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II. — Aménorrhée pathologique

Étiologik et Païiiogénie. — Les causes de l'aménorrhée pathologique relèvent : des organes génitaux, de l'état général ou du système nerveux.

a. Causes d'origine génitale. — L'aménorrhée permanente et spontanée tient ordinairement à un arrêt de développement de la totalité, ou d'une partie, de l'appareil génital.

Les affections utérines j)roduisent plutôt des jnénorrhagies ou de la dysménorrhée : l'aménorrhée peut cependant s'obsei-ver dans certaines formes scléreuses, et même fongueuses (Hunier), de métritc, et en cas de superinvolulion.

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De lui'iiie, les aifecUons des ovaires ne produisenL guère l'améiioi-rhée que clans le cas de dégénérescence absolue.

La suppression chirurgicale de la totalité des deiix ovaires entraîne la méiwpause artificielle immédiate ou à brève échéance : telle est l'opinion généralement admise. Les faits, assez nombreux, de continuation momentanée ou définitive de la menstruation, après l'ablation bilatérale des ovaires, s'expliciuent, soit par la présence d'un ovaire surnuméraire ou d'un fragment de tissu ovarien qui aurait écbappé à l'exérèse, soit par la persistance de lésions utérines, soit par une sorte d'habitude organique, etc..

Pour ce qui est de la suppression fonctionnelle ou chirurgicale des trompes, il est impossible de rien conclure des observations diamétralement contradictoires qui ont été publiées (L. ïait, Lucas C-hampionnière, etc.).

Les all'ections pelviennes, en général, ne produisent que rarement l'aménorrhée.

Enfin, on l'observe parfois, pendant un mois ou deux, après le curettage et, d'une façon définitive, après les cautérisations avec les bâtonnets de chlorure de zinc.

b. Causes d'ordre général. — Toutes les affections aiguës et c'hroni([ues susceplibles de retarder le développement des organes génitaux, de modifier l'état du sang, de débiliter profondément l'organisme, peuvent produire l'aménorrhée. Ainsi agissent, à des degrés divers : la chlorose, la scrolule, l'anémie, la tuberculose (au début comme à la période cachectique), les maladies typhoïdes, l'albuminurie, le diabète, les cachexies diverses, médicales ou (chirurgicales, certaines intoxications (alcoolisme, morphinisme), l'obésité, la syphilis.

11 faut compter encore avec les défectuosités de l'hygiène : claustral ion, défaut d'air, de lumière et d'exercice, surmenage intellectuel ou physique, nourriture insuffisante ou changement brusque dans l'alimentation, etc., etc.

c. Causes d'origine nerveuse. — Elles agissent par inhibition ou par perturbation vaso-motrice et ne produisent ordinairement (prun arrêt Iransitoire de l'écoulement menstruel.

Une émotion vive, quelle qu'en soit la nalure, un refroidissement subit, portant sur les organes génitaux ou sur tout le corps, leshock opératoire, etc., déterminent parfois un arrêt brusque des règles v.n cours, ou bien, agissant en dehors de la période menstruelle, peuvent ])roduire ultérieurement l'aménorrhée. L'hystérie, l'épilepsie, certaines formes d'aliénation mentale et de myélites complcnt raménorrhéc parmi leurs symptômes. Enfin elle peut

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avoir pour cause la suggesliou directo ou une'sorle d'aulosuggeslion, par crainte ou désir excessif d'une grossesse (Raciborski . Elle se horne le plus souv(;nt,, dans ces cas, à un simple retard.

Syimi»tomi:s. — L'auiénorrliée, à moins (|u'elle ne soit congénitale, s'établit, suivant sa cause, insensiblement, par diminution progressive, puis arrêt de la fonction; ou brusquement, au milieu même d'une période.

Que le lroul)le soit permanent ou transitoire, Tépofjue iiiens- I ruelle peut passer inaperçue, être signalée simplement par le molimen menstruel, ou donner naissance à des troubles éloignés et divers : exanthèmes cutanés ou muqueux, que nous avons énumérés déjà, nervosisme exagéré, allant jusqu'aux crises convulsives, perturbations sensorielles (Abadie, Dehenne, etc.), paraplégie (Bowee, etc.).

L'écoulement sanguin est parfois remplacé par des sécrétiom supplémentaires : leucorrhée, diarrhée, galactorrhée (Jones), hypei'hydrose.

Enfin, il peut se faire périodiquement, sur d'autres point du corps, desrég-Zes déviées [menstruation vicariante, supplémentaire). Les muqueuses, nasale, bronchique, gastrique, rectale, en sont le siège le plus fréquent. Exceptionnellement, on les a vues se produire par l'oreille, ou à la surface d'une tumeur, d'une plaie cutanée. Bien que beaucoup de cas de ce genre soient sujets à i-évision, il en est de trop bien observés pour être mis en doute.

Proxostic et marchk. — L'aménorrhée n'est souvent qu'un simple retard de quelques années dans l'apparition des règles et tient alors à un retard de développement ; la menstruation s'établit ensuite régulièrement.

Permanente, elle n'est pas incompatible avec une santé d'ailleurs parfaite, ni même avec l'aptilude à la fécondation et à la gravidité. On a vu des femmes conduire à terme des grossesses suo cessivessans avoir jamais été réglées et cesser alors, ou continuer, d'être aménorrhéiques.

Accidentelle, son pronostic varie avec sa cause : elle Ji'est souvent qu'un phénomène négligeable ou même heureux, en soi, dans les affections consomplives, mais indique toujours un trouble profond de l'économie.

D'origine émotive, elle est quelquefois de courte durée et peut cesser brusquement, comme elle est survenue, sous l'influence d'une cause analogue à celle qui l'a produite.

Diagnostic. — L'aménorrhée ne peut être confondue (piavec la rétention mécanique des règles, par iinperforalion ou obstruction

AMIÎNORRTIÉE PATllOLOOIQUE. 31 (l.^s voies génilalcs, t-ausc «IVrirur racil.'in.-nl ccarléo, (raillciu-s, i)ar rexainen tlii-ecl.

Chez une jeune lennne ou une jeune fille, antérieurement bien réo'lée el daiUeurs bien portante, la suppression des règles devra tout dabord faire songer au début d'une grossesse, dont on recherchera les autres signes de probabililé.

La menstruation était-elle irrégulière et la femme, en puissance d une ad'ection clu-onique, le diagnostic peut être beaucoup plus .liliicile et l'on est parfois obligé d'attendre, pour accepter ou rejeter ridée de la grossesse. Il ne faut pas oublier les faits de grossesse nerveuse, par désir excessif ou par crainte de la conception ^

Si l'aménorrhée est réeWemenl pathologique, il importe d en déterminer la cause. La solution du problème est généralement facile. Le plus souvent, on se trouve en présence d'une jeune fille pâle, gracile, lymphatitpie ou nerveuse, présentant des stigmates de scrofule, mal nourrie ou mal logée, surmenée de travail physifiue ou intellectuel dans un atelier ou une pension. Le trouble menstruel tient alors, soit à un développement incomplet de l'appareil génital, ce qu'on peut vérifier par l'examen direct sous le chloroforme, soit au mauvais élat général, soit à ces deux causes réunies.

Quand l'aménorrhée s'accompagne de symptômes pelviens, eMe est associée à une lésion utérine ou péri-utérine, que les antécédents et l'exploration locale feront reconnaître.

Quant aux déviations des règles, pour être caractéristiques, (•lies doivent être périodiques et comcider avec le molimen menstruel et l'absence d'écoulement sanguin par les voies génitales.

ÎRArroiENT. — Il doit répondre, avant tout, aux indications causales. L'aménorrhée est-elle symptômatique d'une atTection utérine ou péri-utérine? C'est à cette affection qu'il faut s'attaquer tout d'aborfl.

S'agil-il d'une jeune fille chlorotique, placée dans des conditions défectueuses d'hygiène, et présentant un défaut de développement ou d'activité de l'appareil utéro-ovarien ? On conseillera une bonne nourriture, les promenades au grand air, la gymnastique, l'hydrothérapie, le massage, les frictions alcooliques, les toniques (fer el arsenic), les inhalations d'oxygène, l'électricité statique (Bigelow).

Les emménagogues : rue, sabine, safran, a|)iol, acides oxalique ci salycilique, oxalate de cérium, permanganate de potasse, etc., ne doivent être employés (lu'avec ménagement.

Chez les femmes mariées, l'applicalion intra-uléiiiie de cou-

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