroie transversale bouclée par ses deux extrémités sur le tuteur externe, et disposée de manière à presser au-dessous la malléole externe, dans le but de ramener le pied en dedans et en bas.
On peut aussi, avec grand avantage, se servir d'une guêtre moulée, en coutil ou en cuir, avec deux tuteurs latéraux, articulés au niveau des chevilles, analogue à celle adoptée par Duchenne (de Boulogne) pour la construction de ses appareils de prothèse musculaire.
On placera dans les semelles ou les guêtres, des pièces en gutta-percha ou en liège, destinées à soutenir et à redresser le pied.
n. — Dans cette catégorie d'appareils, on ajoute à la bottine un mécanisme destiné à s'opposer à l'extension du pied et au soulèvement du talon, à corriger l'adduction et la supination.
Ce résultat peut être obtenu par deux mécanismes différents : le premier a seulement pour effet de borner à volonté le mouvement d'extension, au moyen d'un point d'arrêt. Le second ne limite pas seulement l'extension, il provoque en outre la flexion à l'aide d'une force élastique.
1° Parmi ces appareils, à point d'arrêt, nous devons citer l'appareil
à vis de pression de J. Guérin, dont le mécanisme, propre à régler
Fig. 615 et 616. — Appareil à ressort d'Ivernois et Mellet.
l'extension, n'est autre que celui qui sert à effectuer le redresse-
G.TIEMANN&CO.N.Y.
Fig. 617. — Appareil à ressort de Bouvier. - Fig. 618. —Appareil à ressort de Tiemanu.
ment dans l'appareil de ce chirurgien, décrit plus haut (p. 733).
2° Dans le but de restreindre le mouvement du côté de l'extension et à le favoriser, au contraire, du côté de la flexion, on a eu recours à des appareils à ressort ou à traction élastique.
Fig. 619. — Appareil à traction élastique de Charrièro.
Flif. 620. — Soulier de Willard.
Parmi les appareils à ressort, il faut citer ceux d'Ivernois et Mellet (fig-. 613 et 616), de Bouvier (fîg. 617), deTiemann (fig. 618).
Fig. 621. — Appareil à traction élastique de Th. Anger.
Parmi les appareils à traction élastique, les uns ont pour but de lutter contre le pied bot équin (appareil de Gharrière, fig. 619); Jes autres de corriger à la fois l'équin et le varus.
Parmi ces derniers appareils, il faut signaler les souliers de Bardenheuer (fig. 631), de Willard (fîg. 620), de Kolbe (fig. 667), de T. Anger (fîg. 621), de Sayre.
Fig. 622. — Soulier à traction élastique de Sayre.
Fis-. 623.
Dans quelques cas, Sayre se sert de semelles articulées en genou, et munies de liens élastiques relevant le pied et le renversant en
Fi"-. 624.
dehors (fig. 622), ou encore de l'appareil représenté figure 623, et composé d'un soulier ordinaire, muni de deux tuteurs métalliques latéraux qui sont articulés à charnière au niveau des malléoles et se terminent au-dessus du' mollet par un bracelet entourant la jambe. Un muscle artificiel en caoutchouc va de ce bracelet à un étrier placé au niveau des orteils et est destiné à produire l'élévation du pied.
Il emploie le plus souvent le soulier représenté dans la figure 622.
La semelle de ce soulier, faite d'une forte lame d'acier recou-
Fiof. 625. — Soulier de Stillman.
verte de cuir, présente une articulation en genou, au niveau de la ligne médio-tarsienne. Cette articulation permet des mouve-
Fig. 626. — Soulier à traction élastique de Stillman.
Fig. 627. — Soulier de Beely.
ments de l'avant-pied sur l'arrière-pied, dans toutes les directions. Les muscles artificiels en caoutchouc, avec crochets et chaînes, permettent de donner au pied la position de redressement recherchée.
On peut très simplement couper transversalement, au niveau de l'articulation médio-tarsienne, la semelle d'un soulier ordinaire,
Fig. 628. — Soulier à trac- Fig. 629. — Appareil à Fig. 630. — Appareil de Mation élastique de C. Ny- boule de Nélaton. thieu à tourillon externe
rop. ou interne pour pied bot
varus ou valgus.
et réunir ces deux moitiés par un chaînon. Le redressement latéral, adduction ou abduction, est produit par des tubes de caout-
Fig. 631.
Soulier de Bardenheuer.
Fig. 632, — Soulier de F. Margary.
chouc. On peut ajouter à ce soulier, un montant vertical métallique, permettant d'adapter un muscle artificiel qui sert à relever la pointe du pied (G.-B. Grosby).
Le soulier de Barwell, analogue à celui de Sayre, présente, au niveau de la semelle, le mode d'articulation indiqué par la
figure 624.
Fig. 633. — Soulier de Taylor pour le pied gauche.
Les souliers de Stillman (fig. 62.5 et 626), de Beely (fig. 627), de C. Nyrop (fig. 628), d'une construction simple, seront em-
Fig. 634. — Le même, pendant l'application. Fig. 635. — Lemême^après rapplication.
ployés, avec avantage dans quelques cas. (Voyez aussi dans l'arlicle
Pied bot équin^ p. 788 et 789, les appareils des figures 667 à 673.)
Parmi les appareils à contention, avec mécanisme dans le but
de corriger l'adduction et la supination du pied, citons les souliers
de Nélaton (fig. 629), de Mathieu (fig. 630), de Bardenheuer (fig. 631), de F. Margary (fig. 632), de Taylor (fig. 633, 634 et 63S), de Stillraan (fig. 636 et 637).
Fig. 636. — Disposition pour la correction Fig. 637. — Disposition pour la correction du varus. du valgus.
Souliers de Stillman.
III. — Lorsque les deux pieds et la jambe sont fortement tournés en dedans, on peut se servir des appareils recommandés par Sayre (fig. 638). Les semelles de ces souliers sont réunies par deux barres