C. Pédales
Sur la tonique ou sur la dominante d'une gamme (et aussi sur ces deux notes ensemble), on peut faire passer une suite d'accords dont ces deux notes ne font pas partie intégrante, pourvu que ces accords s'enchaînent bien entre eux, abstraction faite de la note ou des deux notes à la basse qu'on appelle alors ^Pédales«.
Ainsi, sous les suites d'accords que voici:
nous pouvons placer, soit la dominante, soit, encore^ la tonique et la dominante ^i laisser ces notes se prolonger jusqu'au dernier accord. Ex:
a. 4. Tonique à la a, 2. Quinte à la a. S. Tonique et basse: ^ basse: Quinte ensemble.
ï HJi i iHJii .11 jJJIi. i i
La suite d'accords b qui renferme des accords étrangers au ton peut, néanmoins, être placée sur les notes pédales de Pexemple précédent.
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C'est au commencement du \ 8® siècle que le nom de ))pédale« (en allemand: Orgelpunkt) fut donné à ces notes tenues à la basse; mais le procédé était connu et employé encore plus tét.
On ne se servit, d'abord, de la pédale qu'à la fin des morceaux, en la considérant comme une extension de la cadence et on ne faisait entendre, pendant sa durée, que des accords en consonnance avec elle; mais, peu à peu, l'harmonie tendant toujours à devenir plus compliquée, la pédale devînt l'occasion des dissonances les plus hardies.
Les pédales sur la tonique et sur la dominante sont, le plus souvent, placées à la basse; mais on les emploie quelquefois, cependant, dans la partie supérieure ou dans une partie intermédiaire. Ces tenues prennent alors le nom de j)pédale supérieures et de 7>péda]e intérieurea. Ex:
Pédale supérieure.
Pédale intérieure.
On trouvera des exemples de pédale dans toutes les grandes compositions instrumentales, particulièrement dans les grandes fugues de J. S. Bach où il n'est pas rare de rencontrer, vers la fin, une pédale sur là dominante suivie de la pédale sur la tonique, qui sert de conclusion définitive.
Une pédale d'une grande étendue se trouve dans le ))Requîem allemande de J. Brahms, (fin de la 3® partie) et dans Tintroduction du »Rheingoldft de Richard Wagner. Il faut mentionner aussi la pédale sur la tonique, au début de la «Passion selon St. Mathieu» et de la » Toccata « pour orgue, de J. S. Bach. Celle qui commence V Allegro dans la 2® et dans la 3® Ouverture de «Léonore» (Beethoven) est d'une importance capitale.
Les compositeurs modernes abusent souvent de la pédale, effet qui devrait être employé avec beaucoup de réserve dans les œuvres peu développées, comme certaines compositions pour piano.
Nous pouvons citer comme exemples de pédales, autres que celles qui sont à la basse, l'introduction du 3® acte de l'opéra: «Les joyeuses Commères de Windsor « de Nicolaï. Yoicî quelques courts modèles de cette forme harmonique:
J. S. Bach. Oratorio de Noël.
*A -i J i -ih^
Mendelssohn. Songe d'une nuit d'été.
La forme figuréb peut être appliquée à la pédale. Ex:
?i 11 j^ j. .[71 1 fl j. m I f j j. ;?
Voir à cet égard le Trio du Scherzo de la 7® Symphonie de Beethoven.
Lorsqu'une pédale se prolongeait beaucoup, on lui donnait le nom de »basso ostinato.a
Pour être correcte, la pédale doit être prise et quittée avec un accord dont elle fait partie. Par conséquent, dans l'exemple précédent la pédale ne pourrait être prise ni quittée sous l'accord a. Ex:
pédale mal prise: mal quittée:
Gomme exception à cette règle, mentionnons le commencement de la 3® partie (Élégie) de la ))Sérénade« pour instruments à archet, de Tschaikowsky.
Dans la musique moderne on emploie très souvent la pédale avec la suite d'accords V, L Ex:
Beethoven. Quatuor en fa maj. op. 59.
iMW .
Il est bon que la pédale soit tenue assez éloignée des autres parties, afin qu'elle ne nuise pas à la clarté de l'ensemble harmonique. Ex:
Beethoven. (Même Quatuor.)
Pédale supérieure sur soL
Gomme exercices sur la pédale, l'élève analysera les exemples cités à ce sujet et en cherchera l'application dans ses propres essais de composition.