I. Traitement médical
Des vues théoriques, que le résultat n'a pas sanctionnées, ont fait employer les médicaments fondants-: iode et ses dérivés, sels (le potasse ; les sels calcaires : chlorure de calcium, etc. ; les substances stéatogènes : phosphore, mercure, arsenic. Cette dernière serait utile pour relever l'état généi'al (Guéniot) ; les autres se sont montrées inefficaces ou nuisibles.
L'ergot et Vergotine peuvent rendre des services. Hildebrandl (1872) a érigé en méthode le traitement par les injections hypodeiraiques d'ergotine (qu'il diluait dans partie égale de glycérine et, plus tard, d'eau distillée, à la dose d'un centimètre cube, tous les jours ou tous les deux jours). Il les faisait dans la paroi abdominale, au voisinage de la tumeur.
Delore a recommandé des injections de 15 à 60 centigrammes d'ergotine faites dans le parenchyme même du fibrome, au moyen d'une longue canule de 14 centimètres, pénétrant de quelques millimètres.
Nous croyons de beaucoup préférable de faire les injections en dehors de la tumeur cl dans une masse charnue, à la fesse par exemple.
On espérait, avec l'ergotine, anémier la tumeur et provoquer son atrophie. De nombreuses observations tendraient à faire admettre ce résultat. Mais, étant données les modifications considérables el très rapides de volume que peut.présentej' la tumeur, du seul tail de son évolution naturelle, il est assez difficile de se rendre conij)!!'. de même que pour l'électricité, si cette prétention est justifiée.
Ce' qui est certain c'est que les résultats négatifs sont les |)lii> nombreux. De plus, les injections d'ergotine exposent à un ceilaiii
FIBROMES.
nombre d'inconvénients qui doivent, il est vrai, être évités : elles sont douloureuses, peuvent être suivies d'induration, d'abcès, de tiirombose et de suppuration de la tumeur, si on les pratique dans son parencliyme. Faites en excès ou mal tolérées, elles ont donné lieu à des vomissements, à des crampes, à de la fièvre. Enfin elles lassent souvent la patience de la malade ou du médecin, leur effet ne se produisant parfois qu'après un centaine, ou plus, de piqûres. Cependant, si elles n'agissent guère sur le volume des tumeurs, elles on favorisent l'énucléation, dans les cas favoi^ables, et sont souvent utiles contre les hémorrhagies.
Si l'on vise VatropMe ou Véniicléation, on emploiera de petites doses (soit 0e'-23 d'ergotine d'Yvon par jour) longtemps continuées, avec périodes de repos. Gomme hémostatique, on aura recours à la dose courante de 1 gramme d'ergotine Yvon, répétée au besoin à de courts intervalles dans la même journée.
Quand l'utérus est très volumineux, l'ergotine, d'après Terrillon, a des effets nuls ou contraires et doit être remplacée par la sabine à la dose de 0 50 par jour, en un cachet. Cesser trois semaines Ions les deux mois.
Nous conseillons, de préférence, comme hémostatiqiœs ou décon- (/estifs :
L'extrait fluide (Vhydrastis canadensis, à la flose de XX à XXX gouttes, trois fois par jour, dans un peu d'eau.
La teinture de cannabis indica, de XXX à LX gouttes. En général, X gouttes, ti^ois fois par jour, ou V gouttes toutes les 5 heures, suffisent. — Donner les doses à quelque distance des repas ; les diminuer ou les espacer en cas de vertiges, de nausées.
Le tannate de cannabine, de 0,10 à 1 gramme.
Vhamamelis virginiea : extrait fluide, de 10 à 20 grammes, ou teinture au 1/10, X à XXX gouttes.
h'antipijrine, à la dose de 2 à 4 grammes, en laveïTients(Chouppe~) ou en solution, a plusieurs fois réussi, entre nos mains, à modérer ou arrêter des hémorrhagies qui avaient été, rebelles aux autres moyens, ou que même l'ergot avait exagérées.
On peut encore essayer :
Le viburnum prunifolium : teinture, \^ gouttes (outes les demiheures, ou extrait fluide, de b à 10 grammes.
L'uslilago ndiadis : teinture au 1/10, XXX à XL gouttes.
L'un ou l'autre de ces médicaments sera employé concurremment avec les injections vaginales chaudes (4!j''à 48°), soit au cours même de l'hémorrhagie, soit, à titre préventif, dans la semaine qui précédera son époque probable.
En cas d'hémorrhagie grave, recourir au Lamponnemenl vaginal el mieux, intra-utérin, aux applications intra-utérines de perciilonire de fer.
Les eaux clilorurées sodiques de Salies-de-Béarn, Salins, Kn-uznach, Salzbrunn, Hall, produisent souvent une grande amélioration au double point de vue local et général. Sans compter les indications communes au traitement médical (fibromes à évolution lente, développés au voisinage de la ménopause), on y aura ])lus particulièrement recours dans les cas de fibromes non héinorrliagiques, enclavés et difficilement opérables (de Lostalol-Bachoué ).
Si la malade est obèse, on pourra se bien trouver de Bourbonne, ou de Garlsbad.
Dans l'intervalle de la cure tliermale, ou pour la remplacer, on fera prendre des séries de 20 à 30 bains salés (S kilos de gros sel par bain), additionnés ou non de 1 à 4 bouteilles d'eaux mères de Salies-de-Béarn, suivant qu'on cherchera ou non un effet sédatif. Dans l'intervalle des bains, faire porter en permanence, sur le bas-ventre, des compresses imbibées d'eaux mères.
On recommandera, en outre, le repos, surtout pendant les pertes de sang, l'alimentation carnée, les toniques.