‹ Traité pratique de composition musicale: Depuis les premiers éléments de lChapitre 31 sur 91 · Adagio · texte numérisé non relu

Adagio

EES

EÉ

afe

lE^

Il faut s'habituer à distinguer une harmonie vide, en apparence, p'une harmonie vide, en réalité. Les remarques suivantes serviront à expliquer cette nuance importante.

Emploi d'une seule partie.

a. Les impressions produites par le son sur notre oreille sont relatives. Un coup de canon entendu subitement, dans un milieu tranquille, nous cause une commotion violente tandis que, pendant une bataille, la détonation simultanée et continue de plusieurs batteries d'artillerie finit par ne plus nous produire aucun effet.

Un quatuor d'instruments à archet, exécuté dans une salle de dimensions convenables, satisfait complètement notre oreille alors que le même quatuor exécuté dans une vaste salle de concert, après une symphonie bruyante, paraîtra d'une sonorité maigre et vide. Une mélodie toute simple, qui, chantée par une seule voix ou un seul instrument suffît, dans certains cas, pour nous impressionner très vivement, peut aussi nous sembler ridicule dans d'autres cas.

b. Cependant il arrive fréquemment qu' après des sonorités éclatantes une voix seule produit un grand effet par le contraste, la variété, en toutes choses, étant un besoin inhérent à Phumanité. Il est donc certain qu'en musique un même procédé de composition amènerait vite, par sa monotonie, la lassitude chez l'auditeur.

c. Nous avons déjà vu que les accords peuvent être formulés complètement par une seule partie qui fait entendre suœessivement les intervalles qui les composent. C'est ce qu' on appelle «accords brisés» ou «accords arpégés», etc.

d. Souvent, même, une seule note suffit pour représenter un accord entier. Si, par exemple, l'accord complet a été entendu d'abord,

Page 1