CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
La Composition pour Piano.
Après avoir amplement traité de la composition du Quatuor instrumental, il nous est permis de parler plus brièvement de la composition pour piano seul ou avec accompagnement.
La forme que nous avons enseignée à l'élève comme étant celle du Quatuor, de la Sonate ou de la Symphonie, est la base première de toute composition musicale. Il ne nous reste donc, dans le présent chapi^e, qu' à expliquer conunent on peut réunir et grouper des périodes pour obtenir des formes -plus restreintes,
dans leurs proportions, que celles que nous avons étudiées préoédemment.
Comme types de ces formes nous choisirons:
\^. Le Morceau de genre, (forme du Lied).
i\ L'Étude.
1^. Le Koreeftu de genre.
Les » Scènes d^enfanta de Schumann sont un modèle de forme pour les morceaux de genre, tant au point de vue de la structure que relativement à la richesse de l'invention musicale.
Nous allons donner, ci-dessous, le 1®' numéro de ce Recueil, puis nous analyserons et nous expliquerons Vensemble et les détails de ce petit tableau musical.
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a tempo.
ritar - da ndo. ^ ^ ^ i J ± i i
de - cre - scen-do.
Fonne de oe morceau.
Deux parties distinctes. La première est composée d^Une période simple de 8 mesures, la seconde, de deux périodes, l'une de 6 mesures et Vautre de 8 mesures.
Le morceau entier peut donc être résumé par cette formule* 8 Sol M. :||
6 — Mi m. — sol M. — Mi m. — sol m.
8 — Sol m. :\\
Uodèle.
Il se trouve dans la première incise. L'invention proprement dite du morceau se borne donc à deux mesures, savoir:
L'incise -modèle est continuée par des séquences sévères ou libres. La première période de la seconde partie renferme un travail thématique, d'abord dans la basse:
où l'on voit le premier dessin du modèle présenté par mouvement mélodique contraire et le second, dans sa forme primitive, de sorte que cette basse n'est qu'une modification du modèle.
Ensuite, on trouve encoi:e une trace de travail thématique dans la partie supérieure, qui, pendant cinq mesures, est formée par
LoBK, CompoB. mtiBicale. I. 22
le motif tkythmique du modèle mais avec un intervalle mélodique rapproché; Ex:
Motif primitif. Même motif rhythmique.
Dans la sixième mesure, le second dessin rhythmique du modèle est répété deux fois par mouvement opposé. Ex:
7M. y Cj f I I 7H.
La troisième période est la reproduction exacte de la première. Ce morceau a donc, en raccourci, la forme d'un premier Allegro de Quatuor, car on y trouve:
a. Période de thème.
b. Période moyenne (tenant lieu de développement).
c. Période de répétition.
Il manque seulement Péquivalent d'un groupe du chant et d^in groupe de transition.
Lllnohunement des modulations.
11 est très simple, comme cela doit être dans des petits morceaux de ce genre où Tunité de Tharmonie doit être conservée. La première période ne renferme qu'un seul accord étranger à la tonalité: do|, ntt, sol^ «t'b; la seconde période repose sur les tons de mi mineur et de sol majeur. La troisième module exactement comme la première^
L'Accompftgnoment.
Il est le même pour tout le morceau. Placé dans la partie intermédiaire, il a comme modèle:
etc.
Quant à la basse (à part les 6 mesures où elle a la mélodie tirée du thème), elle est formée avec ce modèle:
Presque tous les auifw moroèaùx des «Scènes d^enfanta sont faits avec des ressources aussi restreintes. On en peut donner les esquisses en quelques lignes.
StquiSMS des «Scènes d'enûmtt.
Pour le n® S.
Poar le n^ 3.
Pour le Qo 4.
Pour le n« 7.
Pour le n<> 8.
Pour le n^ 43.
Nous avons noté les esquisses, tantôt en indiquant la mélodie seule, tantôt en donnant, avec la mélodie, rharmonie et la forme dans laquelle elle jst présentée eoftime ^DtocompagQ^mrat.
Ainsi que nous Tavons déjà fait remarquer, il arrive très fréquemment que Pînvention première d'un morceau se fiasse diaprés cette dernière manière, c'est h. dire comfdètement. Les composteurs expérimentés emplolenl y^tontiers.ce procédé pour la première esquisse; mais, pour les commençants, il y a de grands avantages à esquisser tout d'abord la mélodie seule.
Les modèles thématiques que nous venons de donner, dans l'exemple précédent, montrent, une fois de plus^ combien est petite la part de l'invention, propranent dite, dans la composition. Seulement il faut observer que plus les éléments premiers sont restreints, plus il est difficile d'en tirer des morceaux complets. U faut, pour cela, beaucoup d'habileté et d'expérience que de longues études, seules, peuvent faire acquérir.
Une des meilleures -méthodes pour «'e^rcer à la composition de petits morceaux comme ceux dont nous parions en ce moment est celle-d:
a. On prend un morceau de Maître; on en extrait l'esquisse mélodique seule et on la copie sur une feuille spéciale.
ft. Au bout de quelque temps, lorsqu'on a oubUé le texte original du morceau, on reprend cette esquisse, puis on cherche à la compléter et à l'achever en inventant un accompagnement.
c. On compare ens)i|ie ce travail avec le modèle original. U n'y a pas d'exercice plus instructif et plus utile, surtout si on s'astreint à le faire pendant quelque temps.