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La préparation manque complètement

Dans ce dernier cas, il n'y a plus de retard proprement dit, mais seulement un fait harmonique analogue à ceux qui sont produits par les notes étrangères, (appoggiatures, etc.)

D'autres équivoques sont fréquentes encore comme, par exemple, raccord de sixte et Taccord de quarte et sixte qui, avec retard de la fondamentale sont semblables à des fragments d'accords de septième.

Les accords avec plusieurs retards simultanés sont identiques aux accords de onzième et de treizième dont il a été parlé précédemment ou bien, encore, aux combinaisons produites par l'anticipation de la basse. (Voir, plus loin, section B.)

Outre celles que nous venons d'exposer, d'autres modifications aux règles de l'ancienne théorie des retards sont encore possibles. Dans une bonne composition, ce sera toujours un effet spécial à produire qui les justifiera et les expliquera.

Des deux sortes de retard dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre: a, retard supérieur; b, retard inférieur, ce dernier est et a toujours été le moins usité sauf par Rameau et les anciens Maîtres de l'École française.

Parmi les retards inférieurs, on n'emploie ordinairement que : 40, le retard de la tierce par la seconde majeure, retard dont voici un exemple célèbre:

528* Beethoven. Symphonie pastorale.

fr i/iT^ i T^

i^j le retard par demi-ton. Ex:

Beethoven. Sonate en ut min. op. 40.

Dans Popéra i>Tristan et Iseult» de Richard Wagner, on est frappé par la grande richesse de retards de ce genre se résolvant sur le demi-ton supérieur. Le plus souvent ils se présentent comme retards de Foctave par la septième. Les opéras franûais modernes renferment aussi de nombreux exemples de semblables retards, sans préparation, que l'on peut alors considérer comme appoggiatures. Voici, à peu près, le type le plus usité en pareil cas:

etc.

Auber, dans son opéra »Le Cheval de bronze», traduit le commencement du , sommeil d'un de ses personnages par une harmonie de ce genre.

Rappelons ici que nous avons déjà traité du retard de Foctave par la seconde inférieure à propos de Faccord de septième du 1®' degré, en mineur.

Des séquences de retard réguliers ne sont pas rares et sont d'un bon effet. Mais les séquences de retards libres, supérieurs et inférieurs, donnent souvent à la composition un caractère, soit sentimental, soit un peu vulgaire, comme, par exemple: -

Weber. Oberon.

i f*' '1' I J^ 'tiff'

Ces artifices d'harmonie ont été employés, pour la première fois, vers 1700, par les compositeurs d'opéra de l'École napolitaine.

On a peu à peu abandonné l'usage de désigner par un nom spécial chaque accord avec retard (accord de quinte et quarte, accord de tierce et septième, accord de seconde quarte et sep-

tième, etc.), Tutilité pratique de ces désignations n'étant pas suffisamment démontrée.

Il en est de même pour le chi£frage de ces retards qui ne peut être strictement appliqué que dans les formes fondamentales et non dans les renversements.

Si on chiffre un accord avec retard, il faut chiffrer aussi la résolution de celui-ci. Par conséquent, dans Faccord parfait, le retard de la tierce doit être indiqué par J 5 et le retard de l'octave par 9 8.

Le retard de la fondamentale dans l'accord de sixte est chiffré |«.

Dans l'accord de quarte et sixte, le retard de la tierce est chiflré: J?.

Voici quelques chiffrages encore usités pour désigner les retards placés à la basse.

Retard de la fondamentcUe: |.

Retard de la tierce: |.

Le retard de la quinte, à la basse, ne produisant pas de

dissonance n'est pas caractérisé. Ex:

Pour les retards dans les accords de septième, voici les désignations généralement adoptées:

Accord à l'état fondamental: /^^ " ^^^^

Ifa - -1

Retard de l'octave de la fondamentale: 1^^ \si -

\sol

\ré -

4 3 ldo-5t|

\sol — /

Retard de la quinte: ^ 5 j''^* *

Retard de la tierce: J;

Retard de la fondamentale à la basse:

Accord de quinte et sixte, (1®' renversement): Retard de la fondamentale: ^?.

- la quinte : l Z

- la tierce à la basse: 51^

Accord de tierce et quarte (2* renversement): Retard de la fondamentale: Il

- la tierce : J *

- la tierce à la basse: 3

Accord de seconde (3* renversement):

Retard de la fondamentale: 6-

- la tierce: |^

- la quinte: 7 6

II faut remarquer que la résolution des retards placés à la basse est indiquée par le chiffrage ordinaire de Faccord ou du renversement. (Voir, dans la table ci-dessus, les résolutions séparées, par un trait vertical, des chiffres indiquant le retard.)

Le meilleur moyen d'acquérir une connaissance complète de ce système de chiffirage est de réaliser, par écrit et au piano, les basses chiffrées qui se trouvent dans les ouvrages des vieux Maîtres, J. S. Bach tout particulièrement, qui chiffrait avec beaucoup de soin.

Lorsqu'il se trouve des chiffres au-dessus de signes de silences (pauses, soupirs, etc.) ces chiffres s'appliquent à la note qui précède le silence. Ainsi, par exemple, pour ce passage:

^ ^ i Bach a voulu la réalisation suivante:

Chez J. S. Bach et chez Haendel il ne faut jamais considérer les chiffres placés au-dessus des silences comme pouvant être attribués à la note qui les suit. Philippe Emmanuel Bach a émis une opinion contraire, mais cette opinion n'est justifiée c[ue par quelques cas (très rares) qui se rencontrent chez d'autres auteurs.

EXERCICES

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