LÉSIONS TROPIIIQUES DE LA. MUQUEUSE UTÉRINE
.. L'endométrite atrophique des vieilles femmes, dont nous avons déjà parlé, et qui est caractérisée par des ulcérations, avec amincissement de la muqueuse et kératinisation de l'épithélium, a été dénommée, par Zeller, psoriasis deVulérus. Cette appellation est très discutable;' mais au moins tend-elle à dégager de l'inflammation banale ce genre de métrite, dont la physionomie propre semble relever des troubles Irophiques de la ménopause.
4" Psewdo-métrîte exfoliatrîce.
Sous le nom tY endomélrite exfolialrice, les auteurs désignent actuellement l'expulsion, plus ou moins régulière, de la muqueuse utérine, à l'époque des règles, au milieu d'un cortège de douleurs ordinairement intenses. C'est ce qu'on appelait autrefois la dysménorrhée membraneuse.
Étiologie et pathogé.nie. — L'étude anatomique et clinique donne à penser que, le plus souvent, sinon toujours, cette afl'ection, en apparence bizarre, n'est autre qu'un avortement ovulaire à répétition. En tout cas, elle ne saurait être considérée comme de la métrite vraie.
Anatomie pathologique. — Il est facile, avec ou sans le secours du microscope, de distinguer la membrane de la pseudo-métrite exfoliatrice de simples caillots fibrineux, de pseudo-membranes ayant la structure de la membrane croiipale des Allemands et qui se forment parfois dans la métrite aiguë, de concrétions muqueuses, d'exfoliations épithéliales venant du vagin à la suite d'injections caustiques, voire môme de l'expulsion d'une muqueuse utérine saine (de Sinéty).
Mais en est-il de même pour la caduque expulsée après avortement? Si l'on trouve des villosités choriales, le doute ne peut exister; mais en cas d'avortement extra-utérin, on a imiquement pour caractéristique la cellule déciduale. Or, il parait avéré, d'après les études les plus récentes : d'une part, que l'avortement extrautérin est bien plus fréquent qu'on ne le pense ; d'autre part, que la membrane de la pseudo-métrite exfoliatrice renferme ordinairement, en assez grande abondance, des éléments singulièrement voisins des cellules dites déciduales.
Il peut donc être assez difficile, on ce cas, de décider s'il s'agit d'avortements intra ou extra-utérins répétés, ou d'une affection spéciale de la muqueuse. Si l'on adopte cette dernière manière de voir, il est tout au moins raisonnable de penser, avec Ileitzmann, qu'il s'agit d'une affection consécutive à un avortement antérieur, d'une Tpseudo-métnte déciduale exfoliatrice.
302 LISSIONS TROI'HIQUES L'IJTÉIUJS.
11 osl d'autres cas où la membrane expulsée ofi're les caractères de l'hyperplasie commune, glandulaire ou interstitielle. Mais alors même, on ne peut écarter l'influence de la conception, car il faut au moins une quinzaine de jours de gravidité pour que les cellules déciduales ai eut pris leurs dimensions et leur sti-ucture distinclives.
L'examen macroscopique ne saurait, contrairement à ce qu'on a avancé, trancher ces difficultés d'interprétation : ainsi, l'on a dit que la caduque est plus épaisse, plus vascularisée, de foiine ovoïde au lieu d'être triangulaire, moins lisse à sa face interne, plus souvent expulsée en bloc; que les orifices des glandes se voient à l'œil nu, tandis que, pour les distinguer, dans la membrane de la pseudo-métrite exfoliatrice, il faut le secours d'une loupe... Mais aucun de ces caractères n'est exact ou d'une appréciation facile.
Symptômes et diagnostic. — En somme, c'est ici la clinique qui doit venir en aide à l'anatomie, et il est rationnel d'admettre la pseudo-métrite exfoliatrice dans les cas où le flux menstruel, d'ail' leurs régulier, s'accompagne chaque fois de Vexpulsion d'une membrane, avec un cortège de douleurs paroxystiques. Ces douleurs commencent avant l'apparition du sang, durent de un à quatre jours, avec des rémissions, et ne se terminent complètement qu'avec les règles. Elles s'accompagnent parfois, disent les auteurs, de nausées, de vomissements et de syncopes; mais nous nous demandons, précisément, si, dans ces cas, 11 ne s'agit pas d'avortement extra-utérin méconnu. Dans l'intervalle des règles, rien d'anormal, sauf parfois un peu de leucorrhée.
Dans les cas où il y a doute entre l'avortement à répétition et la^Dseudo-métrite, un bon moyen de contrôle consiste, s'il est possible, à éloigner la femme de toute chance de fécondation.
Traitement. — La pseudo-métrite exfoliatrice est une affection rebelle, devant laquelle échouent souvent tous les traitements locaux, y compiMS le curettage qui, pourtant, doit être essayé de préférence. Cette constatation n'est qu'une preuve de plus en faveur des idées que nous avons émises sur sa pathogénie.