TROUBLES DR L'INVOLUTION PUERPÉRALE
i° Subinvolution.
Étiologik et l'ATiiOGÉNiK. — La subinvoluLioiî se confond le plus «ouvent avec le premier stade de la mélriLe d'origine puerpérale et, si l'on élimine toutes les circonstances prédisposantes, c'est l'infection, en somme, qui paraît en être le point de départ ordinaire.
Mais à côté de cette subinvolution seplique, dont l'histoire se conl'ond avec celle de la métrite d'origine puerpérale, nous croyons devoir admettre des cas de subinvolution aseptique dans lesquels interviennent : le prolapsus, les déviations, les tumeurs, les déchirures du col (Emmet et ses élèves), les défectuosités de l'hygiène et lie la constitution, les maladies générales, l'insuffisance d'inter- ^■alle entre les grossesses, la reprise prématurée de la station debout ou des rapports sexuels, les émotions pénibles (L. Tait), etc.
Anatomie pathologique. — La paroi utérine est augmentée d'épais- -eur, ramollie, de couleur gris jaunâtre ou rougeâtre. Les lésions liistologiques se résument dans la s/éatose, par défaut de résorption des produits de la dégénérescence normale, et dans l'insuffisance de rénovation des fibres musculaires (Schrôder, Klob).
L'arrêt d'involution intéresse, en même temps, les annexes qui restent volumineuses et tombent en prolapsus, particulièrement du cùlé gauche, et l'ensemble de l'appareil ligamentaire, d'où version et prolapsus.
Symptômes et diagnostic. — L'utérus ne revient sur lui-même que lentement, avec des périodes d'arrêt ou même de retour en arrière. Il reste gros, mou et globuleux. Souvent fléchi en avant ou en arrière, du fait de la régression moindre de la paroi qui portait le placenta, le relâchement de ses ligaments le livre aux sollicitations de la pression abdominale et de la pesanteur qui le portent à s'abaisser, tout en modifiant, à tout instant, sa direction.-
Le col reste entr'ouvert, sans toutefois permettre au doigt de franchir l'orifice interne (L. Tait), et l'hystéromètre révèle toujours une augmentation, en tous sens, de la cavité utérine.
Les règles, après avoir fait leur réapparition, plus tôt que de coutume, deviennent irrégulières, surabondantes et se prolongent souvent en un écoulement continu légèrement teinté de sang. L'utérus, plus lourd, donne une sensation de pesanteur et de tiraillement lombaire, avec gêne de la défécation et de là miction.
Marche. — Cet état peut n'être que passager : la régression, un mstant arrêtée, s'achève sans qu'il survienne de lésions importantes.
304 LÉSIONS TROPllIQUES DE L'UTERUS.
Mais souvent, môme dans des cas en apparence favorables, il existe déjà un certain degré de prolapsus qui se corrigera imparfaitement ou s'accentuera dans la suite, surtout s'il survicnl, à courte échéance, une grossesse nouvelle.
Enfin, si la subinvolution n'est pas forcément d'origine inflammatoire, elle offre toujours un terrain des plus favorables au développement des microorganismes.
Traitement. — Des saignées répétées du col peuvent être utiles chez des malades pléthoriques qui ont perdu peu de sang au momenl de l'accouchement. Mais ce moyen est à rejeter, s'il s'agit, comme à l'ordinaire, de femmes débilitées, dont il faut relever l'état général. La réduction d'une rétroversion et son maintien par un i simple tampon suffisent parfois à rétablir les conditions normales ■ de la circulation utérine. L'ergot, longtemps continué, à petites • doses (0Er,50par jour durant un mois et plus, avec courts intervalles • de repos), semble avoir une heureuse influence. L. Tait conseille' l'usage du bromure de potassium et du chlorate de potasse avant ; et pendant les premières règles. Mais nous accordons une impor-tance bien plus grande à l'hydrothérapie (drap humide toni-sédatif, . bains de mer, bains salés, injections vaginales chaudes et astrin-gentes, au sulfate de cuivre à 1/00 par ex.), au massage, à l'électri-sation, au régime tonique et reconstituant, à l'abstention de tout! effort violent.
2° Superinvolvition.
Étiologie et pathogénie. — Au lieu de s'arrêter en deçà des~ limites normales, Finvolution dépasse parfois le but et aboutit àj l'atrophie de l'organe. Cette anomalie, à laquelle J. Simpson aa donné le nom supcrinvolution, se rencontre 1 fois(Frommel),d fois 1/2, (Simpson) sur 100 accouchements.
On lui reconnaît comme causes principales : la lactation prolongée, les hémorrhagies puerpérales (Frommel), toutes les affections débilitantes (chlorose, tuberculose, syphilis, etc.), les grossesses trop rapprochées.
Anatomie pathologique. — L'utérus superinvolué se présente sous deux aspects différents (Klob, Schrôder, Martin) : il est ramolli, flasque ; ou, au contraire, dur et ratatiné. Dans le premier cas, la lésion consiste dans un excès de la dégénérescence et de la résorption graisseuses. Dans le second, la résorption graisseuse, encore excessive, est compensée par une fomnation exagérée de tissu fibreux. Du reste, ces deux états ne sont sans doute que les deux phases successives d'un même processus qui peut atteindre aussi lesligamenb