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THOUHLES DE LA MENSTRUATION

assez nombreux de règles véritables persistant jusqu'à cinquantecinq, soixante et même soixante-dix ans (A. Emmel).

En pratique, ces écoulements tardifs, malgré leur apparente périodicité, doivent èlre considérés comme suspects.

On a vu, d'autre part, la ménopause précoce survenir à quai-ante, trente et même vingt-sept ans.

Quel est le mèceinii^mc physiologique de la menstruation?

Nous ne pouvons faire ici l'exposé ni la critique des théories émises à ce sujet. Nous dirons cependant ([ue la théorie classique de l'ovulation (Négrier, Coste, BischofT, etc.), avec ses dérivés et ses diverses interprétations (Pflûger, Lôventhal, etc.), est fortement battue en brèche (Beigel, de Sinély, L. Tait, etc.); on a même été jusqu'à nier toute coi-rélation entre l'ovulation et la menstruation (Reeves Jackson, L. Tait), ce qui est excessif.

Nous admettrons, pour le moment, avec de Sinéty, que « l'ovulation et le flux menstruel sont deux phénomènes ordinairement connexes, mais non liés nécessairement l'un à l'autre ».

Du reste, nulle des théories plus récentes n'a pu encore se substituer victorieusement à l'ancienne (1).

C'est la muqueuse du corps de l'utérus qui subit, pendant la menstruation, les modilications les plus profondes. Léopold les résume ainsi : hypertrophie et œdème congestif de la muqueuse; modilications des glandes qui sont hypertrophiées, allongées, sinueuses ; les espaces lymphatiques sont dilatés ; tout le stroma est infiltré d'éléments embryonnaires et on trouve, à sa surface, des cellules géantes. L'issue des globules rouges se fait par diapédèse et par rupture du réseau vasculaire superficiel (de Sinéty). On a cru qu'il se produisait, à chaque époque, une desquamation totale ou superticielle de la muqueuse ; mais les recherches de Kûndrat, Léopold, Maricke, de Sinéty, ont démontré qu'elle persiste dans toute son épaisseur. Il y aurait bien sécrétion exagérée de la muqueuse de l'utérus et des trompes, mais pas de modifications dégénératives (James Oliver).

(11 Celle qu'a récemment émise F. Byron Uobinson {Amei: Jourit. of obst. ISOI, n» 9) mérite toutefois d'être signalée, en ce qu'elle explique, tout à la fois, récoulement du flux cataménial et sa périodicité. . , , . ► j ,. , - j ,•,

D'après l'auteur, il existerait, dans les parms de la trompe et de 1 utérus, de petits ganglions au'il appelle ganglions automatiques de la menstruation et, qui, fonctionnellemcnt °uialogues à ceux de Bidder, de Schmidt, de Ludwig, de Remack, aux plexus d Auerbacli et de Meissner président au fonctionnement rythmique, périodique, de l'utérus et de la Iromne Son assertion est basée sur des expériences de physiologie comparée, et sur des recherches auatomiques. Les ganglions en .lueslion seraient parfois visibles avec une forte oune- leslilets svmpathiquosqui en émanent se rcndraientaux trompes et au corps de 1 utérus, tandis que les lilcts dépendant du plexus sacré innerveraient plus spécialement le col.

MENSTRUATION NORMALE. 33 l.a mmiueuse lubaire subit des luodificalious identiques; celle .lu col utérin ne lait que sécréter davantage.

1 a auantité de sang qui s'écoule à chaque menstruation varie, pour chaque fonuue, et peut différer, chez la même, d'un mois a r-uilre • ou révalue à une moyenne de 100 à 300 centimètres cubes.

'Aud<^6«fetà/a /in de la période, le sang est mélangé de mucus et présente une coloration moins vive. Dans la période cVétat, il a les caractères du sang veineux; chargé d'acide carbonique et additionné (le mucus, il a peu de tendance à se coaguler; néanmoins, s'il transsude abondamment et séjourne dans la cavité, il forme de^ caillots dont l'expulsion provoque des coliques. Son odeur spéciale est due aux altérations qu'il subit, grâce à la lenteur de son écoulement et à son mélange aux sécrétions vaginales ; cette odeur est, du reste, d'autant moins prononcée que la femme est plus soigneuse d'elle-même.

Le bon sens et l'observation ont depuis longtemps fait justice des préjugés anciens qui attribuaient au sang menstruel des propriétés nuisibles; cependant Barnés admet, en cas de rétention, une sorte Aetoxémie 7nensLruelle, par résorption du sang altéré, et analogue à certains faits de fièvre puerpérale autogénétique.

Tout le système génital : ovaires, ligaments larges, vagin, vulve, seins, participe à la congestion menstruelle.

Au moment de la première menstruation, l'organisme subit des modifications profondes dont l'ensemble constitue la puberté. Le bassin s'élargit, les poils apparaissent sur le pubis ; les seins et le corps thyroïde se développent, etc.

L'apparition du sang peut se produire sans prodromes chez les jeunes filles bien équihbrées et les surprendre en pleine santé. Le plus souvent toutefois, et surtout dans les villes, elle est précédée de lassitude, de pesanteur pelvienne et lombaire, de céphalalgie, de bouffées de chaleur, de vertiges, de modifications dans l'humeur, de besoins plus fréquents d'uriner, de prurit vulvaire, de gonflement douloureux des seins, etc. Tous ces malaises s'atténuent dès que l "écoulement commence, ou bien persistent pendant toute sa durée.

Une fois établies, les règles reparaissent tous les vingt-huit ou trente jours, pendant toute la période génitale de la femme, avec le môme cortège de signes généraux et locaux, plus ou moins marqués. Ceux-ci, dans leur ensemble, réalisent ce qu'on a appelé le moiimm mensiraei et justilient l'expression famiUère des femmes: " Je suis indisposée. »

Il n'est pas rare de voir se produire, à l'occasion de règles, parfaitement normales d'ailleui-s, des uiiuiireslations cutanées pério-

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cliques, lelles que des poussées d'herpès, d'acné, d'urlicaire, de pemphigus, d'eczéma, d'érysipèle, etc., parfois aussi de l'amygdalite subaiguë (Genêt), de la parotidite (Habrau), un gonflement exagéré du corps thyroïde (Plet).

Pendant cette période, les femmes doivent éviter les changements brusques dans leur genre de vie liabilnel, les émotions vives, Timpi'cssion, locale ou générale, du froid, le coït, loute cause, même légère, d'infection, la muqueuse utérine se trouvant alors dans des conditions particulièrement favorables de réceptivité.

L'aménorrhée, dans sa signification la plus rigoureuse, est l'absence complète de transsuclation sanguine périodique par la muqueuse utéro-tiibaire. Cette définition exxlut les cas de rétention du flux menstruel par obstacle mécanique.

L'aménorrhée est physiologique avant la puberté et après la ménopause, pendant la grossesse et la lactation.

Les hémorrhagies intermittentes qu'on obsei^ve parfois au débul, ou même dans le cours de la gravidité, tiennent àune transsudation congestive ou à une lésion organique du col ou du corps de l'utérus, et n'ont jamais rigoureusement les caractères de périodicité, de durée, de quantité ou de qualité, des règles véritables. Celles-ci reparaissent, en général, vers le quarante-cinquième jour après l'accouchement, si la mère ne nourrit j^as [retour de couches).

Pendant l'allaitement, les exceptions à l'aménorrhée normale sont beaucoup plus fréquentes: il n'est pas rare de voir des nouirices, très bonnes d'ailleurs, réglées à partir du sixième ou du huitième mois, ou même dès l'époque habituelle du retour de couches. Le lait, dans ces conditions, est seulement moins riche en matières grasses (Raciborski) et les chances de fécondalion nouvelle sont accrues.

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