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CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

Notes chromatiques. Accords altérés. Modulation.

Lorsque, dans les premiers siècles de notre ère, l'Église chrétienne voulut régulariser la musique destinée à «accompagner les cérémonies du culte, on fit un choix parmi ce qui, des mélodies helléniques, avait été transmis jusqu'à cette époque.

Des trois genres (diatonique, enharmoniqice et chromatique) , en usage chez les Grecs, on ne conserva intact que le premier; on rejeta tout à fait le second et on ne prit que fort peu du troisième. A l'époque où se firent les premiers essais de composition à plusieurs voix, le genre diatonique était seul usité et sa prédominance durait encore au moment où furent posées les premières bases scientifiques de l'harmonie. Cette prédominance presque exclusive du genre diatonique devait se prolonger jusqu'à la période d'émancipation où, à côté de la musique sacrée, le peuple créait, à son usage, une musique profane.

C'est seulement à partir du 16® siècle que le genre chromatique reparait, bien caractérisé, dans les s Madrigaux « des compositeurs vénitiens de l'École de Willaert. L'emploi du demi-ton se régularisait dans la gamme et donnait naissance à un grand nombre de formes mélodiques et harmoniques qui, jusqu'alors, n'avaient pu se faire jour.

n est donc incontestable que le caractère de Fart musical devait être et a été profondément modifié par le mélange du genre chromatique avec le genre diatonique. Mais Tétude de ces questions historiques est en dehors du cadre d'un ouvrage purement didactique comme celui-ci, et nous devons nous borner à expliquer, au point de vue de la pratique, les ressources que cet élément nouveau a mises à la disposition du compositeur. Plus tard, lorsque ses études techniques seront achevées, Pélève aura grandement raison de s'intéresser à Thistoire des transformations de son art, son intelligence et son talent ne pouvant que se développer par l'étude approfondie d'un sujet d'un si haut intérêt.

Les intervalles chromatiques se sont certainement introduits dans le système diatonique sous la forme de notes accidentelles, (notes de passage, broderies, etc.). Ex:

Henry Purcell.

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etc.

D'ailleurs, de nos jours, c'est encore ainsi qu'elles se présentent le plus souvent.

Beethoven. (Quatuor, op. 480).

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J. Brahms. «Schwermuth».

On peut trouver un emploi très fréquent de ces notes chro- 'matiques dans les Concertos pour piano ou pour violon, dans les Études et, en général, dans toute la musique instrumentale dite

))de virtuosité « où elles apparaissent sous forme de gamines en tierces, en sixtes, et autres figures d'un rhythme animé.

Ces intervalles chromatiques entrent aussi dans la formation mélodique des thèmes. Au 17® siècle on les employait beaucoup dans les sujets de fugue comme:

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La célèbre ((Fantaisie chromatique», de J. S. Bach, est un des modèles de ce genre.

Dans le domaine de la musique vocale on trouve une tendance chromatique très prononcée dans les Cantates composées, vers la première moitié du 18® siècle, par A. Scarlatti, Gasperini, Astorga, etc., compositeurs qui, par erreur, disaient qu'ils écrivaient dans le ((Style enharmonique».

Les exemples ci-après montreront comment les maîtres modernes font usage des notes chromatiques comme notes de passage, appoggiatures, etc.

Mozart. Don Juan.

Allegro,

Mozart. Don Juan.

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Beethoven. Sonate pour piano, op. S2.

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Beethoven. Sonate, op. U.

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