III. — Méuorrhag^ic
Laménorrhagie est Vexcès, endurée ou en quantité, de V écoulement menstruel et diflfère de la métrorrhagic en ce que celle-ci se ]iroduit à intervalles irréguliers.
Si l'on s'en rapporte au tableau de P. Dubois, on voit que la menstruation régulière peut durer de un à douze jours. En présence d'une telle variabilité, à l'état normal, il faut donc, pour aj)précier le trouble menstruel, se baser sur une moyenne clinique spéciale à chaque malade, plutôt que sur une définition rigoureuse et générale.
EtiologU': kt Patiiogénie. — Il n'y pas, à proprement ])arlei', de ménorrhagie essentielle : on ne peut donner ce nom aux règles dont la durée dépasse la moyenne chez cei'l aines h'mnies très bien portantes d'ailleurs.
La ménori'hagie tient à des causes générales ou locales:
a. Causes générales. — Ce sont toutes les maladies dyscrasiques : scorbut, purpura, maladie de Werlofl', ictère grave, intoxications, mal de Bright, etc. ; celles qui entraînent des troubles circulatoires : maladies du cœur, du foie, des reins, tumeurs.
J^a scrofule pi'édispose les muqueuses en général, el la muqueuse
MÉNORRHAGIE. 39 ulérine en parliculior, à l'iiyperplasie et aux IranssudaLions sanguines.
L'invasion de certaines pyrexies, des pyrexies exanthématiques 'surtout, coïncidant avec le voisinage des règles, augmente la durée et l'abondance de celles-ci (métrostaxis, épistaxis utérine de Guhler dans la fièvre typhoïde).
La pléthore, la polysarcie, la chlorose, l'anémie, la tuberculose, etc., produisent, suivant les cas, ou alternativement, l'aménorrhée et les ménorrhagies.
Enfin, on a encore vu celles-ci provoquées par l'allaitement (Londe)' la fatigue, les émotions et, en dehors de toute atïection locale, par la venue de la puberté ou les premières excitations sexuelles.
b. Causes locales. — Les afTections utérines et péri-utérines, prises dans leur ensemble ont, comme symptôme à peu près constant, la ménorrhagie et la métrorrhagie, qu'il s'agisse d'action réflexe, de stase veineuse, ou d'une modincation pathologique delà muqueuse utérine. On peut dire que les deux tiers des cas sont de cette dernière catégorie.
Symptômks. — Le sang, plus copieusement excrété, a plus de tendance à se coaguler el l'expulsion des caillots provoque des coliques. La durée et l'abondance de l'écoulement sont, du reste, éminemment variables chez les difTérentes femmes et, chez la même, aux diverses épocjues. 11 peut arriver à constituer en lui-même une véritable maladie périodique et produire l'anémie, avec toutes ses conséquences, d'autant plus qu'il s'associe souvent à des métrorrhagies. Parfois, au contraire, il joue le rôle d'une saignée favorable : ainsi en esl-il chez les pléthoriques et les cardiaques.
Il n'y a pas i'anatoinie pathologique propre à la ménorrhagie. f)n se reportera donc, pour chaque cas particulier, aux lésions de ['affection en cause. Le plus souvent, il y a coexistence d'endométrite.
Pronostic. — Il est évidemment subordonné à la protopathie. Cependant, les ménorrhagies aggravent quelques-unes des maladies qui leur donnent naissance, comme la chlorose et l'anémie. De plus, elles diminuent l'aptitude à la fécondation et prédisposent à l'avortement.
Diagnostic. — Il n'y a vraiment ménorrhagie que si l'écoulement sanguin exerce, par son abondance, une influence fâcheuse sur la santé et s'il se reproduit périodiquement.
Lorsque la ménorrhagie est associée aux métrorrhagies, les