LÉSIONS TROPHIQUES DE LA MUQUEUSE UTÉRINE
11 s'y joint souvent des douleurs plus ou moins fortes, pendant les règles ou dans leur intervalle ; parfois, de ï hypersécrétion muqueuse : mais il s'agit alors d'un liquide plutôt aqueux que muqueux, jamais purulent, et qui peut être très abondant, en cas de tibro-myome. La stérilité est fréquente (Treub).
A l'examen physique, on constate l'augmentation de volume du corps de l'utérus et l'épaississement de la muqueuse (voir chap. I). Le col peut être absolument sain.
Traitemknï. — S'agit-il iV hypertrophie d'origine gravidique, le cureltage est la seule intervention à proposer, et donnera un succès complet et durable. Il en est le plus souvent de même pour ces hypertrophies polypeuses des vierges qui peuvent être qualiiîées d'essentielles.
Le fibrome est-il en cause, les hémorrhagies céderont encore à la curette, mais d'une façon momentanée, et reparaîtront au bout (le quelques mois, soit que la muqueuse se soit reproduite avec (les caractères identiques, soit que l'évolution même de la tumeur suffise au retoui- de cet accident.
Enfin, s'il existe des lésions péri-utérines, d'ordre inflammatoire ou trophique, prolapsus, ovaro-salpingite, etc., on ne manquera [tas, tout en s'attaquant directement à l'endométrium, d'opposer à ces lésions, causes premières ou continuatrices du mal, le traitement qui leur convient.
2" Hypertrophie à forme décîduale.
Étiologie et PATiioGÉNiE. — L'iiyperlrophic de la muqueuse utérine, à forme déciduale, résulte de sa prolifération autour d'ilots adhérents de membranes.
Anatomie pathologique. — On peut donc trouver, à l'examen histologique, des villosités choriales et des cellules déciduales.
La présence des villosités choriales, dont la forme et la structure sont tout à fait caraclérisliques, se rattache à l'adhérence d'un fragment de placenta ou à l'adhérence simultanée d'un fragment de caduque et de chorion.
La cellule dite déciduale, uni ou multi-nucléée, se distingue surtout par ses dimensions (jusqu'à 30 [j.) et par sa forme sphérique. Mais, comme elle ji'est probablement qu'une cellule embryonnaire considérablement hypertrophiée (de Sinéty), on comprend qu'elle ne puisse se rapporter uniquement au processus gravidique : Ruge i'a rencontrée dans des cas de myome ; Meyer, dans la muqueuse de deux fennnes vierges.
:^00 LÉSIONS TROPHIQUKS DE L'UÏÉKUS.
L'hyperplasie porte, de préférence, dans cette forme, sur le tissu interstitiel. De plus, d'après Heitzmann, l'épithélium de revêtement atteindrait jus([u a cinq fois son volume ordinaire. M aurait des contours dcnticulés, un aspect polymorphe et des pj-olongemenls ramiliés dans lesquels viendrait se terminer un réseau filamenteux émané du noyau. Celui-ci serait crénelé et entouré d'une zone claire.
Comme l'hypertrophie pure, l'hypertrophie déciduale peut être lisse ou polypeuse. Les faux polypes, (\u\ résultent de cette dernière forme, ont été étudiés par Schrôder, Kustner, Anna Klasson, etc.
Ils comprennent des polypes fibrineux, des polypes placentaires et des formations dépendant de la caduque et du chorion.
Le polype fibrineux a, comme centre de stratification, un débris de placenta, de chorion ou de caduque, ou résulte simplement de l'exagération des thrombus normaux à la surface de l'aire placentaire. Il peut faire à peine saillie sur le fond de l'utérus ou descendre jusque dans le vagin.
Sous le nom de polypes placentaires, il faut entendre la rétention i de débris de placenta, sans infection, et par le fait d'adhérences • anormales.
Au lieu de végéter sur place, les villosités choriales pourraient, à i titre exceptionnel, proliférer à la façon des néoplasmes malins, en i envahissant la paroi musculaire et ses vaisseaux [polypes placentaires destructifs de Zahn et Kahlden).
De même, les lambeaux de caduque utérine peuvent être l'origine de tumeurs auxquelles Kustner a donné le nom de déciduomes.
Les causes de la rétention simultanée des débris de caduque et de chorion seraient : l'endométrite, cause ordinaire de la rétention isolée du placenta ou de la caduque; le dévelojipement exagéré, par places, des villosités; des soudures fibrineuses, suites d'héniorrhagies; la choriite (Luzorewitch).
Symptômes et diagnostic. — Ces productions diverses donnent lieu à des symptômes analogues à ceux de l'hyperplasie pure et, dans la plupart des cas, ce n'est que par l'examen microscopique que l'on peut établir leur véritable nature.
Traitement. — Le seul traitement rationnel est Tablai ion à la curette tranchante.
3° Atrophie.
Dans un certain nombre de cas de fibromes faisant saillie dans la cavité de l'utérus, Schmal a trouvé la mnqumse atrophiée à leur niveau, tandis qu'elle était, par ailleurs, hypertrophiée.