‹ Traité pratique de composition musicale: Depuis les premiers éléments de lChapitre 11 sur 91 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Extension des phrases de quatre mesures pour former des «périodes simples».

En appliquant ce que nous avons dit précédemment à une phrase à laquelle nous joindrons une séquence, nous obtiendrons un fragment composé de huit mesures que nous appellerons «période simple».

EXERCICE

Former des périodes simples par Padjonction de séquences sévères ou libres à des phrases de quatre mesures et cela dans diverses tonalités et avec différents rhythmes. Pour la séquence sévère d'une période il n'est pas nécessaire de donner un exemple, et un seul exemple suffira pour une période formée avec une séquence libre.

Période

Phrase-modèle M. S. M. 3. M. 4.

Séquence libre

Remarque. — Les deux derniers accords doivent toigours être (jusqu'à ce que nous soyons plus avancés dans la théorie de l'harmonie) le 5« degré suivi du 4 M. Cette forme de cadence s'appelle «cadence parfaite».

En dehors de Texercice consistant dans la création de périodes simples que plus tard nous apprendrons à développer encore, il y a une autre étude que nous pouvons, dès à présent, commencer et qui est aussi intéressante que féconde en bons résultats par l'impulsion qu' elle donne à la fantaisie. On fait cette étude en transformant une seule et même période par des changements de mesure de mouvement et de tonalité.

Si Ton prend, par exemple, la période ci-dessus (ex. 53) on peut la transformer en Adagio à V4, dans la tonalité de mi t? majeur.

(Pour épargner de Tespace, nous ne donnons que la première phrase des transformations suivantes ; mais il est bon que Télève rétablisse la période entière par l'adjonction de la séquence.) La même période est, ci-dessous, transformée en Allegro à ^8 dans le ton de la majeur.

Allegro moderato.

Séquence.

Cette transformation peut, à son tour, être variée par des changements de rhythme, comme, par exemple:

AUegro moltû.

Séquence.

W^.rm \ nii\jK^f\j;^]j^

L'élève doit faire ce travail en l'appliquant à des périodes de son invention. Rien ne saurait être plus utile pour le compositeur dont l'habileté consiste spécialement (on s'en convaincra plus tard) à donner à une pensée musicale les formes les plus diverses, à la présenter constamment sous des aspects nouveaux tout en lui conservant son caractère fondamental. C'est grâce à cette habileté, grâce à cet art que les maîtres ont pu produire leurs chefs-d'œuvre.

Ci-après on trouvera quelques esquisses de Beethoven pour la dernière partie de son Quatuor en ut min; Texamen attentif de ces esquisses prouvera à Télève que nous ne lui conseillons pas d'autres procédés que ceux employés par les plus grands artistes.

'j ijai^jj^-'JUfJ^''|frji>'V

iHtit<^ F' t-'

hi3^-^

Hil J0 Jf .-

Parmi sept dîflférents essais il se trouve trois variantes de la même pensée. En i (a), le premier thème est en ut || min. à Y4 ; en 4 (a), le même thème apparatt transformé en fa || min., y^. En 7 (a), la première version est de nouveau essayée en ut jjf min. à-*/4, mais cette fois un peu plus étendue. La seconde incise de 4 (b) se retrouve en 7 (b) modifiée par un autre rhythme.

L'analyse de ces esquisses suffit pour prouver, non seulement l'utilité du travail que nous recommandons à l'élève, mais aussi que les mattres les plus éminents ont souvent cherché longtemps avant de fixer leur pensée d'une manière définitive et que, parfois, ils ont été obligés de se servir de procédés presque mécaniques.

Comme complément aux différents exercices dont il vient d'être parlé, il serait bon que l'élève, lorsqu' il crée une période musicale y ajoutât quelques indications de mouvement, nuances, etc, afin de s'habituer «de bonne heure au style et à l'expression. D'ailleurs, ce sujet sera traité plus tard avec l'ampleur nécessaire.

Page 1